TRAITE DE LA REINTEGRATION
MARTINES DE PASQUALLY
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES CRÉÉS DANS LEURS PRIMITIVES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCES SPIRITUELLES DIVINES.
Version originale en regard de la version publiée en 1899, accompagnée du tableau universel
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS ET PUISSANCE SPIRITUELLES ET DIVINES – VERSION ORIGINALE et VERSION DE 1899
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEUR PRIMITIVE PROPRIÉTÉ VERTU ET PUISSANCE SPIRITUELLE DIVINE – VERSION ORIGINALE
TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES DANS LEURS PREMIÈRES PROPRIÉTÉS, VERTUS & PUISSANCE SPIRITUELLES & DIVINES – VERSION DE 1899



PARIS Bibliothèque Chacornac 1899
TADieu ayant créé pour sa propre gloire, dans son immensité divine, des esprits distincts de lui, pour qu'ils exerçassent le culte que cette Divinité leur avait fixé et prescrit par des lois immuables, des préceptes et des commandements éternels et inaltérables, ces premiers êtres spirituels créés par Dieu furent tous créés libres et indépendants du Créateur, quant à leur volonté et action spirituelle. Ils étaient donc, par ce moyen, créés avec leur libre-arbitre. Ce qui ne peut se croire différemment, sans détruire la faculté, la propriété et la vertu personnelle des premiers êtres créés, que l'Eternel avait émancipés du sein de sa Divinité, pour qu'ils opérassent avec précision dans les bornes qui leur avaient été données et assignées par le Créateur pour être à leur seule disposition et puissance.
Avant le temps, Dieu émana des êtres spirituels, pour sa propre gloire, dans son immensité divine. Ces êtres avaient à exercer un culte que la Divinité leur avait fixé par des lois, des préceptes et des commandements éternels. Ils étaient donc libres et distincts du Créateur ; et l'on ne peut leur refuser le libre arbitre avec lequel ils ont été émanés sans détruire en eux la faculté, la propriété, la vertu spirituelle et personnelle qui leur étaient nécessaires pour opérer avec précision dans les bornes où ils devaient exercer leur puissance. C'était positivement dans ces bornes que ces premiers êtres spirituels devaient rendre le culte pour lequel ils avaient été émanés. Ces premiers êtres ne peuvent nier ni ignorer les conventions que le Créateur avait faites avec eux en leur donnant des lois, des préceptes, des
C'était positivement dans ces lieux où ces êtres spirituels premiers devaient rendre à leur Créateur le culte qu'ils lui devaient et pour lequel ils avaient été créés. Ces êtres ne peuvent nier leur convention entre le Créateur et eux. Ils reçurent des lois, des préceptes et des commandements. C'est par ces mêmes lois qu'ils ont souscrit à cette grande convention en la recevant immédiatement de Dieu avec satisfaction.
commandements, puisque c'était sur ces conventions seules qu'était fondée leur émanation. [8]
Je demanderai "Qu'étaient ces êtres premiers-créés, avant leur émancipation divine ? Existaient-ils ou n'existaient-ils point ?" Ils existaient dans l'immensité du Créateur, mais toutefois sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier. Exister ainsi, ce n'est point exister, parce qu'on ne peut agir et sentir que par la volonté d'un être supérieur, dont tout ce qui est concentré en lui ne peut être mû, et avoir entendement et action que par celui qui contient le tout en lui-même. Il ne serait point Créateur sans le règne infini des êtres qui sont innés en lui et qu'il émancipe par sa seule volonté, et quand il lui plaît. C'est cette multitude d'émancipations infinies qu'il fait des êtres spirituels qui sont en lui-même, qui lui donne le nom de Créateur et de création divine, spirituelle animale, spirituelle temporelle.
On demandera ce qu’étaient ces premiers êtres avant leur émanation divine, s'ils existaient ou s'ils n'existaient pas ? Ils existaient dans le sein de la Divinité, mais sans distinction d'action, de pensée et d'entendement particulier, ils ne pouvaient agir ni sentir que par la seule volonté de l'être supérieur qui les contenait et dans lequel tout était mû ; ce qui, véritablement, ne peut pas se dire exister ; cependant cette existence en Dieu est d'une nécessité absolue ; c'est elle qui constitue l'immensité de la puissance divine. Dieu ne serait pas le père et le maître de toutes choses s'il n'avait innée en lui une source inépuisable d'êtres qu'il émane de sa pure volonté et quand il lui plaît. C'est par cette multitude infinie d'émanations d'êtres spirituels hors de lui-même qu'il porte le nom de Créateur, et ses ouvrages celui de la création divine, spirituelle et animale, spirituelle temporelle.
Quels sont donc ces premiers êtres créés que l'Eternel émancipa de lui-même et comment les distingua-t-il ? Par leurs noms, vertus et puissances supérieures à tout être créé après eux. TAIls étaient supérieurs parce qu'ils occupaient immédiatement l'immense circonférence divine qui est vulgairement appelée Domination, premier cercle divin portant
Les premiers esprits émanés du sein de la Divinité étaient distingués entre eux par leurs vertus, leurs puissances et leurs noms. Ils occupaient l'immense circonférence divine appelée vulgairement Domination, et qui porte son nombre dénaire selon la figure suivante , et c'est là que tout esprit supérieur 10, majeur 8, inférieur 7,
son nom dénaire, ainsi qu'il suit par la figure .
TALe nom de ces premiers esprits était plus fort que ce que nous appelons Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges. Ces quatre dénominations d'esprits nous assurent que leur émanation vient réellement de la quadruple essence divine dans laquelle tout esprit créé, soit majeur et supérieur 10, inférieur 7, et mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Ces quatre premiers principes d'êtres créés avaient en eux une partie de la Domination divine, une vertu de puissance majeure, inférieure et mineure. Ils avaient en eux toutes ces choses et la connaissance de celles qui pouvaient exister ou être renfermées dans ces différents êtres spirituels, puisqu'ils n'étaient point encore créés et émancipés du sein de la Divinité,
mineur 4, devait agir et opérer pour la plus grande gloire du Créateur. Leur démonstration ou leur nombre prouve que leur émanation vient, réellement de la quatriple essence divine. Les [9] noms de ces quatre classes d'esprits étaient plus forts que ceux que nous donnons vulgairement aux Chérubins, Séraphins, Archanges et Anges, qui n'ont été émancipés que depuis. De plus, ces quatre premiers principes d'êtres spirituels avaient en eux, comme nous l'avons dit, une partie de la domination divine ; une puissance supérieure, majeure, inférieure et mineure, par laquelle ils connaissaient tout ce qui pouvait exister, ou être renfermé dans les êtres spirituels qui n'étaient pas encore sortis du sein de la Divinité.
parce que ces premiers chefs, émancipés du Créateur au premier cercle divin, nommé mystérieusement cercle dénaire, lisaient distinctement et avec sécurité ce qui se passait dans la Divinité, ainsi que ce qui était contenu en elle-même. Il ne doit pas y avoir le moindre doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, voir et concevoir l'esprit. Les premiers chefs créés spirituels étaient donc considérablement revêtus de vertu et puissance divine. TAIl n'est pas douteux que ces esprits prévissent toute action divine, la Divinité [les] ayant créés pour être témoins face à face de toutes ces opérations divines et de la manifestation de sa gloire.
Comment, dira-t-on, pouvaient-ils avoir connaissance des choses qui n'existaient pas encore distinctement et hors du sein du Créateur ? Parce que ces premiers chefs émanés au premier cercle, nommé mystérieusement cercle dénaire, lisaient clairement et avec certitude ce qui se passait dans la Divinité, ainsi que tout ce qui était contenu en elle-même. Il ne doit point y avoir de doute sur ce que je dis ici, étant bien convaincu qu'il n'appartient qu'à l'esprit de lire, de voir et de concevoir l'esprit. Ces premiers chefs avaient une connaissance parfaite de toute action divine, puisqu'ils n'avaient été émanés du sein du Créateur que pour être moins [sic pour témoins] face à face de toutes les opérations divines de la manifestation de sa gloire.
Ces chefs spirituels divins ont-ils toujours
Ces chefs spirituels divins ont-ils
conservé leur premier état de vertu et puissance divine ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité des dons et décrets éternels. Car, si Dieu avait retiré toutes les vertus et puissances premières qu'il a mises réversibles sur ces premiers esprits créés, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne et mauvaise, ni aucune manifestation de gloire et de puissance divine supérieure aux esprits majeurs, inférieurs et mineurs. Me dira-t-on que le Créateur devait bien prévoir que cette création d'esprits prévariquerait et s'écarterait des lois, préceptes et commandements qu'il voulait leur donner ? S'il le prévoyait, pourquoi ne les contenait-il point dans leur premier état de justice envers lui ? Je répondrai à cela que, quoique le Créateur ait prévu l'ambition orgueilleuse de ces esprits, il ne pouvait les contenir de pas une façon, sans les priver de leurs actions particulières et innées en eux, ayant été émancipés de la Divinité pour agir à leur volonté comme cause seconde spirituelle suivant le plan pour lequel le Créateur les avait créés.
conservé leur premier état de vertu et puissance divine après leur [10] prévarication ? Oui, ils l'ont conservé par l'immutabilité des décrets de l'Eternel, car si le Créateur avait retiré toutes les vertus et puissances qu'il a mises réversibles sur les premiers esprits, il n'y aurait plus eu d'action de vie bonne ou mauvaise, ni aucune manifestation de gloire, de justice, de puissance divine sur ces esprits prévaricateurs. On me dira que le Créateur devait bien prévoir que ces premiers esprits émanés prévariqueraient contre les lois, préceptes et commandements qu'il leur avait donnés, et qu'alors c'était à lui de les contenir dans la justice. Je répondrai à cela, que, quand même le Créateur aurait prévu l'orgueilleuse ambition de ces esprits, il ne pouvait, d'aucune façon, contenir et arrêter leurs pensées criminelles sans les priver de leur action particulière et innée en eux, ayant été émanés pour agir selon leur volonté, et comme cause seconde spirituelle selon le plan que le Créateur leur avait tracé. Le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles bonnes et mauvaises, ayant lui-même appuyé et fondé tout être spirituel sur des lois immuables ; par ce moyen, tout être spirituel est libre d'agir selon sa volonté et sa détermination particulière, ainsi que le Créateur l'a dit lui-même à sa créature ; et nous en voyons tous les jours la confirmation sous nos yeux.
Me dira-t-on encore "Quel est le genre de prévarication de ces esprits qui ait pu engager le Créateur d'user de force de loi divine contre ces premiers esprits ?" TAJe répondrai à cette question que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes spirituelles, bonnes et mauvaises, ayant lui-même fondé tout
Si l'on demande quel est le genre de prévarication de ces esprits, pour que le Créateur ait usé de force [11] de loi divine contre eux, je répondrai que ces esprits n'étaient émanés que pour agir comme causes secondes, et nullement pour exercer leur puissance sur les causes premières ou l'action même de la
être créé sur les lois immuables, et par ce moyen tout être créé est libre d'agir suivant sa volonté et sa détermination particulière, qui peut opérer à son gré, ainsi que le Créateur l'a dit lui-même à sa créature, et dont nous voyons la confirmation tous les jours de la vie sous nos yeux. Je dirai encore que si ces esprits n'étaient créés que pour agir sur les causes secondes, pourquoi ont-ils voulu s'exercer et agir sur les causes premières divines, au lieu de rester dans leur promesse inviolable d'action et d'agent second ? Puisqu'ils étaient des causes secondes, ils ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opération seconde, n'ayant été créés et émancipés du Créateur que pour cet objet, et non pour qu'ils s'occupassent à prévenir les pensées du Créateur dans toutes ses opérations divines, soit passées, présentes ou futures. TAUne pareille conduite de la part de ces premiers chefs créés fut criminelle devant le Créateur. En quoi peut-elle être criminelle ? Premièrement, en ce qu'ils ont voulu chercher des moyens pour condamner l'éternité divine, secondement, en ce qu'ils ont voulu chercher un autre moyen pour borner la toute-puissance divine dans les opérations de création, troisièmement, en ce qu'ils ont porté leurs pensées spirituelles à vouloir être créateurs des causes troisième et quatrième, qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur que nous appelons quadruple essence divine.
Divinité ; puisqu'ils n'étaient que des agents secondaires, ils ne devaient être jaloux que de leur puissance, vertu et opérations secondes, et non point s'occuper à prévenir la pensée du Créateur dans toutes ses opérations divines, tant passées que présentes et futures. Leur crime fut premièrement d'avoir voulu condamner l'éternité divine dans ses opérations de création ; secondement, d'avoir voulu borner la Toute-puissance divine dans ces mêmes opérations ; troisièmement, d'avoir porté leur pensée spirituelle jusqu'à vouloir être Créateurs des causes troisièmes et quatrièmes, qu'ils savaient être innées dans la toute-puissance du Créateur, que nous appelons quatriple essence divine.
Je ferai observer à mon disciple la volonté criminelle des premiers esprits créés contre le Créateur. Ils ont condamné l'éternité divine en ce qu'ils ont voulu donner à l'Eternel une émanation semblable à la leur, ne
Comment pouvaient-ils condamner l'éternité divine ?
C'est en voulant donner à l'Eternel une émanation égale à la leur, ne regardant le Créateur que comme un être
regardant le Créateur que comme un être semblable à eux. En conséquence, il devait naître d'eux des créatures spirituelles, qui dépendraient immédiatement d'eux, ainsi qu'ils devaient dépendre de celui qui les avait créés. Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant bien convaincu que toute mauvaise volonté conçue par l'esprit est toujours criminelle devant Dieu, quoique l'esprit n'ait point réalisé en action effective le contenu de sa mauvaise volonté. Je dirai donc que c'est de cette première volonté criminelle que les premiers esprits ont été précipités par la seule puissance et volonté du Créateur dans les lieux de sujétion, de privation et de misère impure à leur être spirituel, comme esprits purs et simples relativement à leur émanation première, ainsi qu'il va être expliqué.
semblable à eux ; et qu'en conséquence il devait naître d'eux des créatures spirituelles qui dépendraient immédiatement d'eux-mêmes, ainsi qu'ils dépendaient de celui qui les avait émanés. Voilà ce que nous appelons le principe du mal spirituel, étant certain que toute mauvaise volonté conçue [12] par l'esprit est toujours criminelle devant le Créateur, quand bien même l'esprit ne la réaliserait pas en action effective. C'est en punition de cette simple volonté criminelle que les esprits ont été précipités par la seule puissance du Créateur dans des lieux de sujétion, de privation et de misère impure et contraire à leur être spirituel qui était pur et simple par leur émanation, ce qui va être expliqué.
TACes premiers esprits ayant commis leur crime, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité, en créant cet univers physique en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits agiraient et exerceraient toute leur mauvaise volonté en privation. Il ne faut point comprendre dans cette création, l'homme ou le mineur, qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre, attendu que l'homme ne devait faire usage, en aucune façon de forme apparente, de cette matière, n'avant été créé par Dieu que pour être un être puissant sur tout être créé avant lui, ainsi qu'il va être expliqué.
Dieu ayant créé par sa toute-puissance cet univers pour être l'asile des premiers esprits pervers et le lieu fixe de leurs mauvaises opérations, qui ne pourront prévaloir aux lois d'ordre qu'il a données à sa création universelle, TAle
Ces premiers esprits ayant conçu leur pensée criminelle, le Créateur fit force de loi sur son immutabilité en créant cet univers physique, en apparence de forme matérielle, pour être le lieu fixe où ces esprits pervers avaient à agir, à exercer en privation toute leur malice. Il ne faut point comprendre dans cette création matérielle l'homme ou le mineur qui est aujourd'hui au centre de la surface terrestre ; parce que l'homme ne devait faire usage d'aucune forme de cette matière apparente, n'ayant été émané et émancipé par le Créateur que pour dominer sur tous les êtres émanés et émancipés avant lui. L'homme ne fut émané qu'après que cet univers fut formé par la Toute-puissance divine pour être l'asile des premiers esprits pervers et la borne de leurs opérations mauvaises, qui ne prévaudront jamais contre les lois d'ordre que le Créateur a donné à sa création universelle. Il avait les mêmes
Créateur créa, après toutes choses, un homme à qui il donna les mêmes préceptes, lois et commandements qu'il avait donnés à ces premiers esprits créés ; quoique, second, il devint aîné et supérieur aux premiers par son état de gloire et son exactitude à remplir les commandements qu'il reçut de Dieu. Ce dernier-créé connaissait parfaitement l'origine de sa création spirituelle et la nécessité de la création universelle ; il connaissait encore l'utilité de sa création spirituelle et la forme glorieuse qui lui avait été donnée pour agir dans toute sa volonté sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans toute cette forme de gloire qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur, en face de la création universelle, particulière et générale.
vertus et puissances que les premiers esprits ; et quoiqu'il ne fût émané qu'après eux, il devint leur supérieur et leur aîné par [13] son état de gloire et la force du commandement qu'il reçut du Créateur. Il connaissait parfaitement la nécessité de la création universelle ; il connaissait de plus l'utilité et la sainteté de sa propre émanation spirituelle, ainsi que la forme glorieuse dont il était revêtu pour agir dans toutes ses volontés sur les formes corporelles actives et passives. C'était dans cet état qu'il devait manifester toute sa puissance pour la plus grande gloire du Créateur en face de la création universelle, générale et particulière.
Nous distinguerons l'univers en trois parties pour le faire concevoir à nos disciples avec toutes les facultés d'action spirituelle. L'univers est une immense circonférence dans laquelle est contenu le général et le particulier. Le général est la terre, de laquelle émanent tous les aliments nécessaires pour substanter le particulier ; et le particulier est composé de tous les habitants de corps célestes et terrestres. Voilà la distinction que nous faisons de la création universelle, pour que nos disciples puissent connaître et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ses trois parties.
Nous distinguons ici l'univers en trois parties, pour le faire concevoir à nos émules avec toutes ses facultés d'actions spirituelles : 1° l'univers, qui est une circonférence dans laquelle sont contenus le général et le particulier ; 2° la terre ou la partie générale de laquelle émanent tous les aliments nécessaires à substancier le particulier ; 3° le particulier, qui est composé de tous les habitants des corps célestes et terrestres. Voilà la division que nous ferons de la création universelle, pour que nos émules puissent connaître et opérer avec distinction et connaissance de cause dans chacune de ces trois parties.
TAAdam était donc, dans son premier état de gloire, le véritable émule du Créateur, puisqu'il lisait dans le Créateur lorsqu'il opérait ses pensées divines face à face de lui. Il lui fit donc concevoir les trois principes qui composent l'univers qu'il avait créé, et
Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur. Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines. Le Créateur lui fit concevoir les trois principes qui composaient l'univers ; et, pour cet effet, il lui dit : "Commande à
pour cet effet, il lui dit : "Commande à tous les animaux actifs et passifs. Ils t'obéiront." La créature obéit à ce que lui dit le Créateur, et Adam vit par là que sa puissance était grande. Voilà positivement comme il apprit à connaître avec sécurité une partie du tout composant l'univers, après qu'il eut opéré sur ce que nous appelons le particulier, qui est composé de tout être créé actif et passif habitant la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste, qui est appelé mystérieusement ciel de Saturne au-dessus duquel est le sur-céleste.
tous les animaux actifs et passifs, et ils [14] obéiront." Adam exécuta ce que le Créateur lui avait dit ; il vit par là que sa puissance était grande, et il apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l'univers. Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu'au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : "Commande au général ou à toute la terre, et elle t'obéira", ce que la créature fit. Elle vit que sa vertu était grande. Il connut, après cette opération, avec certitude, le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à la créature : "Commande à l'univers créé, et tous ses habitants spirituels t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Après cette opération, le Créateur dit à sa créature : "Commande au général ou à la terre ; elle t'obéira." Ce que fit Adam. Il vit par là que sa puissance était grande et il connut avec certitude le second tout composant l'univers. Après ces deux opérations, le Créateur dit à sa créature : "Commande à tout à l'univers créé, et tous ses habitants t'obéiront." Adam exécuta encore la parole de l'Eternel ; et ce fut par cette troisième opération qu'il apprit à connaître la création universelle.
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'homme-Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Je ferai observer que, par le moyen des trois opérations que l'homme fit au gré du Créateur, il reçut pour lors les lois, préceptes et commandements. A la première opération, il reçut la loi, à la seconde, le précepte, et à la troisième, le commandement. Ces trois genres d'opération, que le premier homme fit au gré du Créateur, nous font bien voir clairement, non seulement les bornes de
Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d'Homme Dieu de la terre universelle, parce qu'il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. Il faut observer qu'à la première opération Adam reçut la loi ; à la deuxième, il reçut le précepte, et à la troisième, le commandement. Par ces trois sortes d'opérations nous devons voir clairement, non seulement quelles étaient les bornes de la puissance, vertu et force que le Créateur avait, données [15] à sa créature, mais encore celles qu'il avait prescrites aux premiers esprits pervers.
puissance, de vertu et de force qu'il avait données à Adam, mais encore celles dans lesquelles il avait borné les premiers esprits créés avant lui.
TALe Créateur, ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance, qui étaient innées en lui, desquelles il pourrait user à sa volonté, se retira de lui, pour le laisser agir selon son libre-arbitre, qu'il avait donné à sa créature par l'émancipation qu'il avait faite d'elle, en la détachant d'une manière distincte de son immensité divine. Et cela pour qu'elle eût la faculté de la jouissance particulière personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois que la créature agît selon la volonté du Créateur.
Le Créateur ayant vu sa créature satisfaite de la vertu, force et puissance innées en elle, et par lesquelles elle pouvait agir à sa volonté, l'abandonna à son libre-arbitre, l'ayant émancipée d'une manière distincte de son immensité divine avec cette liberté, afin que sa créature eût la jouissance particulière et personnelle, présente et future, pour une éternité impassive, pourvu toutefois qu'elle se conduisît selon la volonté du Créateur.
Cette créature que nous nommons Adam, étant livrée à son libre-arbitre, sous la réflexion de sa grande puissance manifestée par la grande force et vertu de ses trois premières opérations, envisagea son travail presque aussi grand que celui de Créateur, et ne pouvant pas de son chef approfondir parfaitement ces trois grandes opérations premières avec celles de son Créateur, ainsi qu'il en avait reçu l'ordre exprès de lui-même, avant qu'il fût laissé libre de ses volontés sur tout ce qui était à sa domination et en son pouvoir [lacune ?].
Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait conçue de lire dans la puissance infinie du Créateur, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits créés, puisque, de l'instant qu'Adam eut imaginé cette pensée, un des principaux esprits pervers, que nous appelons mauvais intellects ou démons, apparut à Adam sous la plus belle forme de gloire apparente et, s'étant
Adam étant livré à son libre arbitre, réfléchit sur la grande puissance manifestée par ses trois premières opérations. Il envisagea son travail comme étant presque aussi grand que celui du Créateur ; mais ne pouvant de son chef approfondir parfaitement ces trois premières opérations ni celles du Créateur, le trouble commença à s'emparer de lui au milieu de ses réflexions sur la toute-puissance divine, dans laquelle il ne pouvait lire qu'avec le consentement du Créateur, selon qu'il lui avait été enseigné par les ordres que le Créateur lui avait donnés lui-même d'exercer ses pouvoirs sur tout ce qui était à sa domination, avant de le laisser libre de ses volontés. Les réflexions d'Adam, ainsi que la pensée qu'il avait eue de lire dans la puissance divine, ne tardèrent pas d'un instant d'être connues des premiers esprits pervers que nous nommons mauvais démons, puisque, [16] dès qu'il eut conçu cette pensée, un des principaux esprits pervers apparut à lui sous la forme
approché, lui dit : "Que désires-tu connaître de plus du Créateur ? N'a-t-il pas mis en toi toute vertu et puissance égales à lui ? Agis et opère, en ta qualité d'être libre, toute volonté innée en toi, soit sur lui, soit sur toute la création universelle qu'il a soumise à ta puissance et à ton commandement. Tu apprendras pour lors à être convaincu que ta puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras encore à connaître que tu es non seulement créature particulière, mais encore créateur, comme te l'a dit le Créateur qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est pour lui et en son nom que je te parle.
apparente de corps de gloire, et s'étant approché d'Adam, il lui dit : "Que désires-tu connaître de plus du tout-puissant Créateur ? Ne t'a-t-il pas égalé à lui par la vertu et la toute-puissance qu'il a mises en toi ? Agis selon ta volonté innée en toi, et opère en qualité d'être libre, soit sur la Divinité, soit sur toute la création universelle qui est soumise à ton commandement. Tu te convaincras pour lors que ta toute-puissance ne diffère en rien de celle du Créateur. Tu apprendras à connaître que tu es non seulement créateur de puissance particulière, mais encore créateur de puissance universelle ainsi qu'il t'a été dit qu'il devait naître de toi une postérité de Dieu. C'est du Créateur que je tiens toutes ces choses, et c'est par lui et en son nom que je te parle."
TAA ce propos de l'esprit démoniaque, Adam resta dans l'inaction et sentit naître en lui un trouble violent, qui le mit dans une extase. Et, dans cet état, l'esprit malin lui suggéra toute sa puissance démoniaque, qui fit par ce moyen retenir impression de sa volonté à Adam, qui, revenu à son extase spirituelle animale, consentit à opérer la science démoniaque contre celle du Créateur et contre celle que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être créé inférieur à lui. Adam, prévenu et persuadé de la pensée démoniaque, la préféra à la science particulière spirituelle qu'il avait entièrement rejetée, pour ne faire usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
A ce discours de l'esprit démoniaque, Adam resta comme dans l'inaction, et sentit naître en lui un trouble violent, d'où il tomba dans l'extase. C'est dans cet état que l'esprit malin lui insinua sa puissance démoniaque ; et Adam, revenu de son extase spirituelle animale, mais ayant retenu une impression mauvaise du démon, résolut d'opérer la science démoniaque préférablement à la science divine que le Créateur lui avait donnée pour assujettir tout être inférieur à lui. Il rejeta entièrement sa propre pensée spirituelle divine, pour ne faire [17] usage que de celle que l'esprit malin lui avait suggérée.
Adam opéra donc la pensée démoniaque, en faisant une quatrième opération, dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
Adam opéra donc la pensée démoniaque en faisant une quatrième opération dans laquelle il usa de toutes les paroles puissantes que le Créateur lui avait transmises pour ses trois premières
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté les règles de ces mêmes opérations. Il fit usage, de préférence, de celles que le démon lui avait enseignées, comme aussi du plan convenable qu'il devait opérer pour attaquer l'immutabilité du Créateur,
opérations, quoiqu'il eût entièrement rejeté le cérémonial de ces mêmes opérations. Il fit usage par préférence du cérémonial que le démon lui avait enseigné, ainsi que du plan qu'il en avait reçu pour attaquer l'immutabilité du Créateur.
suivant ce que les esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devancer le Créateur, au préjudice des lois que l'Eternel leur avait prescrites pour leur servir de bornes dans toutes les opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créatures, ainsi qu'Adam qui ne devait pas plus aspirer à cette ambition, qui lui fut suggérée mal à propos par le démon, de vouloir tendre à la création des êtres spirituels.
Adam répéta ce que les premiers esprits pervers avaient conçu d'opérer pour devenir créateurs au préjudice des lois que l'Eternel lui avait prescrites pour leur servir de bornes dans leurs opérations spirituelles divines. Ces premiers esprits ne devaient rien concevoir ni entendre en matière de création, n'étant que créature de puissance. Adam ne devait pas plus aspirer qu'eux à cette ambition de création d'êtres spirituels qui lui fut suggérée par le démon.
A peine ces esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté de création semblable au Créateur, que le Créateur fit abattre tout d'un coup eux et leurs pensées ambitieuses dans des lieux de ténèbres et de privation divine pendant une durée immense de temps, étant condamnés à cette demeure par la volonté immuable du Créateur. Je ferai observer à mon disciple que cette condamnation à ce châtiment du Créateur fait bien voir qu'il ne laisse aucune pensée d'esprit criminelle impunie, attendu que le Créateur ne saurait ignorer la pensée et la volonté de son être créé. C'est donc la volonté bonne et mauvaise qui va directement se faire entendre au Créateur qui la reçoit ou la rejette. Ce n'est donc point, comme plusieurs personnes ont voulu le dire, que le mal venait du Créateur, ainsi que toute chose créée émane de lui. Un pareil jugement est impie et erroné. Du
Nous avons vu qu'à peine ces démons ou esprits pervers eurent conçu d'opérer leur volonté d'émanation semblable à celle qu'avait opérée le Créateur, ils furent précipités dans des lieux de ténèbres pour une durée immense de temps, par la volonté immuable du Créateur. Cette chute et ce châtiment nous prouvent que le Créateur ne saurait ignorer la pensée et la volonté de sa créature ; cette pensée [18] et cette volonté, bonnes ou mauvaises, vont se faire entendre directement au Créateur qui les reçoit ou les rejette. On aurait donc tort de dire que le mal vient du Créateur, sous prétexte que tout émane de lui. Du Créateur est sorti tout être spirituel, bon, saint et parfait aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais que l'on demande d'où est donc émané le mal ? Je dirai que le mal est enfanté par l'esprit et non créé ; la création appartient au Créateur et non à la créature ; les
Créateur est sorti tout être spirituel bon et même sain et parfait. Aucun mal n'est et ne peut être émané de lui. Mais qu'on me demande d'où est venu le mal, je dirai que le mal est enfanté par l'esprit, et non créé, la création n'appartenant qu'au Créateur et non à la créature. TALa pensée et la volonté mauvaise sont enfantées par l'esprit mauvais, comme la pensée supérieure et sublime bonne donnée à l'homme est enfantée par l'esprit bon. Ces sortes d'enfantements de pensées bonnes et mauvaises et de volonté pour et contre l'homme, sont immédiatement émanées des esprits bons et mauvais, sauf à l'homme de recevoir l'une ou l'autre relativement à son libre-arbitre, qui lui donne droit de prétendre à la récompense promise par le Créateur pour ses bonnes oeuvres, comme aussi de rester pour un temps infini dans la privation de son droit spirituel. Je dirai encore, au sujet de l'origine du mal, que le mal ne prend point son origine du Créateur, ni d'aucune de ses créatures particulières. Mais je dirai que l'origine du mal vient très positivement de la mauvaise pensée et mauvaise volonté de l'esprit, ou de la pensée et de la volonté opposées aux lois, préceptes et commandements de l'Eternel, et qu'il ne peut pas changer dans cet esprit, sans détruire sa liberté ou son existence particulière, comme il a été dit ci-dessus. Non que l'esprit qui a enfanté le mal soit le mal même, car, si les démons changeaient leur volonté mauvaise, leurs actions changeraient aussi, et, de cet instant, il ne serait plus question de mal dans tout l'univers. Répondrez-vous à cela que Dieu étant immuable dans tous ses décrets, il a condamné en privation dans les peines éternelles ceux qui ont enfanté le mal ? Je répondrai qu'il est vrai que le Créateur a condamné celui
pensées mauvaises sont enfantées par l'esprit mauvais, comme les pensées bonnes sont enfantées par l'esprit bon ; c'est à l'homme à rejeter les unes et à recevoir les autres, selon son libre-arbitre qui lui donne droit de prétendre aux récompenses de ses bonnes oeuvres, mais qui peut aussi le faire rester pour un temps infini dans la privation de son droit spirituel.
qui est professeur et qui professe le mal, à une privation et à des pâtiments infinis, mais je fais apercevoir qu'au centre de la manifestation de la justice du Créateur sur la créature, il s'est lui-même nommé père de miséricorde sans borne sur cette même créature.
Je n'irai pas plus avant dans l'examen de cette infinie miséricorde de Dieu, me réservant d'en parler dans un autre endroit. Je reviendrai donc encore une fois à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise volonté de l'esprit. TAJe dirai donc que le mauvais enfantement de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée de laquelle résulte la volonté appelée spirituellement "mauvais intellect", de même que l'enfantement de la bonne volonté est encore appelé "bon intellect", c'est par ces sortes d'intellects que ces esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et font retenir impression quelconque au maçon spirituel, toutefois cependant que la volonté de celui qui a le pouvoir de rejeter ou d'admettre veut se prêter [à] recevoir l'un ou l'autre, dans sa qualité d'être mineur libre de son premier principe de création.
Je parlerai plus amplement de cette miséricorde divine dans un autre endroit. Je reviendrai encore à l'enfantement du mal occasionné par la mauvaise volonté de l'esprit, et je dirai que le mauvais enfantement de l'esprit, n'étant que la mauvaise pensée, est appelé spirituellement mauvais intellect, de même que l'enfantement de la bonne pensée est appelé bon intellect. C'est par ces sortes d'intellects que les esprits bons et mauvais se communiquent à l'homme et lui font retenir une impression quelconque, selon qu'il use de son libre-arbitre pour [19] rejeter ou admettre le mauvais ou le bon, à sa volonté.
Nous distinguons la volonté bonne ou mauvaise des esprits par le nom d'intellect, parce qu'ils opèrent sur des êtres spirituels créés après eux, et que ces esprits premiers-créés n'ont dégénéré des puissances supérieures à celles des mineurs, que par leur prévarication qui les assujettit aux créatures mineures. Je ne fais aucune distinction de la sujétion dans laquelle le mineur, ou l'homme, tient les esprits bons, d'avec celle dont il tient les esprits mauvais sous sa vertu et puissance, ainsi que je vais le faire comprendre à mon disciple.
Nous nommons intellect cette insinuation bonne ou mauvaise des esprits, parce qu'ils agissent sur des êtres spirituels. Les esprits pervers sont assujettis aux mineurs, ayant dégénérés de leur puissance supérieure par leur prévarication. Les bons esprits sont également assujettis à l'homme par la puissance quaternaire qu'il reçut à son émanation. Cette puissance universelle de l'homme est annoncée par la parole du Créateur, qui lui dit : "J'ai tout créé pour toi ; tu n'as qu'à commander pour être obéi." Il n'y a donc nulle distinction à faire de la sujétion où le mineur tient les
TALorsque le Créateur eut créé le premier maçon, après avoir créé les ténèbres, ou la terre, où devaient habiter les professeurs du mauvais intellect, il dit à son homme qu'il avait créé toutes choses au-dessous du ciel surcéleste pour lui, et que tout était créé pour être sujet à lui, qu'il n'avait qu'à commander pour être obéi. Il avait donc force de commandement sur les démons en privation. La bonne volonté de ce premier maçon, ou du mineur revêtu de son corps de gloire, aurait été à ces esprits un bon et véritable intellect, qui se serait fait sentir à lui, ainsi que le mauvais intellect se fit sentir au premier maçon, et qui, par sa prévarication, se fait encore ressentir jusqu'à nous. Par la puissance de commandement qu'il avait sur les démons, il pourrait par sa bonne volonté les resserrer encore plus dans leur privation, en leur refusant la communication de tout être créé après eux, ainsi que cela nous est figuré en nature par l'inégalité des cinq doigts de la main droite, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce l'esprit bon, l'index l'intellect bon, les deux autres doigts figurent également l'esprit et intellect démoniaque. TANous comprendrons très clairement par cette figure que l'homme ou le maçon mineur était uniquement créé pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir, le combattre et le retenir dans une plus grande privation de communication de tout être spirituel bon. La force et la puissance du mineur étaient bien plus grandes que celles des démons qu'il devait contenir sous sa puissance, en ce que le mineur avait en son pouvoir celles de son compagnon et son intellect qu'il réunissait avec la science, et que, par ce moyen, il pouvait faire lutter trois
esprits bons, d'avec celle où il tient les esprits mauvais. Si l'homme se fût maintenu dans son état de gloire, il aurait servi de bon et de véritable intellect aux mauvais démons, ainsi qu'eux-mêmes ont fait sentir leur mauvais intellect au premier mineur et qu'ils le font journellement ressentir parmi nous. Par la puissance du commandement, l'homme pouvait encore plus les resserrer dans la privation en leur refusant toute communication avec lui ; ce qui nous est figuré par l'inégalité des cinq doigts de la main, dont le doigt médium figure l'âme, le pouce, l'esprit bon, l'index, l'intellect bon ; les deux autres doigts figurent également l'esprit et l'intellect démoniaques. Nous comprendrons aisément par cette figure, que [20] l'homme n'avait été émané que pour être toujours en aspect du mauvais démon, pour le contenir et le combattre. La puissance de l'homme était bien supérieure à celle du démon, puisque cet homme joignait à sa science celle de son compagnon et de son intellect, et que, par ce moyen, il pouvait opposer trois puissances spirituelles bonnes contre deux faibles puissances démoniaques ; ce qui aurait totalement subjugué les professeurs du mal, et par conséquent, détruit le mal même.
puissances bonnes contre deux mauvaises démoniaques. Et, de cette façon, il aurait mis fin au professeur du mal et au mal même.
On peut voir, par tout ce que je viens de dire sur le professeur du mal, que l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la mauvaise volonté de l'esprit contre les lois divines. Non que l'esprit même, qui émane du Créateur, soit directement le mal, parce que le possible du mal n'a jamais existé dans le Créateur. C'est donc une grande erreur que d'admettre dans la possibilité des choses divines le mal qui naît de la seule disposition et volonté de la créature, et non du Créateur. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité. On ne donne au Créateur, lorsqu'il châtie sa créature, que le nom de justice, et non le nom d'auteur du fléau qu'il lance sur la créature pour tâcher, par cet effet, de la préserver des tourments et châtiments infinis.
L'on peut voir, par tout ce que je viens de dire, que l'origine du mal n'est venue d'aucune autre cause que de la mauvaise pensée suivie de la volonté mauvaise de l'esprit contre les lois divines ; et non pas que l'esprit même émané du Créateur soit directement le mal ; parce que la possibilité du mal n'a jamais existé dans le Créateur. Il ne naît uniquement que de la seule disposition et volonté de ses créatures. Ceux qui parlent différemment ne parlent pas avec connaissance de cause des choses possibles et impossibles à la Divinité. Lorsque le Créateur châtie sa créature, on lui donne le nom de juste, et non celui d'auteur du fléau qu'il lance pour préserver sa créature du châtiment infini.
TAJ'entrerai présentement dans l'explication de la prévarication d'Adam, ou du premier être maçon mineur créé après les premiers êtres spirituels et prévaricateurs avant lui. Je dirai, pour cet effet, que la prévarication du premier maçon créé est une répétition de celle des premiers esprits. Elle est telle parce que l'inspiration de sa prévarication, quoique partant de sa propre volonté, ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par ces premiers esprits prévaricateurs. La force de la prévarication d'Adam est encore plus grande et plus considérable que celle des premiers esprits. Elle est telle,
J'entrerai maintenant dans l'explication de la prévarication du premier homme. Cette prévarication est une répétition de celle des esprits pervers premiers émanés ; quoiqu'elle parte de la propre volonté [21] d'Adam, elle ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par les esprits prévaricateurs. Mais la prévarication du premier homme est plus considérable que celle des premiers esprits, en ce que, non seulement Adam a retenu impression du conseil des démons en faveur desquels il a contracté une volonté mauvaise, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa vertu et
non seulement parce qu'Adam a retenu impression du conseil des démons qui l'ont fait déterminer à contracter sa volonté mauvaise en faveur de leurs conseils démoniaques, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa volonté, vertu et puissance divine contre le Créateur, ce que ces premiers esprits n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et volonté mauvaise ayant été lues par le Créateur, qui abattit tout aussitôt leur vouloir à ce sujet. On demandera pourquoi le Créateur n'a pas usé de son pouvoir contre la mauvaise volonté et l'opération inique d'Adam, ainsi qu'il avait fait contre celle des premiers esprits pervers. Je répondrai à cela que, comme le Créateur avait créé l'homme, ou le mineur, pour être l'instrument duquel il se servirait pour l'entière punition des premiers esprits, il laissa subsister les lois d'ordre qu'il avait données à l'un et à l'autre de ces deux êtres créés, et les vit opérer selon leur libre-arbitre, suivant leur pensée, désir et volonté innés en eux. TALe Créateur, étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et refuse, de même que dans les récompenses et les peines qu'il inflige à sa créature, suivant qu'elle sait qu'elle le mérite par ses actions, laissa agir ces deux êtres créés à leur propre volonté, n'étant point au Créateur de lire dans les causes secondes, comme je l'ai déjà dit, et encore moins de les empêcher et arrêter. Il ne le pourrait sans sortir de son immutabilité et déroger par là de sa propre existence d'être nécessaire et à sa puissance divine, comme je vais le faire entendre à mon disciple.
puissance divine contre le Créateur, en opérant au gré des démons et de sa propre volonté un acte de création, ce que les esprits pervers n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et leur volonté mauvaises ayant été tuées par le Créateur qui arrêta aussitôt et prévint l'acte de l'opération de cette volonté. L'on demandera peut-être pourquoi le Créateur n'a pas agi contre la mauvaise volonté et l'opération inique du premier homme ainsi qu'il l'avait fait contre celle des esprits pervers ? Je répondrai à cela que l'homme, étant l'instrument préposé par le Créateur pour la punition des premiers esprits, reçut des lois d'ordre en conséquence. Le Créateur laissa subsister ces lois d'ordre qu'il avait données à l'homme, ainsi que celles qui étaient innées dans l'esprit mauvais, afin que ces deux êtres opérassent conformément à leur pensée et à leur volonté particulière. Le Créateur étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et ce qu'il refuse, de même que [22] dans les peines et récompenses qu'il envoie à sa créature selon qu’elle le mérite, ne pouvait, sans manquer à son immutabilité, arrêter la force et l'action des lois d'ordre que l'esprit mauvais et l'esprit mineur ou l'homme avait eues. Il laissa agir librement les deux êtres émanés, n'étant point en lui de lire dans les causes secondes temporelles, ni d'en empêcher l'action sans déroger à sa propre existence d'Etre nécessaire et à sa puissance divine.
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait que de toute
Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait de toute
nécessité, il communiquât lui-même la pensée et la volonté à la créature bonne et mauvaise, et qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait toujours à la même chose.
nécessité qu'il communiquât lui-même non seulement la pensée, mais encore la volonté bonne ou mauvaise à sa créature, ou qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait au même.
Si le Créateur agissait ainsi, vous auriez raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Toute chose étant ainsi, vous n'auriez plus besoin de vous considérer comme des hommes libres et sujets à aucun culte divin de notre propre volonté, puisque nous n'en n'aurions aucune par le défaut de liberté. Rendons donc toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que certains et convaincus, qu'il n'a jamais existé en lui le moindre soupçon de mal, ce qui ne peut même se penser, la chose n'étant point possible et n'étant même point dans la possibilité divine.
Si le Créateur agissait ainsi, on aurait raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Nous ne pourrions plus alors nous considérer comme des êtres libres et sujets à un culte divin de notre propre volonté. Rendons toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que convaincus qu'il n'y a jamais existé en lui et qu'il n'y peut jamais exister le moindre soupçon de mal et que c'est de la seule volonté de l'esprit que le mal peut sortir, l'esprit étant revêtu d'une entière liberté.
TACe qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que s'il avait été à la possibilité du Créateur d'arrêter les causes secondes, il n'aurait point permis que son mineur, ou son premier homme, qu'il avait créé pour être le seul être opérant pour la punition des esprits pervers, fût la proie des démons, l'ayant expressément créé pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces esprits. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en n'ait point à faire. Je vous proposerai, par exemple : Si vous envoyiez un second vous-même pour combattre et terrasser vos ennemis et qu'il fût en votre pouvoir de le faire revenir victorieux et triomphant sur eux, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre ennemi ne marche à vos ennemis
Ce qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que, s’il avait été à la possibilité du [23] Créateur d'arrêter l'action des causes secondes spirituelles temporelles il n'aurait pas permis que son mineur succombât à l'insinuation des démons, l'ayant émané expressément pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces mêmes démons. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en ait point à faire : je vous dirai donc que, si vous envoyiez un second vous-même pour combattre vos ennemis, et qu'il fut en votre pouvoir de le faire triompher, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre député va au combat en observant de point en point les lois d'ordre que vous lui aurez donné, et qu'il revienne triomphant, vous le
pour les combattre, que sous les lois immuables que vous lui auriez prescrites, il reviendra triomphant s'il les a suivies de point en point, et vous le récompenserez de tout votre pouvoir, comme un ami fidèle à vos ordres. Mais s'il succombe, ayant transgressé ces mêmes lois, vous le punirez, comme ayant la force en main. Ce député ayant enfin succombé, avez-vous subi son sort ? Non, il n'y a que lui de blâmable, et sur lequel doit porter votre indignation, en le considérant comme un opprobre, faussaire et parjure à lui-même. Je dirai donc à cet égard : Si votre député avait reçu vos ordres pour combattre vos ennemis, et si, au lieu de les attaquer pour les terrasser selon vos lois, il se joignait à eux pour vous attaquer et vous rendre leur sujet, au lieu qu'ils sont les vôtres, comment considéreriez-vous ce député ? Vous le regarderiez comme un traître et vous seriez en garde contre lui. Eh bien, voilà précisément, par les comparaisons que je viens de faire, la prévarication de ce premier homme, ou maçon mineur créé, contre son Créateur. C'est à ce sujet qu'il est dit dans les saintes Ecritures par l'ange du Créateur : "Chassons d'ici l'homme qui a la connaissance du bien et du mal. Car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles. Et prenons garde qu'il n'attaque ou ne touche l'arbre de vie et qu'il ne vive par ce moyen à jamais."
TAL'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur, que le mineur attaque injustement avec ses alliés. "Qu'il ne vive à jamais" signifie qu'il ne vive éternellement comme les esprits démoniaques, sous leur même vertu et puissance maudite.
récompenserez de tout votre pouvoir comme un ami fidèle à vos ordres. Mais si, s'étant écarté de vos lois, il vient à succomber, vous le punirez parce qu'il avait la force en main. Cependant ce député étant vaincu, l'êtes-vous également ? Non. Il n'y a donc que lui de blâmable et sur lequel doit tomber toute votre indignation, comme étant faussaire et parjure ; aussi vous l'aurez en opprobre. De plus, si votre député, ayant reçu vos ordres pour aller combattre vos ennemis, au lieu de les attaquer et de les terrasser, se joignait à eux, et que tous ensemble vinssent vous livrer bataille, et cherchassent par ce moyen à vous rendre sujet à eux au lieu qu'ils le sont de vous, comment considéreriez vous ce député ? Vous le regarderiez [24] comme un traître, et vous vous tiendriez plus fort que jamais sur vos gardes contre lui. Eh bien, voilà positivement quelle est la prévarication du premier homme envers le Créateur. C'est pour cela que l'ange du Seigneur dit, selon qu'il est rapporté dans les Ecritures : "Chassons d'ici l'homme qui eut connaissance du bien et du mal, car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles, et prenons garde qu'il ne touche l'arbre de vie, et qu'il ne vive par ce moyen à jamais." (L'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur que le mineur attaqua injustement avec ses alliés. Qu'il ne vive à jamais signifie : qu'il ne vive éternellement comme les premiers esprits démoniaques dans une vertu et une puissance maudites).
Je ferai encore observer à mon disciple
Sans cette punition, le premier
que, si le premier maçon mineur eût resté concentré dans son premier crime et qu'il n'eût point obtenu du Créateur sa réconciliation, il serait resté mineur des mineurs démoniaques, auxquels il aurait été soumis, et qu'au contraire le mineur a été remis par son Créateur dans sa même vertu et puissance qu'il avait eue auparavant contre les infidèles de la loi. C'est donc par cette réconciliation que le mineur a reçu une seconde fois du Créateur, vertu et puissance pour et contre tout être, afin qu'il en use avec sagesse et modération, et qu'il ne s'efforce plus à l'avenir d'employer son libre-arbitre et sa volonté au gré des ennemis du Créateur, dans la crainte qu'il ne devienne par ce moyen l'arbre de vie du mal, en vivant à jamais sous la même vertu et puissance démoniaque.
homme n'eût point fait pénitence de son crime ; il n'eût point obtenu sa réconciliation ; il n'aurait point eu sa postérité, et serait resté mineur des mineurs démoniaques dont il était devenu le sujet. Au lieu que par sa réconciliation spirituelle, il a été remis par le Créateur dans les mêmes vertus et puissances qu'il avait auparavant contre les infidèles de la loi divine. C'est par cette réconciliation qu'il a obtenu une seconde fois des pouvoirs pour et contre tout être créé. C'est à lui d'en user avec sagesse et modération, et de ne plus employer son libre arbitre au gré des ennemis du Créateur, de peur de devenir à jamais l'arbre de vie du mal. [25]
Je reviendrai à la prévarication d'Adam et je dirai qu'ayant été créé par le Créateur pour être destiné à produire une postérité de Dieu et non une postérité de matière, comme il l'a opérée de sa propre volonté, il n'est pas surprenant qu'un pareil forfait de sa part soit punissable de génération en génération pour un temps immémorial. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il reçut de cette même prévarication, vous ne seriez point étonné de la peine que le Créateur nous a infligée en naissant, et rendue réversible sur notre postérité jusque la fin des siècles. Voici le principe de l'opération mauvaise du premier homme. TAAdam fut créé le dernier de toutes les créatures quelconques et au centre de la création universelle générale et particulière. Il le créa libre, en créant avec lui la loi qui devait le contenir dans ses bornes de puissance spirituelle, ainsi qu'il avait fait aux premiers esprits pervers. Adam, dans
Revenons à la prévarication d'Adam. Si vous connaissiez le genre de prévarication d'Adam et le fruit qu'il en reçut, vous ne regarderiez plus comme injuste la peine que le Créateur a mis sur nous en naissant et qu'il a rendu réversible sur notre postérité jusqu'à la fin des siècles. Adam fut émané le dernier de toute créature quelconque ; il fut placé au centre de la création universelle, générale et particulière ; il était revêtu d'une puissance supérieure à celle de tout être émané, relativement à l'emploi auquel le Créateur le destinait : les anges mêmes étaient soumis à sa grande vertu et à ses pouvoirs. C'est en réfléchissant sur un état si glorieux qu'Adam conçut et opéra sa mauvaise volonté au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement : paradis terrestre, et que nous appelons mystérieusement : terre élevée au-dessus de tout sens. Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, parce que ce fut dans
ce premier état de gloire, conçut très bien qu'il était quelque chose de plus que tout être créé. Il sentait encore qu'il avait en lui une puissance au-dessus de tous les êtres angéliques, relativement à l'emploi auquel le Créateur l'avait destiné. Il devait agir avec supériorité à tous êtres. Adam ayant réfléchi sur son premier état et ne pouvant rien définir ni agir par lui-même sur les choses qui n'étaient point de sa puissance, ainsi que je l'ai dit ailleurs, effectua sa volonté, suivant la pensée que lui avaient fait naître les principaux chefs démoniaques, et opéra sur cette même pensée, au centre de sa première couche glorieuse que l'on nomme vulgairement, "paradis terrestre", et que nous appellerons mystérieusement "terre élevée au-dessus de tout sens". Cet emplacement est ainsi nommé par les amis de la sagesse, et ce fut à ce Moria où le temple de Salomon a été construit et qui figure réellement la création du premier homme. Pour se convaincre de cette vérité, l'on doit observer que le temple de Salomon fut positivement construit sans le secours d'outils composés de métaux, pour faire voir à tous les hommes que le Créateur n'emploie point dans ses opérations le physique matériel.
ce lieu connu sous le nom de Mor-ia que le Temple de Salomon a été construit depuis. La construction de ce temple figurait réellement l'émanation du premier homme. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à observer que le temple de Salomon fut construit sans le secours d'outils composés de métaux ; ce qui faisait voir à tous les hommes que le Créateur avait formé le premier homme sans le secours d'aucune opération physique matérielle. [26]
Cette couche glorieuse dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur maçon, fut figurée par six ou sept circonférences par lesquelles le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de sa loge universelle, celle de son maçon. Le dernier cercle, joint aux six premiers, annonçait au maçon la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais, malgré la précaution que le Créateur employa pour
Cette couche spirituelle, dans laquelle le Créateur plaça son premier mineur, fut figurée par 6 et une circonférence. Par les six cercles, le Créateur représentait au premier homme les six immenses pensées qu'il avait employées pour la création de son temple universel et particulier. Le septième, joint aux six autres, annonçait à l'homme la jonction que l'esprit du Créateur faisait avec lui pour être sa force et son appui. Mais malgré les précautions puissantes que le Créateur employa pour prévenir et
prévenir son premier maçon contre ses ennemis et les siens, l'homme ne laissa pas d'agir selon sa volonté et poursuivit son opération contre le Créateur, suivant qu'il le connut et détermina par son oeuvre impure.
soutenir l'homme contre ses ennemis, cet homme ne laissa pas d'agir selon sa propre volonté, par laquelle il se détermina à opérer une oeuvre impure.
TAAdam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme corporelle glorieuse semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication. Cette forme glorieuse aurait été impassible, et toute la gloire de cette création aurait été donnée à lui directement par le Créateur. Le Créateur, ayant joint son opération divine à celle de son mineur spirituel, ils n'auraient fait à tous les deux qu'une seule opération. La volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée du Créateur des formes glorieuses aurait opéré, que la pensée spirituelle divine aurait agi en remplissant immédiatement l'opération du mineur, d'un être aussi parfait que lui. C'était dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec satisfaction, puisqu'il aurait été le vrai créateur d'une postérité de Dieu, mais Adam n'agit point comme je viens de le dire, il agit à l'opposé et je vais vous l'expliquer.
TAAdam, étant induit en erreur par ceux en qui il avait mis toute sa confiance, par les vives sollicitations qu'ils lui faisaient à chaque instant et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui avaient tracé, par les conseils que ces mêmes esprits démoniaques lui donneraient en disant : "Tu as inné en toi le verbe de création en tout genre, tu es professeur de toute valeur, poids et mesure, nombre et puissance de création divine. Pourquoi n'opères-tu pas ce qui est inné en toi devant ceux qui sont hors
Adam avait en lui un acte de création de postérité de forme spirituelle, c'est-à-dire de forme glorieuse, semblable à celle qu'il avait avant sa prévarication : forme impassive et d'une nature supérieure à celles de toutes les formes élémentaires. Adam aurait eu toute la gloire de ces sortes de créations : la volonté du premier homme ayant été celle du Créateur, à peine la pensée de l'homme aurait-elle opéré, que la pensée spirituelle divine aurait également agi en remplissant immédiatement le fruit de l'opération du mineur par un être aussi parfait que lui. Dieu et l'homme n'auraient fait tous les deux qu'une seule opération ; et c'était dans ce grand oeuvre qu'Adam se serait vu renaître avec une grande satisfaction, puisqu'il aurait été réellement le Créateur d'une postérité de [27] Dieu. Mais, loin d'accomplir les desseins du Créateur, le premier homme se laissa séduire par les insinuations de ses ennemis et par le faux plan d'opération apparente divine qu'ils lui tracèrent. Ces esprits démoniaques lui dirent : "Adam, tu as inné en toi le verbe de création en tous genres ; tu es possesseur de toutes valeurs, poids, nombres et mesures. Pourquoi n'opères-tu pas la puissance de création divine qui est innée en toi ? Nous n'ignorons pas que tout être créé ne te soit soumis : opère donc des créatures puisque tu es créateur. Opère devant ceux qui sont hors de toi : ils rendront tous justice à la gloire qui t'est due."
de toi, qui te rendront toute la justice qui t'est due ? Nous n'ignorons pas que tout être créé t'est soumis de par le Créateur : opère donc en créateur des créatures" ;
TAAdam, rempli de l'orgueil de son conseil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra six actes des pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création, qu'il exécuta physiquement selon son conseil, au préjudice du Créateur et du sien. Il manifesta sa puissance orgueilleuse, sa puissance spirituelle, en présence de son mauvais conseil, qui fut, ainsi que lui, surpris du peu de succès qu'il retira de son opération qu'il croyait être égale à celle de son Créateur. Mais il s'en fallut de beaucoup, car, au lieu d'avoir opéré une création de forme glorieuse, il créa une forme ténébreuse tout opposée à la sienne. Il créa donc une femme [sic pour : forme ?] de matière, au lieu d'en créer une pure et naturelle, telle qu'il était en son pouvoir s'il avait opéré à la volonté du Créateur. Mais que devint Adam après son opération ? Que fit-il après avoir réfléchi sur sa créature impure et privée d'être pensif et spirituel ? Que comprit-il du fruit inique de ces opérations, qu'il vit si imparfait ? Il vit son crime orgueilleux, il vit donc que son forfait de prévarication qui avait fait opérer la création de sa propre prison, qui le contiendrait plus étroitement dans les bornes ténébreuses, en privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles de cet univers. En qui faisons-nous consister cette prison ? Au changement de forme glorieuse en celui de forme matérielle apparente et passive. Me demandera-t-on si la forme corporelle de gloire dans laquelle Adam fut créé par le Créateur était la même
Adam, rempli d'orgueil, traça six circonférences en similitude de celles du Créateur, c'est-à-dire qu'il opéra les six actes de pensées spirituelles qu'il avait en son pouvoir pour coopérer à sa volonté de création. Il exécuta physiquement et en présence de l'esprit séducteur sa criminelle opération. Il s'était attendu à avoir le même succès que le Créateur éternel, mais il fut extrêmement surpris ainsi que le démon, lorsqu'au lieu d'une forme glorieuse, il ne retira de son opération qu'une forme ténébreuse et toute opposée à la sienne. Il ne créa en effet qu'une forme de matière, au lieu d'en créer une pure et glorieuse telle qu'il était en son pouvoir. Que devint donc Adam après son opération ? Il réfléchit sur le fruit inique qui en était résulté, et il vit qu'il avait [28] opéré la création de sa, propre prison, qui le resserrait plus étroitement, lui et sa postérité, dans des bornes ténébreuses et dans la privation spirituelle divine jusqu'à la fin des siècles. Cette privation n'était autre chose que le changement de forme glorieuse en forme matérielle et passive. La forme corporelle qu'Adam créa n'était point réellement la sienne, mais c'en était une semblable à celle qu'il devait prendre après sa prévarication. On me demandera peut-être si la forme corporelle glorieuse dans laquelle Adam fut placé par le Créateur était semblable à celle que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle qu'ont les hommes aujourd'hui. Tout ce qui les distingue, c'est que la première était pure et inaltérable, au lieu que celle que nous avons présentement est passive et sujette
que nous avons à présent ? Je répondrai qu'elle ne différait en rien de celle que les hommes ont aujourd'hui. Me demandera-t-on encore quelle était cette forme de matière qu'Adam a créée et de quel usage elle a été à Adam pour que le Créateur ait été si fortement courroucé contre lui ? Je répondrai que la grande colère que Dieu eut contre l'homme [?] fut de voir Adam, ou son mineur spirituel, se souiller par sa prévarication dans une forme de matière impure et passive. Me demandera-t-on : "Mais de quel usage a donc servi à Adam cette forme corporelle de matière qu'il a créée ?" Je réponds qu'elle lui a servi à faire naître une postérité d'homme, et non de Dieu. Elle est appelée une postérité d'homme, en ce que l'homme ayant créé la forme passive, il a dégradé la forme impassive que le Créateur lui avait donnée pour qu'il fît émaner d'elle toutes celles dans lesquelles le Créateur avait inséré des mineurs spirituels, pour être une vrai postérité de Dieu, qui aurait subsisté sans bornes et sans fin. Cette société aurait été immortelle et impassive, parce que l'opération du mineur premier [créé ?] aurait été celle du Créateur ; de cette façon la volonté des deux opérations n'aurait été qu'une en deux substances : celle du corps glorieux donnée à Adam, et celle du mineur spirituel donnée au Créateur divin. On peut me demander encore pourquoi le Créateur a laissé subsister le fruit provenant de la prévarication d'Adam et pourquoi ne l'a-t-il point anéanti, puisqu'il maudit non seulement toute la terre, mais encore le premier homme. TAJe dirai que le Créateur, voulant molester le premier homme de génération en génération pour un temps immémorial, laissa subsister l'ouvrage inique de son premier mineur créé, afin qu'il eût toujours devant lui,
à la corruption. C'est pour s'être souillé par une création si impure que le Créateur s'irrita contre l'homme. Mais, dira-t-on, à quel usage a donc servi à Adam cette forme de matière qu'il avait créée ? Elle lui a servi à faire naître de lui une postérité d'hommes, en ce que le premier mineur Adam par sa création de forme passive matérielle a dégradé sa propre forme impassive, de laquelle devaient émaner des formes glorieuses comme la sienne, pour servir de demeures aux mineurs spirituels que le Créateur y aurait envoyés. Cette postérité de Dieu aurait été sans bornes et [29] sans fin ; l'opération spirituelle du premier mineur aurait été celle du Créateur ; ces deux volontés de création n'auraient été qu'une en deux substances. Mais pourquoi le Créateur a-t-il laissé subsister le fruit provenu de la prévarication d'Adam, et pourquoi ne l'a-t-il pas anéanti lorsqu'il a maudit le premier homme et toute la terre ? Le Créateur laissa subsister l'ouvrage impur du mineur pour qu'il fût molesté de génération en génération, pour un temps immémorial, ayant toujours devant les yeux l'horreur de son crime. Le Créateur n'a pas permis que le crime du premier homme s'effaçât de dessous les cieux, afin que sa postérité ne put prétendre cause d'ignorance de sa prévarication, et qu'elle apprît par là que les peines et les misères qu'elle endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne viennent point du Créateur, mais de notre premier père, créateur de matière impure et passive. (Je ne me sers ici de ce mot matière impure que parce qu'Adam a opéré cette forme contre la volonté du Créateur.)
pendant son temps de privation, l'horreur de son crime, et pour que le crime du premier homme ne s'effaçât point de dessous ses cieux. Le Créateur le laissa perpétuer jusqu'à la dernière postérité d'Adam, pour qu'elle ne puisse alléguer de cause d'ignorance de la prévarication du premier père temporel des hommes, et pour qu'ils apprennent par là que ces peines, souffrances et misères présentes, que cette même postérité endure et endurera jusqu'à la fin des siècles, ne vient point du Créateur divin, mais de leur premier père, créateur de matière impure et passive. Je ferai observer que le mot de matière impure, dont je me sers ici, ne doit être entendu que parce qu'Adam [a] opéré cette forme contre la volonté de son Créateur.
TAL'on me demandera : "Mais nous ne savons point comment s'est fait le changement de forme glorieuse qu'Adam avait dans son premier état de justice de sa perfection, et nous ignorons si le Créateur a donné à Adam le corps de matière qu'il eut après sa prévarication." Je répondrai : Dès qu'Adam eut achevé l'accomplissement de sa volonté prévaricante, le Créateur par sa toute-puissance changea aussitôt la forme glorieuse d'Adam en forme de matière passive semblable à celle que son opération horrible lui avait produite, en le précipitant dans les abîmes de la matière d'où il avait tiré le fruit de sa prévarication et vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, tandis qu'il régnait auparavant sur elle comme homme-Dieu, et l'habitait sans être confondu avec elle.
Si l'on demandait encore comment s'est fait le changement de la forme glorieuse d'Adam dans une forme de matière, et si le Créateur donna lui-même à Adam la forme de matière qu'il prit aussitôt après sa prévarication, je répondrai qu'à peine eut-il accompli sa volonté criminelle que le Créateur, par sa toute puissance, transmua aussitôt la forme glorieuse du premier homme en une forme de matière [30] passive semblable à celle qui était provenue de son opération criminelle. Le Créateur transmua cette forme glorieuse en précipitant l'homme dans les abîmes de la terre d'où il avait sorti le fruit de sa prévarication. L'homme vint ensuite habiter sur la terre comme le reste des animaux, au lieu qu'avant son crime il régnait sur cette même terre comme Homme-Dieu, et sans être confondu avec elle ni avec ses habitants.
Ce fut après cet exemple frappant qu'Adam reconnut plus vivement la force
Ce fut après cet événement terrible qu'Adam reconnut encore plus fortement
de son crime. Il ne tarda pas un instant à gémir sur sa faute et à demander pardon à Dieu de son offense criminelle. Ce fut dans l'instant de sa retraite, de sa contrition et de ses lamentations, qu'il invoqua le Créateur divin en ces termes :
la grandeur de son crime. Il alla aussitôt gémir de sa faute et demanda le pardon de son offense au Créateur. Il s'enfonça dans sa retraite, et là, dans les gémissements et dans les larmes, il invoqua ainsi le Créateur divin :
"Père de charité et de miséricorde, père vivifiant et de vie éternelle, père, Dieu des cieux, des dieux et de la terre ; Dieu fort et très fort, Dieu de justice, de peine et de récompense, Eternel tout-puissant, Dieu vengeur et rémunérateur, Dieu de paix, de clémence et de compassion charitable, Dieu des esprits bons et mauvais, Dieu fort du sabbat, Dieu de réconciliation de tout être créé, Dieu éternel et tout-puissant des régions célestes et terrestres, Dieu invincible existant nécessairement sans principe et sans fin, Dieu de paix et de satisfaction, Dieu de domination et de puissance sur tout être créé, Dieu qui navre et récompense quand il lui plaît, Dieu quadruplement fort des révolutions des armées célestes et terrestres de cet univers, Dieu, principal chef des privations spirituelles éternelles, Dieu magnifique de toute contemplation des êtres créés et des récompenses inaltérables, Dieu, père sans borne de miséricorde en faveur de sa faible créature et envers celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime, n'étant pas cause seconde de sa prévarication, [réconcilie l']homme en toi, et l'assujettis à jamais sous ton immuable loi ; bénis-le pour une bonne fois, pour qu'à l'avenir il devienne inébranlable de ta loi ; bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, pour qu'il ne succombe ainsi que moi à la plus vive sollicitation de ceux qui sont les auteurs de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté."
"Père de charité, de miséricorde ; Père vivifiant et de vie éternelle ; Père Dieu des Dieux, des cieux et de la terre ; Dieu fort et très fort ; Dieu de justice, de peine et de récompense ; Eternel Tout-puissant ; Dieu vengeur et rémunérateur ; Dieu de paix et de clémence, de compassion charitable ; Dieu des esprits bons et mauvais ; Dieu fort du sabbat ; Dieu de réconciliation de tout être créé ; Dieu éternel et tout-puissant, des régions célestes et terrestres ; Dieu invincible existant nécessairement sans principe ni fin ; Dieu de paix et de satisfaction ; Dieu de toute domination et puissance, de tout être créé ; Dieu qui punit et qui récompense quand il lui plaît ; Dieu quatriplement fort des révolutions et des armées célestes et terrestres de cet [31] univers ; Dieu magnifique de toute contemplation, des êtres créés et des récompenses inaltérables ; Dieu père de miséricorde sans bornes en faveur de sa faible créature, exauce celui qui gémit devant toi de l'abomination de son crime. Il n'est que la cause seconde de sa prévarication. Réconcilie ton homme en toi et te l'assujettis à jamais. Bénis aussi l'ouvrage fait de la main de ton premier homme, afin qu'il ne succombe pas, ainsi que moi, aux sollicitations de ceux qui sont la cause de ma juste punition et de celle de l'ouvrage de ma propre volonté. Amen !"
Je ferai observer à mon disciple par cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui, le premier, a donné cette connaissance exacte à sa postérité des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur que cette postérité apprit par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire du Créateur, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans la création. TAJe ferai encore observer que le culte que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle n'est pas le même de son premier mineur créé, lorsqu'il était dans son premier état de gloire ; ce premier culte n'étant qu'à une fin, parce qu'il devait être tout spirituel, et celui que le Créateur exige de sa créature temporelle, postérité d'Adam, est à deux fins, l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui causa la prévarication d'Adam notre premier père temporel, dans cette vie de larmes et de misères.
Je ferai observer, au sujet de cette invocation qu'Adam fit au Créateur pour obtenir de lui sa réconciliation, que c'est positivement Adam qui a donné le premier une connaissance exacte à sa postérité des différentes vertus, puissances et propriétés qui étaient innées dans le Créateur, pour que cette même postérité apprît par là qu'elle n'était créée que pour combattre pour la plus grande gloire de Dieu, et qu'elle lui rendit le culte pour lequel elle a été perpétuée dans sa création. Ce culte, que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, n'est pas le même que celui qu'il aurait exigé de son premier mineur, s'il fût resté dans son état de gloire. Le culte que l'homme aurait eu à remplir dans son état de gloire n'étant établi qu'à une seule fin, aurait été tout spirituel, au lieu que celui que le Créateur exige aujourd'hui de sa créature temporelle, est à [32] deux fins : l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voilà ce qui a produit la prévarication de notre premier père.
Je ne suis point encore certain, me direz-vous, du genre de prévarication de notre premier père. Elle ne saurait échapper à notre vue physique animale, spirituelle passive, et éternelle sans heurter de front les sentiments et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées entre elles-mêmes. Je dirai donc à ce sujet, pour vous bien faire concevoir le genre de prévarication, qu'il faut remonter au premier principe du conseil et de la sollicitation des premiers esprits maudits au premier homme-Dieu créé, que nous nommons Adam ou homme-Roux, qui signifie "homme-Dieu créé très fort en sagesse, vertu et puissance". Ces trois choses
Après tout ce qui a été dit sur le genre de la prévarication d'Adam, cette vérité ne peut échapper un instant à la vue physique animale, spirituelle, passive et éternelle de l'homme, sans heurter de front les sentiments puissants et toutes les vertus immenses et infinies qui sont adhérentes et innées dans lui. On a vu que son crime a pris son principe dans les sollicitations que les esprits pervers firent au premier homme, Dieu émané, que nous nommons Adam ou premier père temporel, ou homme roux ou réaux, qui signifie Homme-Dieu très-fort en sagesse, vertu et puissance, trois choses très-saintes et innées avec certitude dans l'homme, et qui sont en lui la pensée,
innées dans le premier maçon spirituel créé sont la pensée, l'image et la ressemblance du Créateur. Ces trois choses très saintes sont avec sécurité innées avec le premier maçon créé, c'est ce que je puis vous assurer. TAJe vous dirai encore, pour que vous soyez bien convaincu du genre de prévarication d'Adam, qu'il faut que vous sachiez d'où est dérivée son opération impure, le fruit de son opération et sa réconciliation. Il faut premièrement que vous observiez que le premier acte de pensée qu'Adam eut, n'est point venu de lui, comme je l'ai déjà dit, mais sa volonté est directe de lui dans sa qualité d'être libre.
Adam, ayant tout adopté relativement à son mauvais conseil, mit en usage sa volonté pure, simple, spirituelle divine, au gré de ses iniques conseillers démoniaques, et il agit ainsi qu'il lui avait été dit. Je vous ferai encore observer avant d'entrer dans le détail que vous me demandez, touchant le genre de prévarication d'Adam, qu'il faut connaître ce qui peut engendrer la pensée bonne et mauvaise. La pensée parvient à l'homme d'un être supérieur à lui. Si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un des démons. Or donc, toutes nos volontés et opérations dans ce monde ne sont mises en action par l'homme, que conformément à la conception de sa pensée.
l'image et la ressemblance du Créateur. On a vu que la pensée du crime n'était point venue de lui, mais seulement de sa volonté directe en sa qualité d'homme libre. En effet, comme je l'ai dit ailleurs, la pensée provient à l'homme d'un être distinct de lui ; si la pensée est sainte, elle provient d'un esprit divin ; si elle est mauvaise, elle provient d'un mauvais démon. Ainsi toutes volontés de l'homme ne sont mises en opération et en action que conformément à la conception de sa pensée.
Je ne me borne point à ce monde seul et aux hommes en général, mais encore à tous les autres mondes et à tous les êtres spirituels qui les habitent, soit de ceux dont l'Eternel se sert pour communiquer à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire dans toute la création de cet
Ceci ne se borne point à ce monde seul, ni aux hommes en général, mais j'y comprends encore tous [33] les autres mondes et tous les êtres spirituels qui les habitent ; soit ceux dont l'Eternel se sert pour se communiquer à sa créature mineure, ainsi que pour la manifestation de sa gloire dans toute la création de cet
univers. Me demanderez-vous, à ce sujet, d'où les princes des démons, ainsi que leurs légions démoniaques reçoivent leurs pensées, et qu'ils ne la reçoivent pas du Créateur, puisque tout être est créé et tous émanent de lui. Je répondrai à cela que toute cette cour démoniaque a reçu immédiatement sa condamnation du Créateur, de l'instant de leur prévarication. Il leur dit encore qu'il n'y aurait aucun changement en eux, et qu'il ne mettrait aucune borne à leurs actions, pour qu'ils jouissent pleinement et entièrement suivant leur volonté pensante, ne devant et ne pouvant espérer aucune communication de pensée divine, que celle que leur propre volonté leur ferait opérer. Il en est donc dans cette cour démoniaque en fait de lois, d'ordre, d'horreur et d'abominations, ce qu'il peut être sans comparaison en celle de la cour spirituelle divine. Le prince principal des démons communique à ses anges démoniaques sa volonté pour la tentation et persécution des mineurs créés, qu'il cherche à séduire et à faire succomber sous les lois obscures ; lois qu'il tâche de faire paraître à celui qu'il veut séduire aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
univers ; soit les autres quelconques par nous ignorés. Les démons eux-mêmes, malgré la condamnation qu'ils ont reçue du Créateur dès l'instant de leur prévarication, n'ont point changé de lois à cet égard ; ils jouissent pleinement et entièrement de leurs actions selon leur volonté pensante, mais ils ne peuvent espérer aucune communication de pensée divine que celle dont ils se rendraient susceptibles en changeant leur volonté mauvaise. Il en est donc dans cette cour démoniaque en fait de loi et d'ordre, d'horreur et d'abomination, comme il en est, sans comparaison, dans la cour spirituelle divine. Le principal chef des démons, qui a fait serment d'attaquer constamment et avec opiniâtreté la loi du Créateur, est l'arbre de vie du mal pour une éternité ; il communique sa pensée mauvaise aux anges qui lui sont assujettis, et ceux-ci, conformément à leur volonté mauvaise, mettent cette pensée en action et en opération pour la persécution du mineur. Toute la tâche ce chef d'abomination est de soumettre les mineurs à ses lois obscures et de les leur faire paraître aussi nettes et aussi claires que celles que le Créateur a mises dans sa créature.
Je ferai observer à mon disciple que toute volonté divine, qui vient jusqu'à nous par la communication invisible des esprits bons, ou d'un bon intellect, ne doit pas être considérée comme volonté opérante divine, parce que toute volonté divine qui vient jusqu'à nous par la communication invisible ne peut être considérée par celui à qui elle se communique que comme pensée et non volonté. C'est donc en conséquence de cette communication de pensée, que nous nommons intellect, et non comme volonté, que l'homme opère sa volonté.
Il ne faut pas oublier que toute pensée divine qui [34] vient jusqu'à nous par la communication invisible d'un bon esprit ou d'un bon intellect, ne doit point se considérer comme volonté opérante divine, mais uniquement comme pensée. C'est cette communication de pensée que nous nommons intellect, et c'est d'après cette communication que l'homme opère à sa volonté. On peut dire la même chose de la communication de la pensée mauvaise ou de l'intellect mauvais chez les mineurs.
C'est de cette communication que le mineur créé a dégénéré de sa faculté d'être pensant, en joignant à lui l'intellect bon ou mauvais, ainsi que je vais l'expliquer.
Lorsqu'Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin d'intellect bon et mauvais, puisqu'il lisait dans son Créateur, étant face à face de lui. Il lisait également dans la volonté du prince des démons. Adam ne pouvait pas, pour lors, être susceptible de recevoir aucune volonté des esprits bons et mauvais, étant entièrement pensant à la Divinité. Mais, lorsqu'Adam fut laissé seul à sa propre vertu, puissance et volonté libre, il se rendit susceptible de communication bonne ou mauvaise, ainsi que le Christ nous le prouve lui-même par la propre volonté démoniaque qui fut opérée visiblement contre lui sur la montagne du Tabor, où l'esprit démoniaque tenta le Messias en nature sous une forme humaine apparente. Je dirai donc que c'est [l']intellect mauvais qui fait opérer la volonté mauvaise du mineur contre celle du Créateur, ainsi qu'Adam fit, lorsqu'il prévariqua par une opération tout opposée à celle qui étant innée en lui sous sa vertu et puissance spirituelle divine.
C'est en se rendant susceptible de la communication de ces sortes d'intellects bons ou mauvais que le premier homme a dégénéré de sa faculté d'être pensant. Lorsque Adam était dans son premier état de gloire, il n'avait pas besoin de la communication de bons ni de mauvais intellects pour connaître la pensée du Créateur et celle du prince des démons. Il lisait également dans l'une et dans l'autre, étant entièrement pensant. Mais lorsqu'il fut laissé seul à ses propres vertus, puissance et volonté libre, il se rendit, par son orgueil, susceptible de communication ou bonne ou mauvaise, et devint par là ce que nous nommons pensif. Le Christ lui-même nous a prouvé l'infirmité du mineur à cet égard, puisque le prince des démons le tenta en nature sous une forme humaine apparente, et opéra visiblement contre lui sur la montagne Thabor sa volonté démoniaque. Ainsi, ce n'est que d'après l'insinuation de l'intellect mauvais que le mineur conçoit sa volonté mauvaise, et c'est [35] par là qu'a été conçue et opérée la prévarication du premier homme.
TAJe vais donc entrer dans le vrai détail du genre de prévarication d'Adam, ainsi que vous le désirez, avec la même certitude qu'il m'a été donné et enseigné par un de mes fidèles amis et protecteurs de la vérité et de la sagesse. Adam, premier homme-Dieu de toute la terre et de tout être créé qui l'habite, fit réellement une opération terrible, en créant une forme à son image et ressemblance de forme corporelle. Toutefois, cette forme ne fut point
Je vous ai appris le genre de cette prévarication avec la même certitude qu'il m'a été enseigné par un de mes fidèles amis, chéri de la Vérité et protégé par la Sagesse. Vous avez vu que ce premier homme, Dieu de toute la terre, fit réellement une opération terrible en créant une forme de matière à son image et à sa ressemblance de forme corporelle glorieuse. J'ai fait entendre que cette forme, qu'Adam créa, n'était point une forme glorieuse ; qu'elle ne pouvait être
glorieuse, elle ne put être que forme de matière apparente et même très imparfaite, relativement à l'imperfection de l'acte de sa volonté. TACette opération imparfaite aurait été peut-être moins punie du Créateur, si Adam n'avait pas abusé injustement de la grande puissance que le Créateur avait mise en lui et de laquelle l'Eternel lui avait promis avec serment qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, et qu'il lui ferait sentir la certitude de sa promesse immuable, dans quelque circonstance où il eût besoin de son secours et de son appui pour consommer et couronner ses oeuvres. C'est de cette promesse immuable qu'il est parti pour manifester sa puissance, que le Créateur lui avait donnée, soit envers tout être spirituel créé et tout être, à créer pour lui un corps imparfait, en faveur duquel Adam renouvela au Créateur la promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole qu'il lui avait prononcée par sa propre et pure volonté de Créateur, en faveur de la création matérielle. Dieu, étant pris par la force de son serment et de son immutabilité, ne put éviter d'accomplir sa promesse sans dégénérer de sa toute-puissance [de] Créateur, suivant la parole immuable qu'il lui avait donnée de joindre son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam. Ainsi, le Créateur suivit l'opération d'Adam, quoique contraire à sa volonté. TAIl se comporta envers Adam, comme il le désirait, et lui accorda le couronnement de son premier ouvrage, en renfermant dans cette forme de matière un être mineur que ce misérable Adam a assujetti dans une prison de ténèbres y [sic pour : et ?] a rendu par ce moyen cet être
qu'une forme de matière apparente et même très imparfaite, puisqu'elle était le fruit de l'opération d'une volonté mauvaise. Cette opération, en effet, ne pouvait être que punie du Créateur, Adam ayant injustement abusé de sa puissance. Cependant l'Eternel ayant promis avec serment à Adam qu'il agirait avec lui dans toutes les opérations qu'il ferait en son nom, ne put s'empêcher d'accomplir la promesse immuable qu'il lui avait faite de le seconder dans toutes les circonstances où il en aurait besoin. C'est de cette promesse qu'Adam est parti pour manifester la puissance qui était innée en lui envers tout être spirituel. Il rappela au Créateur cette promesse immuable qu'il lui avait faite de venir couronner ses oeuvres. Il lui fit commandement, par son immutabilité divine, qu'il eût à remplir la parole verbale qu'il lui avait prononcée par sa propre et [36] pure volonté de Créateur en faveur de sa création de forme matérielle. Dieu, étant pris par Adam par la force de son serment et de son immutabilité, joignit, selon sa promesse, son opération spirituelle à l'opération temporelle d'Adam quoique contraire à sa volonté. Le Créateur agit avec Adam ainsi qu'il le désirait, et lui accorda le couronnement de son ouvrage en renfermant dans la forme de matière créée par Adam, un être mineur que le malheureux Adam a assujetti dans une affreuse prison de ténèbres, et qu'il a rendu par ce moyen susceptible d'être pensif et pensant en le précipitant dans une privation éternelle ou limitée.
mineur pensif et pensant susceptible de misère et de privations éternelle ou limitée.
Le mot de "pensif" est une jonction intellectuelle à l'être mineur qui, de sa nature relativement à son émanation divine, est un être pensant entièrement dans l'immensité du Créateur, et la jonction intellectuelle qui est survenue intimement à cet être mineur pensant a fait dégénérer cet être premier à l'assujettissement d'être toujours pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit, bonnes ou mauvaises, de la part de bons et mauvais esprits, et de n'être que par temps pensant par sa jonction entière avec l'esprit.
Il ne faut point être surpris si le premier homme que nous nommons Adam est devenu après sa prévarication un être pensif. La chose est toute claire, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus. Il doit être encore moins surprenant à sa postérité, que tous les êtres créés après lui mineurs soient tels qu'il est devenu à la fin de sa prévarication. Rien ne prouve mieux ce que je dis à ce sujet que les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer parmi la postérité de ce premier père temporel. L'on peut se convaincre de cette vérité par les différentes nations, langues, cultes divins et matériels, les révolutions de la terre et de tous les corps qui l'environnent, qui varient et qui varieront constamment autant et comme la postérité générale et particulière d'Adam jusqu'à la fin des siècles, relativement aux lieux de ténèbres qu'ils habitent, et cela par la communication de cet être intellectuel dont l'homme est environné ; ce qui fait que cette postérité d'être pensant devenu pensif se méfie de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle
Le mot pensif vient d'une jonction intellectuelle mauvaise à l'être mineur qui, par sa nature d'être spirituel divin, était émané être pensant, entièrement dans l'immensité du Créateur. Cette jonction intellectuelle a fait dégénérer le mineur de ce premier état et l'assujettit à être pensif, par les notions intellectuelles qu'il reçoit de la part du mauvais esprit ; ce qui fait que le mineur n'est que par temps pensant, par jonction entière avec l'esprit bon. Il n'est plus surprenant qu'Adam, après sa prévarication, soit devenu un être pensif et pensant ; il n'est pas plus surprenant que toute sa postérité soit devenue telle par la suite de cet même prévarication. Ce dernier fait est prouvé visiblement par les différentes façons de penser, d'agir et d'opérer que nous observons [37] parmi la postérité de notre premier père temporel. Nous voyons, parmi cette postérité, différentes nations, différentes langues, différents cultes divins ou matériels, et une variété infinie de révolutions, tant en général que particulier. De plus, nous voyons les hommes avoir entre eux, dans tous les temps, une avide et intime communication, afin de s'instruire les uns les autres de la pensée qu'ils ont conçue, tendant soit au spirituel, soit au matériel. Cela annonce combien cette postérité compte peu sur elle-même et s'édifie [sic pour : se défie ?] de l'inspiration bonne ou mauvaise qu'elle reçoit du bon ou du mauvais esprit dans les lieux de ténèbres qu'elle habite. C'est à cause de son avènement dans cet état contraire à sa nature spirituelle, que nous nommons la postérité d'Adam, pensive et pensante, par la communication de son être
reçoit, soit du bon ou du mauvais esprit. Ce qui peut encore se prouver par l'exacte et intime communication que les hommes ont toujours eue par le passé et qu'ils auront jusqu'à la fin des siècles en s'instruisant les uns ou [sic pour : les ?] autres de la pensée qu'ils ont conçue, soit tendant au spirituel ou au matériel. Rien ne prouve mieux l'incertitude, l'inconstance et le doute que cette postérité a de sa défiance d'elle-même, et cela à cause de son avancement prématuré.
intellectuel bon et mauvais, dont l'homme s'est rendu susceptible d'être environné.
TAJe ferai observer à mon disciple qu'il y a eu des mineurs créés par la seule opération et volonté divine, et, quoique la forme que [sic pour : de ?] ces mineurs créés destinés pour la manifestation de la gloire de l'Eternel ait été un émané de la postérité d'Adam, le mineur qui était inséré dans cette forme était vraiment un pur être pensant, et il n'y avait en lui aucun être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa volonté propre par la vision d'un de ses députés, qui lui annonçait sans aucun mystère ce qu'il devait faire conformément à sa volonté. Autre chose est [l']inspiration intellectuelle et autre chose est l'opération visuelle de l'esprit ; ce que j'ai dit ci-dessus en parlant des mineurs que Dieu créa après Adam pour se servir d'eux pour manifester sa gloire
Mais il faut cependant observer ici qu'il y a eu des mineurs qui ont reçu la naissance et la vie temporelle par la seule volonté et l'opération divine. Ces mineurs étaient destinés pour la manifestation de la gloire de l'Eternel, et, quoique leur forme ait été émanée de la postérité d'Adam, le mineur qui habitait cette forme était vraiment un pur être pensant sans jamais être pensif. Et pourquoi cela ? Parce que l'Eternel lui manifestait sa propre volonté par la vision d'un de ses députés qui lui annonçait, sans aucun [38] mystère, ce qu'il devait faire pour opérer exactement la volonté divine. Autre chose est l'inspiration intellectuelle et autre chose est l'acte d'opération visuelle de l'esprit ; ce que je ferai comprendre en parlant de mineurs qui furent émanés avant Adam par la seule volonté du Créateur, et pour manifester sa gloire.
dans le premier temps de la postérité d'Adam. Héli, que nous appelons le Christ, et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec le Créateur. Enoch réconcilia la postérité première d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam en réconciliant la sienne, et ensuite réconcilia la terre
Dans les premiers temps de la postérité du premier homme, Héli, que nous appelons Christ et que nous reconnaissons avec certitude pour un être pensant, réconcilia Adam avec la création. Enoch réconcilia la première postérité d'Adam sous la postérité de Seth. Noé réconcilia la seconde postérité d'Adam, en réconciliant la sienne avec le
avec le reste réconcilié avec Dieu. Melchisédech confirma toutes ces premières réconciliations en bénissant les oeuvres d'Abraham et de ses trois cents serviteurs, ce qui fait réellement allusion à la bénédiction que Dieu donna aux trois enfants de Noé : Sem, Cham et Japhet. En y comprenant le père de ces trois enfants, ils firent le nombre parfait de quatre, lequel nombre vient en parallèle de celui d'Abraham, dont lui est un, que l'on joint avec le nombre de trois cents, les additionnant ensemble forment le nombre de quatre.
Créateur, et ensuite réconcilia la terre avec Dieu. Melchissédec confirma ces trois premières réconciliations en bénissant les oeuvres d'Abraham et ses trois cents serviteurs. Cette bénédiction est une répétition de celle que Dieu donna aux trois enfants de Noé, savoir : Sem, Cam et Japhet. Abraham et ses trois cents serviteurs forment le nombre parfait quatre et rappellent le même nombre quaternaire qu'avait formé Noé avec ses trois enfants.
Quoique toutes ces réconciliations et confirmations aient été faites par l'assistance des mineurs, toutes ces choses ont été faites directement par le Christ, attendu que toutes les personnes qui ont servi à tout cela ne sont que des figures apparentes qui tendent à manifester en faveur des réconciliés la gloire du Créateur. La preuve en est dans la jonction de deux nombres quaternaires, qui nous rapportent par leur addition spirituelle le nombre de huit, que nous connaissons avec certitude être le nombre inné de la toute-puissance qui est donnée par le Créateur au Christ. C'est là la vérité contenue dans le nombre huiténaire, comme le Messias a opéré toutes choses en faveur des hommes temporels de cette première et seconde postérité d'Adam, qui est celle de Seth, parce qu'elle s'est rendue susceptible de réconciliation. Nous ne nommerons point celle de Cham, parce qu'elle n'est point encore réconciliée, puisqu'elle paye encore un tribut à la justice du Créateur, ce qui est sensible par le type qui nous figure la malédiction que Cham reçut de son père Noé, après le repos de l'arche sur la terre. Son exil fut la demeure fixe sur la partie du midi,
C'est par le nombre huiténaire, qui résulte de la jonction de ces deux nombres quaternaires, que nous apprenons que toutes les réconciliations et confirmations dont nous venons de parler ont été faites directement par le Christ. Car, quoiqu'elles aient été opérées par l'assistance des mineurs émanés pour [39] cette fin, ces mineurs, cependant, n'ont été que des figures apparentes dont le Christ s'est servi pour manifester la gloire et la miséricorde du Créateur en faveur des réconciliés. Nous connaissons avec certitude que le nombre huit est inné de double puissance donnée par le Créateur au Christ ; et c'est lui qui nous apprend que le Messias a opéré toutes choses en faveur des hommes temporels de cette première et seconde postérité d'Adam. Nous regardons comme seconde postérité d'Adam la postérité de Seth, parce qu'elle s'est rendue susceptible de réconciliation, et nous n'y comprenons point celle de Caïn, parce qu'elle est encore à être réconciliée et qu'elle paie encore tribut à la justice du Créateur. Nous devons le concevoir clairement par le type que nous figure la malédiction que Caïn reçut de son père Noé, après le repos de l'arche sur la terre. Son exil est
pour servir d'exemple, et de mémorial à la postérité des hommes, de générations en générations, que la postérité de Cham n'est point encore réintégrée spirituellement dans toutes ses vertus, puissances et prétentions spirituelles personnelles, quoiqu'elle ne soit plus permanente sur cette surface de [la] terre.
demeuré fixé dans la partie du midi : c'est ce signe immémorial aux hommes, de génération en génération, que la postérité de Caïn n'est point encore réintégrée spirituellement dans toutes ses puissances et vertus personnelles, quoiqu'elle ne soit plus permanente sur cette surface terrestre.
Ce qui arriva à Cham avait été prophétisé par un signe sensible aux enfants de Noé, qui ne comprirent pas parfaitement l'évasion du corbeau qui s'enfuit de l'arche avant que les eaux fussent encore entièrement écoulées, et dont la direction du vol fut vers le midi, et qui ne revint plus prendre sa place dans l'arche, et que l'on ne vit pas même après en être sorti. Cette fuite du corbeau doit bien faire voir par son type qu'aucun fâcheux événement n'arrive à l'homme sans qu'il l'ait prévu, ou qu'il lui ait été annoncé de façon ou d'autre. Pour peu qu'il veuille réfléchir sur sa pensée bonne ou mauvaise, il verra bientôt le mal ou le bien qui doit en résulter pour lui ; attendu que l'intellect bon ne peut voir détruire entièrement la créature qu'il protège, sans lui faire entrevoir ce qui doit lui arriver de bien et de mal.
Je ne vous laisserai point ignorer que ce qui est survenu à Caïn avait été prophétisé par un signe sensible aux enfants de Noé qui, toutefois, ne le comprirent pas. Ce signe était l'évasion du corbeau qui s'enfuit de l'arche avant que la terre fût découverte. [40] Il dirigea son vol vers le Midi et ne revint plus reprendre sa place dans l'arche. Ceux mêmes qui étaient restés dans 1'arche ne le revirent plus après qu'ils en furent sortis. Cette fuite du corbeau nous fait voir, par son type, qu'aucun fâcheux ou heureux événement n'arrive à l'homme sans qu'il ait pu le prévoir, et qu'il lui ait été annoncé de quelque façon que ce soit. Pourvu qu'il veuille réfléchir sur sa pensée, il verra bientôt le mal ou le bien qui lui en doit résulter, parce que l'intellect bon ne veut rien voir opérer sur la créature qu'il protège, sans lui faire entrevoir ce qui doit lui arriver de bien ou de mal.
"Mais, me dira-t-on, pourquoi la première postérité d'Adam en Caïn n'est-elle pas encore réconciliée avec le Créateur ? Est-ce que le Christ n'est point revenu pour réconcilier les vivants et les morts avec le Créateur, Dieu le père, par la passion et l'effusion de son sang ? N'a-t-il point ouvert les portes des cieux à tous ceux qui étaient morts en privation divine ? Et pourquoi ne voulez-vous pas que cette postérité première
Vous pourriez me demander pourquoi la première postérité d'Adam en Caïn n'est point encore réconciliée avec le Créateur ? Le Christ, me direz-vous, n'est-il point venu pour réconcilier les vivants et les morts avec le Créateur ? Dieu le Fils, par sa passion et l'effusion de son sang, n'a-t-il pas ouvert les portes du royaume des cieux à tous ceux qui étaient morts en privation divine ? Ainsi cette postérité d'Adam en Caïn doit être
d'Adam fût comprise dans cette réconciliation ?" Je vous répondrai que le Christ avait réconcilié avec Dieu le père ceux que l'opération spirituelle des justes avait marqués par le sceau de leurs saintes opérations divines, sceau qui leur fut envoyé visiblement et sans aucun mystère sur l'emploi qu'ils devaient en faire en faveur de ceux qui devaient le recevoir pour être disposés et maintenus de plus en plus à se conserver et se fortifier dans la foi qu'ils avaient en la miséricorde du Créateur en faveur de la créature qui met toute sa confiance en lui, afin de pouvoir soutenir avec une fermeté invincible toute la manifestation puissante de la justice divine qui devait s'opérer devant eux spirituellement par le Christ chez tous les habitants de la terre vivant en privation divine ; ce qui s'opéra ainsi.
comprise dans la réconciliation. Je répondrai à cela que le Christ n'a réconcilié avec Dieu le Père que ceux que l'opération spirituelle des justes avait marqués par le sceau. Ce sceau leur fut envoyé visiblement et sans aucun mystère sur l'emploi qu'ils devaient en faire en faveur de ceux qui devaient le recevoir pour [41] être disposés à se fortifier de plus en plus dans la foi et dans la confiance en la miséricorde du Créateur, et afin de pouvoir soutenir avec une fermeté invincible toute la manifestation puissante de la justice divine qui pouvait s'opérer spirituellement devant eux par le Christ, chez tous les habitants de la terre, vivant en privation divine. Ce que je dis ici s'est réellement opéré par le Christ, comme je vais le faire concevoir plus clairement.
Nous ne pouvons point douter de la vérité et de la toute-puissance de Dieu le fils, qui est l'action directe du Créateur et de sa volonté, mais nous pouvons encore moins douter et ignorer que tout acte de création de tout être créé n'ait été opéré par le Créateur en la présence de ce fils divin puisqu'il disait à chaque acte définitif d'opération de pensée divine : "Tout est bon." Pour qu'il pût dire une pareille chose, il fallait bien qu'il connût à fond le principe de la pensée opérante du Créateur, pour pouvoir juger de la bonté et validité sainte de toutes les pensées opérantes que le Créateur opérait devant lui, ce qu'il applaudissait lui-même par la joie et [les] délices qu'il sentait. Il disait : "Je suis en toi et en tes oeuvres. Créateur tout-puissant, comme tu es en moi et dans les miennes. J'ai lié toutes les choses que tu as créées dans leurs bornes, ainsi que ta volonté l'a ordonné. Celui qui marche après toi et
Nous ne pouvons point douter de la vertu et de la toute-puissance de Dieu le Fils, qui est vraiment l'action directe de la volonté du Créateur, père de toutes choses. Nous pouvons encore moins douter que toute création n'ait été opérée par le Créateur en présence de ce Fils divin, qui disait à chaque acte d'opération de pensée divine : tout est bon. Pour qu'il pût dire une pareille chose, il fallait bien qu'il connût à fond le principe de la pensée opérante du Créateur. Il connaissait, en effet toute la bonté et toute la validité des saintes pensées opérantes que le Créateur opérait devant lui, et il applaudissait lui-même par la joie et les délices qu'il ressentait en disant : Je suis en toi et en tes oeuvres, Créateur Tout-Puissant, comme tu es en moi et dans mes oeuvres. J'ai lié dans leurs bornes toutes les choses que tu as créées, ainsi que ta volonté l'a ordonné. Celui qui marche après toi et moi
moi vérifiera et confirmera toutes tes oeuvres et les miennes, et il leur apprendra ta volonté touchant les lois immuables sur lesquelles tout être créé est fondé." C'est donc en vertu de ces mêmes lois que tout être créé agit en sa vertu et puissance, bonne ou mauvaise, et que toute opération temporelle spirituelle se fait, ainsi que son produit, en faveur de celui qui opère pour ou contre la gloire du Créateur et de la créature.
L'opération des justes, dont je vous ai parlé ci-dessus, en faveur des êtres créés que les mauvais esprits ont séduits et entraînés avec eux, et dont ils ont fait leur proie en les assujettissant comme leurs serviteurs et esclaves, va vous être expliquée, avec les noms des mineurs, de même que des principaux chefs démoniaques qui sont les auteurs des châtiments et fatigues horribles que les mineurs endurent présentement. Vous saurez donc que les justes qui ont opéré en faveur des mineurs [lacune ?] que le Christ a délivrés de la servitude des esprits impies par les trois derniers jours qu'il a resté ignoré de la terre et de ses habitants, ainsi qu'il vous est enseigné par les saintes Ecritures que le Christ descendit jusque dans les lieux de plus grande privation divine, que l'on appelle vulgairement les enfers. Il n'y a point à douter que cette opération du Christ, que je cite ici, ne soit la première qu'il fit contre les ennemis du Créateur, puisqu'il n'était venu chez les hommes que pour opérer en nature la justice du Créateur, à la honte de ses premiers séducteurs, à la crainte et au frémissement des hommes vivants. Voilà la première opération du Christ après ce que nous appelons sa mort.
vérifiera et confirmera toutes tes oeuvres et les miennes, et il apprendra à tous les êtres spirituels [42] divins ta volonté touchant les lois immuables sur lesquelles tout être créé est fondé. C'est encore en vertu de ces mêmes lois que tout être émané agit en sa vertu et puissance, bonne ou mauvaise, et que toute opération spirituelle temporelle se fait, ainsi que son produit, en faveur de celui qui opère pour ou contre la gloire du Créateur et de la créature. C'est ce qui sert à vous convaincre que c'est le Christ lui-même qui a dirigé les opérations des justes dont je viens de parler en faveur des mineurs devenus les esclaves des démons, et en faveur de ceux qui souffrent encore présentement toutes les persécutions des esprits démoniaques. Nous l'apprendrons plus particulièrement par les trois jours que le Christ est resté ignoré de la terre et de ses habitants. Le premier jour, il descendit dans les lieux de la plus grande privation divine, appelés vulgairement les enfers, pour délivrer de la servitude horrible les mineurs marqués du sceau de la réconciliation. C'est véritablement là la première opération, puisqu'il n'était venu chez les hommes que pour opérer en nature la justice divine directement contre les ennemis du Créateur.
La seconde opération fut en faveur des
La seconde opération du Christ fut
justes que nous appelons saints patriarches, qui payent encore tribut au Créateur, non pas relativement à leur mauvaise vie et conduite spirituelle divine, mais relativement à leur première origine d'âme spirituelle qui fut insérée dans un corps, de matière souillée par la prévarication d'Adam, tandis que cette âme devait habiter dans un corps de gloire incorruptible, ainsi que le Christ l'a fait voir et prouvé physiquement à toute la terre par sa résurrection. Je vous dirai encore, au sujet de la seconde opération que le Christ fit en faveur de ces premiers et victorieux patriarches, qu'il [les] avait lui-même préparés et disposés, par sa propre opération doublement puissante et faite immédiatement de son chef, pour être pendant leur vivant temporel un type réel, au reste des mortels, de son avènement et de sa toute-puissance pour la manifestation de la justice divine qui devait être opérée par lui sur tous les êtres créés, tant mineurs que majeurs. Les mineurs sont les âmes corporelles, et les majeurs sont les esprits incorporels. Ces esprits étaient marqués par le Christ pour être témoins de la manifestation de sa gloire, et les mineurs patriarches avaient, pour cet effet, reçu de lui les caractères doublement forts de son opération, qui les prévenait de tout ce qu'il faisait et devait faire pour l'avenir, non seulement en leur faveur, mais encore en faveur des mineurs qui étaient en privation divine plus considérable que la leur. Il n'est point surprenant que cet être réconciliateur eût par préférence donné ce caractère aux mineurs qu'il avait lui-même disposés pour servir d'instrument à la manifestation de sa gloire divine, en leur donnant puissance de rendre réversible le caractère qu'ils avaient reçu du régénérateur et
faite en faveur des justes, que l'on nomme Saints Patriarches, qui payent encore tribut à la justice du Créateur, non pas pour avoir mené une vie criminelle, ni s'être mal conduits spirituellement, mais seulement pour purger la souillure qu'ils ont contractée par leur séjour [43] dans une forme de matière qu'ils ont eue, et où ils sont descendus par la prévarication d'Adam, tandis qu'ils devaient habiter un corps de gloire incorruptible, selon que le Christ nous l'a montré physiquement par sa résurrection glorieuse. Le Messias, qui signifie régénérateur spirituel divin, avait disposé, par sa propre opération doublement puissante et faite immédiatement de son chef, les mineurs patriarches qui devaient être, pendant leur vie temporelle, un type réel de son avènement et de sa toute-puissance pour la manifestation de la justice divine qui devait être opérée par lui sur tous les êtres émanés. Ces mineurs patriarches avaient reçu du Christ, pour cet effet, le caractère doublement fort de son opération, par lequel ils étaient prévenus de tout ce que le Christ faisait et devait faire à l'avenir en leur faveur et en faveur des mineurs, qui étaient dans une position divine plus considérable que la leur. Il n'est point surprenant que cet être réconciliateur eût, par préférence, donné ce caractère aux mineurs qu'il avait lui-même disposés pour servir d'instrument à la manifestation de la gloire divine. Il leur donna de plus la puissance de rendre ce caractère réversible sur les mineurs en privation, et cela par leur propre opération spirituelle divine sur ces mineurs en faveur desquels ils devaient opérer pour la plus grande gloire du Créateur et la plus grande honte des démons. C'est à [44] cause de cette disposition et préparation spirituelle divine que le régénérateur fut
provenant de leur propre opération spirituelle et divine sur les mineurs en privation, en faveur desquels ils devaient opérer pour la plus grande gloire du Créateur, à la plus grande honte des démons. C'est par cette disposition et préparation d'opération spirituelle divine que le régénérateur fut premièrement chez les mineurs les plus opprimés plutôt que vers ceux qui avaient déjà notification par le Christ même de tout ce qu'il opérait pour la plus grande gloire du Créateur.
premièrement chez les mineurs les plus opprimés, comme ayant plus besoin de son secours que ceux qui avaient déjà notification de par le Christ même de tout ce qu'il opérait pour la plus grande gloire du Créateur.
Vous désirerez savoir quel est ce caractère que le régénérateur mit réversible sur ses saints patriarches. C'était un être spirituel qui opérait sans relâche chez les mineurs patriarches, qu'ils ne pouvaient distinguer que par les différentes actions spirituelles qu'il opérait lui-même au centre de ces mineurs réconciliés. Elle fut si considérable qu'elle opéra chez eux un changement d'action incompréhensible à eux-mêmes. Ils furent par ce moyen [plus] convaincus qu'ils ne l'avaient jamais été pendant la vie passagère et pendant leur cours d'opération et de privation, de la tendresse inviolable que le Créateur avait et aurait éternellement pour sa créature, ne l'avant point créée pour la perdre, si elle ne se perdait point elle-même.
Vous désirez sans doute de connaître quel était ce caractère que le régénérateur mit sur ces saints patriarches ? C'était un être spirituel majeur plus puissant que les mineurs glorieux, et qu'ils ne pouvaient distinguer que par les différentes actions spirituelles que cet être opérait lui-même au centre de ces mineurs réconciliés et non encore régénérés. L'opération du Christ sur ces mineurs patriarches produisit en eux un changement incompréhensible ; ils furent par ce moyen plus fortement convaincus qu'ils ne l'avaient jamais été pendant leur vie passagère de la tendresse inviolable que le Créateur avait et aurait éternellement pour sa créature, ne l'ayant point créée pour la perdre si elle ne se perd point elle-même, en vertu du caractère puissant que ces justes mineurs avaient reçus.
TAJe dirai encore, au sujet, que cet esprit majeur opérant avait reçu du Christ, réceptacle d'opération divine, un caractère puissant par lequel il opérait sur ces mineurs une action et une volonté tout opposées à celles qu'ils avaient par le passé, [et] que cet esprit traçait aux mineurs réconciliés un travail tout opposé à celui qu'ils avaient fait pendant
Le Christ (ce nom signifie réceptacle d’opération divine) opéra sur les mineurs une action toute opposée à celle qu'ils avaient eue par le passé, en traçant au mineur réconcilié un travail tout différent de celui qu'ils avaient fait pendant leur cours temporel, ainsi qu'on peut le comprendre, quoique sans comparaison, [45] par les différents usages qui se
leur premier cours temporel et pendant le temps de leur privation, ainsi qu'on peut le voir par les différents usages qui se pratiquent encore sans comparaison parmi les habitants de cette surface. Je dirai encore à mon disciple qu'il fut mis également un caractère pareil sur les esclaves des démons, provenant des opérations saintes de ces glorieux patriarches, qui opérèrent la volonté du Christ conjointement avec l'être spirituel majeur doublement puissant, qui fit que, par ce moyen, ces esclaves furent marqués du caractère ou sceau de la réconciliation divine, mais sceau à la vérité plus fort que celui qu'il avait mis sur les réconciliés, attendu que le premier caractère ne devait opérer que des choses très succinctes et que le second devait opérer des choses plus fortes par les causes qui en étaient plus graves. Cependant, le changement qui se fit chez les réconciliés fut infiniment moins fort que celui qui se fit chez les dits esclaves, en ce que l'esprit qui opérait dans leur habitation contenait deux actions, savoir la réconciliation du mineur et l'action du majeur. Voilà la première et seconde opération du Christ, pendant les deux jours qu'il resta ignoré des hommes, pour le type de sa sépulture qui fut de trois jours, au bout duquel temps il ressuscita spirituellement aux yeux de toute la création.
pratiquent parmi les habitants de cette surface terrestre. Il avait été mis également sur les esclaves des démons un pareil caractère, provenant de l'opération sainte de ces glorieux patriarches, qui opérèrent la volonté du Christ conjointement avec l'être spirituel majeur doublement puissant. C'est par ce moyen que les esclaves des démons reçurent le sceau de la réconciliation divine, mais sceau à la vérité plus fort que celui qui avait été mis sur les mineurs patriarches, attendu que celui-ci ne devait opérer que des choses très succinctes, au lieu que celui qui fut mis sur les esclaves des démons devait opérer des faits plus forts et plus considérables. Aussi le changement qui se fit sur les mineurs patriarches, quoique très fort, le fut infiniment moins que celui qui se fit sur les esclaves des démons, parce que l'esprit qui opérait dans l'habitation de ces mineurs avait deux actions à opérer, savoir : la réconciliation des mineurs et la punition des majeurs pervers. Voilà quelles furent la première et la seconde opération du Christ pendant les deux premiers des trois jours qu'il resta ignoré des hommes, pour nous donner le type de la sépulture et ensuite celui de la réconciliation et résurrection spirituelles aux yeux de toute la création.
Je traiterai maintenant la troisième opération que le Christ fit en allusion au troisième jour de sa sépulture. Je parlerai ensuite des mineurs justes dont ce même Christ s'est servi pour opérer chez les deux espèces de mineurs plus ou moins resserrés en privation divine. Je dirai donc que Jésus-Christ a prouvé sa troisième opération par deux substances, l'une visible aux mortels ordinaires, et
La troisième opération du Christ fait allusion au troisième jour de sa sépulture ; et elle fut faite sur [46] deux espèces de mineurs qui étaient plus ou moins resserrés en privation divine. Ainsi cette troisième opération fut divisée en deux substances, dont une visible aux mortels ordinaires, et l'autre invisible à ces mêmes mortels, attendu qu'aucune matière ne peut voir et concevoir l'esprit
l'autre invisible à ces même mortels, attendu que tout ce qui est matière ne peut voir et concevoir l'esprit, sans mourir ou sans que l'esprit ne dissolve et anéantisse toute forme de matière à l'instant de son opération.
sans mourir, ou sans que l'esprit ne dissolve et n'anéantisse toute forme de matière.
La première substance invisible d'opération, qui finit la troisième opération du Christ, consiste dans les bornes qu'il donna lui-même aux mineurs qui satisfaisaient à la durée des temps d'opérations pénibles qu'ils avaient à travailler pendant leur cours universel général et particulier, ainsi qu'il leur avait été prescrit par le Créateur,
A l'instant de son apparition, la substance invisible de la troisième opération du Christ a consisté à avoir abrégé lui-même le terme des travaux et des opérations pénibles que faisaient les mineurs qui satisfaisaient à la durée du temps pendant leur cours universel, général et particulier, selon qu'il a été prescrit par le Créateur.
et ainsi que vous devez l'observer par l'étude soigneuse que les hommes de tous les temps ont faite et que font encore ceux du siècle présent, en cherchant à lire plus particulièrement dans les trois principaux cercles sphériques pour se procurer avec plus de certitude les différents moyens de pouvoir parvenir à voyager dans toute l'étendue de la terre ; TAces cercles que le reste des hommes parcourent pour se procurer les biens matériels et temporels, ne considérant ces trois cercles que comme propres [à] satisfaire leurs passions cupides, relativement au peu de connaissance qu'ils acquièrent, par le vice du motif qui dirige leurs recherches. Ces trois cercles qui sont dénommés par cercles sensible, visuel et rationnel, ont bien en eux cette faculté et la propriété d'instruire l'homme dans la connaissance de l'espace et des bornes de la création universelle, générale et particulière, mais j'ajouterai qu'il faut que les hommes soient dans de grandes ténèbres s'ils ne considèrent les trois cercles que pour leur satisfaction matérielle.
Ce cours universel, auquel le mineur est assujetti, se fait connaître par l'étude soigneuse que les hommes de tous les temps ont faite, et que ceux du siècle présent font encore, des trois principaux cercles sphériques pour se procurer avec plus de certitude les différents moyens de parcourir toute la surface de la terre. Les hommes ne considèrent ces trois cercles que comme étant propres à satisfaire leurs passions cupides de matière, relativement au peu de connaissance qu'ils ont de ces cercles, par le vice du motif de leurs recherches. Je conviens bien que ces trois cercles appelés : cercle sensible, cercle visuel et cercle rationnel, ont en eux la propriété [47] d'instruire l'homme dans la connaissance de l'espace et des bornes de la création universelle, générale et particulière ; mais il faut que les hommes soient dans de grandes ténèbres s'ils ne considèrent ces trois cercles que matériellement.
Apprenez de moi que ces trois cercles que nous nommons spirituellement cercle mineur sensible, intellect ou visuel, et majeur spirituel ou rationnel, ne sont autre chose qu'une étendue distincte dans laquelle les mineurs équitables finiront d'opérer leurs actions temporelles invisibles à l'homme corporel. Cette opération qui commence dans le cercle sensible se continue dans le cercle visuel, qui est le lieu ou l'étendue dans laquelle les mineurs qui ont opéré dans le premier vont opérer pour accomplir le fort de leurs opérations spirituelles, que nous nommons réaction d'opération en ce que l'étendue de ce second cercle est infiniment plus considérable que celle du premier. Dès que les mineurs ont fini ce cours d'opérations naturelles à leur être, ils vont opérer le repos à l'ombre de leur réconciliation au cercle vulgairement appelé rationnel.
Nous attachons spirituellement le cercle mineur au sensible, le cercle intellect au visuel, et le cercle majeur au cercle rationnel, et ces trois cercles ne sont autre chose qu'une étendue distincte dans laquelle les mineurs équitables finiront d'opérer leur action temporelle, invisible à l'homme corporel. Cette opération commence au cercle sensible ; les mineurs passent de là dans le cercle visuel où s'accomplit la force de leur opération spirituelle, que nous nommons réaction d'opération, en ce que l'étendue de ce second cercle est infiniment plus considérable que celle du premier, dans lequel les mineurs ont fini le cours de l'opération naturelle à leur être : ils vont jouir du repos à l'ombre de leur réconciliation, dans le cercle que nous nommons rationnel.
TAJe vous apprendrai encore que tous les différents corps planétaires et élémentaires résident dans les intervalles de ces trois principaux cercles, que nous distinguons encore par les trois puissances principales divines qui s'opèrent certainement en eux, comme je vais le faire entendre par les trois nombres qui suivent. Le nombre 4 est donné aux mineurs, le nombre 7 est donné à l'esprit, et le nombre 8 est donné au double esprit qui est le Christ. Le Christ préside à l'esprit, et l'esprit préside au mineur, et le mineur préside à la forme terrestre. La troisième opération que le Christ a donc faite consiste en deux substances : l'invisible sert à abréger le cours et la grande force des opérations que les mineurs équitables devaient opérer pour se reposer ensuite à l'ombre de leur réconciliation ;
Tous les différents corps planétaires et élémentaires résident dans les intervalles de ces trois principaux cercles, que nous distinguons encore par les trois principales puissances divines qui s'opèrent certainement entre eux, comme je vais le faire entendre par les trois nombres qui suivent : le nombre quatre est donné au mineur, le nombre sept est [48] donné à l'esprit, et le nombre huit au double esprit qui est le Christ. Le Christ préside à l'esprit, l'esprit préside au mineur, et le mineur préside à la forme terrestre. C'est donc, comme nous l'avons dit, à abréger le cours et les opérations des mineurs dans ces trois cercles que consiste la première substance de la troisième opération du Christ, afin que ces mineurs puissent ensuite se reposer à l'ombre de leur réconciliation.
et la seconde substance, visible aux hommes corporels, consiste à un plan qu'il leur a tracé lui-même, soit par sa résurrection, soit par sa propre instruction qu'il a laissée à ses fidèles élus par sa parole spirituelle divine. Voilà cette réconciliation, telle qu'on me l'a représentée, faite sans erreur par le Christ, réconciliation vraiment préparée par les élus justes de ce même Christ à qui il en avait donné l'exemple. Vous allez en juger par ce qui suit.
La seconde substance visible aux hommes corporels consiste dans le plan qu'il leur a tracé lui-même, soit par sa résurrection, soit par sa propre instruction qu'il a laissée à ses fidèles élus par sa parole spirituelle divine. Voilà sincèrement ce que je sais et ce qui m'a été dit touchant la réconciliation faite par le Christ, réconciliation vraiment préparée par les élus justes de ce même Christ, auquel il en avait donné le premier l'exemple, ainsi que je vais le faire concevoir.
Héli, ou le Christ, réconcilia le premier homme avec le Créateur par l'entremise de son esprit qui fit jonction avec le mineur premier-créé Enoch, qui, par la justice, opéra en faveur de la postérité de Seth, tant vivants que décédés, sur lesquels il fit passer le caractère ou le sceau authentique de son opération, avec lequel il marqua ceux qui furent dignes d'être de la cour suivante du Christ, lorsqu'il fut rendre compte à son père créateur du travail qu'il avait opéré pour sa plus grande gloire, à la honte de ses ennemis. Noé fait le même type que celui ci-dessus par la justice devant Dieu, ainsi que Melchisédech, Elie, Zorobabel, Chiram et le Christ. Voilà ceux qui ont été proposés par l'ordre du Créateur à marquer les êtres mineurs spirituels, qui devaient accompagner le triomphe de la manifestation de la justice du Créateur, opérée par la puissance de l'homme-Dieu et divin, selon son immédiate correspondance avec le Créateur.
Héli réconcilia le premier homme avec le Créateur, par l'entremise de son esprit qui fit jonction avec le premier mineur émané. Enoch, par sa justice, opéra en faveur de la postérité des enfants de Seth tant vivants que décédés, sur lesquels il fit passer le caractère ou le sceau authentique de son opération. C'est avec ce sceau qu'il marqua ceux qui furent dignes d'accompagner le Christ lorsqu'il fut rendre compte à son père, Créateur, des opérations [49] qu'il avait faites pour sa plus grande gloire et à la honte de ses ennemis. Noé a répété le même type, ainsi que Melchissédec, Elie, Zorobabel et le Christ. Voilà ceux qui ont été préposés par ordre du Créateur pour marquer les êtres mineurs spirituels qui devaient accompagner le triomphe de la manifestation de la justice divine opérée par la puissance de l'Homme-Dieu et divin, selon son immédiate correspondance avec le Créateur.
Je n'entrerai pas dans les différents genres d'opérations que les susdits hommes justes ont faites pour opérer à la marque des signalés qui devaient définitivement former la cour du Christ lorsqu'il fut paraître en esprit face à face
Je n'entrerai point dans le détail des différentes opérations que ces justes ont faites pour coopérer à la marque de ces signalés qui devaient définitivement former la cour du Christ, lorsqu'il fut paraître en esprit face à face avec le
du Créateur, père de toute autorité et puissance divine immuable. "Mais comment, direz-vous, ce que vous dites sur cette réconciliation a-t-il pu être opéré par les justes en faveur des mineurs qui ont complété la cour du Christ ? Est-ce que tout événement temporel et spirituel n'est pas prévu par les lois immuables que le Créateur avait données à la création universelle ?" Vous auriez raison si Adam n'avait pas prévariqué. Mais si vous faites attention à cette prévarication d'Adam, au changement considérable qu'elle a occasionné et qui fut fait par le Créateur, opposé à ce qu'il avait fait la première fois en faveur de cette même création générale et particulière (la création générale doit s'entendre de toute la terre, et la particulière désigne les mineurs qui habitent tant les corps terrestre que célestes) ; je dirai donc que la prévarication d'Adam que vous ne devez pas ignorer, quoique le genre vous soit inconnu, a opéré et même forcé le Créateur à faire force de loi divine contre toute la création générale et particulière. Et il se fit par ce moyen un changement aussi terrible que considérable, qui occasionna une révolution si forte dans les premières lois données à la création générale et particulière, qu'elle était incompréhensible pour tout être créé devant lequel ce funeste événement se passait.
Créateur, père de toute autorité et puissance divine immuable. Mais vous pourriez me demander comment il se peut que ce que j'ai dit touchant la réconciliation du mineur ait été opéré par les justes dont je viens de parler ? Tout événement, me direz-vous, temporel ou spirituel, n'était-il pas prévenu par les lois immuables que le Créateur avait données à la création universelle ? Je vous répondrai que vous devez sentir que Dieu ne pouvait prévenir ce qu'il n'avait pas prévu, ne pouvant lire dans la pensée, ainsi que je l'ai déjà dit, que lorsqu'elle est conçue, et ne pouvant détruire la volonté des êtres spirituels. On sait que, sans cette liberté, Adam n'aurait pu prévariquer, et sa prévarication a opéré un changement si considérable que [50] le Créateur a été forcé de changer l'opération de la création générale et particulière. Par la création générale on doit entendre la terre, et par la création particulière, tous les mineurs qui l'habitent tant dans le corps terrestre que céleste. Oui, c'est cette prévarication que vous ne pouvez pas ignorer, quoique vous n'en connaissiez pas encore parfaitement le genre, qui a obligé le Créateur à faire force de loi divine dans sa création.
Le Créateur créa Adam homme-Dieu juste sur la terre, et il était incorporé dans un corps de gloire incorruptible, mais après qu'il eut prévariqué, le Créateur le maudit, lui personnellement, avec son opération impie, et maudit ensuite toute la terre. Adam dégénéra, par cette prévarication, de sa forme de corps de gloire en celle de
Vous savez que le Créateur émana Adam, homme-Dieu juste de la terre, et qu'il était incorporé dans un corps de gloire incorruptible. Vous savez que, lorsqu'il eut prévariqué, il le maudit lui personnellement avec son oeuvre impure, et maudit ensuite toute la terre. Vous savez encore que, par cette prévarication, Adam dégénéra de sa forme de gloire en
matière terrestre. Toutes ces choses n'auraient pu survenir à la nature générale et particulière si le Créateur n'avait changé et retiré vers lui sa première loi, qu'il avait donnée à son premier homme dans son premier état de justice. Ce qui doit vous faire concevoir la vérité de ce fait, c'est que le changement qui se fit dans Adam du corps de gloire en corps de matière terrestre fait allusion certaine au changement de loi que le Créateur a donnée de nouveau à son premier homme réconcilié. TAIl bénit une seconde fois Adam, lui pardonna sa faute, et le remit en puissance mystérieuse sur la terre et de tout ce qui est contenu en elle ; ce qui nous est bien représenté en figure sensible par la descente des premières tables de la loi, que Moïse reçut de l'Eternel ; tables de lois écrites par ordre de l'Eternel selon sa volonté. Ces lois et tables ne furent pas données aux hommes que Moïse conduisait, puisque la prévarication générale des enfants d'Israël engagea Moïse à rompre ses premières tables, et à soustraire par là aux enfants d'Israël cette loi qu'ils désiraient avec tant d'ardeur. Moïse, après le funeste événement de la prévarication de son peuple, se réconcilia avec lui et, en cette considération, lui promit une seconde loi de par l'Eternel ; loi qu'il lui donna, suivant qu'il plut à l'Eternel la lui accorder en faveur de la réconciliation qu'il avait faite avec son peuple élu. Cette réconciliation ne venait pas de la seule volonté de Moïse, mais bien de celle du Créateur, vu que la puissance d'un homme ne saurait être capable de réconcilier vingt personnes à sa volonté ; preuve démonstrative que ce que Moïse a fait dans cette grande réconciliation d'un peuple aussi nombreux que considérable,
une forme de matière terrestre. Vous saurez donc par moi que toutes ces choses n'auraient pu servir à la nature générale et particulière, si le Créateur n'avait suspendu et retiré vers lui, pour un temps, les pouvoirs qu'il avait donnés à son premier homme dans son état de justice. Le changement qui se fit chez Adam, du corps de gloire en corps de matière terrestre, annonçait les nouvelles lois que le Créateur lui donnerait lorsqu'il serait réconcilié. C'est lors de cette réconciliation que le Créateur le bénit une seconde fois, lui pardonna sa faute, mais ne lui rendit qu'une puissance inférieure à celle qu'il possédait [51] avant son crime jusqu'à sa réconciliation. Ceci, d'ailleurs, vous est clairement et physiquement représenté en nature sensible par les différentes lois que Moïse descendit de dessus la montagne. Moïse ne donna point au peuple d'Israël les premières tables de la loi ; la prévarication de ce peuple engagea Moïse à rompre ces tables et à priver par là les Israélites de cette loi divine qu'ils désiraient recevoir avec tant d'ardeur. Moïse, après cet événement, se réconcilie avec son peuple et lui promet une seconde loi de par l'Eternel : loi qu'il lui donna selon qu'il plut à l'Eternel de lui accorder en faveur de la réconciliation qu'il avait faite avec son peuple élu. Cette réconciliation ne pouvait venir directement de la seule volonté et faculté de Moïse ; elle ne venait que de la puissance du Créateur. La preuve qu'on en peut donner, c'est que tous les pouvoirs d'un homme seul ne sont pas capables de réconcilier vingt personnes à sa volonté ; et si Moïse n'avait opéré que de son chef et sans le secours d'un être supérieur à lui, toutes ses paroles et tous ses efforts eussent été inutiles. Jugeons-en par comparaison avec les hommes de ce siècle, qui traitent
ne vient point de lui-même. Car si Moïse n'avait opéré que par son propre chef et sans le secours d'un être supérieur à lui, toutes ses paroles et ses efforts auraient été inutiles. Jugeons en par comparaison avec les hommes de ce siècle. TAComment nommerons-nous ceux qui n'ont jamais vu aucune manifestation physique spirituelle divine opérer devant eux, si ce n'est [celles] qui s'opèrent journellement par les lois immuables de la nature, que le Créateur a données à la création pour actionner [et] concourir à substantier la nature de cette création pendant tout le cours de la durée qu'il lui a prescrite ? Mais quel est le temps que le Créateur a prescrit pour la durée du cours de cette création universelle ? Je vous le dirai dans la suite. A présent, je me contenterai de poursuivre définitivement sur le genre de prévarication d'Adam, qui vous fera voir clairement d'où sont sortis toutes les époques, types, et les différents événements du monde jusqu'à nous.
de grossiers les hommes de ces premiers siècles. Quelle idée pouvons-nous avoir, et comment réconcilier les hommes du siècle présent qui n'ont jamais vu aucune manifestation physique, spirituelle ou divine s'opérer devant eux, si ce n'est celles qui s'opèrent par les [52] lois immuables qui doivent actionner et entretenir la création universelle, pendant la durée que le Créateur lui a prescrite ? Vous désirez peut-être savoir quel est le temps de cette durée mais ce n'est point ici le lieu de vous en parler. Je vais poursuivre définitivement l'explication du genre de la prévarication d'Adam, parce que c'est de là que sont sortis toutes les époques, tous les types et tous les différents événements qui sont survenus depuis le commencement du monde jusqu'à nous et qui se perpétueront jusqu'à la fin des siècles.
TALorsqu'Adam fut devenu être pensif et pensant, sa pensée et sa volonté prévaricante l'ayant assujetti à cette peine, qui n'était autre chose que ce qui devait manifester la première époque fâcheuse qui surviendrait par la suite à la postérité d'Adam, ainsi qu'il devait le prévoir par la peine première que lui avait infligée l'Eternel, c'est même de là qu'Adam connut plus fortement la conséquence de sa prévarication. Il la connut par les troubles et les combats qui se passaient en lui, lorsqu'il fut resserré dans son corps second de matière terrestre. Ce fut dans cet état qu'il fit ses lamentations au Créateur, où il réclama toute la miséricorde et la clémence du Dieu vivant et du Dieu vivifiant. Ce fut aussi dans cette position, où il se trouvait souvent, qu'il lui fut présenté par l'esprit,
La peine qu'Adam ressentit d'être devenu pensif et pensant, ne fut autre chose que ce qui devait manifester la première des époques fâcheuses qui devaient survenir à sa postérité, et c'est de là qu'Adam conçut plus fort la grande conséquence de sa prévarication. Il la conçut par le trouble, l'agitation et les différents combats qui se passaient en lui, lorsqu'il fut resserré dans son corps second de matière terrestre. Dans cet état, il fit ses lamentations au Créateur ; il réclama la clémence du Dieu vivant qui est le Christ, et du Dieu vivifiant. L'esprit alors lui présenta dans son assoupissement le fruit de sa prévarication, ce qui acheva de le consterner et d'augmenter la violence de ses remords en considérant son ouvrage. Il conçut ce que le Créateur lui faisait
dans son assoupissement, le fruit de sa prévarication, qui acheva de le consterner dans son remords. Oui, ce fut en considérant ce même fruit qu'Adam connut [ce] que le Créateur lui faisait demander par l'esprit qui lui présentait et lui représentait sans cesse son ouvrage. Oui, le Créateur faisait demander sans cesse au malheureux Adam qu'il reconnût sincèrement sa faute et qu'il la confessât, telle qu'il l'avait opérée et qu'elle lui était représentée. Il satisfit à la volonté divine. Il avoua avec sincérité l'ouvrage de sa maudite pensée et l'opération de sa propre volonté, qui devait le lier avec le fruit de son travail pour un temps immémorial au reste des mortels, en donnant le nom Ouva à son fruit. Il signifie homme [sic pour : hommesse ?], ou chair de ma chair et de mes os, et l'ouvrage de mon opération connue et exercée par l'oeuvre de mes mains souillées. Voilà ce que vous cherchiez à connaître, touchant le genre de prévarication d'Adam.
demander. Ce malheureux homme sentit qu'il fallait qu'il reconnût sincèrement sa faute et qu'il la [53] confessât telle qu'il l'avait opérée et qu’elle lui était représentée. Adam satisfit à la volonté divine ; il avoua avec la plus grande sincérité l'ouvrage de sa maudite pensée et l'opération de sa propre volonté, qui devait le lier avec le fruit de son travail pour un temps immémorial. Il confirma cet aveu en donnant à ce fruit de sa prévarication le nom de Houva ou Hommesse qui signifie chair de ma chair, os de mes os, et l'ouvrage de mon opération conçue et exercée par l'oeuvre de mes mains souillées. Voilà ce que vous cherchiez à connaître touchant le genre de prévarication d'Adam.
Cette analyse vous indique notre origine corporelle et spirituelle, et combien elle est dégénérée, puisque l'âme est devenue sujette aux pâtiments, et forme passive, d'impassive qu'elle aurait été si Adam avait uni sa volonté avec celle du Créateur. Telle est l'origine de ce que nous appelons spirituellement "décret prononcé par l'Eternel contre la postérité d'Adam jusqu'à la fin des siècles", et que nous appelons vulgairement "péché originel".
Ce que je viens de vous dire sur la prévarication d'Adam et sur le fruit qui en est provenu, vous prouve bien clairement ce que c'est que notre nature corporelle spirituelle, et combien l'une et l'autre ont dégénéré, puisque l'âme est devenue sujette au pâtiment de la privation, et que la forme est devenue passive, d'impassive qu'elle aurait été si Adam avait uni sa volonté à celle du Créateur. C'est là aussi où vous pouvez reconnaître sensiblement ce que nous appelons spirituellement décret prononcé par l'Eternel contre la postérité d'Adam jusqu'à la fin des siècles, et que l'on nomme vulgairement péché originel.
Mais sentez encore mieux le changement des premières lois que le Créateur avait
Mais il faut à présent que je vous fasse encore mieux concevoir que je l'ai
données à sa création générale et particulière, relativement à cette création première. Vous avez vu d'ailleurs quelle était la vertu et puissance du premier mineur créé dans son corps de gloire ; combien était grande sa force, son autorité et son commandement sur tout être créé, ainsi qu'il en avait reçu le pouvoir du Créateur, relativement à son émanation divine. Le changement de forme corporelle que causa sa prévarication ne différait en rien de la figure qu'avait sa première forme glorieuse. Il ne put y avoir de changement que dans les premières lois que le Créateur avait données à toute la création.
fait, le changement des lois cérémoniales d'opération de la création générale et particulière, relativement au crime du premier [54] homme. Je vous ai montré quels étaient le pouvoir, la vertu, le commandement et l'autorité du premier mineur émancipé dans son corps de gloire. Je vous ai montré comment il se transmua, par son crime, de cette forme glorieuse en une forme de matière terrestre. Mais ce corps second de matière terrestre avait la même figure apparente que le corps de gloire dans lequel Adam avait été émané. Il n'y eut donc de changement que dans les lois par lesquelles il se serait gouverné, s'il était resté dans ce premier principe de justice.
Il n'est pas douteux que lorsqu'un être créé temporel change d'action, il change également de forme. Il en était donc de même d'Adam, qui avait changé son premier état de gloire en tous sens et sans distinction. Il était donc nécessaire que l'Eternel changeât ses premières lois qu'il lui avait données, ces premières lois n'étant pas convenables à la forme corporelle aussi peu étendue que celle dont Adam fut contraint de se revêtir par autorité divine.
Lorsqu'un être créé temporel change de nature d'action, il change nécessairement de lois d'opération : lorsque le Créateur réconcilia la création générale universelle et particulière, il y eut changement dans les lois qui dirigeaient cette création avant qu'elle fût maudite et réconciliée. Il en fut de même du premier homme ; ayant changé son état de gloire, il était absolument nécessaire que le Créateur changeât aussi les premières lois d'opération qu'il lui avait données ; ces premières lois n'étant plus convenables à l'action et à la direction d'une forme corporelle aussi peu étendue que celle dont Adam fut contraint de se revêtir par autorité divine.
Les lois qui gouvernent les formes corporelles de matière apparente passive ne sont point comme celles qui gouvernent tout esprit mineur, qui est agent et gouverneur d'une forme de corps glorieux qui n'a rien de commun avec celle que nous voyons physiquement condensée. La forme corporelle et glorieuse ne contient point d'esprit
Les lois qui gouvernent les formes corporelles de matière apparente passive, ne sont point, comme vous devez le sentir, celles qui gouvernent, tout esprit mineur, possesseur et gouverneur d'une forme de [55] corps glorieux, qui ne tire point son origine de la matière que nous voyons physiquement condensée. La forme glorieuse ne contient point l'esprit
mineur créé en privation divine, puisque l'origine de cette même forme de corps glorieux est connue par le mineur et le majeur créé, lorsqu'ils sont députés par l'Eternel pour manifester chez les hommes et partout où il plaît au Créateur la gloire de cet être divin. D'ailleurs, le culte divin qu'Adam et sa postérité devaient rendre au Créateur n'était pas celui pour lequel ils avaient été créés. Ayant donc changé de forme, ils ont changé d'opération, opération simple et bornée à l'infini par la force des lois que le Créateur a exercées contre Adam et rendues réversibles à sa postérité jusqu'à la fin de tout temporel.
mineur ou autre esprit en privation divine, puisqu'elle est, comme le mineur et comme tout autre esprit, députée par l'Eternel pour manifester chez les hommes ou partout [où] il plaît au Créateur, la gloire de cet être divin. Je dirai plus, Adam et sa postérité étant détenus dans cette forme de matière terrestre, ne devaient pas rendre au Créateur le même culte que celui pour lequel le premier homme avait été émané. Si le premier mineur a changé de forme, il faut de toute nécessité qu'il ait changé d'opération. Cette nouvelle opération est infiniment bornée par la force des lois que le Créateur a exercées contre Adam et qu'il a rendues réversibles sur toute sa postérité jusqu'à la fin du temps.
Cette opération simple et bornée ne doit pas vous surprendre, par l'usage inique qu'Adam a fait de son premier verbe, que 1'Eternel avait mis en lui pour qu'il naquît de lui une postérité de Dieu. Ce verbe, que vous ignorez peut-être et que vous considérez comme une chose incompréhensible, n'est autre chose que l'intention et la volonté qui devaient opérer par la parole puissante de ce premier homme. TACe verbe de postérité de Dieu qu'Adam avait inné en lui, pour vous le faire sentir il faut remonter à la connaissance des différents verbes que le Créateur a employés pour la création universelle, générale et particulière, selon son intention, sa volonté et sa parole, de laquelle toute action, forme et être spirituel est provenu.
Cette opération bornée ne doit point vous surprendre, vu l'emploi inique qu'Adam a fait de son premier Verbe que l'Eternel avait mis en lui, pour qu'il produisît une postérité de Dieu. Ce Verbe, que vous ignorez peut-être et que vous considérez comme une chose incompréhensible, n'était que l'intention et la volonté qui devaient opérer par la parole puissante de ce premier homme. Mais pour connaître plus clairement le Verbe de postérité de Dieu qu'Adam avait inné en lui, il faut remonter à la connaissance [56] des différents Verbes que le Créateur a employés pour sa création universelle, dans laquelle consistent la générale et la particulière, selon son intention, sa volonté et sa parole, de laquelle toute action, toute forme et tout être spirituel mineur sont provenus.
C'est en joignant les trois dernières choses susdites aux trois premières, que je vais faire concevoir ces trois verbes principaux dont l'Eternel s'est servi pour
C'est en joignant ces trois dernières choses, l'intention, la volonté et la parole, aux trois qui les précèdent, que je ferai concevoir les trois principaux Verbes de
créer toute chose de notre connaissance. Ce que vous verrez par la jonction que je fais ci-après. L'intention se joint à la création de l'univers, qui est figuré par un cercle immense dans l'intérieur duquel le général et le particulier sont mis en action et en mouvement ; la volonté se joint au général, ou à la terre, par le triangle, ainsi que le Créateur en avait connu la figure dans son imagination ; et la parole se joint à la création particulière des mineurs spirituels qui sont permanents dans la forme corporelle générale et particulière terrestre, qui sont figurés ainsi que la forme de la terre dans la pensée divine, et qui a été faite de même.
Création dont l'Eternel s'est servi pour créer toutes choses. L'intention se joint à la création de l'univers, qui est figuré par un cercle immense, dans l'intérieur duquel le général et le particulier, sont mis en action et en mouvement. La volonté se joint à la création du général ou de la terre, qui est figurée par un triangle, ainsi que la figure qu'en avait conçue le Créateur dans son imagination pensante devait être représentée. La parole rejoint l'émanation particulière des mineurs spirituels, habitant dans la forme corporelle particulière terrestre, forme semblable à celle de la terre, et qui a été également produite conformément à l'image de la pensée divine.
Concevez donc par ce que j'ai dit, et vais dire, le verbe de création qui était au pouvoir d'Adam. Si le Créateur n'avait point eu d'intention, il n'aurait point eu de volonté ; s'il n'avait pas eu de volonté, il n'aurait pas eu de parole ou d'action. Si, au contraire, il avait eu toutes ces choses et qu'il les eût opérées en faveur du mal, le mal naîtrait à lui de juste titre. Mais n'y ayant chez le Créateur que le bien et la justice, il ne pouvait sortir de lui que ce qu'il y avait. Ces propriétés étaient innées chez Adam, lorsque l'Eternel le détacha de son immensité divine, pour être homme-Dieu sur la terre.
C'est par ceci et par ce qui va suivre que nous apprenons à concevoir le Verbe de Création qui était au pouvoir d'Adam. Si le Créateur n'avait point eu d'intention, il n'aurait point eu de volonté, il n'aurait point eu de paroles d'actions. Or, puisque [57] l'être spirituel mineur n'est que le fruit de l'opération de ces trois principes divins, il fallait que le premier homme portât les marques de son origine, et qu'il eût par conséquent ces trois principes innés en lui, lorsque l'Eternel le détacha de son immensité divine pour être homme-Dieu sur la terre.
Ce malheureux Adam avait donc un verbe puissant, puisqu'il devait naître, à son propre verbe de parole ou de commandement, suivant la bonne intention et bonne volonté spirituelle divine, des formes glorieuses impassives égales à celles qui parurent dans l'imagination du Créateur. TALes formes que le Créateur avait créées devaient servir, par la suite, conformément à sa
Nous avons vu précédemment que Dieu ne pouvait être l'auteur du mal ; ainsi Adam fut émané dans le bien et dans la justice. Adam avait donc en lui un Verbe puissant, puisqu'il devait naître de sa parole de commandement, selon sa bonne intention et sa bonne volonté spirituelle divine, des formes glorieuses impassives, et semblables à celle qui parut dans l'imagination du Créateur. Ces
volonté déterminée, de prison de ténèbres aux majeurs premiers-créés et prévaricateurs, comme je vous le ferai voir. Dieu avait soumis toutes choses créées à la puissance de ce malheureux Adam. Il était revêtu d'une forme glorieuse, ou d'un corps de gloire.
formes glorieuses ne pouvaient être de la nature des formes de matière terrestre, qui n'étaient destinées, selon la volonté du Créateur, qu'à servir de prison aux esprits prévaricateurs. Aussi la forme dans laquelle Adam fut placé était purement spirituelle et glorieuse, afin qu'il pût dominer sur toute la création, et exercer librement sur elle la puissance et le commandement qui lui avaient été donnés par le Créateur sur tous les êtres.
Cette forme glorieuse et ce corps de gloire n'est autre chose qu'une forme de figure apparente que l'esprit conçoit et enfante à mesure qu'il en a besoin, selon les ordres qu'il reçoit du Créateur. Cette forme est dissipée par l'esprit comme elle est enfantée. Je puis vous assurer que le corps de gloire qu'Adam avait ne différait point de celui que prenaient et que prennent encore aujourd'hui les esprits messagers du Créateur. Ce corps de gloire est une figure impassible en ce qu'elle se réintègre dans celui qui l'enfante. Une pareille forme n'est sujette à aucune influence quelconque si ce n'est spirituelle pure et simple. Il ne faut à cette forme d'autre aliment que celui que l'esprit lui procure ; aucune particule du feu central n'actionne sur elle, n'en étant point de cette forme ce qui en est de la postérité charnelle d'Adam. Cette même forme aurait été transférée à la postérité d'Adam sans aucun principe d'opération matérielle, ainsi que l'avènement et la résurrection du Christ et la descente de l'esprit dans le temple de Salomon nous l'ont fait voir en nature.
Cette forme glorieuse n'est autre chose qu'une forme de figure apparente que l'esprit conçoit et enfante selon son besoin et selon les ordres qu'il reçoit du Créateur. Cette forme est aussi promptement réintégrée qu'elle est enfantée par l'esprit. [58] Nous la nommons impassive parce qu'elle n'est sujette à aucune influence élémentaire quelconque, si ce n'est à l'influence pure et simple. Elle n'est susceptible d'aucun aliment, si ce n'est de celui que son esprit lui procure. Aucune particule du feu central n'actionne sur elle. Enfin cette forme glorieuse aurait été perpétuée par Adam par la reproduction de sa postérité spirituelle, mais toutefois sans aucun principe d'opération matérielle, selon que l'avènement et la résurrection du Christ, et la descente de l'esprit divin dans le Temple de Salomon nous l'ont fait voir en nature.
Cela ne souffre aucun doute, soit touchant les changements des lois divines que Dieu a faites sur les corps général et particulier, ainsi que sur les mineurs spirituels créés, soit encore sur les
Par tout ce qui a été dit, nous ne devons plus douter des changements considérables des lois d'opérations survenues par la prévarication du premier homme, soit sur le corps général et
différentes opérations qui doivent être opposées aux premières pour lesquelles le mineur avait été créé, soit même encore par TAun tracé que je vous donne du fameux nombre ternaire de création de toute forme quelconque par les trois jonctions dont je vous ai déjà parlé : l'intention, la volonté et la parole qui enfante l'action divine qui est verbe. Vous allez le sentir : A quoi sert l'intention ? l'homme sans la parole ? la volonté sans la parole ? et la parole sans effet ou action ? Il a fallu la parole pour toutes les choses, chacune en leur particulier. La parole du Créateur a déterminé l'action de l'intention divine. C'est donc par cette détermination du Créateur, qui est ce verbe, que le nombre ternaire existe dans la création universelle, générale et particulière. Vous voyez clairement par l'analyse ci-dessus que le verbe de création ne s'est point produit de lui-même, puisqu'il est émané de l'intention et de la parole du Créateur.
particulier, soit sur les mineurs, et dans les opérations que ces mêmes mineurs ont à faire aujourd'hui, et qui sont toutes opposées à celles pour lesquelles ils avaient été émanés. Nous avons vu de plus une lueur de ce fameux nombre ternaire de création de toute forme quelconque, par la jonction de l'intention, de la volonté et de la parole qui enfante l'action divine, laquelle est certainement Verbe. En effet, à quoi servirait l'intention sans la volonté, la volonté, sans la parole, et la parole sans effet ou action ? Il a fallu l'intention, la volonté et la parole pour opérer chacune des trois parties de la création, mais c'est la [59] parole qui a déterminé l'action de l'intention et de la volonté divine. C'est par cette détermination que le Verbe a eu lieu : c'est donc certainement dans le Verbe du Créateur, que le nombre ternaire de création générale universelle et particulière existe et non ailleurs ; car l'intention, la volonté et la parole produisent un effet spirituel, ou une action ce qui fait voir que le Verbe de création ne s'est point produit de lui-même, puisqu'il est émané de l'intention, de la volonté et de la parole du Créateur.
C'est de là que ce verbe fameux est sorti, c'est aussi par lui et par son émanation que nous reconnaissons que le premier nombre ternaire de création quelconque est coéternel à Dieu, ainsi qu'il suit. L'intention 1, la parole 2, l'action 3, voilà ce qui compléta les six pensées de création du Créateur. Ce même nombre est encore dans toute la création universelle, générale et particulière.
C'est aussi par ce Verbe et son émanation que nous reconnaissons avec certitude que le premier nombre ternaire de création quelconque est coéternel en Dieu, selon ce qui suit : l'intention 1, la volonté 2 et la parole 3, d'où provient l'action ou le Verbe. Additionnez : dans ces trois nombres vous trouverez 6, ainsi qu'il suit : l et 2 font 3, 3 et 3 font 6. C'est là ce qui complète les six pensées de création générale et particulière de l'Eternel. Ce nombre est certainement dans la création universelle, générale et particulière.
TAVous voyez comment et d'où sont provenus tous êtres créés, tant spirituels que matériels, de même que la grande puissance qu'avait jadis le premier homme, et quelle est celle que sa postérité peut avoir aujourd'hui sur la création universelle générale, particulière et spirituelle. Elle est bien peu de choses, et je serais même assuré qu'elle n'est presque rien, si l'homme ne fait point sa réconciliation avec le Créateur. Oui, sans ce moyen, je dirais que la brute a au centuple plus de vertu dans son instinct passif, que l'homme en a dans son mineur spirituel qu'il a lui-même dégénéré et dégradé et qu'il s'affaire [?] plus que jamais aujourd'hui d'affaiblir et d'enfoncer dans l'inaction spirituelle divine pour l'avenir, jusqu'au point de devenir le tombeau de la mort. Je veux dire par le tombeau de la mort, que ces malheureux mineurs contiendront dans leur immensité mineure les réprouvés du Créateur pour un temps infini.
C'est par tout ce que je viens de vous dire que vous devez concevoir d'où est provenu tout être créé, tant spirituel que matériel, de même que la grande puissance qu'avait jadis le premier homme, et celle que peut avoir encore aujourd'hui sa postérité. Cette puissance, toutefois, est bien peu de chose si l'homme ne fait point sa réconciliation avec le [60] Créateur. J'ose même dire qu'elle n'est rien sans cela, et qu'alors la brute a plus de vertu dans son seul instinct passif, que n'en a le mineur spirituel lorsqu'il a dégénéré et qu'il s'anéantit dans l'inaction spirituelle divine jusqu'au point de devenir le tombeau de la mort. Je veux dire, par l'expression du tombeau de la mort dont je me sers ici, que les malheureux mineurs qui ne sont point réconciliés, deviendront la proie des esprits pervers, qui, par la jonction qu'ils feront avec eux, les feront demeurer dans leur réprobation pour un temps infini.
Voilà combien sera terrible le changement des mineurs qui n'auront pas suivi la justice du Créateur.
Nous devons donc nous tenir sur nos gardes et nous efforcer à imiter Adam le premier homme créé, qui, après avoir confessé son crime au Créateur avec la plus grande sincérité et le repentir le plus amer, obtint de lui sa réconciliation et fut par ce moyen remis une seconde fois dans sa première vertu et puissance dans les trois genres de création temporelle ; bien entendu que toute intention et volonté de sa part seraient conformes à celles de son Créateur et de son réconciliateur. Arrêtez-vous sur cette réconciliation qui est toujours par nombre ternaire : Adam, le Christ et le
Voilà quel sera le sort des mineurs qui n'auront pas suivi la justice du Créateur. Voyez combien nous devons nous tenir sur nos gardes, et nous efforcer d'imiter Adam qui, après avoir confessé son crime avec sincérité et avec le repentir le plus amer, obtint du Créateur sa réconciliation et fut remis en partie dans ses premières vertus et puissances sur les trois genres de création temporelle, sous condition toutefois que son intention et sa volonté seraient à l'avenir conformes aux lois de la réconciliation. Réfléchissez sur cette réconciliation, vous y verrez toujours le nombre ternaire, savoir : Adam, le Christ et le Créateur. Vous y verrez que cette triple essence divine forme bien
Créateur. Vous devez voir que cette triple essence divine forme les trois principes de toute création : par l'intention du père, la volonté du fils ou du Christ, et la parole ou l'action du mineur spirituel, qui provient de l'intention et de la volonté des premiers.
TAJe ne dois pas vous laisser ignorer la quadruple essence divine, quoique je n'en aie pas encore parlé. J'ai mis le mineur au nombre des premières essences divines, étant lui-même l'action et le produit de l'intention du père créateur, de la volonté du fils régénérateur, et de la pensée de l'esprit divin ; ce que vous verrez par la suite.
clairement les trois principes de toute création ainsi qu'il suit : l'intention du Père 1, la volonté du Christ 2, et la parole du mineur spirituel qui provient de l'intention et de la volonté des deux [61] premiers 3. Je mets le mineur au nombre des trois premières essences divines parce qu'il est lui-même le produit de l'intention du Père, de la volonté du Fils régénérateur et de l'action de l'Esprit divin ; ce que j'expliquerai plus clairement lorsque je parlerai de la quadruple essence divine, que je ne prétends point vous laisser ignorer, quoique je n'en aie pas encore fait mention.
Je reviendrai à la réconciliation parfaite d'Adam et au genre d'opération nouvelle qu'il fit pendant le cours de sa réconciliation, ainsi qu'il lui fut dit et ordonné par le Créateur, parlant à lui et à son oeuvre première : "Va, Adam, rehausse ton ouvrage, ainsi que t'est enjoint par moi, afin qu'il concoure à former avec toi une postérité de forme particulière, dans laquelle sera contenue la forme universelle et générale de figure certaine et indubitable, ainsi qu'elle est empreinte dans celle que tu diriges et gouvernes pour le temps que je t'ai prescrit." C'est de là qu'est tiré ce qui nous est enseigné que le Créateur dit à Adam et Eve, lorsqu'il les fit venir de la première place opérante : "Allez, croissez, et multipliez des formes semblables aux autres."
Adam agit ainsi qu'il lui avait été dit par le Créateur. TAIls conçurent tous deux des productions semblables aux leurs avec une passion furieuse des sens de leur matière, ce qui retarda encore la réconciliation parfaite d'Adam avec son
Je vais continuer de parler de la réconciliation parfaite du mineur premier homme. Lorsque le Créateur bénit Adam et son oeuvre impure, il lui dit : "Adam, rehausse ton ouvrage, afin que vous produisiez ensemble une postérité de forme particulière dans laquelle sera contenue la figure universelle générale en figure certaine et indubitable, ainsi qu'elle est contenue dans la forme que tu diriges pour le temps que je prescris." Ce sont les paroles que l'Ecriture rapporte : Croissez et multipliez. C'est-à-dire, lorsque Adam et Eve furent sortis de leur première place opérante, il leur fut ordonné de reproduire les formes semblables aux leurs, Adam et Eve exécutèrent cet ordre avec une si furieuse passion des sens de leur matière, que le premier homme retarda par là son entière réconciliation. Cependant ils engendrèrent la forme corporelle de leur premier fils qu'ils nommèrent Caïn, qui veut dire : le fils de ma douleur. Ce nom lui fut donné par Adam parce qu'il sentit bien qu'il avait opéré en ce fils une opération [62] conduite par une passion désordonnée et contraire à la modération
Créateur. Ils engendrèrent la forme corporelle de leur premier fils qu'ils nommèrent Caïn, qui veut dire "fils de ma douleur". Ce nom lui fut donné par Adam, parce qu'il sentit bien qu'il avait produit ce fils avec une passion désordonnée et contraire à la modération que le Créateur lui avait ordonné d'employer dans cette reproduction physique. C'est encore de là qu'il nous est enseigné que le Créateur fit Adam le seul gardien de la semence reproductive.
dont il devait user. (Disons en passant que l'ordre qui fut adressé par le Créateur directement à Adam pour sa reproduction, nous enseigne que le Créateur avait fait Adam le gardien de sa semence reproductive.)
Adam avait donc bien raison de nommer le premier-né, "fils de ma douleur", puisque ce fut par le second ouvrage que sa réconciliation parfaite fut suspendue. Il prophétisa même, par le nom qu'il donna à ce fils, des douleurs qui résulteraient de sa prévarication pour sa postérité qui contreviendrait aux lois, préceptes et commandements divins que le Créateur avait mis réversibles sur eux au moment de leur incorporisation dans leur forme terrestre. C'est encore par le nom de Caïn qu'Adam a été reconnu par sa postérité pour le premier prophète, relativement aux malheureux événements qui sont survenus par la suite à ce premier homme créé et premier père de reproduction de forme matérielle, par sa postérité subséquente.
Adam avait bien raison de nommer son premier né : le fils de ma douleur, puisque ce fut par cette oeuvre que sa réconciliation fut suspendue. Ce fut encore par cette même opération, et par le nom de Caïn qu'il donna à son premier né, qu'il prophétisa la grande douleur qu'il ressentait à l'avenir par la forte prévarication de sa postérité, qui contreviendrait aux lois, préceptes et commandements divins ; et c'est pourquoi Adam a été reconnu pour le premier prophète par cette même postérité.
Adam ayant conçu son premier-né Caïn dans un état d'indifférence aux ordres qu'il avait reçus, au sujet, du Créateur, ce fils ainsi conçu devait être l'instrument dont le Créateur se servirait pour opérer la réconciliation d'Adam par les vives douleurs que ce fils occasionnerait à ce premier père temporel, en mettant sous les yeux de ce père la noirceur de la première prévarication, qu'il opérait en sa présence. Tel fut le reproche opiniâtre et téméraire de ce premier fils né à ce
Cependant ce même fils engendré par une passion contraire aux ordres du Créateur, devait contribuer à la réconciliation du premier père, par les vives douleurs que ce fils lui ferait sentir en lui répétant la noirceur de sa première prévarication, puisque Caïn opéra mystérieusement cette prévarication en présence d'Adam. C'était bien là le coup le plus cruel et le remords le plus amer qu'il put faire naître dans le coeur de son père. Aussi l'on ne peut concevoir quels
premier père créé. Je vous laisse penser à quel point de sensibilité fut portée la douleur de ce père, et combien son amertume le concentra dans la tristesse et dans l'accablement, surtout en considérant ce fils en proie aux puissances démoniaques. Ce malheureux père seul put juger du sentiment douloureux qu'il ressentit et de celui que ce même fils allait éprouver ainsi que lui, ainsi qu'il n'y avait pas longtemps que ce premier père venait d'être retiré par la pure miséricorde du Créateur des mains des mêmes démons qui avaient séduit son premier fils pour le mettre pour une éternité en privation divine.
furent la douleur et l'accablement d'Adam, lorsqu'il vit son premier fils en proie aux puissances démoniaques. Personne ne pouvait juger comme le premier [63] père de sa propre douleur, et de celle que son fils devait éprouver, puisqu'il n'y avait pas longtemps qu'Adam lui-même avait été retiré, par la pure miséricorde du Créateur, des mains de ces mêmes démons qui venaient de séduire son premier fils, et de le précipiter pour une éternité dans la privation divine.
TACe fut donc par cette double peine et par cette double douleur que ce pauvre père redoubla sa foi et sa confiance au Créateur. Ses lamentations et son repentir d'avoir coopéré à la conception d'un pareil fils hors des bornes prescrites par le Créateur, firent qu'il se soumit volontairement par un serment inviolable à la volonté du Créateur, pour suivre avec précision ses lois, préceptes et commandements, et de ne s'en écarter jamais sous quelque prétexte que ce fût.
J'ajouterai encore à tout cela que la fermeté et la résignation de ce premier père ne fut qu'apparente, qu'elle n'eut point la persévérance qu'il avait jurée. Car il conçut avec sa société une postérité femelle qu'il nomma, conjointement avec Eve, Kani, "enfant de confusion", en ce que cette conception fut opérée dans le genre de Caïn.
Par cette double peine, Adam se fortifia dans sa loi et dans sa confiance au Créateur. Il gémit plus que jamais d'avoir coopéré à la conception de ce malheureux fils, hors des bornes prescrites par le Créateur. Il se soumit volontairement par son serment authentique à la volonté du Créateur, et promit de ne s'écarter jamais des lois, préceptes et commandements que le Créateur lui tracerait sous quelque prétexte que ce fût. Mais cette résignation du premier père ne fut qu'apparente ; il n'eut point la persévérance qu'il avait jurée ; au contraire, il conçut avec sa compagne hommesse ou Eve une postérité femelle qu'ils nommèrent conjointement Caïnan, qui veut dire : enfant de confusion, parce que cette conception fut opérée selon les mêmes lois que Caïn avait été conçu.
Adam fut cinq ans sans opérer avec Eve. Il crut, après ce temps, [avoir] mis fin à toutes ses peines par les liens qui unissaient ses deux fils, ce qui fit qu'il s'aveugla de nouveau, et dans une
Cinq ans après, la liaison qu'il voyait entre ces deux enfants lui fit croire que le temps était venu où toutes ses peines allaient finir. Il s'aveugla de nouveau et conçut avec Houva ou Eve une troisième
passion immodérée pour Eve, il conçut encore une troisième postérité femme, qu'il nomma Abac, c'est-à-dire "enfant de matière ou de privation divine". De six années Adam n'opéra plus. Dans cet intervalle il tomba dans un assoupissement décidé, un dégoût de son être s'empara de lui, il ne savait que devenir. Il fut dans une inaction complète, soit envers le spirituel divin, soit envers le temporel démoniaque. Il était insensible à toute impression bonne et mauvaise. Il était, enfin, comme l'enfant qui vient de naître. Ce fut la connaissance de tous ses crimes qui le réduisirent dans cet état. Il eut cette connaissance de l'esprit bon, qui lui signifia que la terre qu'il avait cultivée jusqu'alors ne produirait que douleur et amertume et ferait le poison de la discorde pour toute sa postérité.
postérité, laquelle était femelle et qu'il nomma Aba 1 [64] qui veut dire : enfant de matière ou enfant de privation divine. Adam resta ensuite l'espace de six années sans produire de postérité, parce que, pendant cet intervalle et à commencer de la naissance de son troisième enfant, il tomba dans un abattement considérable. Un si fort dégoût de son être s'empara de lui qu'il ne savait que devenir. Il tomba dans une entière inaction, soit pour le spirituel divin, soit pour le spirituel démoniaque, n'étant plus sensible à aucune impression bonne ou mauvaise. Ce qui le rendit tel, ce fut la forte connaissance qu'il eut de tous ses crimes passés envers le Créateur. L'esprit bon lui procura cette connaissance, et lui fit entendre clairement que la terre qu'il avait cultivée jusqu'à présent, contre les ordres du Créateur, ne lui produirait que douleur et amertume, et serait le poison de la discorde pour toute sa postérité.
Voilà d'où provient le grand abattement d'Adam. C'est ce que dans l'Ecriture le Créateur dit à Adam lorsqu'il le chassa ainsi qu'Eve du paradis terrestre : "Va cultiver la terre, mais elle ne te produira que des ronces plus aiguës que celles qu'un enfant pervers fait sentir à un père bon et juste." Ce sont là ces ronces funestes que le Créateur avait annoncées à son homme faible pour le produit de son opération de matière terrestre.
TAAdam ne finit point de borner sa postérité aux trois premiers dont je viens de parler, puisqu'il eut encore quatre enfants, deux mâles et deux femelles.
Dieu, touché de l'état d'anéantissement d'Adam, se disposait à accorder grâce aux faiblesses de son premier homme incorporé dans un corps
C'est là l'essence de menaces que le Créateur fit à Adam en le chassant du Paradis Terrestre, selon que l'Ecriture le rapporte : "Va cultiver la terre ; elle ne te produira que des ronces." Je demanderai s'il y a des ronces plus aiguës que celles que peut porter dans le coeur d'un père bon une postérité criminelle ? C'étaient là les maux que le Créateur avait annoncés au premier homme, que l'ouvrage de son opération de matière terrestre lui produirait ; mais c'était dans cet anéantissement, que le Créateur se proposait de pardonner toutes les faiblesses du premier homme [65] en le disposant, lui et sa compagne, à coopérer à une conception pure et simple, sans participation d'aucun excès des sens de leur forme matérielle. Ainsi, Adam ne borna point sa postérité aux trois enfants dont je viens de parler ; il eut encore
de matière terrestre, pour que lui et sa compagne coopérassent à une conception pure et simple, sans participation des sens de leur forme matérielle.
quatre enfants, deux mâles et deux femelles, et c'est le premier fils de ces quatre qui devait opérer la réconciliation de son père.
Ils formèrent donc l'un et l'autre une opération agréable au Créateur, et Eve conçut selon le séminal qu'Adam avait répandu dans ses entrailles, qu'elle conserva jusqu'à son entière maturité avec un soin particulier.
Adam forma donc avec sa compagne une opération agréable au Créateur, et Eve conçut le séminal qu'Adam avait répandu dans ses entrailles et qu'elle conserva heureusement jusqu'à son entière maturité. Il n'était pas surprenant qu'Eve eut un soin tout particulier de ce nouveau fruit, puisqu'elle sentait naître dans elle-même une racine de salut. Suivons ici la postérité d'Adam.
Elle eut une joie et une satisfaction complète de ce nouveau fruit par la différence des mouvements en comparaison de la conception des trois premiers, qui avaient été un triste de douleurs. Ce changement provenait des dons que la grâce de l'Eternel avait mis dans l'âme de l'enfant qu'elle portait et qui communiquait à elle-même son innocence, sa candeur et sa pureté. Adam revint de même satisfait et glorieux pendant le temps qu'Eve [portait ?] ce dernier fruit ; ce qui augmenta encore la joie d'Eve, et ils se contemplaient dans cette dernière oeuvre.
TALe temps de l'enfantement venu, qui complétait la septième année de l'intervalle qu'Adam avait mis depuis qu'il avait eu les trois premiers, fit tenir ce langage [à] Adam, lors de l'avènement de l'enfant sur la terre : "L'Eternel créateur des cieux et de la terre et de son serviteur Adam, ou Roux, soit éternellement béni par tout ce qu'il a créé. C'est de lui que je tiens ma quatrième postérité qui soit toute ma satisfaction dans le cours d'ici-bas et dans celui à venir."
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Il le nomma Aba 4, qui signifie "enfant de paix", ou Abel 10, ou "être élevé au-dessus de tout sens spirituel".
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Cette vérité a encore été répétée en nature physique aux yeux des hommes de ce siècle par la grossesse de Marie et d'Elisabeth, et par le tressaillement qu'Elisabeth sentit naître dans son âme, lorsqu'elle salua la cousine Marie qui venait la visiter, et par la satisfaction que les deux pères temporels sentirent, l'un de sa propre opération physique de ses oeuvres, et l'autre de l'unique opération spirituelle que l'Eternel avait manifestée en faveur de sa femme adoptive. Ailleurs seront expliqués ces types.
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TAAprès qu'Adam eut reçu cette quatrième postérité du Créateur et qu'il eut loué l'Eternel du trésor immense qu'il venait d'en recevoir et dont il ignorait même toute l'étendue du fruit qu'il devait en retirer par la suite en sa faveur et en celle d'Eve, ils prirent l'un et l'autre un soin extrême de ce dernier-né. Ils ne le perdaient jamais de vue, ils étaient ravis de voir naître de lui des oeuvres aussi pieuses que méritantes envers ses deux premières soeurs et son frère Caïn. Cette conduite commença à l'âge le plus tendre, puisqu'il n'avait que trois ans accomplis. Il fut toujours augmenté en vertu, sagesse et bon exemple envers ses père, mère, frère et soeurs, tout le temps qu'il resta parmi eux comme homme-Dieu juste sur la terre. Ce bienheureux enfant s'efforçait sans cesse d'élever des autels au Créateur, qui paraissaient aussi surprenants à cette première postérité qu'à son père et à sa mère. Toutes les opérations spirituelles qu'il faisait devant sa famille n'étaient que pour calmer le Créateur envers sa première créature mineure, ainsi qu'envers sa première
Adam et Eve prirent un soin particulier de ce quatrième enfant. Ils ne le perdirent jamais de vue, quoiqu'ils ne connussent pas encore parfaitement tout le fruit qu'ils devaient en retirer par la suite l'un et l'autre. Ils ne pouvaient se lasser d'admirer sa conduite soit envers ses deux soeurs et son frère Caïn, soit envers ses père et mère. Il cherchait à gagner leur amitié dès l'âge le plus tendre, n'ayant encore que trois ans, et il alla toujours en augmentant en bonté et en sagesse, en vertu et en bon exemple, tout le temps qu'il resta parmi les hommes comme homme-Dieu juste sur la terre. Ce bienheureux [66] enfant s'efforçait sans cesse d'adresser au Créateur des cultes spirituels qui surprenaient toute sa famille. Toutes ses opérations ne tendaient qu'à calmer la justice de Dieu envers sa première créature mineure et envers sa postérité, connaissant par ses opérations combien cette postérité allait être fortement frappée par la justice divine. Enfin, Abel se comporta comme Adam aurait dû le faire dans son premier état de gloire
postérité qu'il voyait dans ses opérations sans doute exposée à la colère de l'Eternel. Oui, Abel se comporta envers le Créateur comme son père aurait dû le faire lorsqu'il était revêtu de son premier corps de gloire. Cette divine conduite d'Abel était bien le type réel du culte que l'Eternel devait retirer d'Adam.
envers l'Etemel : le culte qu'Abel rendait au Créateur était le type réel que le Créateur devait attendre de son premier mineur.
Le culte de ce bienheureux Abel était encore un type bien frappant de la manifestation de la gloire divine qui s'opérerait un jour par le vrai Adam, ou Réaux, ou le Christ, pour la réconciliation parfaite de la postérité passée, présente et future de ce premier Adam, moyennant que cette postérité usât en bien du plan d'opération qu'il leur laisserait tracé par sa pure miséricorde, ainsi qu'Abel l'avait déjà prédit par toutes ses oeuvres à Adam et à ses trois premières postérités.
Abel était encore un type bien frappant de la manifestation de gloire divine, qui s'opérerait un jour par le vrai Adam ou le Christ pour la réconciliation parfaite de la postérité passée, présente et future de ce premier homme ; moyennant que cette postérité userait en bien du plan d'opération qui lui serait tracé par la pure miséricorde divine, ainsi que le type d'Abel l'avait déjà prédit par toutes ses opérations à Adam et à ses trois premiers nés.
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Ces trois premiers nés d'Adam tinrent une conduite toute opposée à celle d'Abel. Aussi, plus Adam et Eve se sentaient en paix. Une joie et une satisfaction inexprimable inondaient Eve, au lieu qu'elle n'avait ressenti que de vives et cruelles douleurs pendant tout le temps qu'elle avait porté ses trois premiers enfants. Cette différence provenait des dons que la grâce de l'Eternel avait mis dans l'âme de ce quatrième enfant. [67] Cette âme communiquait à la sienne son innocence, sa candeur et sa pureté. Adam redevint de même satisfait et joyeux, ce qui augmenta encore le contentement qu'Eve ressentait. Ils considérèrent surtout avec plaisir le temps où ce dernier fruit fut enfanté. Ce fut à la septième année de l'intervalle qui s'était passé depuis qu'Adam avait eu les trois premiers. Adam ne put s'empêcher de louer le Seigneur sur cet événement,
ainsi : L'Eternel Créateur des cieux et de la terre et de son serviteur Adam, ou réaux, soit à jamais béni pour tout ce qu'il a créé. C'est de lui que je tiens une quatrième postérité qui fera toute ma satisfaction dans 1e cours d'ici-bas et dans celui qui est à venir.
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Il nomma cet enfant Aba 4, qui veut dire : enfant de paix, ou Abel 10, qui veut dire : un être élevé au-dessus de tout sens spirituel
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Tout ce que je viens de dire a été répété en nature physique vers le milieu du temps par la grossesse de Marie et d'Elisabeth ; par le tressaillement qu'Elisabeth sentit naître dans son âme lorsqu'elle salua sa cousine Marie qui venait la visiter, et par la satisfaction que les deux pères temporels sentirent, l'un de la propre opération physique de ses oeuvres, et l'autre de l'unique opération spirituelle que l'Eternel avait manifestée en faveur de sa femme adoptive. On verra ailleurs l'explication de tous ces types, occupant les cornes de l'autel ou le côté des cercles [68] qui regarde vers le nord, et Caïn celui qui regarde le midi.
TAAdam, voyant bien l'inconduite de sa première postérité mâle et femelle comparée à celle d'Abel, fit qu'il considéra ce dernier pour leur interprète spirituel divin, et ils observaient avec précision ce qu'il leur disait. Mais il n'en fut pas de même de cette postérité, ils formèrent au contraire opposition à ce qu'Abel opéra en leur propre faveur et en celle de leurs père et mère. Ils tendirent même des pièges d'opérations contraires pour le détruire et l'effacer physiquement devant eux, à quoi ils parvinrent comme vous allez en être instruit.
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TAAdam ayant assemblé Abel et Caïn pour assister au culte divin d'une opération spirituelle qu'il voulait faire, et, ayant exclu sa postérité femelle de leur assemblée, n'étant point de la nature de leur forme et de celle de leur vertu et puissance spirituelle mineure, d'agir et de soutenir avec une fermeté invincible une pareille opération, il éloigna cette postérité à une grande distance ; elle était de quarante-cinq coudées du lieu où Adam et ses deux fils devaient faire cette fameuse opération divine. Tout étant parfaitement disposé par Adam pour la manifestation de cette sublime opération conçue par lui pour la plus grande gloire du Créateur, Abel exerça par ordre de son père les fonctions auxquelles il était destiné pour le premier service indispensable à ce premier travail spirituel. Il dressa l'autel et les cercles convenables, étant placé au centre, il offrit le premier parfum au Créateur. Il offrit au Créateur comme un holocauste, sa forme corporelle en humble prosternation, et soumit son être spirituel mineur [à] l'Eternel, pour être le réceptacle de la justice divine, sur lequel l'Eternel manifesterait sa plus grande gloire de miséricorde en faveur d'Adam, sa première créature mineure. Adam occupait la corne de l'autel, ou le côté des cercles qui regarde au midi.
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Après qu'Abel eut fini les fonctions spirituelles conformément aux ordres qu'il avait reçus de son père, il sortit de sa prosternation et rendit compte à son père de ce qu'il avait appris du Créateur en sa faveur. Adam se plaça au septentrion et ce malheureux père fut en tremblant se prosterner comme avait fait Abel ; et lorsqu'il eut fini, il appela ses deux fils à lui, il plaça Abel à sa droite, et
Après qu'Abel eut rempli ses fonctions spirituelles suivant ses ordres, il se retira de sa propre prosternation, il fut rendre compte à son père de ce qu'il avait appris du Créateur en sa faveur. Adam mit alors Abel à sa propre place septentrionale et fut ensuite tout tremblant, faire sa prosternation ainsi qu'Abel l'avait faite. Lorsqu'il eut fini, il rappela ses deux fils à lui, en plaçant
Caïn à sa gauche et leur fit part de ce qu'il avait appris du Créateur. Il leur parla ainsi : "Je vous préviens par l'Eternel créateur que j'ai obtenu grâce devant lui. Sa justice cesse d'être réversible sur moi, par l'intermission du culte de mon fils Abel, que le Créateur a examiné en sainteté divine en ma faveur. Venez, mes fils, que je partage ma joie avec vous, en vous faisant part de deux sensations que je viens de ressentir à la fois, celle du mal et celle du bien. Elles terminent ma réconciliation parfaite avec le Créateur." Après ce transport, Adam dit à son fils Caïn : "Vos oeuvres doivent être celles d'Abel. Apprenez de moi que le Créateur met toute sa confiance sans distinction d'origine temporelle et spirituelle, et accorde toute puissance supérieure spirituelle divine, en celle ou celui qu'il sait la mériter et à qui elle est due. Que votre volonté, Caïn, à l'avenir soit celle de votre frère Abel, de même que la mienne est et sera invariablement celle du Créateur."
Abel sur sa droite et Caïn sur sa gauche, et dans cette situation, Adam leur fit part de ce qu'il avait appris du Créateur. "Je vous préviens, leur dit-il, de par l'Eternel Créateur, que j'ai obtenu grâce devant lui : sa justice a cessé d'être réversible sur moi par l'intermission et l'entremise de mon fils Abel, dont le Créateur a exaucé la sainteté en ma faveur. Venez, mes deux fils, que je partage ma joie avec vous, en vous faisant part de deux sensations que je viens d'éprouver, celle du mal et celle du bien qui fait ma réconciliation parfaite avec le Créateur." Puis s'adressant à Caïn, il lui dit : "Mon fils premier né, que vos oeuvres à l'avenir soient celles de votre frère dernier né. Apprenez de moi que le Créateur met sa confiance sans aucune distinction d'origine temporelle et spirituelle, et qu'il accorde toute puissance supérieure à celui ou à celle qui sait la mériter, et à qui elle est due. Que votre volonté, Caïn, soit à l'avenir celle de votre [69] frère Abel, de même que la mienne sera inviolablement à l'avenir celle du Créateur."
Le principe cérémoniel de cette opération mémorable commença à moitié jour solaire et finit au bout d'une heure. Chacun se retira à sa destination ordinaire, Caïn vers ses deux soeurs et Abel vers son père et sa mère.
Le cérémonial commença à la moitié du jour solaire, et le tout ne dura qu'environ une heure de temps. Plus les signes venaient vers leur fils Abel, plus leurs trois premiers nés devenaient les ennemis de leur propre frère.
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Adam et Eve regardèrent Abel comme un interprète spirituel divin, et ils observaient avec précision tout ce qu'il leur disait et leur faisait faire, en joie et en sainteté. Les trois premiers nés au contraire s'opposaient à tout ce qu'Abel opérait en leur propre faveur et en celle de leur père et mère ; ils allèrent même jusqu'à tendre des pièges d'opérations contraires aux siennes, pour le détruire et l'effacer physiquement de devant eux, ce
qu'ils firent, ainsi qu'on va l'apprendre.
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Adam se proposa un jour de rendre au Créateur, conjointement avec ses deux fils, le culte d'une opération spirituelle divine, mais sa postérité femelle ne pouvant y assister, à cause du peu de vertus et puissances divines innées dans les femelles et de leur peu de force et de fermeté de soutenir de pareilles opérations, il éloigna cette postérité femelle à une distance de quarante-cinq coudées du lieu qu'il avait choisi pour son travail. Tout étant disposé, Adam ordonna et consacra son dernier né, Abel, pour être le premier à exercer les fonctions spirituelles de l'opération qu'il se proposait de faire. [70] Abel se mit aussitôt en devoir de les remplir ; il dressa lui-même l'autel ou les cercles convenables, au centre desquels il offrit lui-même les premiers parfums. Ces parfums étaient sa propre forme corporelle qu'il offrit en holocauste au Créateur en se prosternant humblement. Il soumit en même temps son Etre mineur spirituel à l'Eternel, pour être le réceptacle de la justice divine, sur lequel l'Eternel manifesta sa plus grande gloire de miséricorde envers Adam sa première créature mineure. Adam, le travail fini, et les opérants se retirèrent chacun à leur destinée ordinaire, Caïn du côté de ses deux soeurs, et Abel du côté de son père et de sa mère.
Faites réflexion sur cette division de créatures humaines, trois d'un côté et trois de l'autre. Vous y trouverez la vraie figure et le type du bien et du mal. Vous y voyez encore le vrai type des trois essences spiritueuses, qui composent les différentes formes corporelles de matière apparente ; celles de l'être raisonnable et irraisonnable. Additionnez ces deux
Cette division de trois personnes d'un côté et trois de l'autre nous offre une figure trop frappante pour que nous ne l'observions pas ; elle est le vrai type de la séparation du bien et du mal ; elle nous représente encore les trois essences spirituelles qui composent les différentes formes corporelles de matière apparente, tant celles de l'être raisonnable que de
nombres ternaires. Vous verrez encore par le produit sénaire le nombre de création divine, ou les six pensées opérantes du Créateur pour la création générale et particulière. Vous y trouverez encore [ce] qu'enseigne l'Ecriture, que trois sont en haut et trois sont en bas, et dans ces deux nombres ternaires, il y en a un qui distingue le bien et l'autre le mal. Faites des réflexions conséquentes sur cela. Je continuerai la réconciliation finale d'Adam.
l'être irraisonnable. Joignez ces deux nombres ternaires vous verrez par leur produit sénaire le nombre de création divine ou les six pensées du Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Voyez encore si vous ne trouverez pas ce que l'Ecriture nous enseigne, que trois sont en haut comme trois sont en bas. Voyez de plus quel est celui [71] des deux nombres ternaires qui figure le mal. Enfin, réfléchissez sur ce sujet, et cherchez-vous à vous-même des corrections et des conséquences satisfaisantes.
TACaïn, étant retiré avec ses deux soeurs dans le coin de la terre qui leur [avait] été assigné, leur fit part du prétendu outrage que son père venait de lui faire en lui enlevant son droit d'aînesse pour le rendre réversible sur son frère Abel. Il ajouta encore que son père l'avait assujetti et subordonné à ce cadet. Ses soeurs en furent indisposées, elles portèrent Caïn à user de toute sa puissance et force d'homme contre celle de leur père, de leur frère et même contre le Créateur qui avait permis un pareil forfait de la part de leur père, et à la sollicitation de leur frère cadet qui avait surpris la bonne foi du père et corrompu sa bonne pensée par un acte de cérémonie aussi faux qu'injuste. L'effet des reproches de ces trois sujets fut que Caïn conçut d'opérer un culte aux faux dieux ou aux premiers démons, pour qu'ils lui donnassent une puissance supérieure à celle que le Créateur avait donnée à son frère Abel, et cela pour se venger du prétendu tort qu'il avait reçu de son père à l'instigation de son frère, ainsi qu'il lui avait été enseigné par son père Adam ; et [il] fit assister ses deux soeurs avec lui, comme Abel et lui avaient assisté à celle de leur père, et suivit
Caïn, étant retiré dans le lieu qu'Adam lui avait destiné, fit part à ses deux soeurs du prétendu outrage que son père lui avait fait en enlevant son droit d'aînesse, pour le rendre réversible sur son frère cadet Abel, et en l'assujettissant à la subordination et à la volonté de ce même frère Abel dernier né. Les deux soeurs de Caïn l'engagèrent d'user de toute sa puissance et de sa force contre celle de son frère et de son père, et même contre le Créateur qui avait permis un pareil forfait, à la sollicitude d'un frère cadet qui avait surpris la bonne foi de leur père et corrompu sa pensée par la cérémonie d'un culte faux et injuste. En conséquence, Caïn conçut d'opérer un culte aux faux dieux et au prince des démons, pour qu'il lui donnassent une puissance supérieure à celle que le Créateur avait donnée à son frère Abel, et cela pour se venger du prétendu tort qu'il avait reçu de son père par l'entremise de son frère. Il fit assister à son opération ses deux soeurs avec lui, ainsi qu'Abel et lui avaient assisté à l'opération de leur père ; il consacra sa soeur cadette aux mêmes fonctions que celles qu'avait remplies Abel, et il suivit avec précision tout le premier cérémonial qu'il avait vu faire. Et lorsque ce fut à son
exactement le cérémonial qu'il avait vu faire. Lorsqu'il vint à son tour de prosternation, il mit sa dernière soeur à la place qu'il occupait à l'autel et aux cercles qu'il avait faits, et étant en prosternation, il offrit en victime la forme et la vie de son frère Abel au prince des démons. La forme est le corps, et la vie est l'âme.
tour de faire [72] sa prosternation, il remit son autre soeur à la place qu'il occupait à l'autel ou aux cercles et, s'étant mis en prosternation, il offrit en victime la forme et la vie d'Abel (la forme est le corps et la vie de l'âme) au prince des démons.
TACette cérémonie finie, Abel vint se présenter à son frère duquel il reçut beaucoup de reproches. Abel les reçut avec douceur et humilité et répondit à Caïn : "Ce n'est point à moi ni à mon père temporel que vous devez vous en prendre. C'est à vous-même et à celui qui vous dirige en ce moment. Car vous devez opérer un culte faux contre le Créateur éternel. La noirceur de votre crime est au-dessus de celle de celui d'Adam notre père temporel. Vous avez disposé en faveur du dieu des ténèbres d'un holocauste qui n'est point en votre pouvoir. Vous avez cherché à tort de satisfaire les chefs de votre pensée inique, en vous proposant de répandre injustement le sang du juste pour la justification des coupables."
Après cette cérémonie, Abel vint se présenter à Caïn, qui lui fit beaucoup de reproches. Abel les reçut avec douleur et humilité, et répondit ensuite à Caïn : "Ce n'est point à moi ni à notre père temporel que vous devez en vouloir, c'est contre vous-même et contre celui qui vous dirige en ce moment que vous devez combattre, car je vous dis que vous venez d'opérer un culte faux et impie devant l'Eternel. La force de votre crime surpasse celle du crime d'Adam : vous avez offert à votre Dieu de ténèbres un holocauste qui n'est ni à votre disposition, ni à la sienne ; vous avez cherché à tort de répandre le sang du juste pour la justification des coupables."
TAAbel retourna vers Adam, et lui fit part de ce qui venait de se passer avec son frère. Ce détail l'affligea et le plongea dans la plus grande consternation. Abel demanda à son père quel était le sujet de son abattement et de sa tristesse. Il tâcha de le consoler. Adam ne lui répondit rien. Il semblait prévoir ce qui devait arriver à ce fils bien-aimé de la part de son frère et n'osait lui en faire part. Abel le rassura et lui dit avec fermeté : "Ce qui est décrété en votre faveur et en celle de votre postérité par le Créateur doit avoir son action, soit en bien ou en mal. Car toute la création
Abel retourna ensuite trouver Adam et lui fit part de tout ce qui s'était passé, ce qui affligea beaucoup ce malheureux père et le plongea dans la plus grande consternation. Abel tâcha alors de consoler Adam et lui fit des questions sur le sujet de sa tristesse et de son abattement ; mais Adam ne lui répondit rien. Il semblait qu'il prévoyait ce qui devait arriver à ce fils bien-aimé, et qu'il n'osait le lui dire. Abel rassura Adam sur toutes ces inquiétudes et lui dit d'un ton ferme : "Mon père, ce qui est décrété par le [73] Créateur en votre faveur et celle de votre postérité doit avoir son action soit
générale que vous voyez n'est autre chose qu'un lieu que l'Eternel a réservé et destiné pour opérer la manifestation de sa toute-puissance pour sa plus grande gloire. C'est donc dans votre postérité corporelle que l'Eternel mettra des sujets convenables pour être les vrais instruments dont il se servira pour le triomphe de sa victoire et de sa justice, pour l'avantage des bons et la honte des mauvais. Il est très inutile d'aller contre ce qui a été délibéré par le Créateur pour et contre la créature spirituelle majeure et mineure." Sur quoi, Adam parut calmé et s'adressa au Créateur : "O toi, Eternel, que ce qui est conçu par ta pensée soit accompli par ton fidèle serviteur, père d'une multitude de nations qui habiteront dans ton cercle universel. Amen."
en bien, soit en mal ; car la création générale que vous voyez, n'est autre chose qu'un lien que l'Eternel a réservé pour faire opérer la manifestation de sa toute-puissance, pour sa plus grande gloire. C'est donc, mon père, dans votre postérité corporelle que le Créateur mettra des sujets convenables, pour être les vrais instruments dont il se servira pour le triomphe de sa justice, l'avantage des bons et la honte des mauvais. Il est inutile à l'homme d'aller contre ce qui est délibéré par le Créateur pour ou contre sa créature spirituelle." Adam parut calme, et, s'adressant au Créateur, il dit : "O toi Eternel ! que ce qui est conçu par ta pensée et par ta volonté soit accompli par ton fidèle serviteur, père de la multitude des nations qui habiteront et opéreront dans ton cercle universel : Amen !"
TAEnsuite, Adam et Abel furent visiter Caïn qui vint avec ses soeurs au-devant d'eux. Lorsqu'ils se furent joints, les soeurs embrassèrent leur père, et Caïn embrassa son frère Abel et lui porta trois coups d'un instrument de bois fait en forme de poignard. Le premier lui perça la gorge, le second le coeur, et le troisième les entrailles. Adam ne s'aperçut pas de ce forfait, mais à peine le meurtre fut-il commis, qu'il sentit une commotion terrible, qui lui fit la même sensation sur les deux soeurs. Elles tombèrent à la renverse avec Adam en s'écriant : "Notre conciliateur, Seigneur, nous est ravi par la main de l'impie, nous réclamons ta justice et laissons notre vengeance à toi seul."
Ensuite Adam et Abel furent visiter Caïn, qui vint au-devant d'eux avec ses deux soeurs. Lorsqu'ils se furent joints, ces filles embrassèrent leur père et Caïn embrassa son frère Abel, mais, dans cet embrassement, Caïn porta sur Abel trois coups d'un instrument de bois fait en forme de poignard. Le premier coup lui perça la gorge, le deuxième lui perça le coeur et le dernier lui perça les entrailles. Ce meurtre se passa en présence d'Adam sans qu'il s'en aperçut. Mais, à peine le meurtre fut commis, qu'Adam sentit une commotion terrible ; les deux [74] soeurs de Caïn et d'Abel en éprouvèrent une pareille ; et tous trois, frappés de cette commotion, tombèrent à la renverse en s'écriant : "Notre conciliateur, Seigneur, nous est ravi par la main de l'impie ! Nous réclamons la justice et nous remettons à toi seul notre vengeance."
Voyez l'industrie du démon, comme il se déguise en apparences spirituelles
Voyez avec quel artifice les sujets du démon se déguisent aux yeux de la
par de simples paroles aux yeux de la créature. La commotion et le terrassement d'Adam et de ses filles provenaient de la vision qu'ils eurent, en nature effective, du mineur et majeur spirituel d'Abel, qu'ils ne purent soutenir sans tomber en défaillance. Adam se releva le premier et retourna vers Eve à qui il apprit que ce que le Créateur avait voulu exiger de lui pour son entière réconciliation et pour la science venait d'être accompli par la victime de son fils Abel, et que tout était couronné.
créature par des paroles spirituelles et louables en apparence. Cette sommation, quoique très naturelle parmi les trois personnes ci-dessus, et fondée sur la sympathie de leur sens de matière, provenait encore d'une autre cause, ainsi que le terrassement qui survint à ces trois personnes. Cela provenait de la vision qu'elles eurent en nature effective du mineur et majeur spirituel d'Abel, et qu'elles ne purent soutenir sans tomber en défaillance. Adam se releva le premier et s'en retourna, en compagnie du majeur et mineur d'Abel, retrouver Eve, à qui il apprit tout ce que le Créateur avait voulu exiger de lui, pour son entière réconciliation, que ces crimes venaient d'être expiés par la victime Abel, son fils, et qu'ainsi tout était consommé.
Quelle fut la douleur de cette mère tendre ? C'est là cette ronce prédite qui a percé le coeur d'Adam ; c'est là cette funeste ronce produite par la première terre créée, effet de la prévarication d'Adam. Eve terrestre a donc produit de son côté son fléau. Elle l'avait conçu par l'opération physique qu'Adam avait opérée avec elle. C'est là le produit que nous appelons de confusion par le nombre de deux.
Je vous laisse à penser quelle devait être la douleur de ce malheureux père et quelle fut celle de sa compagne. Ne sont-ce pas là ces fameuses ronces qui ont percé le coeur d'Adam ? N'est-ce pas là cette funeste ronce produite sur la terre, créée par la prévarication [75] d'Adam ? C'est donc Eve qui a produit, en Caïn, l'instrument du fléau du malheureux Adam, ayant conçu ce fils avec Adam par une opération de confusion, selon que le nombre deux nous l'annonce, et que je vais détailler ici avec sincérité.
TALe nombre de confusion est ce que nous appelons opération simple et particulière, qui se fait par la pure volonté d'un mineur avec un majeur démoniaque. Ces deux sujets, par leur intime liaison, ne font qu'un relativement à leur unité de pensée, d'intention et d'action. Cependant vous les trouverez toujours distincts l'un et autre, faisant toujours deux en ce qu'ils sont encore susceptibles de désunité, lorsqu'un
Le nombre de confusion est celui qui dirige ce que nous appelons opération simple et particulière, qui se fait de la pure volonté du mineur avec le majeur spirituel démoniaque. Ces deux sujets ne font qu'un par l'intime liaison de leur pensée, de leur intention et de leur action. Cependant, ce sont toujours deux sujets distincts l'un de l'autre, en ce qu'ils sont toujours susceptibles de désunion ; ce qui arrive lorsqu'un médiateur plus puissant
médiateur plus puissant qu'eux se met entre l'un et l'autre, et qu'il a opéré en réaction opposée à la première, qui fait par ce moyen un changement décidé en faveur du mineur, et au détriment du majeur, en contenant ce majeur en suspension de ses fonctions ordinaires, à l'avantage du mineur. C'est ce que nous appelons opération de confusion, que nous distinguons par le nombre de deux.
qu'eux se met entre l'un et l'autre, et opère entre eux une réaction opposée à la première. Par ce moyen, il se fait un changement considérable en faveur du mineur, en contenant l'action du majeur démoniaque. Ainsi, c'est la jonction avec cet être démoniaque que nous appelons opération de confusion, et que nous distinguons par le nombre deux.
Vous pourriez peut-être me répondre : "Lorsque le mineur est joint au majeur bon, est-ce qu'il ne fait pas aussi ce nombre de confusion comme le premier ?" Non, l'esprit bon ne peut faire jonction avec un mineur qu'au préalable il n'ait communiqué à ce même mineur son esprit intellect, que nous appelons puissance spirituelle mineure, qui dispose l'âme mineure particulière à recevoir l'impression de l'esprit majeur bon, selon la volonté du majeur et du mineur. L'âme acquiert par cette jonction un nombre de deux, qui, en se joignant à lui, fait un nombre ternaire : la puissance innée du majeur premier qui est l'âme 1, celle de la puissance mineure intellect de l'esprit majeur 2, et la puissance directe de l'esprit majeur 3, voilà comme l'âme mineure fait dans son premier principe de liaison spirituelle bonne, sa jonction ternaire.
Vous pourriez me demander si, lorsque le mineur se joint au majeur spirituel bon, il ne fait pas également le nombre deux ou de confusion ? Mais je répondrai que non, attendu que l'esprit bon qui fait jonction avec un mineur, ne peut se joindre avec ce mineur, qu'au préalable il n'ait communiqué à ce même mineur son esprit intellect, que nous appelons : [76] puissance spirituelle mineure, qui prépare et dispose l'âme particulière mineure à recevoir impression de l'esprit majeur bon, selon la volonté et le désir de ce même esprit majeur et du mineur particulier. L'âme, par cette jonction, acquiert le nombre deux qui, se joignant à l'esprit, forme d'abord un nombre ternaire ; savoir : la puissance innée du mineur premier qui est l'âme, 1 ; la puissance mineure de l'intellect, 2 ; et la puissance directe de l'esprit majeur, 3. Voilà comment l'âme mineure fait le nombre ternaire dans son premier principe de jonction spirituelle. Nous ne comptons point ainsi la jonction qui se fait de l'âme avec l'intellect démoniaque, et ensuite avec l'esprit mauvais, parce que, dans cette jonction, l'âme abandonne entièrement sa puissance spirituelle bonne pour devenir elle-même intellect du démon ; au lieu que, dans sa jonction avec le bon esprit, elle conserve et fortifie sa puissance spirituelle divine, qui mérite, par
conséquent, d'être comptée dans l'énumération que nous en faisons.
TAL'esprit majeur, tenant son action immédiate du Créateur, a la correspondance régulière aux puissances divines que nous appelons quadruple essence divine éternelle, qui se fait par l'âme du mineur qui est en correspondance avec l'intellect 2, l'intellect avec l'esprit 3, et l'esprit majeur avec la Divinité ; voilà la preuve démonstrative de l'émanation et de l'exacte correspondance de tout être créé spirituel avec l'Eternel.
L'esprit majeur bon, tenant son action immédiate de la Divinité, l'âme a, par conséquent, sa correspondance régulière aux quatre puissances divines, que nous appelons : quatriple essence, ainsi qu'il suit : l'âme mineure, 1, est en correspondance spirituelle avec l'intellect, 2 ; l'intellect avec l'esprit, 3 ; et l'esprit avec la Divinité, 4. C'est là ce que nous [77] prouve l'exacte correspondance de tout être spirituel avec le Créateur éternel.
Outre la correspondance spirituelle majeure avec la Divinité, je vais vous donner celle de l'organe du corps particulier de l'homme avec tout être spirituel créé. Le corps de l'homme est l'organe de l'âme, c'est par lui que le mineur fait apercevoir à ses semblables son intention et sa volonté d'action spirituelle par toutes ses différentes opérations et démarches, l'âme mineure est l'organe de l'intellect ; l'intellect est l'organe de l'esprit majeur ; et l'esprit majeur est celui de l'esprit divin. Voilà une harmonie organique des principaux êtres spirituels divins, soit avec la loge particulière de l'homme, soit avec la loge universelle générale. Cet ordre prouve évidemment que tout est émané de ce premier être, soit spirituel et temporel.
Je veux faire connaître, de plus, la correspondance du coeur de l'homme avec tout être spirituel. Le corps de l'homme est l'organe de l'âme ; c'est par lui que le mineur fait apercevoir à tous ses semblables son intention et sa volonté d'action spirituelle, par les différents mouvements et les différentes opérations qu'il fait faire à sa forme. L'âme mineure est l'organe de l'intellect ; l'intellect est l'organe de l'esprit majeur, et l'esprit majeur est l'organe du Créateur divin. Telle est la belle harmonie organique des principaux êtres spirituels divins, soit avec la forme particulière de l'homme, soit avec la forme générale et universelle, et c'est ce qui nous fait connaître avec certitude que tout est vraiment émané du premier être nécessaire à tout être quelconque, soit spirituel, soit temporel.
Les nombres divins sont ceux dont l'Eternel se servit pour opérer sa création universelle.
Par le nombre ternaire l'on connaît l'unité ternaire des essences spiritueuses dont l'Eternel s'est servi pour la création des différentes formes matérielles
En effet, par les nombres dont je me sers, vous devez apprendre à connaître la triple et la quatriple essence divine. Ces nombres sont ceux dont l'Eternel s'est servi lui-même pour opérer la création universelle, générale et particulière, et l'émanation des esprits, tant ceux qui sont devenus mauvais, que ceux qui ont
apparentes ; et par le nombre quaternaire, les nombres spirituels divins, qui ont servi pour tous êtres spirituels de vie, qui sont les esprits majeurs vivants, qui sont donnés au Christ, et de privation qui sont les démons et les mineurs. Ils sont sous la puissance et la domination des démons.
conservé la pureté de leur nature spirituelle divine. Le nombre ternaire apprendra à connaître l'unité ternaire des essences spiritueuses dont le Créateur s'est servi pour la création des différentes [78] formes matérielles apparentes, et le nombre quaternaire nous apprendra à connaître le nombre spirituel divin dont le Créateur s'est servi pour l'émanation spirituelle de tout être spirituel de vie, qui sont les esprits majeurs, vivants qui sont donnés au Christ, et de privation qui sont les démons, et les mineurs qui sont tombés sous leur puissance.
C'est ce qui a fait dire aux sages et à saint Paul qu'on ne peut être savant dans aucune espèce de science quelconque sans la connaissance parfaite des nombres. Distinguons la connaissance des lois de convention des hommes temporels et de celles de la nature spirituelle : Les lois de convention des hommes temporels varient comme l'ombre qui passe sur un cadran solaire, et celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elles de la première émanation de création.
C'est cette vertu des nombres qui a fait dire aux sages de tous les temps que nul homme ne peut être savant, soit dans le spirituel divin, soit dans le céleste, terrestre et particulier, sans la connaissance des nombres. Autre chose est la connaissance des lois de la nature spirituelle, autre chose est la connaissance des lois d'ordre et de convention des hommes matériels. Les lois des hommes varient comme l'ombre ; celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elle dès leur première émanation.
Vous serez encore plus amplement instruit de ces vérités à la suite de ce Traité. Suivons la réconciliation d'Adam et d'Eve :
NOMBRES
1 : Unité, premier principe de tout être tant spirituel que temporel, appartenant au Créateur divin.
2 : Nombre de confusion appartenant à la femme.
3 : Nombre appartenant à la terre et à
l'homme. [79]
4 : Quatriple essence divine.
5 : Esprit démoniaque.
6 : Opérations journalières.
7 : Esprit saint appartenant aux esprits septénaires
8 : Esprit doublement fort appartenant au Christ.
9 : Démoniaque appartenant à la matière.
10 : Nombre divin.
Je reprends la réconciliation parfaite d'Adam et d'Eve avec le Créateur. Adam et Eve, ayant reçu cette peine fatale et n'ayant aucune notion de type pour l'avenir, soit chez eux ou dans leur postérité première, soit dans leur postérité à venir, cette cruelle incertitude fit qu'Adam et Eve se prosternèrent avec la plus grande douleur et une contrition sincère devant le Créateur, pour lui demander grâce et miséricorde du crime que le reste de sa postérité avait commis sur son fils Abel, n'ayant ni le pouvoir ni la force de venger de leur propre autorité le sang du juste par l'effusion de celui du coupable. Vous voyez, par la conduite d'Adam et Eve à l'égard de l'assassinat de leur fils et des complices, que l'homme n'a pas la vengeance en son pouvoir, qu'elle n'appartient qu'au Créateur. L'Eternel les ayant examinés, leur envoya un de ses esprits interprètes, qui leur apparut et leur expliqua le type de l'assassinat. Et voici [ce] que l'esprit leur dit sur un événement qu'ils regardaient non seulement comme une perte considérable pour le fruit de leur postérité, mais encore comme un effet de
Adam et Eve, ayant éprouvé la peine cruelle dont nous avons parlé, et ne connaissant rien de positif que cet événement annonçait soit pour eux, soit pour la postérité première et celle à venir, se prosternèrent dans la plus grande douleur et la plus grande foi devant le Seigneur, pour lui demander grâce et miséricorde du crime que Caïn avait commis sur leur fils Abel, n'ayant en lui ni le pouvoir ni la force de venger de leur propre autorité le sang du juste par l'effusion de celui du coupable, et sachant bien que la vengeance n'appartient qu'au Créateur. L'Eternel exauça les prières et lamentations d'Adam et d'Eve sur la mort de leur fils Abel ; il leur envoya un interprète spirituel qui leur apparut et leur expliqua le type du crime commis par Caïn, en leur disant : Vous avez bien raison de regarder le meurtre d'Abel comme une perte considérable et comme une marque de la colère de Dieu qui doit rejaillir sur vos descendants jusqu'à la fin des siècles. [80] Vous devez encore la considérer comme un reste du fléau de la justice divine pour l'entière rémission de votre premier crime, et pour votre
la colère du Créateur qui devait rejaillir sur toute sa postérité présente et future pour la durée des siècles. Ils considéraient encore cet événement comme un reste du fléau de la justice divine pour l'entière démission de leur premier crime, et pour leur réconciliation parfaite avec le Créateur. TAL'esprit intellect dit à Adam et Eve : "Vous avez bien raison l'un et l'autre, au centre de votre consternation de peine sur ce qui cause votre douleur en faveur du Créateur, comme vous le faites. C'est relativement à votre retour et à votre résignation spirituelle divine envers le Créateur, qu'il m'envoie auprès de vous pour calmer vos alarmes, sur ce que vous craignez et pour vous et pour votre postérité. L'Eternel créateur vous parle par ma voix. Vous n'avez produit cette postérité d'Abel que pour être le vrai type de celui qui viendra dans son temps pour être le véritable et l'unique réconciliateur de toute la postérité générale des formes particulières d'Adam, dans lequel toute postérité réside, ainsi que le Créateur [l']a mise innée dans sa créature première après son changement de forme corporelle glorieuse, l'ayant fait gardien de son séminal reproductif de forme corporelle terrestre. J'ajoute encore que Caïn, que vous reconnaissez criminel devant le Créateur et devant vous, ne l'est pas autant qu'Adam l'a été envers le Créateur. Caïn n'a occis que la matière, mais Adam a pris le trône de la domination divine par la force : je te demande quel est le plus criminel de vous deux." Adam répondit : "Que la volonté de mon Créateur soit la mienne." TA"Je te dirai à toi, Adam, que ton fils Caïn est encore un type par son forfait criminel commis sur son frère, des premiers esprits créés qui t'ont séduit et occis spirituellement, et soumis toi et ta femme
parfaite réconciliation ; mais le Créateur, qui a connu votre retour parfait et votre résignation, m'envoie auprès de vous pour calmer vos peines et vos larmes sur le malheureux événement que vous regardez comme irréparable. Le Créateur vous dit par ma parole que vous n'avez l'un et l'autre produit cette postérité d'Abel que pour être le vrai type de celui qui viendra dans un temps, pour être le véritable et l'unique réconciliateur de toute votre postérité. Sachez encore l'un et l'autre, que Caïn, que vous regardez avec raison comme criminel, ne l'est pas tant qu'Adam l'a été envers le Créateur. Caïn n'a frappé que la matière et Adam a pris le trône de Dieu par la force : voyez s'il est plus criminel que vous ? Votre fils Caïn est encore un type de la prévarication des premiers esprits qui ont séduit Adam et qui lui ont donné réellement la mort spirituelle, en précipitant son être mineur dans une forme de matière passive, ce qui l'a rendu susceptible de privation divine, et changé sa forme glorieuse en une forme matérielle sujette à être anéantie, sans pouvoir être remise dans sa première nature de forme apparente, après sa réintégration dans le premier principe des formes apparentes, que l'axe central dissipera aussi promptement qu'il l'a formé. Soyez fermes et persévérants [81] dans votre confiance en l'Eternel ; le terme de votre réconciliation est rempli. Adam répondit : Que la volonté de mon Créateur soit la mienne !
à être mis en pâtiment pénible quant à ton être spirituel, à être susceptible de privation divine, et quant à ta forme à être passive et anéantie sans aucune ressource de pouvoir être remise dans sa première nature de forme apparente, après sa première réintégration d'être apparent, que l'axe feu central dissipera aussi promptement que la forme.
Voilà le vrai type que fait Caïn et son crime. Caïn était la première postérité d'homme temporel, Abel la seconde, celle-ci était mineure et cadette. Adam, placé au centre de ces deux postérités d'hommes temporels, fait la figure du Créateur, et sa postérité celle que le Créateur avait créée pour sa plus grande gloire. Le Créateur créa ou détacha de lui des esprits parfaits pour son culte avant Adam. Ces esprits aînés d'Adam ayant prévariqué contre le Créateur, il les éloigna de sa personne, et l'Eternel fit succéder à leur expulsion une créature mineure spirituelle qu'il nomma Réaux (nous la nommons Adam). Cet être mineur était cadet spirituel de ces premiers esprits, puisqu'ils sortent l'un et l'autre de ce premier père divin.
Je vais entrer maintenant dans l'explication des types véritables que font tous les événements que j'ai rapportés. Adam, par sa postérité temporelle, fait la figure du Créateur ; et cette postérité d'Adam fait la figure des esprits que le Créateur avait émanés de lui pour sa plus grande gloire, et pour lui rendre un culte spirituel. Vous avez vu que ces esprits peuvent se considérer comme aînés à Adam, ayant été émanés avant lui. Vous savez aussi que ces esprits ayant prévariqué, l'Eternel les éloigna de sa présence, qu'il émana et qu'il émancipa de son immensité divine un être spirituel mineur pour les contenir en privation, et que ce mineur que nous nommons Adam et Réaux, n'était par conséquent que le second né spirituellement de ces premiers esprits, et qu'il sortait ainsi qu'eux du père divin Créateur de toutes choses.
Il fallait une représentation à cette création, elle est dans Caïn et dans son crime par la destruction de l'individu d'Abel. L'un est le type des premiers esprits, et son crime celui qu'ils commirent contre l'Eternel. Abel, par son état de justice et de sainteté, est le type d'Adam créé dans son premier état de gloire divine, et la destruction du corps d'Abel est le type de l'opération que les premiers esprits pervers firent pour décider la chute du premier corps de gloire dont le Créateur avait revêtu son
Je veux donc faire observer que Caïn, fils aîné d'Adam, est le type de ces premiers esprits émanés par le Créateur, et que son crime est le type de celui que ces premiers esprits ont commis contre l'Eternel. Abel, second né d'Adam, fait par son innocence et sa sainteté le type d'Adam émané après ces premiers esprits dans son premier état de justice et de gloire divines. Et la destruction du corps d'Abel, opérée par Caïn son frère aîné, est le type de l'opération [82] que les premiers esprits firent pour détruire la
premier mineur créé et le rendre sujet comme eux de privation divine. Voilà l'explication certaine du type premier que font ces trois sujets, Adam, Caïn et Abel.
forme de gloire dont le premier homme était revêtu, et le rendre par ce moyen susceptible d'être comme eux en privation divine. Voilà l'explication certaine du premier type que font Adam, Caïn et Abel, par les fâcheux événements qui leur sont survenus.
Je traiterai encore le second type qu'ils font dans toute la postérité générale d'Adam et dans tout être corporel céleste et général terrestre. Adam est l'exacte figure, par sa forme et ses proportions gardées, ainsi que par les trois principes spiritueux qui composent la forme corporelle apparente, de la loge générale terrestre, que nous savons être un triangle équilatéral, comme il vous sera représenté physiquement par la suite.
Le second type que font ces trois mineurs n'est pas moins considérable, soit par le rapport qu'ils ont avec tout être corporel, céleste, général et terrestre, soit par les événements qu'ils annonçaient devoir survenir à la postérité du premier homme. Pour s'en convaincre, il faut observer qu'Adam, par les trois principes spiritueux qui composent sa forme de matière apparente, et par les proportions qui y règnent, est l'exacte figure du temple général terrestre, que nous savons être un triangle équilatéral, ainsi qu'on le verra physiquement dans la suite.
Adam avait en son pouvoir le produit d'une végétation comme il est à la nature terrestre de végéter. Adam n'a pu végéter, que de deux façons, masculine et féminine. La terre ne peut végéter différemment, soit dans les animaux passifs ou plantes ordinaires dont elle a l'essence. TAQuoique l'homme ait le pouvoir de se reproduire corporellement, il a encore le pouvoir de végéter des animaux passifs qui sont réellement innés dans sa substance de forme matérielle.
Adam avait en son pouvoir une végétation corporelle, de même qu'il est de la nature de la terre de végéter. Adam n'a pu végéter que de deux sortes de végétations : la masculine et la féminine. La terre ne peut également produire que ces deux espèces de végétations, soit dans les animaux passifs, soit dans les plantes et autres végétaux. Mais je vous apprendrai que, outre le pouvoir qu'a le corps de l'homme de se reproduire corporellement, il a encore celui de végéter des animaux passifs qui sont réellement [83] innés dans la substance de cette forme matérielle. Voici d'où nous l'apprenons.
Lorsque l'être agent spirituel a quitté sa forme, elle devient en putréfaction. De cette putréfaction il sort des êtres corporels que nous appelons reptiles, qui n'existent qu'autant que les trois
Lorsque l'être agent spirituel a quitté sa forme, cette forme devient en putréfaction. Après que cette putréfaction est faite, il sort de cette forme corporelle des êtres corporels que nous appelons
principes spiritueux qui ont coopéré à la forme corporelle de l'homme sont réintégrés à leur premier principe. La putréfaction ne vient point d'elle-même, ni de la forme corporelle. Le séminal de toute chose soumise à la végétation est inné dans l'enveloppe, soit terrestre soit aquatique. Le corps de l'homme étant provenu de la terre générale et ayant inné dans sa forme de matière les trois premiers principes, il n'est pas douteux qu'il ne réside en elle un séminal d'animaux, et ce n'est que par le séminal qui est dans le corps de l'homme que la putréfaction se fait après son décès.
reptiles, qui subsistent jusqu'à ce que les trois principes spiritueux, qui ont coopéré à la forme corporelle de l'homme, soient réintégrés. Il ne faut pas croire que cette putréfaction vienne d'elle-même, ni directement de la forme corporelle, mais il faut savoir que le séminal de toutes choses sujettes à la végétation est inné dans l'enveloppe soit terrestre, soit aquatique. Ainsi le corps de l'homme, étant provenu de la terre générale, et ayant innés dans sa forme de matière les trois principes qui ont coopéré chez lui à former son enveloppe soit terrestre, soit aquatique, il n'est pas douteux qu'il réside encore en cette forme particulière un séminal d'animaux susceptibles de végétation. C'est par ce séminal que la putréfaction arrive dans les corps après ce qu'on appelle vulgairement la mort.
Les trois premiers principes, que nous nommons mercure, soufre, sel, par leur réintégration font, par la création qu'ils opèrent, choquer les ovaires séminaux qui sont dans toute l'étendue des corps et reçoivent une chaleur élémentaire qui dépouille de son enveloppe l'espèce reptile laquelle, étant dissoute, se lie intimement avec l'humide grossier du corps de l'homme, et c'est par la jonction de ce dépouillement que s'opère définitivement la corruption générale de la forme de l'homme, qui le met à son entière fin de forme apparente. C'est à la réaction qui se fait dans les trois principes qui ont opéré à la forme susdite, que se doit la putréfaction, et cette même putréfaction n'est effectuée que par l'explosion des êtres animaux dont le séminal est épars dans le général du corps de l'homme.
Les trois principes que nous appelons Soufre, Sel et Mercure, opérant par leur réintégration, entrechoquent, par leur réaction, les ovaires séminaux qui sont dans toute l'étendue du corps. Ces ovaires reçoivent encore par là une nouvelle chaleur élémentaire, qui dépouille l'espèce animale reptile de son enveloppe, [84] et cette enveloppe, ainsi dissoute, se lie intimement avec l'humide grossier du cadavre. C'est la jonction de cette enveloppe des reptiles avec l'humide grossier du cadavre qui opère la corruption générale du corps de l'homme, et qui le met ensuite à sa dernière fin de forme apparente. C'est donc toujours par la réaction des trois principes opérants que provient la putréfaction, et cette putréfaction procure l'explosion des animaux reptiles dont le séminal est épars dans le corps général de l'homme.
Il faut que cette dernière opération soit faite par lui. C'est là la peine et le travail
Il faut absolument que cette dernière opération soit faite par lui ; et voilà ce
du corps. Les animaux provenus de ce corps n'ont leurs actions que dans l'humide radical et le plus essentiel contenu dans le cadavre. La vie et l'action que ces animaux ont dans le fluide radical ne provient que dans l'opération de l'axe feu central, qui dépouille par son opération dernière toutes les impuretés qui entourent les trois essences spiritueuses, qui sont encore contenues dans la forme du cadavre, et le feu élémentaire, qui conjointement avec le feu central entretiennent la forme de figure apparente des corps reptiles et leur donnent vie par l'opération de réfraction de leurs rayons de feu spirituel, qui, par la suite, se replient sur eux-mêmes, ne retrouvant plus de fluide à opérer, tout ayant été consommé par eux, ainsi que l'on peut s'en convaincre par l'expérience d'un cadavre où l'on verra la vérité de ce que je viens de dire. En vous expliquant comment les corps reptiles ont été formés, je vous dirai ce qu'il en est généralement de la forme et de la vie de tous les animaux irraisonnables qui sont dans l'univers. Ils ne tiennent leur être que par ces deux feux.
Je reviens à l'explication des différents types que sont les deux premiers fils d'Adam.
qu'on appelle la peine et le travail du corps. Je vous ferai observer encore que les animaux reptiles, provenus de corps, n'ont leur action que dans l'humide radical et le plus essentiel qui est contenu dans ce cadavre. La vie et l'action, que les animaux ont dans l'humide radical, ne proviennent que de l'opération de l'axe, feu central, qui dépouille, par son opération dernière, toutes les impuretés qui entourent les trois essences spiritueuses qui sont encore contenues dans la forme du cadavre. Leur feu élémentaire, conjointement avec le feu central, entretiennent la forme de figure apparente de ces animaux reptiles, par l'opération de réfractions de leurs rayons de feux spiritueux, qui, par la suite, se replient sur eux-mêmes lorsqu'ils ne trouvent plus de fluides à opérer, c'est-à-dire quand tout a été entièrement consommé par eux. On peut vérifier [85] ceci sur la forme d'un cadavre, où l'on verra opérer la vérité de ce que je dis touchant la putréfaction. En vous expliquant comment ces animaux reptiles ont la vie, je veux dire qu'il est généralement de même de la vie et de la forme corporelle de tous les animaux irraisonnables, qui ne tiennent leur être que de ces deux feux. En voilà assez sur la putréfaction : Je vais suivre l'explication des types des enfants d'Adam.
Caïn est celui de la séduction impure dont les esprits pervers usèrent envers la postérité pieuse d'Adam, ainsi qu'il venait de le faire dans sa première postérité. Son premier crime dans la personne d'Abel nous le fait concevoir, et, par la séduction dont il a envers ses deux soeurs, lorsqu'il les rendit témoins de ce qu'il effectuerait dans la personne de leur frère, selon qu'ils l'avaient comploté
Outre le type de la prévarication des premiers esprits, et celui de leur attaque victorieuse contre le premier homme, Caïn fait encore le type de la séduction impie et funeste dont ces mauvais esprits useraient envers les postérités futures d'Adam, ainsi qu'il venait de le faire dans sa première postérité. Nous le voyons dans le premier crime qu'il commit sur son frère Abel, et dans la séduction dont
ensemble. Caïn fut obligé d'aller vivre avec ses soeurs dans la partie du midi qui fut le lieu de sa résidence fixe. Il y fut relégué par ordre du Créateur et l'autorité d'Adam. Voilà le type du lieu où les démons doivent être relégués, et contraints de vivre, d'opérer et de libérer leurs volontés malfaisantes, soit contre le Créateur, soit contre la créature mineure des deux sexes ; ce qui nous prouve qu'ils sont tous les deux susceptibles des impressions démoniaques. Ces trois sujets qui ont fait leur demeure par ordre et décret de l'Eternel dans la partie méridionale, qui est le type et la signification de la partie universelle où le Créateur manifestera sa justice et sa gloire, à la fin de la durée du temps qu'il a prescrit à la créature générale et particulière pour opérer dans le cercle universel – (c'est de ce lieu dont l'Ecriture dit qu'il fut maudit du Créateur pour être l'asile des réprouvés majeurs et mineurs qui sont sous la puissance des démons ; c'est encore dans ce lieu que les justes manifesteront leur vertu et puissance à la honte des esprits démoniaques et à celle des mineurs en privation divine)
il usa envers ses soeurs, lorsqu'il les engagea d'être témoins de ce qu'il allait effectuer sur la personne de leur frère, selon qu'ils l'avaient projeté ensemble. Caïn, après sa prévarication, fut obligé d'aller vivre avec ses deux soeurs dans la partie du midi où il fut relégué à demeure fixe par l'ordre du Créateur et par l'autorité d'Adam. C'est là le type du lieu où les démons ont été relégués pour être contraints d'y opérer leur volonté et leur intention malfaisante, soit contre le Créateur, soit contre les mineurs des deux sexes, l'homme et la femme étant susceptibles de [86] retenir impression de l'intellect démoniaque. Ce lieu du midi est encore le type de la partie universelle où le Créateur manifestera sa justice et sa gloire à la fin des temps. C'est aussi dans ce lieu que les justes manifesteront leurs vertus et puissances, à la honte des esprits pervers et à celle des mineurs réprouvés.
– ces trois susdits annonçaient le nombre ternaire ; ils font la prévarication de la forme corporelle terrestre de l'homme que l'intellect démoniaque a séduit par la jonction qu'il fait avec les trois essences spiritueuses qui constituent le corps terrestre matériel de l'homme. De ces trois sujets est sorti le nombre neuvaire des matières prévaricantes, soit des démons soit des hommes mineurs.
Cette partie méridionale ayant été maudite du Créateur, et étant marquée par l'Ecriture pour être l'asile des majeurs et des mineurs qui auront prévariqué, je dirai de plus que ces trois personnes : Caïn et ses deux soeurs, par leur nombre ternaire, annoncent la prévarication de la forme corporelle terrestre de l'homme, que l'intellect démoniaque séduit par la jonction qu'il fait avec les trois principes spiritueux qui constituent toute forme corporelle. C'est de ces trois sujets que nous avons sorti le nombre neuvaire des matières prévaricantes, soit des démons, soit des mineurs, ainsi que je vais le faire
concevoir.
TALe nombre ternaire est le nombre qui est donné à la terre générale et aux formes corporelles de ses habitants, de même qu'aux formes célestes. Ce nombre ternaire provient des trois substances qui composent toutes les formes corporelles. En conséquence, vous observerez que le corps de ces trois personnes étant composé de trois mixtes spiritueux que nous nommons mercure, soufre et sel, il n'est point surprenant que ces trois principes aient été disposés par l'axe feu central à prendre une substance plus consolidée qu'elle n'était dans son premier principe d'indifférence et dont toutes les formes corporelles doivent entièrement sortir, de même que elles dont les mauvais esprits pervers doivent se revêtir pour leur plus grande sujétion de peine temporelle ;
Vous savez que le nombre ternaire est donné à la terre, ou à la forme générale, et aux formes corporelles de ses habitants, de même qu'aux formes des habitants célestes. Ce nombre ternaire provient de trois substances qui composent les formes quelconques que nous nommons : principes spiritueux : Soufre, Sel et Mercure, comme émanant de l'imagination et de l'intention du Créateur. Ces trois principes, ayant été produits dans un état d'indifférence, [87] l'axe central les a disposés et les a opérés pour leur faire prendre une forme ou une consistance plus consolidée ; et c'est de cette opération de l'axe central que proviennent toutes les formes corporelles, de même que celles dont les esprits pervers doivent se revêtir pour leur plus grande suggestion.
C'est aussi, par conséquent, de ces mêmes substances qu'étaient composées les formes corporelles de Caïn et de ses deux soeurs, dont nous expliquons maintenant le type.
et qu'en conséquence ces dits esprits majeurs et leurs agents ne se lient plus volontiers à la forme corporelle d'homme qu'à toute autre forme, puisqu'elle devait leur être réservée. La preuve de l'intime liaison de ces esprits avec le corps de l'homme est ce que dit le Christ à ses apôtres avant d'aller faire sa dernière opération temporelle au jardin des Oliviers : "Attendez-moi, je vais revenir". Le Christ les ayant quittés pour aller à sa destination compléter son opération, il aperçut que son peuple était dans l'assoupissement. Il les visita trois fois, et les ayant trouvés endormis il les éveilla et leur dit : "Ne dormez point, car la chair
Au sujet du nombre neuvaire, je dirai donc qu'il n'est point étonnant que les esprits majeurs pervers et leurs agents se tiennent de préférence et plus volontiers à la forme corporelle de l'homme qu'à tout autre ; puisque cette forme humaine avait été premièrement destinée pour eux. Nous voyons d'ailleurs une preuve de l'intime liaison des esprits malins avec le corps de l'homme dans les paroles que le Christ adressa à ses apôtres, à la fin de sa dernière opération temporelle au Jardin des Oliviers. Quand il fut revenu les rejoindre, il les trouva endormis et leur dit en les réveillant : "Ne dormez pas, car la chair est faible et
est faible, et l'esprit malin est prompt". Nous donnons le nombre neuvaire à la matière et à son émanation, les trois sujets susdits ayant en eux les trois principes spiritueux, qu'ils mirent en corruption par la fatale communication et intimité que l'intellect démoniaque eut avec les dits principes, qui séduisit ensuite le mineur qui devait corriger et gouverner cette forme, au gré du Créateur ;
l'esprit est prompt." C'est par cette facilité avec laquelle l'esprit malin se communique à la forme corporelle de l'homme, que les trois personnes dont nous parlons laissèrent corrompre les principes spiritueux qu'ils avaient innés dans leurs formes. L'intellect démoniaque s'insinua [88] et se joignit entièrement à la forme de ces trois mineurs ; et de là, parvint à séduire l'agent spirituel qui y était renfermé, et qui devait diriger et gouverner cette forme au gré du Créateur.
ce qui produisit une si grande révolution dans la forme corporelle des dits sujets, qu'il ne fut plus en leur pouvoir de se délier de l'intime liaison et correspondance sympathique que les trois sujets avaient contracté avec l'intellect démoniaque, en sorte qu'il y avait entre ces trois personnes une unité parfaite d'intention, de pensée et d'action qui ne peut être chez les hommes libres, s'ils ne sont conseillés ou conduits par un bon ou mauvais esprit.
Cette insinuation produisit une telle révolution sur ces trois mineurs, qu'il ne fut plus en leur pouvoir de se délier de l'intime correspondance qui régnait entre eux ; par la parfaite sympathie qu'ils avaient contractée tous les trois avec l'intellect démoniaque, il n'y avait entre eux qu'une seule intention, qu'une seule pensée et une seule action. On n'a jamais vu une pareille union parmi les hommes de tous les siècles, et il est impossible que trois personnes différentes et libres agissent de la sorte, si elles ne sont conseillées et conduites par un bon ou un mauvais esprit.
C'est donc de ces trois personnes possédées du prince des démons que nous sortons le nombre de matières, en y joignant leurs trois principes ou essences premières, leurs trois vertus et trois puissances démoniaques.
C'est donc de ces trois personnes, possédées du prince des démons, que nous sortons, comme je l'ai dit, le nombre neuvaire de matière, savoir : en additionnant les trois principes spiritueux et essences premières, leurs trois vertus et leurs trois puissances démoniaques, ainsi qu'il suit :
Trois principes à Caïn, trois à sa soeur aînée, et trois à la cadette font neuf ; trois puissances à Caïn, trois à sa soeur aînée, et trois à la cadette font neuf ; trois vertus à Caïn, trois à sa soeur aînée, et trois à la cadette font neuf.
1° Trois principes à Caïn, trois à sa soeur aînée, trois à sa soeur cadette = 9.
2° Trois vertus à Caïn, trois à sa soeur aînée, trois à sa soeur cadette = 9.
3° Puissances à Caïn, trois à sa soeur
aînée, trois à sa soeur cadette = 9. [89]
Le nombre neuvaire de matière sort de ces trois premiers sujets ; il n'y a qu'à voir leur première opération démoniaque et comme ils l'ont perpétuée jusqu'au châtiment que le Créateur exerça sur toute la postérité provenue de ces trois sujets, ainsi que l'Ecriture sainte fait mention que l'Eternel frappa la terre et ses habitants par le fléau des eaux, et qu'ainsi furent anéantis cette postérité et les sujets qu'ils avaient pervertis.
Mais pour vous convaincre que le nombre neuvaire de matière sort de ses mineurs, il ne faut que voir leur première opération démoniaque, et comme ils ont perpétués leurs opérations criminelles jusqu'au juste châtiment que le Créateur exerça sur toute leur postérité, châtiment que l'Ecriture nous fait connaître en nous apprenant que l'Eternel frappa toute la terre et ses habitants par le fléau des eaux, et que, par ce moyen, la postérité coupable de ces trois mineurs, ainsi que les hommes qu'ils avaient séduits, furent anéantis. C'est depuis cette époque que le nombre neuvaire est parvenu à la connaissance, de même que la mystérieuse addition qui suit :
Depuis cette époque, le nombre neuvaire est parvenu à notre connaissance, de même que son addition mystérieuse qui suit : 3 fois 3 font 9, et 3 fois 9 font 27. 2 et 7 valent 9. Le produit de ces nombres ternaires additionnés et donnant 27 vous rendra toujours 9, en additionnant son produit 243. Multipliez ce nombre jusqu'à l'infini, il vous donnera toujours 9.
Additionnez le produit de tous ces nombres qui est 27, vous y trouverez 2 et 7 font 9.
Multipliez 27 par 9, cela vous rendra toujours 9.
Si vous multipliez ce produit à l'infini, il vous reviendra toujours 9.
3
3
3
3
3
3
3
3
3
27
J'avais cela à vous dire sur le nombre neuvaire de matière. Je vais vous exposer la suite des types que Caïn fait à sa postérité et à celle provenue d'Adam.
Caïn fait encore le type de l'élection des prophètes que le Créateur devait envoyer par la suite des temps dans la postérité d'Adam. Vous voyez dans l'Ecriture sainte, que lorsque Caïn eut détruit l'individu de son frère, il se retira dans sa demeure ordinaire. Etant à réfléchir sur son crime, il lui survint une voix spirituelle qui lui demanda ce qu'il
C'est là ce que j'avais à vous dire sur le nombre neuvaire. Voulant vous faire connaître les autres types considérables que Caïn fait encore dans cet univers, je vous apprendrai que Caïn fait le type de l'élection des prophètes que le Créateur devait envoyer par la suite des temps parmi la postérité d'Adam. Il vous [90] a été enseigné que, lorsque Caïn eut détruit l'individu de son frère Abel, il se retira dans sa demeure ordinaire, où, étant à réfléchir sur son crime, il lui survint une voix spirituelle divine qui lui demanda ce
avait fait de son frère, et ce qu'il était devenu. A quoi Caïn répondit brusquement : "Est-ce que tu me l'as donné en garde ?" Après cette réponse l'esprit fit une attraction si considérable, soit sur sa forme corporelle, soit sur son être mineur, qu'il fut aussitôt terrassé et se réclama au Créateur dans cette triste situation, en disant : "Seigneur, ceux qui me rencontreront [me tueront]." A cette considération, 1'Eternel, père de miséricorde, voyant la consternation de Caïn et voulant le préserver du reproche et du châtiment que sa postérité aurait exercés contre lui, le fit marquer du sceau préservatif de vengeance et, par ordre du Créateur, l'esprit qui le marqua dit : "Quiconque frappera Caïn de mort sera frappé sept fois de mort."
TACaïn se retira ensuite avec ses soeurs dans le lieu où il avait été relégué par l'Eternel. Il eut dans cet endroit une nombreuse postérité ; le nombre des femelles fut de onze, et les mâles dix. Caïn construisit une ville qu'il nomma Hénoc, il établit différents usages et donna une forme aux matières qu'il tira de l'intérieur de la terre. Son aîné qu'il nomma Hénoc fit cette opération et laissa à son second fils nommé Tubalkaïn le secret de connaître les mines et la fonte des métaux.
C'est ce qui nous a fait apprendre que Tubal l'avait connu le premier.
qu'il avait fait de son frère Abel. Caïn répondit brusquement : Est-ce que tu me l'as donné en garde ? Après cette réponse, l'esprit lui fit une attraction si considérable, soit sur sa forme corporelle, soit sur son être mineur qu'il fut aussitôt terrassé ; et dans cette situation il se réclama au Créateur en disant : Seigneur ! ceux qui me rencontreront me tueront. A cette considération, l'Eternel, père de miséricorde, voyant la consternation de Caïn et voulant le préserver du reproche et de la vengeance que sa postérité aurait pu exercer contre lui, le fit marquer d'un sceau préservatif, et l'esprit qui le marqua dit : De par l'Eternel, quiconque frappera Caïn de mort, sera puni de mort sept fois. Caïn se retira ensuite avec ses soeurs dans le lieu où il avait été relégué de par l'Eternel. Il eut dans cet endroit une postérité de dix mâles et de onze femelles. Il bâtit dans cet endroit une ville qu'il nomma Hénoch. Il imagina, pour coopérer à son entreprise, de fouiller dans les entrailles de la terre, et il prépara les matières qu'il en retira afin de leur donner les formes convenables aux usages qu'il voulait en faire, et fit cette opération avec son premier né qu'il avait nommé Hénoch. Il laissa son secret, soit pour la fonte des métaux, soit pour la découverte [91] des mines, à son fils nommé Tubalcaïn. C'est de là qu'il nous est parvenu que Tubalcaïn était celui qui avait découvert le premier la fonte des métaux.
Caïn était grand chasseur, ses dix enfants étaient également élevés à cet exercice, et surtout le dernier à qui il avait donné un attachement particulier. Il ne donna à ce dernier que le talent de la chasse ; les autres, ayant plus d'imagination, étaient plus portés au travail manuel. Le dixième se nommait Boaz, ou Booz, qui veut dire
Caïn était un grand homme de chasse ; il avait également élevé tous ses enfants mâles à la chasse, et surtout son dixième fils, en qui il avait mis tout son attachement. Il ne donna à ce fils d'autre talent que celui de la chasse. Ses autres enfants étaient plus portés aux travaux d'imagination et aux ouvrages manuels.
"fils d'occision". C'est ce dernier fils qui donna la mort à son père.
Caïn ayant résolu d'aller à la chasse des bêtes féroces, accompagné de deux de ses petits-fils, enfants de son fils aîné, Hénoc, et n'ayant point prévenu son fils Booz de la chasse projetée pour le surlendemain, Booz projeta également de son chef d'aller à la chasse le même jour que son père avec deux de ses neveux, fils de Tubalkaïn, à qui il avait donné son attachement. Ils partirent tous trois. Booz ayant pris la même route que son père étant dans un fourré qu'il avait coutume de battre, et Booz battant aussi le même fourré, aperçut l'ombre d'une figure et qui se nommait Onam, qui veut dire "douleur" ; décocha sa flèche qui porta dans le coeur de son père Caïn qu'il prit pour une bête fauve. Jugez de la surprise de Booz lorsqu'il vit son père tué de sa propre main. La douleur de Boas fut d'autant plus grande pour lui dans ce fâcheux événement qu'il savait la punition que le Créateur avait réservée contre celui qui frapperait la personne de Caïn, et détruirait son individu : il devait être frappé sept fois de peine mortelle. J'expliquerai ailleurs les sept fois de mort.
Caïn donna à ce dixième fils le nom de Booz, qui veut dire fils d'occision. C'est ce dernier fils qui donna la mort à son père Caïn, ce qui arriva de cette manière : Caïn, ayant résolu d'aller à la chasse des bêtes féroces, accompagné des deux enfants d'Enoch, ses petits-fils, ne prévint point son fils Booz de la partie de chasse qu'il avait projetée de faire le surlendemain. Booz, de son côté, projeta, avec deux de ses neveux, fils de Tubalcaïn, d'aller à la chasse le même jour que son père, mais également sans l'avoir prévenu de son projet. Booz, n'ayant point d'enfant, avait mis toute son amitié dans ses deux neveux. Ils partirent donc ensemble pour aller à la chasse ; mais Booz, sans le savoir, prit la même route que son père Caïn et, étant tous deux dans un fourré qu'ils étaient accoutumés de battre, Booz aperçut l'ombre d'une figure au travers de ce fourré nommé Onam, qui veut dire douleur, décocha alors une flèche qui alla percer le coeur de son père, [92] l'ayant pris pour une bête féroce. Jugez de la surprise et du frémissement de Booz, lorsqu'il se fut transporté dans l'endroit où il avait tiré son coup de flèche, et qu'il vit son père tué par sa propre main. La douleur de Booz fut d'autant plus grande qu'il savait la punition et la menace que le Créateur avait lancées contre celui qui frapperait la personne de Caïn. Il savait que celui qui aurait ce malheur serait frappé sept fois de peines mortelles, ou serait puni sept fois de mort. (J'expliquerai ailleurs la punition de sept fois la mort.)
Boaz, en conséquence de son événement involontaire et de la défense que le Seigneur avait faite en faveur de Caïn, appela à lui ses deux neveux et les présenta à ce cadavre. Aussitôt qu'ils
Booz appela à lui ses deux neveux et les présenta devant le cadavre. Aussitôt qu'ils eurent reconnu la forme et la figure de Caïn, ils jetèrent un grand cri d'exclamation et firent en même temps un
eurent reconnu la forme et la figure de Caïn, ils jetèrent un cri d'acclamation et firent un signe d'horreur. La désolation de ces deux mit le comble à celle de Boas. Après leur avoir raconté comme il était la cause innocente de cet accident, il leur dit : "Vous êtes témoins de mon crime. Quoique involontaire, j'ai transgressé les ordres du Créateur. Je suis coupable devant l'Eternel, et devant les hommes, le plus jeune des fils de Caïn, le dernier de toute sa postérité, le plus coupable et le plus criminel. Vengez sur la personne de cet infortuné dernier-né la mort de son père et le scandale donné."
signe d'horreur, ce qui augmenta encore plus la désolation du malheureux Booz. Après qu'il eut raconté comment il était la cause innocente de la destruction de la forme corporelle de son père Caïn, il leur dit : "Mes amis, vous êtes témoins de mon crime ; quoique involontairement, j'ai transgressé les ordres et la défense du Créateur, je suis coupable devant l'Eternel et devant les hommes. Je suis le plus jeune des fils de Caïn ; le dernier de sa postérité, le plus coupable et le plus criminel. Vengez, sur la personne de ce dernier né, la mort de son père, et le scandale qu'il vient de vous donner."
L'intellect démoniaque, qui ne perd jamais de vue aucune occasion de faiblesses qui surviennent aux hommes dans l'affliction suscita aussitôt une passion de vengeance à ces deux neveux qui, ayant entendu le discours de Boas sur la vengeance, armèrent leur arc d'une flèche pour le tuer. Tout étant dans cette position, une voix se fit entendre : "Quiconque frappera de mort celui qui a occis Caïn sera puni soixante-dix-sept fois de mort." Ce que j'expliquerai en temps et lieu. A cette voix effrayante, ils tombèrent à la renverse. Revenus de leur extase, ils remirent les armes à Boas et lui dirent : "Le Seigneur t'a fait grâce, nous sommes à présent les plus criminels devant lui, puisque nous voulions exécuter sur toi notre pensée vindicative." Boas répondit à ses neveux : "Que la volonté du Seigneur s'accomplisse."
L'intellect démoniaque, qui connaît la faiblesse [93] des hommes dans l'affliction, suscita aussitôt une passion outrée de vengeance aux deux neveux de Booz sur la mort de Caïn. Ils armèrent leur arc d'une flèche pour la lancer sur leur oncle. Mais, lorsqu'ils étaient près de la lancer sur lui, une voix se fit entendre et dit : "Quiconque frappera de mort celui qui a tué Caïn, sera puni soixante-dix-sept fois de mort." (Ce que j'expliquerai encore par la suite.) A cette effrayante menace spirituelle divine, les deux neveux de Booz tombèrent à la renverse, mais, étant revenus de leur évanouissement, ils portèrent leurs armes à Booz en disant : "Le Créateur t'a fait grâce, Booz, de la mort que tu as donnée à ton père Caïn. Nous sommes à présent les plus coupables devant l'Eternel, puisque nous avons conçu volontairement d'exécuter sur toi notre pensée vindicative." Booz répondit à ses deux neveux : "Que la volonté du Créateur s'accomplisse !"
Après cette réintégration de Boas, ils se retirèrent tous ensemble dans la ville
Après cette résignation de Booz, ils se retirèrent tous ensemble dans la ville
d'Hénoc. La tristesse et la consternation avec laquelle ils se présentèrent mit la postérité de Caïn dans le dernier abattement. Il redoubla lorsqu'ils connurent l'auteur du meurtre.
d'Hénoch. La tristesse et l'abattement avec lesquels ils se présentèrent dans la ville, mirent la postérité de Caïn dans la dernière consternation. Cette douleur doubla encore lorsque cette postérité apprit que la destruction de la forme de leur père Caïn avait été faite par le dernier né de ce même père
Ce malheureux Boas se voyant réduit à une inimitié générale de toute la postérité présente et à venir de Caïn, quitta cette bande de possédés [de] l'intellect démoniaque et fut prendre sa retraite dans le désert de Jésanias, qui veut dire "écoute la créature". C'est dans cet endroit qu'il finit ses jours, dans la retraite, la moration et la pénitence.
Le malheureux Booz, se voyant réduit à une inimitié générale de toute la postérité première de Caïn, fut forcé de se retirer de cette [94] troupe de possédés d'intellect démoniaque et fut prendre sa retraite dans le désert de Jeraniaz, qui veut dire écoutez le Créateur. C'est dans cet endroit que Booz finit ses jours dans la contrition et dans la pénitence.
Ainsi, Caïn fut le vrai type des prophètes, lorsqu'il dit après son crime : "Ceux qui me rencontreront, Seigneur, me tueront." Il a été tué par un homme, comme il avait été dit. Ce qui fait réellement le type de prophétie de Caïn, c'est que la rencontre [de] ces deux hommes, Boas et Caïn, n'était pas préméditée et que l'un et l'autre se sont ignorés dans le fourré où Caïn fut tué.
Voilà comment Caïn fut le vrai type de la prophétie, lorsqu'il dit, après le crime qu'il commit sur son frère Abel : "Ceux qui me rencontreront, Seigneur, me tueront." N'a-t-il pas été rencontré par son fils dans un fourré ? N'a-t-il pas été tué effectivement par un homme comme il l'avait dit ? Ce qui forme réellement le type de prophétie, c'est que la rencontre de deux personnes, Caïn et Booz, n'est point préméditée, et que l'un et l'autre se sont trouvés sans se connaître, dans le lieu où Caïn reçut le coup de la mort.
Les hommes de ce siècle ont tiré de la mort de Caïn une ridicule et absurde conséquence. Elle leur a fait croire qu'Adam n'était point le premier homme créé, puisqu'ils disent : "Lorsque Caïn eut tué son frère, il dit au Seigneur : Que vais-je devenir ? ceux qui me rencontreront me tueront." Si ces hommes avaient été instruits du type que ces paroles adressées par Caïn au Créateur faisait, ils auraient vu clairement que c'était celui des prophètes
Je veux vous faire remarquer combien est ridicule et absurde l'observation que les hommes du siècle ont faite sur ce parricide de Caïn par son fils Booz. Ce type, ignoré de la plus grande partie des hommes d'aujourd'hui, leur a fait croire et même assurer qu'Adam n'est pas le premier homme, puisque, disent-ils, lorsque Caïn eut tué son frère Abel, il dit au Créateur : "Seigneur ! que vais-je devenir ? Ceux qui me rencontreront me tueront." Si ces
à venir, et des prophéties, ainsi que nous l'avons vu effectuer réellement parmi les hommes de la terre. Vous me demanderez peut-être : "Mais comment le Créateur pouvait-il mander les prophètes chez les hommes, pour les contenir dans les actions contraires aux lois qu'il avait données, puisque vous dites que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes qui s'opéraient parmi les hommes ?" Je réponds que comme le Créateur ne peut ignorer l'être pensant démoniaque qui opère sans relâche des faits subtils, séduisants et pernicieux contre le bien spirituel divin de l'homme mineur, ainsi qu'il l'avait déjà vu par la séduction d'Adam et de sa postérité, il trouva à propos pour l'avantage du mineur d'élire spirituellement des êtres mineurs qui étaient doués de l'esprit prophétique, non seulement pour contenir l'homme dans les lois, préceptes et commandements, qu'il lui avait donnés en le créant, mais encore plus pour la molestation des esprits malins et pour la plus grande gloire divine. La pensée de l'être spirituel, bon ou mauvais, commet l'action bonne ou mauvaise devant le Créateur. Voilà comme l'Eternel prend connaissance des causes secondes.
hommes avaient été instruits du type que faisaient ces paroles adressées au Créateur, ils auraient vu clairement que c'était celui des prophètes, ainsi que [95] nous l'avons vu s'effectuer réellement parmi les hommes de la terre et sur Caïn lui-même. Mais, me direz-vous, comment le Créateur pouvait-il mander des prophètes, par la suite, chez les hommes pour les contenir dans leurs actions aux lois qu'il leur avait données, puisque vous dites que le Créateur ne prend aucune part aux causes secondes qui s'opèrent parmi les hommes ? Je répondrai que le Créateur ne peut ignorer l'être pensant démoniaque qui opère continuellement des faits séduisants et pernicieux pour le mineur spirituel, ainsi qu'il était déjà arrivé dans la séduction d'Adam et de sa postérité. Le Créateur, en conséquence, a jugé nécessaire pour l'avantage de l'homme, d'élire spirituellement des êtres mineurs, et de les douer de l'esprit prophétique, non seulement pour contenir l'homme dans les lois, préceptes et commandements qu'il leur avait donnés, mais encore, pour la plus grande molestation des esprits malins et pour la manifestation de la plus grande gloire divine. La pensée de l'être spirituel bon ou mauvais, comme l'action bonne ou mauvaise devant le Créateur, voilà comment l'Eternel prend connaissance des causes secondes.
Revenons au type de la retraite de Boas dans le désert de Jésanias. Boas étant le dixième des enfants de Caïn, complétant par conséquent le nombre dénaire, il n'est pas douteux qu'il était doué de quelque don spirituel divin, pour être une figure et un exemple réel de la grande miséricorde du Créateur qu'il accorde, dans quelques circonstances que ce soit, à l'avantage de son être
Voyons maintenant quel est le type que fait la retraite de Booz dans le désert de Jezanias. Booz, étant le dernier fils de la postérité directe de Caïn et complétant par son rang le nombre dénaire, il n'est pas douteux qu'il ne fut doué de quelques dons [96] spirituels divins, pour être une figure et un exemple réels de la grande miséricorde que le Créateur accorde dans quelques circonstances que ce soit, par
spirituel majeur et mineur pervers, lorsqu'il se réclame sincèrement à lui, ainsi que je vais vous le faire comprendre par la grâce que le Créateur accorda à Boas doublement criminel. Il fut doublement criminel, quoique son crime fût involontaire. D'abord, il avait assisté au culte des démons, de préférence à celui du Créateur, ayant eu une connaissance parfaite de l'un et de l'autre, et de s'être laissé entraîner par l'exemple et la fausse habitude que la postérité de Caïn avait contractée, soit par crainte de peines temporelles, suscitées par cette postérité, soit pour sa propre satisfaction. Le second crime fut d'avoir tué son père Caïn et d'avoir contrevenu aux défenses du Créateur. Ce n'est point que Dieu prévît par là, la conduite future des causes secondes qu'opérerait cette postérité, mais c'était plutôt pour faire sentir au prince des démons qu'il prévenait par sa défense leur conduite et leurs opérations abominables qu'ils opéreraient à l'avenir pour la persécution et la perdition des mineurs spirituels, relativement à celles qu'ils avaient opérées pour la chute d'Adam et de sa postérité première. C'est de là que les hommes ont toujours jugé la bonne conduite de leurs semblables par leur conduite passée, malgré la fausseté avec laquelle on avance que l'homme ne peut répondre de lui-même ni de sa conduite à venir. Le Créateur est plus fort et plus puissant que les démons, et tout principe de fondement mineur spirituel qui est élevé sur la moindre base spirituelle divine ne saurait être ébranlé par aucun orage démoniaque, quoiqu'ils l'excitent de toutes leurs forces. C'est ici qu'on peut dire que ce que le Créateur garde est bien gardé.
l'avantage de l'être mineur spirituel et majeur pervers, lorsque les esprits se réclament sincèrement à lui. Vous devez le comprendre très clairement par la grâce que le Créateur accorda à Booz, qui était doublement criminel ; premièrement, pour avoir assisté au culte des démons de préférence à celui du Créateur, ayant eu une connaissance parfaite de l'un et de l'autre, et pour s'être laissé entraîner par l'exemple et l'habitude fausse contractée parmi la postérité de Caïn ; soit par crainte des peines temporelles que cette postérité lui ferait souffrir, soit pour sa propre satisfaction personnelle. Secondement, Booz fut criminel pour avoir mis à mort son père Caïn, et avoir contrevenu par là aux défenses que le Créateur avait faites d'avance à la postérité de Caïn, après le crime commis sur la personne d'Abel. Ce n'est point que le Créateur ait prévenu pour cela la conduite future des causes secondes qui opéreraient parmi cette postérité (vous savez ce que je vous ai dit à ce sujet) ; mais c'était pour faire sentir aux princes des démons, par cette défense, qu'il connaissait leur conduite à tous, et qu'il voulait prévenir les hommes des abominations que ces derniers pourraient opérer contre eux, comme ils en avaient déjà opéré pour la chute d'Adam et pour celle de sa postérité première. [97] Les hommes eux-mêmes n'ont-ils pas toujours jugé la conduite future de leurs semblables par la conduite passée, malgré le proverbe faux qui règne parmi eux, qu'un homme ne peut répondre ni de lui-même, ni de sa conduite à venir. Ne savons-nous pas d'ailleurs que le Créateur est plus fort et plus puissant que les démons, et que leur plus forte rage démoniaque ne fait que de nouvelles malédictions quand elle s'élève contre le Créateur ou contre le juste mineur, dont
l'édifice est inébranlable, quand il est élevé sur la moindre base spirituelle divine ? Ne savons-nous pas enfin que ce que le Seigneur garde est bien gardé. C'était sur cette seule puissance invincible et sur la justice immuable du Créateur qu'étaient fondées toutes les défenses et toutes les menaces qu'il fit à la postérité de Caïn.
TAApprenez combien la conduite des esprits démoniaques contre la forme corporelle du mineur et contre le mineur même est atroce. Les esprits démoniaques s'attachent de préférence à la forme corporelle de l'homme, qu'à celle de la brute, parce qu'elle est l'image et la répétition générale du grand oeuvre du Créateur et qu'il porte la figure réelle de la forme apparente qui apparut dans l'imagination du Créateur et qui fut ensuite réduite et mise par des esprits spirituels divins en substance de matière apparente, solide et passive, pour la formation de la création de la loge universelle, générale et particulière. Ils s'attachent plus volontiers à cette forme parce qu'il est contenu en elle un être mineur plus puissant qu'eux, quoique mineur, qu'ils cherchent à séduire pour leur plus grande gloire contre celle du Créateur. Ils s'attaquent encore de préférence à cette forme, parce que la bête brute n'est susceptible d'aucune impression.
Je voudrais vous faire une petite dissertation sur tout ce que je viens de vous dire, afin de vous faire mieux comprendre la conduite atroce que les esprits démoniaques tiennent par préférence contre la forme du mineur et contre le mineur même. Les esprits démoniaques s'attachent à la forme du mineur préférablement à celle de la brute, parce que la forme de l'homme est l'image et la répétition générale du grand oeuvre du Créateur. L'homme porte par sa forme la figure réelle de la forme apparente qui apparut à l'imagination du Créateur, et qui fut ensuite opérée par des ouvriers spirituels divins, et unie en [98] substance de matière apparente solide, passive, pour la formation du temple universel, général et particulier. Ces esprits s'attachent encore plus volontiers à la forme de l'homme, parce que cette forme contient un être mineur spirituel plus puissant qu'eux, qu'ils tâchent continuellement de séduire et de détourner du Créateur. Voilà pourquoi le prince des démons fait attaquer par ses esprits intellects la forme corporelle de l'homme plutôt que celle des brutes, parce que les brutes ne font aucune figure du grand oeuvre du Créateur, et qu'elles ne contiennent en elles aucun être spirituel divin sur lequel les esprits démoniaques puissent faire quelque impression.
Vous allez apprendre comment ces
Il faut savoir que l'esprit
esprits démoniaques font des impressions sur les mineurs. Lorsque l'intellect démoniaque s'est mis en possession des sens spiritueux de la forme corporelle de l'homme, dans laquelle gît la vie passive, l'intellect rend cette vie passive susceptible d'être vie spirituelle démoniaque, lorsqu'il s'est entièrement lié avec elle. C'est après cela que cet esprit intellect attaque le mineur spirituel, divin qui préside sur cette vie passive, pour le rendre susceptible de retenir l'impression que sa mission porte, suivant la volonté du prince qui l'a député pour le combattre et le faire succomber à la tentation, ou acceptation de l'intention et de la volonté du premier des démons, qui a fait serment de livrer combat contre toute opération spirituelle divine que le Créateur opérerait pour sa plus grande gloire. Vous penserez bien que c'est de ce combat redoutable que provient la bonne ou mauvaise réintégration de la forme temporelle et de l'être mineur spirituel divin, suivant la fermeté et la résistance qui se fait entre lui et l'esprit du prince des démons, et avec laquelle il repousse cet être étranger à lui et à sa forme, ou selon qu'il a consenti et adhéré par son suffrage au combat qui s'est livré entre lui et cet esprit, en faveur du prince des démons contre la plus grande gloire du Créateur et de la sienne ; ce qui peut vous convaincre du combat qui se fait par les démons de préférence sur le mineur et sa forme. Examinons et réfléchissons sur les différentes actions, mouvements et opérations de la brute. Voyons quelles sont les combinaisons qu'elles peuvent faire entre elles pour leur durée temporelle ; quel est le culte que cette nature de créature professe ; quelles sont les lois qu'elles ont ou qu'elles suivent, soit pour s'entretenir entre elles en bonne
démoniaque qui cherche toujours à persécuter les mineurs, commence par faire attaquer leurs formes par son intellect mauvais. Cet intellect mauvais rend la vie de l'homme passive, susceptible d'être vie spirituelle démoniaque, lorsqu'il a fait jonction entière avec la forme. De là vient que cet esprit intellect attaque le mineur spirituel divin, afin qu'il puisse recevoir impression de la volonté du prince des démons par l'ordre duquel cet intellect agit, et qui a fait serment de livrer combat contre toute espèce d'opération spirituelle tendant à la gloire du Créateur. C'est de ce combat redoutable que provient la bonne ou mauvaise réintégration de la forme corporelle de l'être mineur. [99] Tout dépend de la fermeté de ce mineur à repousser cet être étranger à lui et à sa forme, ou de sa faiblesse à consentir aux insinuations de l'esprit mauvais. Il nous est facile de nous convaincre que ces sortes de combats se passent plutôt sur la forme de l'homme que sur celle des brutes. Observons les actions, les mouvements et les opérations de ces brutes. Ont-ils des combinaisons et des réflexions pour la destruction ou la conservation de leur forme corporelle ? Ont-elles un culte ? Ont-elles des lois pour se maintenir parmi elles en bonne ou en mauvaise intelligence ? Ne voyons-nous pas au contraire que tout s'opère chez les brutes par la pure nature qui les entretient seule pendant toute leur durée temporelle ? Mais les actions du mineur, ses mouvements, ses opérations se montrent d'une manière tout opposée à celle des brutes, et la différence de l'une à l'autre est si considérable qu'il est impossible de la nier. Oui, ce qui part de l'animal raisonnable est toujours au-dessus de ce qui vient de l'irraisonnable ; et cela, parce que la forme corporelle de
ou mauvaise intelligence, soit pour leur destruction ou conservation de forme corporelle passive. Voyons comment se passent toutes ces choses qui sont données par la nature à la bête chez le mineur spirituel divin, ainsi que dans sa vie passive, qui est résidente dans sa forme corporelle. Voyons si nous ne trouverons pas dans l'homme des actions, des opérations, des faits, des mouvements et autres choses quelconques qui proviennent de l'homme, être tout opposés en plus grande partie à ce que la brute peut être susceptible de faire ; et si la différence de l'action de l'homme n'est pas de plus grande conséquence et même plus grande que celle de la brute. TAOui, ce qui part de l'animal raisonnable est toujours au-dessus de l'irraisonnable, et cela parce que la forme corporelle de l'homme peut contenir trois sortes ou genres de vie.
l'homme est susceptible de contenir trois sortes de vies différentes, ce que je vais faire concevoir.
La première est la vie de la matière, que nous appelons instinct ou vie passive ; elle est innée dans la forme corporelle de l'animal raisonnable comme dans celle de l'irraisonnable ; la seconde est la vie spirituelle démoniaque, qui peut s'incorporer dans la vie passive, et la troisième est la vie spirituelle éternelle divine, qui préside sur les deux premières vies. Vous ne trouverez point que la même chose soit possible dans la forme corporelle irraisonnable, n'y ayant chez elle qu'une action de vie passive, provenue de l'opération spirituelle divine de l'axe feu central, qui opère et dirige journellement son action sur toutes les formes quelconques en substance apparente de matière consolidée par son opération. C'est donc par cette même action que toutes les formes de matière apparente sont principalement entretenues et conservées pendant la
La première est la vie de la matière, que nous appelons instinct ou vie passive, qui est innée dans la forme de l'animal raisonnable comme dans celle de l'irraisonnable. La seconde est la vie spirituelle [100] démoniaque qui peut s'incorporer dans la vie passive. La troisième est la vie spirituelle divine qui préside aux deux premières. Vous ne trouverez point la même chose parmi les brutes ; il n'y a chez elles qu'un être de vie passive, provenu de l'opération spirituelle divine de l'axe feu central, qui dirige journellement son action sur toutes les formes corporelles quelconque de matière apparente consolidée par cette même opération. C'est par cette action et cette opération que toutes les formes de matière apparente sont entretenues pendant le cours de leur durée temporelle fixée par la volonté du Créateur.
durée de leur cours temporel, selon que la volonté de l'Eternel l'a fixé et ordonné.
Voilà l'explication sur la différence qu'il y a entre les êtres raisonnables et les irraisonnables, de même que sur la préférence des opérations démoniaques contre les hommes plutôt que contre les bêtes brutes, pour lesquelles il ne faut point de médiateur pour les remettre dans le principe de leurs lois naturelles lorsqu'elles s'en écartent de leur propre mouvement par leur passion pure et simple, sans aucun conseil étranger.
Telle est la différence qui subsiste entre les êtres raisonnables et les êtres irraisonnables, et telle est la raison par laquelle les opérations démoniaques attaquent plutôt la forme corporelle de l'homme que celle des brutes. Il ne faut point de médiateur à ces brutes pour les remettre dans les principes de leurs lois naturelles lorsque leur passion pure et simple les a fait écarter de ces lois par leur propre mouvement. Elles n'ont pas besoin de ce médiateur, puisque leurs dissensions ne viennent point d'un autre conseil étranger que celui que la nature leur dicte.
Ainsi, pour vous expliquer le type de Boaz au désert de Jésanias, je vous apprends les choses les plus essentielles à l'homme de désir.
Voilà la dissertation que je me proposais de faire. Je voulais vous expliquer le type de la retraite de Booz dans le désert de Jezanias ; et cela m'a fourni occasion de vous instruire des choses les plus essentielles [101] et de la plus grande conséquence pour l'homme de désir.
C'est donc par la retraite de Boas que nous devons comprendre qu'il est au pouvoir de l'être mineur spirituel divin de se séparer, quand il veut, de la possession et correspondance qu'il a contractée avec les princes des démons par l'organe de leur intellect démoniaque. C'est la fin du type de l'explication de la retraite de Boas. Ensuite, vous trouverez l'explication des différents types que font la postérité de Caïn.
Je reviens à l'explication du type que fait la naissance d'Abel, l'assassinat commis sur sa personne et l'opération spirituelle divine qu'il fit pour obtenir la
C'est par cette retraite de Booz que nous devons comprendre qu'il est au pouvoir du mineur spirituel divin de se séparer, quand il veut, de la profession et de la correspondance qu'il a contractées avec le prince des démons par l'organe de l'intellect démoniaque. Je n'entrerai point ici dans le détail des différents types que fait la postérité de Caïn, devant en parler dans la suite. Je dois d'ailleurs vous donner encore ici une explication sur le type de la naissance d'Abel, ainsi que je pourrai vous en donner quelques autres quand l'occasion se présentera.
réconciliation générale d'Adam et d'Eve avec le Créateur.
Adam et Eve ayant coopéré à la naissance d'Abel par une opération très succincte de la matière sans aucune participation d'excès des sens de la matière, si ce n'est celle que la nature produit légitimement à l'homme pour une pareille opération de postérité, le Créateur relativement à la résignation spirituelle divine qu'Adam et Eve eurent pour sa plus grande gloire, constitua un être mineur dans la postérité d'Adam, qui était doué de toute vertu et sagesse spirituelle divine. C'était ce mineur qui devait être le vrai type de la manifestation de la justice et de la gloire divine que le Créateur opérerait à l'avenir pour l'avantage du mineur et pour la honte des princes des démons et tout ce qui est d'intelligence avec eux. Abel avait été la principale cause et instrument de la réconciliation d'Adam et d'Eve. Le type de la naissance d'Abel pour l'avantage des mineurs n'était pas uniquement pour la figure spirituelle qu'il devait faire, mais il devait encore en faire une pour toute la postérité qui devait exister de génération en génération. Non seulement ce type de la naissance d'Abel fut pour l'avantage des dits sujets, mais encore pour l'avantage particulier de tout être spirituel créé. Cette naissance est encore le type des mineurs doués de la grâce divine, que le Créateur ferait naître chez les hommes pour être des instruments spirituels pour la manifestation de sa justice, pour l'avantage ou le désavantage, la récompense et la punition que le Créateur veut infliger à sa créature, suivant que ses actions sont exactes ou contraires à sa loi divine, ainsi que la pensée à la créature l'a connu.
Je vous dirai donc qu'Adam et Eve coopérèrent à la forme de leur fils Abel par une opération très succincte de matière, c'est-à-dire, sans excès de leurs sens matériels. Ils s'étaient d'ailleurs soumis entièrement au Créateur par une résignation parfaite et spirituelle. Le Créateur ne put se refuser de correspondre à leur opération, en constituant à la forme qu'ils avaient opérée un être mineur doué de toute vertu et sagesse spirituelle divine. Cet être spirituel devait être le type de la manifestation de la justice divine à l'avantage des mineurs et à la honte des démons, ainsi qu'il fut le principal instrument de la réconciliation d'Adam et d'Eve. Ce type que faisait Abel en faveur de toute la postérité d'Adam jusqu'à la fin des siècles n'était pas la seule figure spirituelle [102] que cet être mineur nous représentait ; il servait encore de type pour l'avantage général et particulier de tout être spirituel quelconque. De plus, ce même Abel était un vrai type des mineurs doués de la grâce divine, que le Créateur ferait naître chez les hommes, pour être des instruments spirituels de la manifestation de sa justice.
TAPour comprendre ce que j'ai dit au sujet de la naissance des mineurs destinés à la susdite opération, considérons un peu la naissance d'Hénoc. Ne vient-il pas d'un père chef de famille ? Il est le septième de la postérité de celui qui a remplacé Abel, qui est surnommé Seth. Il est, par son rang de naissance, le vrai type de l'esprit divin, pour l'appui, la conduite, la défense des pauvres mineurs contre l'esprit démoniaque jusqu'à la fin de toute durée. Quelles sont les oeuvres d'Hénoc ? Quelles sont ses opérations ? Quelle a été sa conduite et sa mission ? Quel culte a-t-il professé envers le Créateur ? Quel est celui qu'il a enseigné aux mineurs ? Pour nous assurer de toutes ces choses, fondons-nous sur la connaissance du culte qu'Hénoc a professé et nous verrons distinctement que cet Hénoc est l'action directe de l'esprit doublement puissant du Créateur, qui devait prescrire aux hommes de ce temps la conduite qu'ils devaient tenir pour s'opposer aux attaques que leurs ennemis exerçaient à chaque instant de leur vie matérielle et spirituelle divine contre eux. Cette conduite devait encore les guider dans leurs opérations naturelles temporelles et spirituelles divines. Elle devait encore leur servir de base fondamentale pour se perpétuer dans le cérémonial nécessaire pour opérer à leur avantage et pour la plus grande gloire du Créateur les actes d'opération de correspondance divine et de défense contre les opérations démoniaques.
Parmi les mineurs destinés à ces sortes d'opérations spirituelles, nous considérons premièrement Enoch, le septième de la prospérité de celui qui a remplacé Abel, c'est-à-dire de Seth. Il fait, par le rang de sa naissance, le vrai type de l'esprit divin, pour l'appui, la conduite et la défense des mineurs contre la persécution des démons. Il fait en outre, par sa mission, ses oeuvres et ses opérations, et par le culte qu'il a professé, vrai type de l'action directe de l'esprit doublement puissant du Créateur, qui devait prescrire aux hommes de ce temps, la conduite qu'ils avaient à tenir pour se préserver des attaques de leurs ennemis. C'était cette même conduite qui devait guider les hommes dans leurs opérations naturelles, temporelles et spirituelles, et leur servir de base fondamentale pour se perpétuer dans le cérémonial de leur culte d'opération de correspondance divine.
Voyons donc le fruit qu'Hénoc a recueilli du culte divin qu'il a professé envers le Créateur, et qu'il a enseigné aux descendants de Seth. TAC'est lui qui le premier a enseigné aux descendants de
Examinons donc quel est le culte qu'Enoch professa parmi les descendants de Seth. Il est le premier qui dressa parmi eux un autel de pierre blanche [103] différente de ce que nous appelons
Seth le cérémonial de ce même culte, c'est lui qui a dressé le premier autel en nature de marbre blanc, c'est sur la pierre du centre de cet autel qu'Hénoc devait recevoir le fruit de son culte divin, puisqu'il s'y offrait lui-même. Il a encore enseigné au premier maçon mineur spirituel à élever et bâtir les édifices divins sur leur base. Il a prophétisé la justice du Créateur qui devait être réversible sur toute la terre en punition du crime de la postérité de Caïn. Il mit aussi des bornes à la postérité de Seth, lorsqu'il leur dit de la part du Créateur que les enfants du Créateur divin ne se lieraient point avec les fils des hommes. Vous devez comprendre par ce que j'ai dit de la prévarication première [d']Adam et par le fruit qu'il retira de ses opérations, quels sont les enfants des hommes. Il a annoncé les vrais élus du Créateur, qui devaient naître de par l'Eternel pour manifester sa gloire dans le contenu de l'univers, par l'élection qu'il fit lui-même de dix sujets pour opérer le culte divin parmi la postérité de Seth.
marbre. C'est sur le centre de cet autel qu'Enoch recevait le fruit de son culte et qu'il s'offrait lui-même en sacrifice. C'est Enoch qui a enseigné le premier aux mineurs spirituels à élever des édifices divins sur leur base ; c'est lui qui a prophétisé la justice du Créateur, qui devait être réversible sur toute la terre en punition des crimes de la postérité de Caïn et du reste de celle de Seth qui avait fait jonction avec celle de Caïn ; c'est lui qui régla les alliances de la postérité de Seth, en défendant que les enfants du Créateur divin se liassent avec les enfants des hommes. (Par tout ce que j'ai dit de la prévarication d'Adam et du fruit qu'il reçut de son opération, vous devez concevoir ce que c'est que les enfants des hommes.) C'est Enoch qui a prophétisé les vrais élus du Créateur qui devaient naître de l'Eternel, en faisant lui-même l'élection de dix sujets pour opérer le culte divin parmi la postérité de Seth. C'est donc Enoch qui est le grand type du cérémonial et du culte divin parmi les hommes passés, ainsi qu'il l'est encore parmi les hommes d'à présent, ce que l'on concevra par l'explication de ses opérations spirituelles divines.
Hénoc est donc le grand type du culte divin parmi les hommes passés et présents. En voici la preuve.
Hénoc tint une assemblée toute divine parmi la postérité de Seth, selon qu'il en avait reçu l'ordre du Créateur. Hénoc n'était autre chose qu'un esprit saint sous une forme corporelle de matière apparente. Il tint son assemblée vers la région septentrionale, voyant le grand désir et la bonne volonté de quelques-uns de ses disciples pour être instruits par lui du culte divin. Il donna à la postérité de Seth le nom d'enfants de
Enoch, qui n'est autre chose qu'un esprit saint sous une forme corporelle de matière apparente, tint une assemblée spirituelle divine vers la région septentrionale, en vertu du grand désir et de la [104] bonne volonté de ses disciples qu'il avait choisis parmi la postérité de Seth et d'Enos. Il donna à cette postérité le nom d'enfants du Créateur, et cette postérité de Seth et Enos, étant frappée par la face des saintes opérations du Créateur, ne put s'empêcher de le nommer : le saint homme Enoch, nom qui signifie dédié, ou dévoué au Créateur. Il entreprit avec le plus grand succès de
Dieu. Ce chef spirituel divin opérant fut enfin reconnu pour homme divin par la force de ses opérations saintes. Aussi les enfants d'Enos le nommèrent le saint homme Hénoc, nom qui veut dire "dédicace", ou "dévoué au Créateur". Il entreprit avec le plus grand succès de réformer la conduite des mineurs pervers, qui le reconnurent vraiment homme de puissance sur toute chose créée. Hénoc s'assembla avec eux, les interrogea sur les différentes opérations et invocations journalières qu'ils pratiquaient contre la volonté de leur père créateur, quoiqu'ils fussent appelés enfants du Dieu vivant. TALes représentations qu'il leur fit, jointes aux menaces terribles sur les événements funestes qui devaient arriver dans peu de temps sur eux par la volonté de l'Eternel, portèrent ces mineurs à se livrer entièrement sous la conduite et la discipline et les instructions du saint homme Hénoc, qui après les avoir rassurés, et raffermis dans la foi et la pratique de ses opérations, qu'ils ne connaissaient que par les discours qu'il leur avait tenus dans cette première assemblée, qui se fit le jour de sabath, et voyant ces mineurs déterminés à suivre ponctuellement ses conseils, fit l'élection de dix de ces mineurs qu'il avait réconciliés, leur déclara la volonté du Créateur, et leur prescrivit un cérémonial et une règle de vie pure, sainte et agréable au Créateur pour leur invocation.
TAIl les admit à la connaissance de ses travaux listiques catholiques, et des sciences spirituelles divines. (Ailleurs, je donnerai la signification de ces deux mots.) Il leur fit ensuite élever un édifice qui n'avait qu'un seul appartement, ou enceinte, dans lequel se plaçaient les dix
réformer la conduite des mineurs qui le reconnaissaient déjà pour un homme puissant sur toute chose créée. Il les interrogea sur les différentes opérations et invocations journalières qu'ils pratiquaient contre la volonté du Créateur, d'où ils prenaient mal à propos le nom d'enfants du Dieu vivant. Les représentations qu'il leur fit à ce sujet, et même les menaces des jugements terribles qui devaient arriver en peu de temps sur eux, engagèrent ces mineurs à se livrer entièrement à la conduite, à la discipline et aux instructions du saint homme Enoch. Il les rassura, les raffermit dans la foi et dans la pratique des saintes opérations, qu'ils ne connaissaient encore que par les discours qu'il leur avait tenus dans la première assemblée faite le jour du Sabbath. Pour cet effet, il fit parmi eux une élection de dix sujets auxquels il déclara la volonté du Créateur, et auxquels il prescrivit un cérémonial et une règle de vie pour pouvoir invoquer l'Eternel en sainteté. Il admit ces dix sujets à la connaissance de ses travaux Listiques Catholiques ; [105] (on donnera en son lieu l'interprétation précise de ces deux mots, qui appartiennent aux sciences spirituelles divines). Il leur fit ensuite élever un édifice qui n'avait qu'un seul appartement ou enceinte, dans laquelle se plaçaient ces dix sujets qu'Enoch avait choisis pour l'assister dans ses saintes opérations. Il donna à chacun d'eux une lettre initiale des saints nom de Dieu ; ce qui formait en tout dix lettres, afin qu'ils suivissent avec régularité et précision toutes espèces d'opérations agréables au Créateur et avantageuses pour les mineurs réconciliés. Après cette première opération, il les renvoya chacun dans leur tente ou le quartier qu'il leur avait assigné lui-même, ainsi que Moïse l'a représenté depuis par le campement
sujets que Hénoc avait choisis pour l'assister, dans ses saintes opérations. Il donna à chacun de ces dix sujets une lettre initiale des saints noms de Dieu, ce qui formait en tout dix lettres, afin qu'ils suivissent avec régularité et la plus scrupuleuse attention toute espèce d'opération bonne, utile, nécessaire aux mineurs réconciliés et agréable au Créateur. Après cette première opération, il renvoya chacun dans sa tente au quartier qu'il leur avait assigné lui-même, ainsi que Moïse l'a représenté depuis par le campement particulier des lévites autour de la sainte arche.
des Lévites autour de l'arche.
Par l'ordre de l'Eternel, Hénoc tint cette assemblée d'opérations divines avec ses dix chefs mineurs réconciliés, de dix semaines en dix semaines, et leur transmit dans chaque assemblée une lettre initiale nouvelle du saint nom de Dieu, de sorte qu'après les sept assemblées qu'ils tinrent, chaque mineur eut en son particulier deux noms puissants, avec lesquels il commandait et dirigeait toute chose créée, depuis la surface terrestre jusqu'à la surface céleste. Chacun de ces mots contenait sept lettres, dont quatre formaient le nom redoutable, puissant et invincible de l'Eternel, qui gouvernait et soumettait tout être créé dans le corps céleste, et le mot saint composé de trois lettres soumettait tout être créé sur le corps terrestre à la puissance formidable de l'homme Dieu. Ces dix sujets remis par le secours d'Hénoc dans leur première vertu et puissance spirituelle divine firent, par leurs opérations saintes, des prodiges signalés et si grands qu'ils ramenèrent à eux plusieurs sujets de leurs familles et qu'ils instruisirent les mineurs vraiment appelés par l'esprit saint dans les sciences qu'ils possédaient par le pouvoir
Enoch tint cette assemblée d'opérations divines avec ses dix élus de dix en dix semaines, et leur transmit dans chaque assemblée une nouvelle lettre initiale du saint nom de Dieu, de sorte qu'après sept assemblées chacun d'eux eut en son particulier deux mots puissants avec lesquels il commandait toute chose créée depuis la surface terrestre jusqu'à la surface céleste. Les deux mots consistaient en sept lettres dont quatre formaient le nom redoutable, puissant et invisible de l'Eternel, qui gouvernait et soumettait tout être créé dans le corps céleste, et les trois autres lettres formaient un nom saint qui assujettissait et gouvernait tout être créé sur le corps [106] terrestre. Ces dix chefs, remis par le secours d'Enoch dans leurs premières vertus et puissances spirituelles divines, firent, par leurs opérations saintes, de si grands prodiges, qu'ils ramenèrent à eux plusieurs sujets de leur famille, qu'ils instruisirent les mineurs vraiment appelés par l'esprit saint dans les sciences qu'ils possédaient par le pouvoir et ministère d'Enoch, type de réconciliation du genre humain.
et la puissance d'Hénoc, type de réconciliation du genre humain.
Le nombre de postérité devint en peu de temps très considérable, mais ils n'augmentèrent pas également en vertu et en puissance. La conduite atroce d'un des dix admis par Hénoc à la réconciliation divine suscita la haine et la dissension parmi eux, et un air de mépris sur les instructions d'Hénoc. Cet esprit de confusion et de révolte se répandit si fort parmi ces nouveaux appelés qu'ils se livrèrent avec plus d'emportement que jamais à l'abandon du Créateur et la jouissance de la matière sous la conduite et l'appui de ce nouveau chef prévaricateur. Il ne resta plus que le nombre de neuf sujets justes sur la terre. Ils se replièrent sur les forces et les connaissances qu'ils avaient reçues du saint Hénoc, qu'ils prièrent de s'assembler encore une fois avec eux pour remplacer celui de leurs frères que le démon leur avait ravi.
Le nombre des prosélytes devint en peu de temps fort considérable, mais ces nouveaux prosélytes ne se tinrent pas également dans leurs vertus et dans leurs puissances. Ce qui en pervertit plusieurs, ce fut la conduite atroce d'un des dix chefs admis par Enoch à la réconciliation divine, qui suscita la dissension parmi les émules et répandit un air de mépris sur les instructions qu'ils avaient reçues d'Enoch. Cet esprit de révolte augmenta si fort parmi les nouveaux appelés qu'ils se livrèrent entièrement à l'abandon du Créateur et à la jouissance de la matière sous la conduite du chef prévaricateur. Il ne resta donc plus que le nombre de neuf sur la terre. Ces neuf justes se replièrent sur les forces et sur les connaissances qu'ils avaient reçues du saint homme Enoch, et le prièrent de s'assembler encore une fois avec eux, pour remplacer celui de leurs frères que le démon leur avait ravi.
Le saint homme fut sensible à leurs prières et les assembla. C'est dans cette assemblée qu'il leur communiqua son secret. Il fit son élection secrète parmi les neuf fidèles qui lui restaient, pour remplacer le prévaricateur, mais que, toutefois, que celui qu'il avait nommé pour le remplacer n'entrerait en vertu et puissance divine qu'après qu'ils auraient fait l'expiation de leurs péchés pendant le cours de leur durée sur cette surface terrestre et que la justice divine aurait sévi contre les criminels. Le coeur de ces justes fut si fort saisi qu'ils restèrent tous dans une espèce d'anéantissement qui les assoupit pendant une heure environ. Hénoc fit alors son invocation au Créateur en faveur de ces neuf disciples
Enoch, sensible à leurs prières, fit avec les neuf [107] justes une assemblée dans laquelle il leur communiqua entièrement son secret. C'est là qu'il fit son élection particulière pour remplacer le prévaricateur ; mais il ajouta que celui qu'il avait choisi à cette fin, n'entrerait en vertu et puissance divine qu'après qu'eux-mêmes auraient fait l'expiation de leurs péchés pendant leur vie temporelle, et que la justice divine aurait sévi contre les criminels. Le coeur de ces neuf justes fut si fort saisi qu'ils restèrent dans une espèce d'anéantissement ou d'assoupissement qui dura environ une heure. Pendant ce temps, Enoch fit son invocation au Créateur en faveur de ces neuf disciples, qui virent alors, dans la
qui virent dans cette situation tous les fléaux dont le Créateur devait se servir pour frapper la terre et le reste de ses habitants. La frayeur fut si grande chez ces justes qu'ils revinrent de leur abattement en poussant un cri, et regardant ensuite Hénoc, ils lui dirent : "Comment se peut-il, maître, que ce que nous venons de voir arrive sur la terre ? Ne pouvez-vous pas, par vos prières, calmer le courroux de celui qui vous a envoyé parmi nous et retenir les fléaux qu'il se propose de lancer sur cette terre et ses habitants ? La vision que nous avons eue n'est point fausse, le Créateur est juste et vous êtes saint, fort et invincible."
situation où ils se trouvèrent, tous les fléaux dont le Créateur devait se servir pour frapper la terre et le reste de ses habitants. L'effroi que ces neuf justes en conçurent, les fit revenir de leur abattement ; ils poussèrent un grand cri en regardant Enoch, et lui dirent : "Comment se peut-il, maître, que tout ce que nous venons de voir doive arriver sur cette terre ? Ne pourriez-vous pas calmer par vos prières le courroux de celui qui vous a envoyé parmi nous, et retirer les fléaux qu'il se propose de lancer sur la terre et sur ses habitants ? La vision que nous avons eu n'est point fausse : le Créateur est juste, et vous êtes saint, fort et invincible."
Hénoc répondit à ces disciples : "Qui vous a donc instruits de moi ? Soyez tous un seul homme et vous serez également saints. Soyez tous une même loi, vous serez tous forts. Soyez tous sous la même règle de vie, celle que je vous [ai] prescrite, et vous serez éternellement mineurs invincibles. Telle est la volonté du père et de son saint esprit sur son fils. Soyez toujours fils du Tout-Puissant ici-bas. Vous saurez que celui que vous avez nommé figurativement Hénoc est l'esprit du père qui est en haut."
Enoch leur répondit : "Qui vous a donc instruit de moi ? Soyez tous un seul homme, vous serez également [108] saints. Soyez tous une même loi, vous serez tous forts. Soyez tous sous la même règle de vie, que je vous ai prescrite, et vous serez éternellement mineurs spirituels invincibles. Telle est la volonté du Père et de son Saint Esprit sur son fils. Soyez tous fils du Tout-puissant ici-bas, et vous saurez que celui que vous avez nominé Enoch est l'esprit du Père qui est en haut."
A peine eut-il fini ces paroles et béni ses disciples, qu'une nuée enflammée descendit du ciel et leur déroba Hénoc et s'éleva rapidement pour porter cet esprit saint à sa destination.
Les neuf justes abandonnés se lamentèrent : "Qu'allons-nous devenir, ô Eternel, privés de l'assistance de notre père Hénoc ? Pourquoi le ravis-tu à ses frères et à ses disciples ? Si la terre est coupable, en quoi nous, hommes corporels, sommes-nous responsables, si
A peine Enoch eut-il fini de parler et béni les neuf disciples, qu'une nuée enflammée descendit du ciel et l'enleva rapidement pour porter cet esprit saint à sa destination. Ses disciples qui le perdirent de vue se lamentèrent et dirent : "Qu'allons-nous devenir, ô Eternel, sans l'assistance de notre maître Enoch ! Pourquoi le ravis-tu du sein de ses frères et de ses disciples ? Si la terre est coupable, en quoi nous, hommes corporels, devons-nous être responsables, si ce n'est du sang matériel que nous
ce n'est du sang matériel que nous avons reçu d'elle ? Nous l'abandonnons à ta sainte justice. Examine, Seigneur, nos voeux et prends pitié de tes fils et serviteurs."
avons reçu d'elle, et que nous abandonnons à ta sainte justice ? Exauce, Seigneur, nos voeux, et prends pitié de tes fils et de tes serviteurs."
C'est ainsi qu'Hénoc se sépara d'avec ses disciples et retourna vers celui qui l'avait envoyé, pour se disposer à être par la suite un nouveau type, suivant la volonté du Créateur ; ainsi qu'on a pu voir qu'il y en a eu plusieurs successifs jusqu'à ce jour. On voit, par cette époque, que le premier principe de religion spirituelle divine vint dans la postérité de Seth par le moyen du saint homme Hénoc. Elle fut conservée et remise en vigueur sous Noé, dont il est encore un type en sa qualité d'élu spirituel de réconciliation, comme l'on peut s'en convaincre par l'examen de la conduite qu'il tint lorsqu'il fit entrer dans l'arche qu'il avait construite, des différentes espèces d'animaux, qu'il conserva de l'inondation générale : On peut aussi examiner le repos de l'arche pendant le déluge, et les saintes instructions qu'il donna à ses fils légitimes.
Enoch devait être par la suite un nouveau type de la volonté du Créateur, ainsi que l'on a vu qu'il y en avait eu plusieurs se succédant depuis les temps passés jusqu'à ce jour. Le premier principe de la religion spirituelle divine, qu'il avait établie parmi la postérité de Seth, fut conservé et remis en vigueur par la puissance de Noé qui, lui-même, est [109] encore un type d'élection spirituelle pour la réconciliation générale et particulière ; ce que nous verrons clairement lorsque nous examinerons son entrée dans l'arche avec les différentes espèces d'animaux ; le repos et la sérénité de cette même arche pendant le déluge ; les instructions spirituelles que Noé donne à ses fils légitimes ; enfin toute la conduite qu'il tint pour préserver ceux qui lui étaient confiés du fléau terrible dont Dieu se servit pour exterminer la terre et tous ses habitants.
Voilà ce que je puis vous dire sur les opérations d'Hénoc sans détailler les faits particuliers d'Hénoc, de ses disciples et de son élection. Ainsi, l'on voit que le vrai Messias a toujours été avec les enfants de Dieu, quoique innommé.
On trouve dans cette époque l'interprétation de ce qu'a voulu dire le prophète Daniel en parlant emblématiquement dans une de ses prophéties de la captivité des enfants d'Israël, par le nombre des soixante-dix semaines converties en soixante-dix années de servitude sous
Sans entrer dans le détail de la conduite particulière d'Enoch envers ses disciples et de son élection secrète, il suffit d'observer ce qui vient d'être dit pour voir clairement que le vrai Messias a toujours été avec les enfants de Dieu, mais toutefois inconnu. L'on trouvera aussi dans cette même explication l'interprétation de ce qu'a voulu dire le prophète Daniel, lorsqu'il pense emblématiquement dans une de ses prophéties, de la captivité d'Israël, par le nombre de soixante et dix semaines, qui furent converties en soixante et dix années de servitude sous Nabuchodonosor, prophétie qui fut
Nabuchodonosor, confirmées par l'événement à Israël, dont il fut délivré par les puissantes opérations divines de Zorobabel, après l'expiration des soixante-dix années de captivité, auxquelles le Créateur les avait condamnés pour les fautes qu'ils avaient commises contre Dieu et contre leurs frères.
confirmée par l'esclavage des Israélites et dont ils furent délivrés par les puissantes opérations de Zorobabel, après les soixante et dix années de servitude à laquelle le Créateur les avait condamnés, pour les fautes qu'ils avaient commises contre lui et contre leurs frères.
Abel fut le premier type dans la postérité de Seth, et il est non seulement le type futur des mineurs préposés par l'Eternel pour la manifestation de sa justice et de sa gloire, mais encore il est celui du Christ, comme je le prouve physiquement par les noms des dits mineurs députés par l'Eternel, ainsi qu'ils ont employé pour cet objet leurs vertus et puissances parmi les hommes passés, et qu'ils opèrent encore parmi ceux d'à présent. Je reviendrai après aux opérations d'Hénoc dans la postérité de Seth, à celles de Noé, Melchisédech, Joseph, Moïse, David, Salomon, Zorobabel, et le Messias. Ces sujets, depuis Abel et Hénoc jusqu'au Messias, font le nombre complet dénaire spirituel divin, duquel toute chose créée, tant spirituelle que matérielle, est provenue. Je le montrerai dans l'explication des types et des époques survenues au corps général et particulier, de même qu'à ces mineurs. Alors, vous vous convaincrez de la vérité, par l'égalité, le rapport et la similitude des opérations des susdits sujets avec celles d'Abel, dans lesquelles vous verrez clairement celles du Christ.
Je vous expliquerai à présent le type du meurtre de Caïn sur Abel. Caïn, par ce meurtre, est le vrai type du prince des démons,
Mais ce n'est point seulement par l'avènement [110] d'Enoch, dont j'ai commencé d'expliquer le type, que nous trouvons des preuves de la présence du Christ parmi les enfants de Dieu. Abel, qui avait fait le type des mineurs préposés pour la manifestation de la justice divine, faisait aussi le véritable type du Messias. Nous reconnaissons cette vérité par les opérations de tous les mineurs élus qui ont exercé leurs puissances et leurs vertus spirituelles parmi les hommes des siècles passés, et qui les opèrent encore parmi les hommes d'aujourd'hui. Ces mineurs élus depuis Abel et Enoch sont Noé, Melchisédech, Joseph, Moïse, David, Salomon, Zorobabel et le Messias. Tous ces sujets préposés pour la manifestation de la gloire divine, font le nombre complet dénaire spirituel divin, duquel toute chose, tant spirituelle que matérielle est provenue, ainsi que je l'expliquerai par la suite lorsque je parlerai des types et des époques survenues au corps général et particulier, de même qu'aux mineurs dont je viens de faire mention. Ce sera en effet dans ces explications que vous pourrez vous convaincre de la vérité de ce que j'ai dit par l'égalité, la similitude et le rapport des opérations de ces mineurs avec les opérations d'Abel, ce qui vous fera connaître clairement qu'Abel a fait la véritable figure des opérations du Christ ; de même que vous avez vu Caïn figurer véritablement les opérations du prince
des démons.
qui ont juré de détruire toute création particulière humaine que le Créateur fait faire ou ferait par lui-même après eux, et cela en se servant de ces mêmes créatures dans lesquelles ils insinuent une multitude de leurs passions matérielles démoniaques, qu'ils savent être au gré de la faiblesse des sens de la vie matérielle et spirituelle mineure. Ainsi, ils opèrent des actions chez les mineurs créés en général dans leur forme corporelle, opposés les uns aux autres,
En effet, Caïn, par le meurtre de son frère Abel, nous [111] représente clairement la rage des démons, qui ont juré de dissoudre et de détruire toute espèce de création ; et cela, en se servant des hommes eux-mêmes, dans lesquels ils insinuent une multitude de passions matérielles qu'ils savent être conformes à la faiblesse des sens de la vie matérielle et spirituelle ; et, par le moyen de ces insinuations, ils opèrent chez les mineurs des actions opposées les unes aux autres, et les entretiennent par là dans la confusion.
parce qu'ils agissent par l'instigation et l'intellect démoniaque qui s'exerce continuellement à inspirer d'un instant à l'autre des passions différentes aux mineurs créés, pour les pousser et les mettre en action les uns contre les autres, leur susciter de l'orgueil et une ambition démesurée, pour qu'ils vivent dans la confusion et la discorde spirituelle divine et qu'ainsi les mineurs créés restent dans l'ignorance ténébreuse de la connaissance de leur origine corporelle et spirituelle divine et ignorent jusqu'à la fin des siècles le motif qui les a mis dans le trouble et la peine où ils sont, et qu'ils oublient et refusent définitivement de rendre le culte qu'ils doivent légitimement au Créateur, pour lequel ils sont créés. C'est là l'explication du type de l'assassinat de Caïn.
Aussi voyons-nous qu'il n'y a pas, parmi les hommes de matière, deux pensées, deux actions, deux opérations qui puissent s'accorder. L'acharnement des démons à semer les dissensions parmi les hommes ne tend qu'à leur faire naître des pensées démesurées d'orgueil et d'ambition, afin que les hommes vivent continuellement dans une discorde spirituelle, et qu'ils ne connaissent pas le motif et la cause du trouble et des peines auxquelles ils sont condamnés, et qu'ils perdent entièrement l'idée du culte qu'ils devaient rendre au Créateur.
Caïn était véritablement frère temporel d'Abel, parce qu'ils émanaient, quant à leur forme corporelle, du même homme. Mais, quant au genre d'opération de leur forme corporelle, celle d'Abel était plus spirituelle que matérielle, c'est-à-dire sans excès des sens spiritueux de
Voilà les abominations qui ont été figurées par le crime de Caïn. Abel était véritablement son frère temporel, étant issus tous deux du même homme, mais il n'y avait aucune comparaison à faire entre les opérations qui avaient coopéré à la formation de l'un et de l'autre. La
la matière et sans la protection divine. Mais celle de Caïn fut conçue par l'excès et la propre volupté des sens matériels, Adam étant encore sous le poids de sa prévarication.
En réfléchissant sur ces différents principes d'opération de ces deux formations corporelles de Caïn et d'Abel, vous concevrez que celle d'Abel est véritablement celle du Christ, provenue spirituellement d'une femme ordinaire sans le secours d'opération physique matérielle et sans participation des sens de la matière.
forme de Caïn avait été conçue dans l'excès de la volupté des sens de la matière, et nous [112] retraçait sensiblement la prévarication du premier homme. Celle d'Abel au contraire fut conçue sans excès des sens matériels et avec toute la pureté des lois de la nature ; aussi cette forme était plutôt spirituelle que matérielle, et c'est, par cette conception spirituelle que nous regardons la forme d'Abel comme une vraie figure de la forme du Christ, provenue spirituellement d'une forme ordinaire, sans le secours d'opérations physiques matérielles et sans la participation des sens de la matière.
La formation corporelle du Christ répète celle du corps matériel du premier homme Adam, qu'il prit lui-même de sa prévarication, en sortant de son premier corps de gloire pour entrer dans un corps ordinaire de matière. Quand le Créateur envoya son député mineur pour manifester sa justice divine chez les hommes, ce mineur spirituel, majeur supérieur sur tous les mineurs créés, sortit immédiatement de l'immensité divine. Peut-il y avoir dans tout l'univers un corps aussi glorieux que celui d'où émana ce député mineur ? Cette émanation, ou cette sortie, ne prouve-t-elle pas la sortie du premier mineur créé de son corps de gloire ? L'entrée de ce député majeur spirituel de son corps, ou verbe du Créateur, dans le corps d'une fille vierge, ne vous prouve-t-elle pas l'entrée du premier mineur créé dans les abîmes de la terre, pour se revêtir d'un corps de matière ? Les différentes peines et révolutions que le corps de cette vierge eut dans l'enfantement [et] après l'enfantement, ne sont-elles pas des preuves certaines de la sujétion et des révolutions spirituelles démoniaques que
D'un autre côté, cette formation corporelle du Christ nous retrace l'incorporation matérielle du premier homme, qui, après sa prévarication, fut dépouillé de son corps de gloire, et en prit lui-même un de matière grossière en se précipitant dans les entrailles de la terre. Car, avant que cet esprit divin doublement puissant et supérieur à tout être émané, vint opérer la justice divine parmi les hommes, il habitait le cercle pur et glorieux de l'immensité divine. Mais lorsqu'il fut député par le Créateur, il quitta cette demeure spirituelle pour venir se renfermer dans le sein d'une fille vierge. Or l'absence que fait ce mineur Christ de son véritable séjour ne nous rappelle-t-elle pas l'expulsion du premier homme de son corps de gloire ? L'entrée de ce majeur spirituel, ou verbe du Créateur, dans le corps d'une fille vierge, ne nous rappelle-t-elle pas clairement l'entrée du premier mineur dans les abîmes de [113] la terre, pour se revêtir d'un corps de matière ? Les différentes peines et les révolutions qu'éprouve le corps de cette fille vierge dans la grossesse et l'enfantement, sont la figure
le corps général terrestre endura dans ce temps-là, [et] est obligé d'endurer relativement à la prévarication du premier mineur créé ?
de la sujétion et des révolutions spirituelles démoniaques que le corps général terrestre endurera et est obligé d'endurer relativement à la prévarication d'Adam.
Le Créateur ayant en conséquence maudit toute la terre et l'ayant livrée à des rigoureux pâtiments, les persécutions et les vives poursuites, que les différentes nations ont faites à ce corps vierge et à son provenu, ne prouvent-elles pas physiquement la vive poursuite et persécution que les démons des différentes régions ont faites et font encore au corps général terrestre et particulier, et aux mineurs qui y sont renfermés ?
Dieu, ayant alors maudit la terre et l'ayant livrée à de rigoureux pâtiments, les persécutions que les différentes nations ont faites au corps de la vierge et à son fruit, nous représentent celles que les démons des différentes régions ont faites et font au corps général terrestre et particulier, de même qu'aux mineurs qui y sont contenus.
La défaite de l'individu corporel de ce corps vierge fait par la main des hommes n'est-elle pas une preuve physique que les démons ne peuvent avoir d'autre pouvoir d'action que sur l'individu des formes corporelles apparentes de matière, sans avoir aucun pouvoir d'empêchement sur la réintégration des substances spiritueuses qui composent ces formes corporelles, qui ne sont point provenues d'eux ? Ils peuvent détruire la forme particulière des matières, mais non la générale terrestre, son pouvoir d'action de destruction de son individu étant fixé et limité au temps prescrit par le Créateur.
La défaite du corps de Christ, détruit par la main des hommes, nous prouve bien aussi que les démons ont pouvoir sur les formes corporelles de matière apparente ; mais il faut savoir que ces mêmes démons ne peuvent empêcher la réintégration des substances spiritueuses qui composent les formes, ces substances n'étant point provenues d'eux. Ils peuvent bien aussi détruire la forme particulière, mais non la forme générale terrestre, qui ne doit finir qu'au temps prescrit et limité par le Créateur.
Ce crime de Caïn et de ses deux soeurs est une preuve certaine et physique de la vive tentation et persécution des démons pour la séduction et perdition spirituelle des différents mineurs sous les deux sexes. La défaite de l'individu du corps d'Abel en présence de ses deux soeurs était le type réel de la défaite de l'individu corporel du Christ, qui fut
La défaite de l'individu corporel de Christ, opérée par les hommes en présence des deux femmes, Marie de Zébédée et Marie Madeleine, avait été figurée par [114] le meurtre commis par Caïn sur son frère Abel en présence de ses deux soeurs. Les deux femmes que je viens de nommer, suivirent le Christ dans toutes ses opérations spirituelles divines,
opérée par les hommes en présence de deux formes féminines que l'Ecriture appelle Marie-Zébédée et Marie-Magdalaine, qui avaient exactement suivi le Christ dans toutes ses opérations spirituelles divines, ainsi que les deux soeurs de Caïn avaient suivi leur frère dans ses opérations démoniaques.
ainsi que les deux soeurs de Caïn avaient suivi leur frère dans toutes ses opérations démoniaques.
L'effusion du sang du juste Abel répandu sur la terre est le véritable type de la ressemblance de celui que le Messie devait répandre et qu'il a répandu. Ce sang versé sur la terre est le vrai type de la réaction et réalité de la grâce divine, qui a fait paix et miséricorde à la terre et à ses habitants, le type de l'alliance que le Créateur devait faire avec sa créature après sa réconciliation, ainsi qu'on peut le voir par la réconciliation et l'alliance que le Créateur a faite avec Adam après le sacrifice du sang d'Abel. On trouve la confirmation de cela par la circoncision d'Abraham, qui annonça à ce père de multitude sa réconciliation parfaite avec le Créateur et l'alliance que le Créateur faisait avec lui par l'effusion de son sang sur la terre. L'effusion du sang du Christ sur la terre est la confirmation de tous les types dénommés ci-dessus, puisque, par cette effusion la terre trembla. Ce tremblement fit sentir à toute la nature sa réconciliation et l'alliance que le Créateur faisait avec elle et avec ses habitants. Voilà l'explication des types que fait Abel et le sacrifice de son sang dans la nature universelle.
Ce ne sont pas là les seuls rapports que nous puissions reconnaître entre les opérations du Christ et les opérations des premiers mineurs. Nous ne pouvons ignorer que le sang qui a coulé du corps du juste Abel ne soit le type et la ressemblance certaine de celui que le Christ devait répandre, et qu'il a effectivement répandu. Ce sang d'Abel, répandu sur la terre, est le véritable type et la réaction de l'action de la grâce divine, qui a fait paix et miséricorde à la terre et à ses habitants. C'était également le type de l'alliance que le Créateur devait faire avec sa créature après sa réconciliation, ainsi que nous avons vu le premier homme rentrer en grâce auprès du Créateur immédiatement après le sacrifice d'Abel. Ceci n'a-t-il pas été répété clairement par la circoncision d'Abraham, par laquelle ce père de multitude obtint sa réconciliation parfaite auprès du Créateur, et ce fut par l'effusion de son sang que ce patriarche connut l'alliance que l'Eternel faisait avec lui ? N'est-il donc pas sensible que l'effusion du sang de Christ est la confirmation de tous ces types qui ont précédé, puisque l'effusion de ce sang, en faisant [115] trembler la terre, fit ressentir à toute la nature sa réconciliation et l'alliance que le Créateur faisait avec elle et avec ses habitants ?
TAVous me demanderez quel est le type de l'obscurcissement du soleil, qui se
Puisque j'ai commencé à vous parler des événements qui ont accompagné les
fit lorsque la terre trembla. L'obscurcissement, ou l'éclipse du soleil qui survint dans le corps céleste est le véritable type de la réalité du fléau survenu aux esprits démoniaques que le Christ par son opération divine réduisit plus fort que jamais dans d'épaisses ténèbres de privation de puissance contre la créature générale et particulière. Cette éclipse est encore le type de l'obscurcissement où les Hébreux furent, après qu'ils eurent éclipsé de leur mémoire les saints noms divins qui conduisaient auparavant toutes leurs opérations naturelles temporelles et spirituelles divines. Cette éclipse est encore le type des incrédules, qui restent et resteront jusqu'à la fin des siècles dans l'aveuglement et dans les ténèbres de privation de la lumière divine.
opérations du Christ, en vous expliquant le tremblement de terre qui arriva pour lors, vous pourriez aussi me demander l'explication de l'obscurcissement du soleil qui arriva dans le même temps. Je vous dirai que l'éclipse qui arriva dans la partie céleste est le type réel du fléau survenu aux esprits démoniaques que le Christ, par son opération, réduisit plus bas qu'ils ne l'étaient dans leur privation de puissance contre la création générale et particulière. Cette éclipse rappelait en outre les ténèbres de l'ignorance, où les Hébreux se trouvèrent plongés lorsqu'ils eurent éclipsé de leur mémoire les saints noms divins qui conduisaient auparavant toutes leurs opérations naturelles, temporelles, spirituelles et divines. Elle figurait aussi l'aveuglement des incrédules, qui restent et resteront jusqu'à la fin des siècles dans la privation de la lumière divine.
Elle est encore le type de la matière générale qui s'éclipse à la [fin du] temps de sa durée et s'effacera de la présence de l'homme comme un tableau s'efface de l'imagination du peintre. Le principe de la matière du corps général n'est autre chose au Créateur qu'un tableau spirituel conçu dans son imagination. Ainsi, tout être corporel et spirituel créé était compris dans ce tableau divin qui est appelé l'image ou ressemblance divine : image par la formation des corps, et ressemblance par le mineur spirituel créé.
Cette éclipse ferait enfin le véritable type de la matière générale, qui s'éclipsera entièrement à la fin des temps, et s'effacera de la présence de l'homme comme un tableau s'efface de l'imagination du peintre. Par cette dernière comparaison vous pouvez entendre que le principe de la matière du corps général [116] n'est autre chose pour le Créateur qu'un tableau spirituel conçu dans son imagination. Ainsi, dans ce tableau spirituel était compris tout être corporel, mais toutefois sans substance de matière. Ce tableau contenait principalement le mineur spirituel qui devait contribuer à la formation des corps.
Après vous avoir expliqué l'éclipse qui se fit à la mort du député du Créateur, suit le type de la rupture du voile du temple qui se fit dans le même
Si j'ai expliqué, me direz-vous, l'éclipse considérable arrivée lors de la mort du Christ, je peux bien aussi vous expliquer quel est le type de la rupture du
temps. Elle est un type considérable pour l'avantage du mineur spirituel, qui aura le bonheur d'être compris au nombre ou rang de ceux que le Créateur récompensera de sa plus grande gloire spirituelle divine. Ce voilé brisé est le véritable type de la délivrance du mineur en privation de la présence du Créateur. Il explique aussi la réintégration de la matière apparente, qui voile et sépare tout être mineur créé de la connaissance parfaite de toutes les oeuvres considérables qu'opère, à chaque instant, le Créateur, pour sa plus grande gloire. La rupture de ce voile explique encore l'abattement, la descente et le déchirement des sept cieux planétaires, qui voilent par leur corps de matière aux mineurs spirituels la grande lumière divine qui règne dans le surcéleste divin. Le déchirement de ce voile explique encore la rupture de celui qui cachait et voilait à la plus grande partie des mineurs créés la connaissance des oeuvres du Créateur, qu'il opère par sa plus grande justice en faveur de sa créature,
voile, qui arriva dans le même temps. J'y consens dans l'espérance que cela vous sera profitable selon votre bon désir, je vous dirai donc que votre rupture du voile du temple est un type considérable pour l'avantage du mineur spirituel qui aura le bonheur d'être compris au rang de ceux que le Créateur récompensera de sa plus grande gloire spirituelle divine. Ce voile déchiré est le véritable type de la délivrance du mineur privé de la présence du Créateur. Il explique la réintégration de la matière apparente qui voile et sépare tout être mineur de la connaissance parfaite de toutes les oeuvres considérables qu'opère à chaque instant le Créateur pour sa plus grande gloire. Il explique le déchirement et la descente des sept cieux planétaires, qui voilent, par leur corps de matière, aux mineurs spirituels la grande lumière divine qui règne dans le cercle céleste. Il explique encore la rupture de celui qui cachait et voilait à la plus grande partie des mineurs la connaissance [117] des oeuvres que le Créateur opère pour sa plus grande justice en faveur de sa créature.
ainsi que Moïse l'a fait concevoir en donnant aux Hébreux la connaissance de la volonté de l'Eternel, en leur faisant part de la loi divine, qu'il leur lut et récita, la face voilée. Ce voile rouge, qui cachait aux Hébreux la face de Moïse et les tables sur lesquelles étaient écrites les intentions et la volonté du Créateur concernant son peuple, explique très parfaitement les esprits pervers démoniaques, qui servent de voile scandaleux à tous les mineurs qui se sont liés intimement avec eux par les oeuvres iniques qu'ils opèrent à tout instant contre le Créateur et la créature, pour les contenir en privation des connaissances spirituelles divines. Moïse donna la loi
Moïse nous a fait concevoir clairement cette dernière figure en donnant aux Hébreux la connaissance de la loi divine, qu'il leur récita la face couverte d'un voile rouge. Ce voile rouge, qui cachait au peuple la face de Moise et les tables sur lesquelles étaient écrites l'intention et la volonté du Créateur, représentent très parfaitement les esprits pervers qui servent de voile scandaleux à tous les mineurs qui ont fait fonction avec eux. La couleur rouge de ce voile représente l'insinuation de l'intellect démoniaque dans les principaux sens de la forme du mineur, qui le prive de toute communication des sens spirituels divins, et le rend incapable de retenir aucune
aux Hébreux, la face couverte ; le voile qui le cachait à Israël était rouge. Cette face cachée explique l'état funeste de privation des connaissances spirituelles divines où il devait être réduit par l'alliance cupide et matérielle que Moise voyait distinctement que ce peuple élu était à même de contracter avec les princes des démons, et que, par ce moyen, ils seraient errants et soustraits à la connaissance parfaite du type spirituel divin que ce même Moïse opérait journellement parmi eux. La couleur rouge du voile explique l'insinuation de l'intellect démoniaque dans les principaux sens de la matière corporelle du mineur, qui la voile et la prive de toute communication des sens spirituels divins, et rend cette même forme hors d'état d'être susceptible de retenir aucune impression spirituelle.
impression spirituelle, soit par type, soit par mystère, soit même en nature pure et simple spirituelle. La face de Moïse voilée annonçait l'état de privation des connaissances divines où Israël allait être réduit par les alliances, que Moise voyait que le peuple allait faire avec le prince des démons, et l'ignorance où ce peuple allait tomber, du type spirituel que Moïse opérait devant lui.
Voilà d'où sont provenus les enfants de la grâce divine au préjudice des Hébreux, qui sont depuis lors appelés "enfants de ténèbres" ou "enfants du sang de la matière". Ne vous endormez cependant pas sur la grâce que vous possédez au préjudice d'Israël. La réprobation du peuple hébreu, ou de cette nation élue par le Créateur pour manifester sa gloire, n'est qu'un type frappant de la réalité d'un fait qui doit survenir un jour à la face de l'univers, aux dernières révolutions qui arriveront à la nature vers la fin de toute durée. Ainsi s'explique le meurtre de Caïn et de ses deux soeurs complices du crime.
C'est par ses alliances criminelles que les Hébreux sont appelés depuis : les enfants des ténèbres et enfants du sang de la matière, et qu'ils ont été remplacés par ceux que l'on appelle : enfants de la grâce divine. Mais ces nouveaux enfants doivent bien [118] prendre garde de s'endormir par la grâce qu'ils possèdent au préjudice du peuple Hébreu : la réprobation de ce peuple n'était qu'un type frappant de la réalité d'un fait qui doit survenir un jour à la face de l'univers et dont je parlerai dans l'explication des révolutions dernières qui surviendront à la créature vers la fin de toute durée.
TAAdam ayant été réconcilié avec le Créateur par le moyen et le secours de son fils Abel, cette réconciliation était d'autant plus nécessaire à la nature entière, que sans elle toute chose créée aurait été changée en une nature opposée
Je me suis assez étendu sur l'explication des types de Caïn et d'Abel ; je vais maintenant vous parler de la postérité subséquente d'Adam. J'ai montré comment Adam avait été parfaitement réconcilié par le moyen
à celle qui existe actuellement. Mais comme l'immutabilité du Créateur est inébranlable, il ne lui fut point difficile de trouver un moyen pour que tout ce qu'il avait fait restât dans son premier principe de loi, de forme et de création, pour que la manifestation de la gloire du Créateur s'opérât dans toute son étendue, suivant ce qu'il avait pensé être fait à l'avantage de la créature et la plus grande molestation des premiers des démons ; ce qui se conçoit par la troisième postérité mâle qu'Adam eut après l'entière destruction de l'individu Abel. Adam eut une troisième postérité au gré du Créateur, qu'il nomma Seth, c'est-à-dire admis à la postérité de Dieu. TADans cette postérité furent transmis les dons puissants que le Créateur avait donnés à Abel, avec même plus d'action et puissance spirituelle divine qu'Abel n'en avait eu, attendu que le type d'Abel devait être le type sensible de réconciliation spirituelle, et que celui de Seth était bien pour le même sujet. Mais il était encore un type de la stabilité des lois de la stature, du cours de ses différentes révolutions et des événements temporels qui se passeront chez elle, au moment qu'elle devra s'effacer aux yeux de celui qui l'a fait naître dans son imagination divine.
d'Abel. Vous concevez aisément que, sans cette réconciliation, la nature universelle, générale et particulière, n'existerait pas de la manière dont elle existe aujourd'hui, quoique le temps de sa durée eût été le même. Mais comme le Créateur avait mis dans Abel tous les dons nécessaires pour opérer, dans toute son étendue, la manifestation de la gloire divine à l'avantage de la créature et à la honte des démons, il fallait, après la mort d'Abel, que tous ces dons fussent réversibles sur un autre mineur. Les décrets du Créateur s'opèrent et s'opéreront toujours avec une immutabilité irrévocable. Adam conçut donc, au gré du Créateur, une troisième postérité, qu'il nomma Seth, qui veut dire admis à la postérité de Dieu. Ce fut cet être mineur spirituel qui hérita de tous les dons puissants qu'avait possédés Abel, parce qu'Abel ne devait être qu'un type simple de [119] réconciliation spirituelle ; au lieu que Seth avait, non seulement ce même type à opérer, mais encore celui de la stabilité des lois de la nature, du cours de ses différentes révolutions et des événements temporels qui se passeront chez elle, au moment où elle s'effacera des yeux de celui qui l'a fait naître dans son imagination divine.
Le Créateur instruisit lui-même, par la voie de son messager spirituel nommé Héli, le bienheureux homme Seth des secrets ressorts spirituels divins, qui contenaient et dirigeaient toute la nature créée, tant matérielle que spirituelle. Il reçut lui-même directement du Créateur, par l'esprit susdit, toute connaissance des lois immuables du Créateur, et de celles que l'Eternel avait données à toutes ses créatures. Il apprit, par là, à connaître que toute loi de création temporelle et
Pour cet effet, le Créateur instruisit lui-même par la voie de son envoyé spirituel Héli, le bienheureux homme Seth des secrets ressorts spirituels divins qui contenaient et dirigeaient toute la nature, tant matérielle que spirituelle. Il reçut immédiatement du Créateur, par l'esprit, toute connaissance des lois immuables de l'Eternel, et apprit par là que toute loi de création temporelle et toute action divine étaient fondées sur différents nombres. Il apprit par ce même
toute action divine était fondée par les différents nombres, ainsi que Héli lui avait enseigné que tout nombre était coéternel avec le Créateur, et que c'était même par ces différents nombres que le Créateur formait toute figure créée, toutes ses conventions de création et celles avec ses créatures. Et vous aurez par moi la connaissance des nombres coéternels qui sont innés dans le Créateur.
Héli que tout nombre était coéternel avec le Créateur, et que c'était par ces différents nombres que le Créateur formait toute figure, toutes ses conventions de création, et toutes ses conventions avec sa créature. Pour que vous ne doutiez pas de cette vérité, je vous donnerai la connaissance des nombres coéternels qui sont innés dans le Créateur.
Vous avez ouï-dire à tous les sages passés et présents dans ce bas monde que le nombre dénaire était un nombre respectable à tous égards, puisqu'il leur avait été enseigné par les forces de leur persévérance dans leurs opérations toutes spirituelles divines. Ainsi ces sages se sont attirés par ce moyen les mêmes dons spirituels divins du Créateur, ainsi que le bienheureux homme Seth les avait reçus pour le bien et l'avantage de sa postérité. TALa majeure partie des sages qui ont reçu de pareils dons du Créateur ne les ont point reçus positivement pour leur postérité charnelle, quoiqu'ils fussent accouplés à des mineurs féminins, selon la volonté du Créateur. Ce qui prouve que ce n'était point pour des postérités charnelles, c'est que la plupart de ces sages n'ont point eu d'enfants charnels, ne devant être occupés qu'à l'éducation et l'instruction des enfants spirituels que le Seigneur leur assignerait pour les disposer par là à servir d'instruments pour la manifestation de la gloire divine.
Vous savez sans doute que tous les sages passés et présents ont toujours regardé le nombre dénaire comme respectable à tous égards. Les sages n'ont eu et n'ont encore tant de respect pour ce nombre dénaire que parce qu'ils ont appris à en connaître la [120] force par leur persévérance dans leurs opérations spirituelles divines, par le moyen desquelles ils ont obtenu les mêmes dons qui avaient été donnés à Seth. Ces sages n'ont point obtenu ces dons pour leur postérité charnelle, la plupart n'en ayant point eu, quoiqu'ils fussent unis à des mineurs féminins selon la volonté du Créateur ; mais ils n'employaient ces dons qu'à l'éducation et l'instruction des enfants spirituels que le Créateur leur assignait, pour les disposer par là à devenir des instruments de la manifestation de la gloire divine.
TACes sages ont perpétué parmi leur postérité spirituelle la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu. Seth avait reçu ce nombre fameux du Créateur. Ces sages eurent,
C'est parmi cette postérité spirituelle qu'ils ont perpétué la connaissance de ce fameux nombre dénaire, dans lequel toute espèce de nombre de création était contenu, et d'où ils eurent la faculté de tirer tous les nombres terrestres, mineurs,
ainsi que Seth, la faculté de sortir tous les nombres terrestres, mineurs, majeurs et supérieurs qui étaient innés dans le nombre dénaire, ainsi qu'il m'a été dit de l'enseigner aux hommes de désir, et que je l'ai appris par ceux qui étaient chargés de me le démontrer. Observez que dans le nombre dénaire sont contenues les quatre puissances divines du Créateur.
Voici, en caractères arithmétiques, le nombre dénaire. Voyez la figure qui suit : 1, 2, 3, 4. L'addition de cette figure porte le nombre 10 qui est la grande et première puissance divine, dans laquelle les autres trois sont contenues, ainsi que je vais vous extraire la seconde par la figure pure et l'addition des caractères d'arithmétique qui suivent. 3 et 4 produisent 7, qui fait la seconde puissance divine du Créateur. Voici l'extrait de la troisième addition : 1 et 2 font 3, et 3 font 6, qui est la troisième puissance divine du Créateur. Pour la quatrième, additionnez les nombres 1 et 3 qui font 4. C'est par ce dernier nombre quaternaire que l'on conclut et définit les quatre puissances divines du Créateur contenues dans son nombre coéternel dénaire.
majeurs et supérieurs qui y étaient innés, ainsi qu'il a été enseigné au bienheureux homme Seth, et qu'il m'a été dit de l'enseigner à l'homme de désir. Je vous répondrai donc, selon que je le tiens de ceux qui ont été chargés de me le montrer, que le nombre dénaire remplit les quatre nombres de puissance divine. Je place devant vous le nombre dénaire en quatre figures différentes de caractères d'arithmétique : 1, 2, 3, 4. Additionnez ces quatre caractères en cette manière : 1 et 2 font 3, 3 et 3 font 6, 6 et 4 font 10, vous trouverez votre nombre dénaire, qui est la grande et première puissance divine, dans laquelle les trois [121] autres nombres sont contenus, ainsi que vous pouvez le voir par les additions suivantes : 3 et 4 produisent le nombre 7 qui fait la seconde puissance du Créateur ; 1 et 2 font 3, 3 et 3 font six, voilà la troisième puissance du Créateur ; enfin additionnez 1 et 3 et vous aurez 4 ; et c'est le nombre quaternaire qui termine et conclut les quatre puissances divines du Créateur contenues dans son nombre coéternel dénaire.
Il convient pour votre instruction que je vous donne l'application de ces nombres pour connaître à quoi ils ont été employés par le Créateur pour les effets de la création universelle générale et particulière des différents êtres créés.
Le nombre dénaire ne souffre point de division, il est indivisible, c'est lui qui complète, divise et subdivise tout être de nombre inné dans la loge universelle, générale et particulière, corporelle et animale, spirituelle divine. Aussi, ce fameux nombre ne peut jamais être opéré
Il convient, pour votre plus grande instruction, que je vous donne l'application de ces quatre nombres, afin que vous puissiez connaître à quel usage chacun d'eux a été employé par le Créateur pour la création universelle, générale et particulière. Je vous dirai donc que le nombre dénaire est un nombre indivisible ou qui ne peut souffrir aucune division. C'est lui qui complète, divise et subdivise tout être de nombre inné dans le temple universel, général et particulier, corporel, animal, spirituel, divin. C'est pourquoi ce fameux nombre a
que par le Créateur, mais non par aucun être spirituel doublement puissant simple et mineur, n'étant qu'au seul pouvoir et puissance de l'éternel Créateur. Aussi, ce fameux nombre a toujours été respecté des sages comme un nombre seul et unique, représentant la quadruple essence divine ; respectable en conséquence à tous égards par tout être spirituel créé provenu par ce même nombre. Nul sage n'a fait usage de ce nombre, l'ayant toujours en grande vénération par respect pour la Divinité.
toujours été regardé par les sages comme le nombre unique et représentant la quatriple essence divine, et, en conséquence, comme très respectable de tout être spirituel provenu de ce nombre. C'est aussi pourquoi ce nombre ne peut être opéré que par le Créateur, et non par aucun être spirituel doublement puissant, simple et mineur, et à cette considération nul sage n'a fait usage de ce nombre, réservant toujours, par respect, à la Divinité. [122]
Voilà l'explication et l'emploi du premier nombre, qui explique la première puissance du Créateur. Par la figure 10, ou , de ce nombre fameux, le Créateur a toujours conçu son imagination pensante de création spirituelle divine et temporelle. Je parlerai, à présent, de l'emploi septénaire que le Créateur a sorti de son nombre absolu dénaire pour la manifestation de sa gloire divine.
Voilà quel est l'emploi du nombre dénaire ou de la première puissance divine, que l'on figure ainsi 10 ou et c'est par ce nombre que l'imagination pensante divine a conçu la création spirituelle divine, temporelle. Passons au nombre septénaire.
Le nombre septénaire est le nombre plus que parfait que le Créateur employa pour la création de tout esprit qu'il émancipa de son immense circonférence divine, pour être le premier agent de la cause certaine qui contribue à opérer toutes espèces de mouvements dans quelque espèce de forme corporelle créée dans le cercle universel. Quelle est l'espèce de forme corporelle qui subsiste dans l'univers, d'où peut provenir le sonore, le mouvement, l'action, le résonnement réfléchi dans ces formes matérielles ? Pourrait-il y avoir toutes ces choses sans un être inné que nous appelons particule de feu incréé, axe feu central, qui les rend susceptibles d'être mises en mouvements ?
Le nombre septénaire, qui est sorti du nombre absolu dénaire, est le nombre plus que parfait que le Créateur employa pour l'émancipation de tout esprit hors de son immensité divine. La classe d'esprits septénaires devait servir de premier agent et de cause certaine, pour contribuer à opérer tout espèce de mouvement dans les formes créées dans le cercle universel. Qu'observons-nous dans toutes ces formes ? Du sonore, du mouvement, de l'action et de la réaction. Toutes ces différentes qualités et propriétés des formes ne nous seraient pas sensibles, si ces formes n'avaient en elles un être inné que nous appelons particule du feu incréé excentral, qui les rend susceptibles de toutes les actions que nous observons en elles.
Or donc, s'il y a un être inné dans la forme corporelle, le mouvement qui se fait dans ces mêmes formes ne provient donc pas de cet être inné, puisqu'il faut qu'il y ait une cause supérieure et principale qui opère et réactionne sur elles, pour être inné et servir ensuite de mouvement parfait, pour l'entretien et le soutien de l'action des formes corporelles terrestres, que les Principaux agents spirituels divins font opérer sur leurs [lacune ?] et pensées et volontés, ainsi qu'ils désirent [?] qu'il soit fait et qu'il soit conçu, et que nous voyons être, ainsi que je dis, par les différentes actions qu'ils font opérer aux différentes formes corporelles sur lesquelles ils résident comme chefs de toute action et mouvement. C'est par tout ce que j'ai dit ci-dessus à cet égard qu'il nous a été enseigné que la forme corporelle humaine était avec certitude l'organe de l'âme, ou du mineur créé, et l'on ne pouvait concevoir avec sécurité et entendre les facultés et les différentes actions de ces agents premiers susdits, que par les différentes opérations et actions que les mineurs supérieurs enfermés dans notre forme font opérer aux yeux de leurs semblables. Voilà l'explication de la vertu et faculté puissante du nombre septénaire, son émanation du nombre dénaire et l'emploi que le Créateur en a fait, pour opérer la création seule des différents esprits créés à la ressemblance divine. Voilà comme le nombre septénaire nous explique la seconde puissance du Créateur.
Mais toutes ces actions et ces mouvements des formes matérielles ne peuvent pas provenir de ce seul principe inné, et ce principe ou cette particule de feu incréé ne produirait jamais rien dans les formes corporelles, s'il n'était réactionné par une cause principale et supérieure qui l'opère et le rend propre au mouvement et à l'entretien de ces mêmes formes. Cette cause supérieure, ainsi que nous le voyons, n'est autre [123] chose que ces agents septénaires spirituels divins, qui président comme chefs aux différentes actions et aux différents mouvements de tous les corps auxquels ils font opérer leurs pensées et leur volonté selon qu'ils les ont conçues. Ceci nous est figuré réellement par ce qui a été enseigné précédemment, que la forme corporelle humaine était l'organe de l'âme du mineur, et l'on ne peut mieux concevoir les facultés et le pouvoir de ces agents septénaires sur les êtres corporels, que par les différentes opérations que les mineurs mêmes produisent par leurs actions sur leurs propres formes, et qui se passent aux yeux de leurs semblable. Voilà qu'elle est la vertu et la faculté puissante du nombre septénaire, son émanation du nombre dénaire, et l'emploi que le Créateur en a fait pour l'émancipation des esprits formés à sa ressemblance ; et ce nombre est la seconde puissance de la Divinité.
Je vais vous parler du nombre sénaire, qui est également un nombre émané du fameux dénaire. Le nombre sénaire n'est pas aussi parfait que le septénaire, ni aussi puissant en vertu spirituelle que
La troisième puissance divine ou le nombre sénaire est également émané du fameux nombre dénaire. Ce nombre sénaire n'est pas aussi parfait ni aussi puissant en vertu spirituelle que le
lui ; et cela parce que le nombre sénaire peut se diviser en deux parties égales par 2 fois 3 ; ce qui ne peut être fait du septénaire, sans détruire sa vertu, sa puissance et propriété spirituelle divine. Du nombre sénaire, le Créateur a tout créé dans le cercle universel. N'est-il pas vrai que la Genèse dit que le Créateur a tout créé dans l'espace de six jours de temps ? Il est donc vrai que le Créateur peut avoir opéré par les six pensées divines pour la création universelle, générale, particulière, corporelle, céleste et terrestre de cet univers. Quoique le Créateur en ait usé de la sorte pour cette création, il ne faut point croire que la Genèse ait voulu borner la Divinité, dans ses oeuvres de création, à six années ou six jours. Le Créateur n'étant qu'un pur esprit, il n'y a en lui aucun temps, puisqu'il n'a point d'étendue. Mais il peut avoir opéré six pensées divines pour faire sentir à toute la création spirituelle et corporelle la durée et l'étendue des temps que la création opérerait dans le cercle universel. Voilà l'explication de la vertu et faculté du nombre complet sénaire, son émanation, et le nombre et l'emploi que le Créateur en a fait pour opérer toute création de forme apparente de matière, pour la création des différentes formes corporelles permanentes dans cet univers. En vertu de ce nombre, les sages ont acquis la connaissance, ou le principe des formes, et les bornes que le Créateur a mises pour la durée de leur cours dans toutes leurs actions temporelles et passives. De là il nous est encore enseigné que tout être corporel se réintégrera dans son premier principe d'émanation, par le même nombre qui l'a produit ; la troisième puissance du Créateur à la troisième essence divine [par ?] l'esprit du nombre sénaire. Après vous avoir expliqué les trois différents
nombre septénaire, et cela parce que le nombre sénaire peut se diviser en deux parties égales ou deux fois trois, ce qui ne se peut pas faire sur le nombre septénaire sans le détruire et le dénaturer. Le nombre sénaire est celui par lequel le Créateur fit sortir de sa pensée toutes les espèces d'images de formes corporelles [124] apparentes qui subsistent dans le cercle universel. La Genèse n'enseigne-t-elle pas que Dieu a tout créé en six jours ? Il ne faut pas croire par là que la Genèse ait voulu borner la puissance de la Divinité en lui limitant un temps, soit de six jours, soit de six années. Le Créateur est un pur esprit supérieur au temps et à la durée successive, mais il peut avoir opéré six pensées divines pour la création universelle, et ce nombre six appartient effectivement à la création de toute forme de matière apparente. Par ce même nombre, le Créateur fait sentir à sa créature, tant spirituelle que temporelle, la durée de temps que doit subsister la création universelle. Voilà quels sont la vertu du nombre sénaire et l'emploi que le Créateur en a fait. C'est par là que les sages ont acquis la connaissance du principe des formes et des bornes que le Créateur a mis à la durée de leur cours ; c'est encore là que nous apprenons que tout être corporel se réintégrera dans son premier principe d'émanation par le même nombre qui l'a produit. Venons au nombre quaternaire ou à la quatrième puissance du Créateur.
nombres des trois puissances divines, je vous expliquerai le quatrième nombre qui exprime et complète la quadruple essence du Créateur.
Le nombre quaternaire est un nombre plus considérable, plus parfait et même plus puissant que le nombre sénaire. Il est plus considérable, parce que c'est lui qui contribue à la perfection des formes prises dans la matière indifférente ; il est plus parfait, parce qu'il donne l'action et le mouvement à la forme corporelle ; il est plus puissant, parce que c'est lui qui préside sur tout être créé, comme étant le principal nombre d'où tout est provenu. Nous l'appelons être, ou nombre de verbe puissant du Créateur, puisqu'il émane de lui toute espèce de nombre de création divine spirituelle et terrestre, ainsi que je vous l'ai fait comprendre par la division du nombre quaternaire, que j'ai fait ailleurs lui rapporter par son addition générale le nombre dénaire.
Le nombre quaternaire, qui est celui qui complète la quatriple essence divine, est infiniment plus parfait et plus considérable que le nombre sénaire, parce que c'est lui qui contribue à la perfection des formes prises dans la matière indifférente, parce qu'il donne le mouvement et l'action à la forme corporelle, [125] et parce qu'il préside à tout être créé comme étant le principal nombre d'où tout est provenu. Ainsi nous l'appelons nombre devenu puissant du Créateur, comme contenant en lui toute espèce de nombre de création divine, spirituelle et terrestre, ainsi que je vous l'ai fait comprendre par les différentes additions des quatre caractères qui composent ce nombre quaternaire, et par l'addition totale de ces mineurs, caractères que vous a rendus le nombre dénaire.
De cette division, toute espèce de nombre, de vertu, de puissance, de propriété et de faculté données à l'homme par le Créateur, émane. Dans lui, l'homme doit apprendre à connaître tous les nombres de puissance spirituelle divine qui sont innés en lui, lorsqu'il a eu le malheur d'avoir été privé de cette puissance essentielle. Les moyens de pouvoir se procurer cette connaissance seront expliqués dans la suite. Je reviendrai à l'explication finale du nombre quaternaire. Ce nombre est celui que le Créateur employa pour la création de l'être mineur. C'est ce même nombre qui fait que l'âme de l'homme, ou le mineur spirituel, est appelé vie éternelle, ou impassive ; ce que vous explique la
C'est par ces différentes additions que sont désignées les différentes facultés et les différentes puissances que l'homme a reçues du Créateur. C'est pourquoi c'est dans le nombre quaternaire que l'homme doit apprendre à connaître tous les nombres de puissances spirituelles qui sont innées en lui, puisqu'il a eu le malheur d'être privé de ces connaissances. Le nombre quaternaire enfin est celui dont le Créateur s'est servi pour l'émanation et l'émancipation de l'homme ou du mineur spirituel ; ce qui fait que l'âme est appelée vie éternelle ou impassive, ainsi que je vais vous le faire comprendre.
figure triangulaire qui a été mise extrêmement en vigueur par tous les sages des différentes nations.
On a toujours observé de mettre une figure triangulaire au sommet d'un édifice ou sur un frontispice. Cette figure n'est point un fait de l'imagination du constructeur ; elle existe avant lui. L'emploi de cette figure a été mis en vigueur et en opération par Adam, Hénoc, Noé, Moïse, Salomon et le Christ. Cette même figure [a] été mise en nature de forme par ces sujets. Elle est mise en nature sur nous-mêmes. Elle est mise au sommet de nos autels. On nous a appris que le triangle représente trois choses, que l'on distingue par ses trois angles égaux et que l'on nomme le père, le fils et le saint esprit. Cette figure peut bien être interprétée de cette façon, mais cette figure ne peut pas expliquer la Trinité divine, puisqu'elle n'est point susceptible de forme corporelle. Donc, cette forme triangulaire explique le véritable principe des essences spiritueuses, qui ont coopéré à la forme générale terrestre, ainsi que je l'explique par la figure . L'angle supérieur explique [le] mercure, l'angle midi le souffre, et l'angle nord le sel. L'intime liaison de ces trois essences forme la figure triangulaire qui fait que, par ce moyen, ces trois principes indifférents ont pris forme et n'ont fait qu'une seule figure et un même corps qui représente un corps général terrestre, que nous divisons en trois parties.
Vous devez savoir que la figure triangulaire a toujours été regardée comme très importante parmi tous les sages des différentes nations. Adam, Enoch, Noé, Moïse, Salomon, le Christ ont fait un grand usage de cette figure dans leurs travaux. Nous voyons qu'aujourd'hui même on observe avec soin de placer ce triangle sur nos hôtels, au sommet et [126] au frontispice des bâtiments. Je demande si cette figure peut être le fruit de l'imagination du constructeur ? Cela n'est pas possible puisqu'elle existe avant lui et qu'elle est en nature sur notre propre corps. On ne peut pas croire non plus que ce triangle soit la figure de la Trinité, quoique l'on donne aux trois angles d'un triangle équilatéral les noms de Père, de Fils et de Saint Esprit, parce qu'enfin la Trinité ne peut être figurée par aucune forme sensible aux yeux de la matière. Cette figure ne représente donc autre chose que les trois essences spiritueuses qui ont coopéré à la forme générale Terrestre dont voici la figure . L'angle inférieur représente le Mercure ; l'angle vers le midi représente le Soufre, et l'angle vers le nord représente le Sel. Or, ce n'est que la jonction du principe spirituel ou du nombre quaternaire à ces trois essences qui leur a donné une liaison intime, et leur a fait prendre une seule figure et une seule forme, qui représente véritablement le corps général terrestre divisé en trois parties : Ouest, Nord et Sud.
Voilà bien la puissance du nombre quaternaire expliquée clairement dans tout son contenu, soit pour la forme et la figure du corps général et particulier
Voilà comment, par la jonction du nombre l avec le nombre 3, nous démontrons la grande puissance du nombre quaternaire qui complète
terrestre, ainsi que vous devez le comprendre par l'addition de 1 avec 3, que j'ai marquée ci-devant, dont le produit 4, qui réplique définitivement la quadruple essence divine du Créateur, [est] représentée par la figure triangulaire et son centre duquel les trois points angulaires émanent ; et les quatre lettres qui sont écrites au centre du corps triangulaire nous expliquent encore que tout être de création reste contenu au centre du Créateur dans sa quadruple essence, dont l'esprit mineur, par son émanation divine, explique la quadruple essence du Créateur universel. Voilà l'utilité et l'emploi, que le Créateur a fait du nombre quaternaire dans la création universelle divine.
parfaitement la quadruple essence divine. C'est du centre de ce triangle que les trois pointes angulaires émanent. Ce centre est composé de quatre lettres ; nous voyons donc bien clairement que tout être de création est [127] soumis et provient de la quatriple essence divine, et que l'esprit mineur, par son émanation quaternaire, porte réellement le nom de cette quatriple essence.
Telles sont les instructions spirituelles que Seth avait reçues du Créateur par la voie d'Héli, son premier messager doublement puissant. TAPar là, ce bienheureux homme Seth avait reçu toute puissance et connaissance, sans exception, des opérations divines de l'esprit divin, et non, comme on le pense, qu'il les tenait de son père Adam. Car celui-ci, par sa prévarication, avait dégradé son être de puissance spirituelle et ne lui ayant resté, après sa réconciliation, qu'une simple puissance mineure, qu'il n'était point en son pouvoir encore de transmettre de son chef et sans user [de l']autorité suprême, qu'il ne pouvait obtenir que par un long et pénible travail de corps, d'âme et d'esprit. En conséquence, il ne pouvait communiquer à Seth que l'acte de cérémonial pénible, mais non le fruit spirituel provenu de ses opérations temporelles spirituelles divines.
Telles sont les sublimes instructions spirituelles que Seth reçut du Créateur par la voie de son député Hély. C'est par là qu'il acquit toute puissance et l'entière connaissance des opérations divines, et non point, comme on l'a dit, qu'il ait été instruit dans toutes les sciences spirituelles et naturelles par la voie de son père Adam. Cela ne se pouvait absolument point, puisque Adam, par sa prévarication, fut dépouillé de toute, puissance spirituelle, et qu'il n'obtint même après sa prévarication une simple puissance mineure, qu'il ne pouvait encore transmettre de son chef, mais seulement par l'autorité suprême de la divinité. Adam n'a pu communiquer à Seth que le pénible cérémonial qu'il avait appris à connaître par un long travail de corps, d'âme et d'esprit, et non jamais les fruits spirituels provenus de ses opérations temporelles spirituelles.
TAIl est vrai qu'Adam, dans son premier état de justice, reçut véritablement toutes
Adam, dans son premier état de justice, comme je viens de le faire
ces choses de l'esprit divin, c'est-à-dire la route, le traité et le cérémonial du tableau de toutes les opérations spirituelles divines qu'il devait opérer, et pour lesquelles il avait été créé, mais cela n'ayant pas eu lieu par sa faiblesse atroce a fait que le Créateur a retiré du prévaricateur Adam la plus forte de toutes ses puissances ternaires, aérienne, terrestre et fougueuse. TAIl est dangereux à l'homme de désir d'user de ces trois puissances dans quelque opération que ce soit, qu'au préalable il n'ait obtenu du Créateur la puissance qu'il sait lui être retirée par la prévarication du premier père temporel. C'est par défaut de puissance quaternaire que nous reconnaissons que l'homme est véritablement en privation spirituelle divine. Il est vrai qu'il peut sortir pour un temps momentané de cette privation pendant tout le cours de son temps temporel, mais ce n'est point pour longtemps, le Créateur n'étant point susceptible de mutabilité dans ses décrets, et ayant dit expressément lui-même à l'homme réconcilié que nulle connaissance des sciences divines ne lui serait donnée par lui, qu'après qu'il les lui aurait demandées par les règles qu'il lui avait prescrites pour la seconde fois. Depuis cette époque, nous avons connu l'homme ignorant et borné, plus qu'il ne l'aurait été s'il [s']était toujours comporté et conduit par la puissance quaternaire au gré du Créateur divin.
entendre, reçut véritablement de l'esprit divin toutes les sciences et toutes les connaissances spirituelles ; c'est-à-dire la route certaine et un plan exact de toutes les opérations spirituelles divines pour lesquelles il avait été émané ; mais ayant fait un usage criminel de ses pouvoirs, le Créateur les lui retira aussitôt et laissa ce malheureux [128] Adam, même après sa réconciliation, susceptible d'être homme d'erreur dans toutes ses opérations humaines, spirituelles et temporelles, ce qui arrive à l'homme toutes les fois qu'il n'opère qu'en vertu de ces trois puissances ternaires qui sont : Puissances aérienne, terrestre et fougueuse. Il est dangereux à l'homme de désir d'user de ces trois puissances dans quelque opération que ce soit, sans au préalable avoir obtenu du Créateur la puissance quaternaire qui nous est retirée par la prévarication d'Adam ; et c'est le défaut de cette puissance quaternaire qui nous fait sentir que l'homme, depuis la prévarication d'Adam, est homme d'erreur ; et c'est le défaut de cette puissance quaternaire qui nous fait encore sentir que l'homme est véritablement en privation spirituelle divine. Il est vrai que l'homme peut sortir quelquefois de cette privation pendant la durée de son cours temporel, mais ce n'est jamais pour longtemps, le Créateur, qui est immuable, ayant dit expressément à son homme réconcilié que nulle connaissance des sciences divines ne lui serait rendue qu'après qu'il l'aurait gagnée par ses travaux qui lui furent prescrits pour la seconde fois. C'est depuis cette époque que l'homme est ignorant et borné ; ce qui ne lui serait point arrivé, s'il eût dirigé sa puissance quaternaire selon les instructions du Créateur.
TALe bienheureux Seth, par sa
Outre les types frappants que Seth
naissance en sainteté, fait le vrai type de toute miséricorde divine, puisqu'il remplace Abel et prie l'Eternel pour la réconciliation de Caïn avec le Créateur, ce qu'il paraît avoir obtenu, soit par le genre de mort de Caïn et par la grande pénitence qu'a faite celui qui a détruit son individu corporel pour obtenir grâce de son crime involontaire, ainsi qu'il l'a obtenue. Mais quelle est la preuve physique qui démontre la grâce de Caïn et de son meurtrier ?
TASi vous aviez le bonheur de connaître le genre de travail de Seth et celui que les sages ont opéré après lui, vous ne m'auriez pas fait cette question. Si vous aviez connu ceux du Christ et de Moïse, vous ne parleriez pas ainsi. Si vous aviez fréquenté ces sages célèbres, vous n'auriez pas demandé la preuve de ce que [je] vous dis. Vous vous seriez contenté d'admirer leurs faits et non d'entendre ce qu'ils disaient. Il était bien plus difficile d'entendre leurs questions et leurs demandes que leurs faits, puisqu'ils s'opéraient en nature devant ceux qui étaient présents.
avait faits de [129] la réconciliation spirituelle et de la stabilité des lois de la nature, il faisait encore véritablement celui de la miséricorde divine, puisqu'il remplaça Abel, puisqu'il pria pour la grâce de son frère Caïn, qu'il parait avoir obtenue, soit par l'expiation que Caïn fit de son crime par le genre de mort dont il fut frappé, soit par la pénitence que fit Booz du crime involontaire qu'il avait commis sur la forme de ce même Caïn. Vous ne devez pas douter que ces deux mineurs n'aient obtenu miséricorde du Créateur, par la vertu et sainteté du bienheureux homme Seth. Si vous me demandez qu'elle est la preuve physique qui peut vous porter à croire que ce que je dis à ce sujet soit certain, je vous répondrai que, lorsque vous aurez eu le bonheur de connaître le genre de travail de Seth, celui que les sages ont opéré après lui, ainsi que les travaux de Moïse et du Christ, vous ne me ferez plus de pareilles questions. Si vous aviez été en société avec ces sages célèbres, vous vous garderiez de parler de la sorte. Vous vous seriez contenté d'admirer leurs faits, sans chercher à entendre ce qu'ils disaient, car il vous eût été aussi difficile de comprendre leurs questions et leurs discours, que leurs faits qui s'opéraient en nature devant ceux qui étaient présents.
Ce respectable Seth fut, par sa naissance succincte et par sa vertu, vraie postérité de Dieu. Il fut chargé par la Divinité d'instruire sa postérité du culte divin. Ce fut lui qui perpétua à sa postérité, nommée Enos, qui veut dire "faible mortel", toute cérémonie d'opération divine, spirituelle, terrestre, céleste, aquatique et fougueuse. Il contraignit ce fils Enos de ne point abuser des connaissances qu'il lui avait confiées de même que des fruits provenus de travaux
Ce respectable Seth, comme postérité de Dieu par sa naissance, fut chargé d'instruire ses descendants du culte divin. Il transmit à son fils Enos, qui veut [130] dire faible mortel, toute cérémonie d'opération divine, spirituelle et terrestre, céleste, aquatique et fougueuse ; il lui recommanda, sous les peines les plus terribles, de ne point abuser des connaissances qu'il lui avait confiées par l'Eternel, de même que des fruits provenus de ses travaux spirituels ;
spirituels. Il lui recommanda tout avec terreur et frémissement. Entre autres, il lui défendit la profanation et les profanes qui étaient les enfants des hommes, soi-disant les filles concubines de la postérité de Caïn, et d'éviter que cette race ne se liât avec les enfants de Dieu, qui étaient la postérité de Seth. C'était dans cette postérité que le Créateur ferait naître des sujets proposés pour manifester sa gloire, comme je vous détaillerai les sujets qui sont nés de cette postérité et leur type, dans le traité des époques que j'expliquerai ensuite. TALa postérité d'Enos se corrompit bientôt avec celle de Caïn et déchéa par ce moyen de toute puissance et faculté de connaissance d'opération divine spirituelle, et subsista dans l'abomination, jusqu'à la septième génération d'où provient le patriarche Hénoch.
Ensuite, je vous instruirai de la naissance d'Hénoch dans la postérité de Seth et de son type merveilleux dans cette même postérité et dans celle de l'abomination de la prévarication des enfants d'Enos.
il lui défendit, entre autres choses, toute liaison avec les profanes, ou les enfants des hommes ; c'est-à-dire les filles concubines de la postérité de Caïn ; et que cette race fût jamais unie avec les enfants de Dieu qui étaient la postérité de Seth. C'était dans cette postérité que le Créateur devait faire naître les mineurs préposés pour la manifestation de sa gloire, ainsi que je l'ai déjà fait voir par le peu que j'ai rapporté touchant l'élection d'Enoch ; et ainsi que je le ferai concevoir plus clairement par l'énumération de tous les mineurs élus. Vous y verrez que cette postérité de Seth et de son fils Enos ne tarda pas à se corrompre par ses alliances avec la postérité de Caïn, et qu'elle déchut par là de toutes les connaissances spirituelles divines que Seth lui avait communiquées. Cette postérité d'Enos subsista ainsi dans l'abomination jusqu'à la septième génération d'où provient le patriarche Enoch, dont j'ai parlé déjà, comme je viens de vous le dire, et dont je vais traiter le type plus amplement.
Voilà ce que j'ai d'intéressant à vous dire sur le type de Seth, ne croyant point devoir entrer dans [131] les détails des événements particuliers qui lui sont arrivés et à sa postérité, événements qui ne sont d'aucune utilité pour les choses que vous devez désirer.
Le bienheureux homme-Dieu surnommé Hénoch prit naissance dans la postérité de Jared, qui veut dire "homme illuminé par Dieu". Ce père donna à sa première postérité le nom de Eliacim, qui veut dire "résurrection du Seigneur" dans la postérité de Seth, et le surnomma Enoch avec un E et non un H, qui veut
Enoch prit naissance dans la postérité de Seth et eut pour père Jared ou Ared, qui veut dire homme illuminé par Dieu. Ce père donna à son fils le nom de Deliacim, qui signifie : résurrection du Seigneur dans la postérité de Seth, et il le surnomma Enoch avec un E et non avec un H. Ce nom Enoch signifie :
dire "dédicace". Voyons quelle est la figure de ce nom et le type considérable que la postérité de Jared a fait dans celle d'Enos. Toutes ces choses ont été un type prophétique du passé, du présent et de l'avenir. TAJared, père d'Enoch, était homme juste devant le Créateur, et même plus puissant en vertu divine que tous les autres patriarches, par la force du culte divin qu'il exerçait envers le Créateur pour l'expiation des péchés commis par la postérité des enfants de Seth. Il était, par sa conduite et par les lumières qu'il recevait journellement de l'esprit divin, homme préparé par le Créateur pour être le type précurseur d'un être juste qui émanerait de lui-même, ainsi qu'il savait lui avoir été enseigné par l'esprit saint qui le dirigeait.
dédicace. Tous ces noms et le type qui a fait Jared dans la postérité de Seth ou d'Enos, étaient une vraie figure du passé, du présent et de l'avenir. Jared était un homme juste devant le Créateur ; il était plus puissant en vertu divine que les autres patriarches, par la force du culte divin qu'il exerçait pour l'expiation des crimes de la postérité d'Enos. Les lumières qu'il recevait journellement de l'esprit divin, le préparaient à être le précurseur d'un être juste qu'il savait par l'esprit devoir émaner de lui par l'esprit. C'était ce même esprit qui lui enseigna le type merveilleux que son fils Enoch devait faire de l'esprit divin, et de l'action même de la Divinité, pour la conduite et la défense des mineurs contre les attaques de leurs ennemis, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment en parlant de l'élection d'Enoch.
Ce même esprit lui enseigna encore la figure et le type que ferait le fils qui devait naître de lui selon la volonté du Créateur, parmi toute la postérité d'Adam, celle de Caïn et celle de Seth, qui forment les trois nations composant les quatre parties du monde, que nous distinguons par convention : Ismaël, Israël, les chrétiens et les idolâtres, ou les matérialistes incrédules qui, sous prétexte de culte divin, ne reconnaissent que la matière.
Je vous ferai observer, touchant cette susdite division, qu'elle ne peut être faite en quatre parties comme je l'ai dit, si ce n'est par convention ; et toute convention faite par les hommes sans la participation divine, devient erreur inconséquente et trompeuse.
Jared apprit enfin par l'esprit les oeuvres puissantes [132] et spirituelles que son fils Enoch devait opérer et qu'il a réellement opérées parmi la postérité de Caïn et de Seth et la postérité femelle d'Adam, qui forment les trois nations habitant la surface de la terre. Je ne passerai pas ce dernier point sans vous faire observer que la convention des hommes a distingué : Ismaël, Israël, les Chrétiens et les Idolâtres ou les incrédules, qui, sous prétexte d'honorer et d'élever la Divinité, ne connaissent d'autre Dieu que la matière ; mais, dès que cette division en quatre parties ne provient que de la convention des hommes sans la participation divine, elle ne peut être que fausse et trompeuse, pour les raisons qui vont suivre.
Pour cet effet, je vous ferai considérer le faux de cette quatrième division, en vous
Adam qui n'était émancipé de la circonférence divine que pour être le roi
faisant observer que le Créateur n'a mis qu'un seul homme sur la terre pour naître de lui une postérité de Dieu. Si Adam était resté dans son premier état de gloire, il n'aurait point subi le partage, ou vu la division de la terre créée de laquelle il devait être le seul roi ou homme-Dieu, seul de cette même terre. Adam, ayant par la suite prévariqué et s'étant par ce moyen rendu susceptible [d']être homme de matière ordinaire, il eut trois postérités mâles : Caïn, Abel et Seth. TAIl n'y eut qu'Abel qui fut soustrait de la postérité matérielle, n'étant provenu d'Adam que par volonté divine et ne devant opérer aucune puissance, ni [aucune ?] portion de la terre de matière créée en apparence ne devant être distribuée par ordre du Créateur qu'à la postérité des hommes provenus des sens de la matière. Abel n'étant né que pour être un type parfait de la manifestation divine en faveur d'Adam et d'Eve et de toute leur postérité à venir, fut retiré par le Créateur du centre de cette terre maudite, après avoir rempli son devoir et la mission qu'il avait reçue de la Divinité. TAIl ne resta donc, par ce moyen, que trois personnes dans ce premier principe, qui étaient Adam, Caïn et Seth. Adam, en conséquence des ordres qu'il avait reçus de l'Eternel, fit le partage ou la division, lui-même, de cette terre, en trois parties et non en quatre. Il n'est pas surprenant que cela se soit fait ainsi, puisqu'il n'y avait alors que ces trois sujets. Il aurait été impossible à Adam de diviser en plus de parties cette terre, qu'il ne l'a fait, quand même il aurait eu cent enfants. Il ne pouvait, de toute nécessité, la diviser qu'en trois, attendu que la terre n'est composée que de trois parties, et toute sa forme n'est autre chose qu'une forme triangulaire. Il faut concevoir que lorsqu'Adam a fait lui-même la division
de la terre et pour avoir une postérité de Dieu, ne devait, par sa première nature d'esprit, participer à aucune division de cette même terre. Mais étant devenu homme de matière par sa prévarication, il eut parmi sa postérité charnelle trois enfants mâles, Caïn, Abel et Seth. Abel n'étant venu que par ordre du Créateur, et pour une simple manifestation spirituelle divine, ne devait jouir d'aucune portion de matière, et ne participer en rien à la division de la terre, qui ne devait être distribuée qu'à la postérité des hommes provenus des sens de la matière. Aussi ce mineur juste fut-il promptement soustrait du nombre de cette postérité [133] matérielle après avoir rempli sa mission selon la volonté du Créateur. Il ne resta plus que trois personnes : Adam, Caïn, Seth, Adam, selon l'ordre qu'il en avait reçu de l'Eternel, fit lui-même la division de la terre en trois parties et non en quatre. Cela ne pouvait être autrement, me direz-vous, puisqu'il n'y avait alors que trois personnes ? Mais je vous répondrai que, quand Adam aurait eu cent enfants, il n'eût pas pu diviser la terre en plus de trois parties ; la terre n'en ayant pas davantage et sa forme étant parfaitement triangulaire. Ainsi Adam l'a divisée dans tout son contenu de régions ainsi qu'il suit : l'Ouest à Adam, le Sud à Caïn, et le Nord à Seth. De même qu'il n'y a que trois cercles sphériques ; le sensible, le visuel et le rationnel, de même il n'y a que trois angles terrestres, de même aussi la création universelle est divisée en trois parties.
de la terre, il l'a divisée en tout son contenu de régions, ainsi qu'il suit : l'ouest à Adam, le sud à Caïn et le nord à Seth. Car il n'y a que trois régions terrestres, de même qu'il n'y a que trois cercles sphériques : le sensible, le visuel, et le rationnel.
TATout cela prouve que la création universelle ne peut être formée qu'en trois parties, comme il nous est encore enseigné par l'impossibilité qu'il y a de trouver ce qu'on appelle quadrature du cercle, ou la division de l'univers en quatre parties égales. La quatrième partie du monde, que le vulgaire admet, n'existe pas, cette terre n'ayant point quatre parties distinctes. Par cette raison, il ne peut y avoir que trois nations principales et nécessaires dans tout le contenu terrestre, desquelles toute espèce de nation composite et conventionnelle de nom sont émanées. Ces trois principales nations nous ont été perpétuées par les trois enfants de Noé, à qui cette même terre fut encore partagée en trois parties : Cham au midi, Sem à l'ouest, et Japhet au nord. Voici le type de cette division terrestre faite par Adam entre lui et ses deux fils. L'ordre qu'Adam reçut du Créateur pour faire le partage et diviser lui-même la terre avec ses deux fils, fut pour lui plutôt une douleur qu'une satisfaction, parce que cet ordre lui rappelait son premier état de gloire et, en même temps, sa prévarication. La division de la terre expliqua la division horrible qu'il y aurait parmi ses deux fils avec lui ; et le partage, ou la division de la terre, qu'Adam fait, réplique que toute espèce de division ou dissension qui est survenue, survient et surviendra à l'avenir parmi les hommes, provient directement de lui et de sa prévarication, état auquel Adam a réduit toute sa
Ce qui nous prouve que la création universelle ne peut être visée qu'en trois parties, c'est qu'on ne peut pas y trouver ce que l'on appelle la quadrature du cercle, ou la division du cercle en quatre parties. C'est par toutes ces opérations que nous rejetons la quatrième partie que le vulgaire admet dans la division de la terre. Ainsi il ne peut y avoir sur cette même terre que trois nations principales, desquelles toute nation composite et conventionnelle de nom est émanée. Ces trois nations ont été représentées par les trois enfants de Noé, à qui cette même terre [134] fut encore divisée en trois parties égales, savoir : Cham au Midi, Sem à l'Ouest, et Japhet au Nord, ainsi que j'en parlerai ailleurs. J'ajouterai ici que l'ordre qu'Adam reçut du Créateur de faire cette division de la terre, fut très douloureux pour lui, en ce qu'il lui rappelait la différence de son état de gloire à son état de réprobation. Je vous dirai de plus que ce partage de la terre annonça la division qui a régné depuis, et qui règnera jusqu'à la fin parmi les hommes ; état de guerre et de dissension dans lequel Adam a plongé toute sa postérité. Revenons à Enoch.
postérité.
Enoch naquit de Jared. Sa naissance fut, parmi sa postérité et celle de Seth, une grande satisfaction et une grande joie spirituelle. Ce bienheureux homme portait sur sa figure, et ce qu'il était et le sujet de sa mission. TASon avènement dans le monde fut marqué dans les cieux par un signe planétaire qui étonna la postérité de Seth et encore plus celle de Caïn. Ce signe fut si considérable qu'il se fit sentir à toute la création, et surtout à la région du midi où habitait la postérité de Caïn. Cette postérité, avec juste raison, fut plus épouvantée que celle de la postérité de Seth de l'apparition de ce signe, parce qu'ils connurent que ce signe était le pronostic du fléau que le Créateur exercerait sur eux à l'avenir, et parmi tous les habitants de leur région méridionale. Cette figure était formée par une étoile extralignée de son cercle planétaire, c'est-à-dire que cette étoile était descendue plus près de la terre et, recevant la lumière contre son ordre ordinaire, elle parut tout opposée aux autres étoiles égales à elle, et son apparence difforme la fit appeler par les hommes de ce temps : le Thau [?], qui veut dire "comète", ainsi que la figure suivante la peint.
La naissance d'Enoch causa une grande satisfaction spirituelle parmi la postérité de Seth. Il portait sur la figure le caractère de ce qu'il était et celui de sa mission, et son avancement dans le monde fut marqué dans les cieux par un signe planétaire qui étonnait beaucoup la postérité de Seth et encore plus celle de Caïn. Ce signe, qui se fit connaître à toute la création, fut surtout sensible dans le midi, où habitait la postérité de Caïn. Cette postérité fut, avec raison, plus alarmée que celle de Seth, de l'apparition de ce signe, parce qu'elle comprit qu'il était le pronostic du fléau que le Créateur allait lancer sur elle, et sur tous les habitants de cette région méridionale. Ce signe n'était autre chose qu'une étoile extralignée de son cercle planétaire ; elle était descendue plus près de la terre qu'à son [135] ordinaire, et elle avait par ce moyen une lumière différente de celle qu'elle recevait dans l'ordre de son cours naturel ; de sorte qu'elle parut toute opposée et toute différente des autres étoiles qui lui étaient égales naturellement. Cette apparence différente la fit nommer par les hommes : Lathan, qui veut dire signe de confusion et de peine terrestre, et c'est ce que le vulgaire appelle comète. Voici quelle était la figure de ce signe :
TATout corps céleste, soit majeur supérieur ou inférieur, de matière, qui a un principe, doit, dans tous ses contenus de forme corporelle, être susceptible de six divisions. Un cercle planétaire est composé de six principales étoiles égales en grandeur, vertu et puissance, lesquelles reçoivent l'ordre d'action, de mouvement et d'opération, par l'étoile supérieure qui est placée au centre des six composant le cercle planétaire. Entre les distances de ces étoiles, il y a d'autres corps que nous appelons signes ordinaires planétaires, que l'on appelle vulgairement petites étoiles. L'arrangement de ces signes suit le même ordre de nombre dans leurs jonctions que celle du cercle planétaire, c'est-à-dire qu'elles sont jointes de sept en sept. Chacun de ces signes a en soi sept vertus adhérentes aux principales étoiles qui composent un grand cercle planétaire. Les susdits signes ont encore en eux, ainsi que les principales étoiles, sept vertus, et sont, par ce moyen, susceptibles d'être multipliés par leur propre nombre de figure et de vertu, qui est 7 fois 7, qui produit le nombre 49. Par le produit de ce nombre, vous apprendrez à connaître que les susdits corps planétaires supérieurs, majeurs et inférieurs, sont
Pour que vous conceviez parfaitement ce que c'est qu'un signe planétaire, il faut apprendre que tout corps céleste, soit majeur, soit supérieur, soit inférieur, et qui est formé de matière qui, en principe, est susceptible dans son contenu de forme corporelle, d'avoir six divisions. Un cercle planétaire est composé de six principales étoiles égales en grandeur, en vertu et en puissance, lesquelles reçoivent l'ordre d'action, de mouvement et d'opération par l'étoile supérieure qui est au centre des six, composant le cercle planétaire. Dans les intervalles [136] de ces étoiles, il y a une infinité d'autres corps que nous appelons : signes ordinaires planétaires, nommés vulgairement : petites étoiles. Ces signes suivent, dans leur arrangement, le même ordre qui règne parmi les étoiles du cercle planétaire ; c'est-à-dire qu'ils sont joints sept à sept. Chacun de ces signes a sept vertus adhérentes aux principales étoiles du cercle planétaire, et, en outre, chacun de ces signes a encore en soi sept autres vertus, ce qui les rend susceptibles d'être multipliés par leur propre nombre de figures et de vertus qui est sept fois sept, dont le produit est 49 = 13 = 4. C'est par ce nombre que vous apprendrez à connaître que les corps planétaires
réellement constitués en vie spirituelle divine et en vie corporelle passive, ainsi que tous les corps permanents dans le cercle universel, le tout avec distinction. Les irraisonnables ont la vie et l'instinct passif, et les raisonnables ont le même instinct et la vie spirituelle impassive.
supérieurs, majeurs et inférieurs sont réellement constitués en vie spirituelle divine et en vie corporelle passive ; ainsi que tous les corps permanents dans le cercle universel, le tout avec distinction. Les irraisonnables ont la vie et l'instinct passifs, et les raisonnables ont le même instinct, et en outre la vie spirituelle impassive.
TAToute espèce de forme corporelle ne provient que des premiers principes, que nous appelons essences spiritueuses : mercure, soufre et sel. Ces essences étaient au commencement dans un état d'indifférence. TALes habitants de l'axe feu central, que nous nommons feu incréé, coopèrent à la formation contenue dans le cercle universel. Les formes de ces corps sont provenues de ces premiers principes. Si tous les corps célestes et terrestres sont émanés de ces principes, toutes les formes corporelles sont donc susceptibles d'être actionnées par ceux qui ont coopéré à la perfection des susdites formes, parce qu'il y a dans ces formes un véhicule de ce feu incréé, qui donne vie, ou instinct passif, à toutes les formes corporelles, et, ayant inséré dans les susdites formes un véhicule à eux appartenant, réactionnent sur ce véhicule, pour l'entretien, le mouvement et l'équilibre de toutes les formes générales, particulières et universelles.
Vous savez que tout être de forme corporelle a pris naissance des trois essences spiritueuses : Mercure, soufre et sel, que les esprits de l'axe ont actionné pour coopérer à la formation de tous les corps, ils n'ont coopéré à cette formation qu'en insérant dans les différentes essences, un véhicule de leurs feux, et c'est sur ce véhicule de leurs feux [137] qu'ils actionnent continuellement pour l'entretien et l'équilibre de toutes les formes. Voilà ce que nous appelons la vie passive à laquelle est soumis tout être de forme, tant céleste que terrestre.
Les dits corps planétaires sont distingués en supérieur, majeur et inférieur, pour pouvoir extraire d'eux la connaissance de leur vertu et puissance. Pour cet effet, nous les avons divisés, chacun avec distinction, savoir l'étoile du centre est l'être supérieur planétaire. C'est cette étoile qui gouverne les corps planétaires majeurs et inférieurs de son cercle. Elle est appelée supérieure, parce que c'est
Nous avons distingué les corps planétaires en supérieurs, majeurs et inférieurs, pour pouvoir extraire plus facilement la connaissance de leurs vertus et de leurs puissances. L'étoile du centre est l'être supérieur planétaire ; c'est cette étoile qui gouverne ces corps planétaires majeurs et inférieurs, et elle est appelée supérieure parce que c'est sur elle que l'influence solaire va se répandre
sur elle que l'influence planétaire solaire va immédiatement se répandre sur l'être supérieur, et cet être supérieur planétaire communique ensuite ce qu'il a reçu à ses majeurs et inférieurs planétaires, qui garnissent son cercle, et lorsque les six étoiles majeures qui garnissent ce cercle ont reçu l'influence, elles la communiquent à une infinité de petites étoiles qui sont en jonction avec elles, que nous appelons signes ou corps inférieurs planétaires, et, lorsque les susdits corps ont reçu l'action influétique des corps supérieurs et majeurs [lacune].
immédiatement. Cette étoile supérieure communique ce qu'elle a reçu aux étoiles majeures planétaires qui garnissent son cercle : les majeures les communiquent à une infinité de petites étoiles qui sont en jonction avec elles, et que nous appelons signes, ou corps inférieurs planétaires ; et ces signes inférieurs, après avoir reçu l'action influétique des supérieures et des majeures, la répandent avec une exacte précision sur les corps grossiers terrestres.
TAVoilà une petite explication d'un cercle entier planétaire et de tous ses habitants, qui sont pour ainsi dire presque à l'infini. Tout ce dit cercle est habité de différents corps et différents êtres animés spirituels mineurs et des esprits purs et simples divins. Ce ne serait rien pour l'homme et toutes les formes corporelles, tant générale que particulières, si tous les corps planétaires n'étaient habités que par des êtres tels que ceux dont je viens de vous parler. Mais ils sont encore susceptibles d'être habités par des êtres spirituels malins, et cela pour être plus à portée de s'[?]opposer et combattre les puissances et facultés des actions influétiques bonnes, que les dits habitants spirituels bons des corps planétaires sont ordonnés par le Créateur de répandre dans le monde entier, pour l'entretien de toutes espèces de formes corporelles, selon les lois d'ordre qui sont innées en eux, pour agir conformément à leur mission.
Voilà un petit tableau de la composition d'un cercle planétaire et de ses habitants, que l'on peut regarder comme étant d'un nombre infini, vu la multitude des différents êtres animaux, spirituels mineurs, et esprits purs et simples divins qui habitent ces cercles planétaires, et c'est là que nous trouvons la vie spirituelle impassive. Ce ne serait [138] rien pour l'homme et pour toutes les formes, tant la générale que les particulières, si les cercles planétaires n'étaient habités que par des êtres tels que ceux dont je viens de parler ; mais ils sont encore susceptibles d'être habités par des êtres spirituels malins, qui s'opposent aux puissances et combattent les facultés des actions influétiques bonnes, que les êtres planétaires spirituels bons sont chargés de répandre dans le monde entier, selon les lois d'ordre innées en eux pour le soutien et la conservation de l'univers.
Voilà pourquoi il est passé parmi les hommes dans l'univers, qu'il y a de mauvaises influences sur les corps planétaires ; ce qui est positif. J'en parlerai plus amplement quand j'entrerai
C'est de là qu'il est passé en proverbe parmi les hommes qu'il y a de mauvaises influences planétaires, et ceci est très positif, ainsi que je le ferai voir clairement lorsque je détaillerai les
dans les différents principes des corps célestes et terrestres et que je vous donnerai une connaissance positive de toutes les vertus et puissances du corps planétaire de Saturne, ensuite du Soleil et de tous les corps planétaires au-dessous de lui.
Vous pourriez peut-être douter de ce que je vous dis sur la jonction qui se fait des esprits mauvais et bons planétaires, et cela par le peu de connaissance que vous avez de ces corps et de leurs actions, de même que de la possibilité qu'il y a qu'ils soient interrompus dans leurs fonctions naturelles spirituelles par l'esprit mauvais. Cela ne peut être autrement.
principes des différents corps célestes et terrestres, et que je donnerai, une connaissance positive de toutes les vertus et puissance de Saturne, du Soleil et des autres cercles planétaires. Vous doutez peut-être de la jonction qui se fait des esprits mauvais avec les esprits bons planétaires, et c'est par le peu de connaissance que vous avez de ces esprits bons, et de leurs actions, et ne croyant pas possible qu'ils soient interrompus dans leurs fonctions naturelles par les esprits mauvais. Cela ne peut cependant pas être différemment par la raison que je vais vous en dire.
Vous n'ignorez point la naissance glorieuse d'Adam, sa prévarication, sa dégradation de toute puissance spirituelle pour et contre tout esprit créé. Comment donc Adam a-t-il été tenté par le démon ? A-t-il été tenté dans une forme corporelle ? Vous me direz peut-être qu'Adam a été tenté et séduit par le démon, étant dans un corps de gloire ou glorieux. Vous avez raison, car il est impossible que d'esprit à l'esprit pur et simple il puisse y avoir de séduction et de tentation, de complot et d'embûches pour se détruire ni se combattre ensemble, pour acquérir une victoire et une gloire plus particulière les uns sur les autres.
Vous n'ignorez pas la naissance d'Adam dans une [139] forme glorieuse ; vous n'ignorez pas sa prévarication et sa dégradation de toute puissance spirituelle. Vous devez être assez instruits à ce sujet, mais ce que vous ignorez, c'est de savoir si le démon était dans une forme corporelle lorsqu'il a tenté le premier homme. Puisque vous l'ignorez, je vous dirai que le démon était pour lors dans un corps de gloire, ou une forme glorieuse ; et cela parce qu'il serait impossible que d'esprit à esprit pur et simple, il y eût de tentations, d'embûches, ni de séductions, si ces esprits étaient revêtus d'une forme corporelle.
N'est-il pas vrai que tout homme est susceptible d'avoir des pensées plus ou moins fortes et grandes que ses semblables ? N'est-il pas au pouvoir de celui qui a ces pensées de les communiquer à ses semblables ? ou de les garder par devers lui ? Oui. Eh bien, il n'en est pas de même des esprits purs et simples. Il est impossible qu'il y ait parmi
Il n'en est pas de l'esprit pur et simple comme il en est de l'homme corporel : tout homme est libre de communiquer ou de cacher ses pensées à ses semblables, mais parmi les esprits purs et simples, un être spirituel ne peut concevoir une pensée sans que les autres esprits n'en reçoivent communication. Tout est à découvert et tout se fait
eux un être spirituel créé qui puisse concevoir la pensée, sans qu'elle soit susceptible d'être connue de ses semblables, parce que tout esprit pur et simple, qui n'est pas sur une forme corporelle reçoit tout de suite impression de cette même pensée. Ainsi, elle ne peut être connue par l'un sans que tous les autres ne s'en ressentent, comme étant tous émanés du même principe divin dégagé de tout être de matière. Voilà la faculté de l'esprit pur et simple, de se lire l'un l'autre, et, par cette même intime intelligence sympathique spirituel, rien ne peut échapper à la connaissance de l'esprit, et c'est ce qui ne peut être de même parmi les mineurs créés incorporés dans une forme de matière apparente.
ressentir à la fois parmi les êtres dégagés de matière, et le privilège de l'esprit pur et simple est de pouvoir lire dans l'esprit par sa correspondance naturelle spirituelle. C'est ce qui fait que rien ne peut échapper à la connaissance de l'esprit, au lieu que c'est tout le contraire parmi les mineurs incorporés dans une forme de matière apparente.
TATout esprit planétaire supérieur, majeur et inférieur, renfermé dans une forme corporelle pour agir pendant la durée des temps prescrits par le Créateur, est sujet comme le reste des humains à être contredit et combattu dans leurs opérations journalières, sans cependant que les sujets succombent au combat que les esprits démoniaques leur font. La chose est toute naturelle parce que ces sujets spirituels, de même que les différents corps qu'ils habitent, ne sont point susceptibles l'un de corruption, l'autre de putréfaction, comme l'est effectivement l'homme et son corps pour sa réintégration. L'homme est un mineur incorporé, qui n'agit point avec exactitude dans le contenu de ses lois de nature spirituelle divine, comme le font les esprits planétaires dans les différents corps. Ainsi leur réintégration sera très succincte dans le cercle de la Divinité, tandis que celle de l'homme, ou du mineur créé, ne sera faite qu'après un long et pénible travail pour sa réconciliation, et celle de son corps ne
C'est de là que je vais vous faire comprendre que tout esprit planétaire supérieur, majeur et inférieur, [140] renfermé dans une forme corporelle pour y opérer selon sa loi pendant la durée du temps qui lui est prescrit, est sujet comme le reste des humains à être attaqué et combattu dans ses opérations journalières. Mais la différence qu'il y a de ces esprits à l'homme, c'est qu'ils ne succombent pas aux combats que leur livrent les démons, et la raison en est toute naturelle : ces êtres spirituels ne sont point susceptibles de corruption ou de séduction, et les formes qu'ils habitent ne sont point susceptibles de putréfaction. Ces êtres agissent avec exactitude selon leurs lois de nature dans les différentes formes qu'ils habitent. Aussi leur réintégration tant spirituelle que corporelle sera très succincte. L'homme au contraire s'écarte journellement des lois spirituelles qu'il a en lui, aussi ne peut-il espérer sa réconciliation qu'après un long et pénible travail, et la réintégration de sa forme corporelle ne
sera faite qu'avec la plus grande corruption et putréfaction inconcevable au reste des mortels. Cette putréfaction avilit, dégrade et efface la figure et la forme, et fait anéantir ce misérable corps de devant la présence des hommes temporels, comme le soleil fait éclipser le jour de cette surface terrestre lorsqu'il la prive de sa lumière.
s'opèrera que par le moyen d'une putréfaction inconcevable aux mortels. C'est cette putréfaction qui dégrade et efface entièrement la figure corporelle de l'homme et fait anéantir ce misérable corps, de même que le soleil fait disparaître le jour de cette surface terrestre, lorsqu'il la prive de sa lumière.
Il n'en a pas été de même du Christ et de sa forme corporelle, non plus que de celle d'Abel, d'Enoch et de son être spirituel mineur, ainsi que le répète Elie par son type.
TAL'avènement d'Enoch dans le monde prédisait celui du réconciliateur universel. Le signe apparent de sa naissance prédisait également celui qui parut à la naissance du réconciliateur, et son type est celui des trois apparitions distinctes que le réconciliateur et régénérateur devait faire chez les hommes pour manifester la gloire du Créateur, pour sauver et conserver les hommes et molester les démons ; ce qu'a fait la réconciliation d'Adam qui a réconcilié toute sa postérité avec son Créateur, et la réconciliation du genre humain en l'an 4000, et celle qui doit paraître encore à la fin des temps prescrits, qui répétera la première réconciliation d'Adam, pour mortifier, humilier et punir les princes des démons, leurs adhérents et ceux qu'ils ont conquis.
Il n'en a pas été de même du Christ, d'Abel, d'Elie, ni d'Enoch, tant pour leur être spirituel que pour leur forme matérielle. Je vous dirai de plus, touchant Enoch, que son avènement dans le monde prédisait [141] celui d'une réconciliation universelle, que le signe qui parut à sa naissance prédisait celui qui parut à la naissance du même réconciliateur, et que son type est celui de trois opérations distinctes que le Christ avait à faire chez les hommes pour la manifestation de la gloire divine, pour le salut des hommes et pour la molestation des démons. Ces trois opérations sont : la première qui s'est faite pour la réconciliation d'Adam, la seconde pour la réconciliation du genre humain, l'an du monde 4000 ; la troisième qui doit paraître à la fin des temps, et qui répète la première réconciliation d'Adam, en réconciliant toute sa postérité avec le Créateur, pour la plus grande mortification et pour l'humiliation du prince des démons et de ses adhérents.
Alors, les esprits pervers reconnaîtront leur faux et leur abomination et resteront pour un temps immémorial à l'ombre de la mort en privation divine, dans les plus grands gémissements, et seront par là forcés d'agir et opérer entre eux un travail plus considérable et pénible qu'ils ne l'auraient fait pendant la durée des
Ce sera alors que ces esprits pervers reconnaîtront leur erreur et leurs abominations, en restant pour un temps immémorial à l'ombre de la mort et dans la privation divine et dans les plus terribles gémissements. Ce sera alors qu'ils feront un travail plus pénible et plus considérable qu'ils ne le font pendant la
siècles temporels.
durée des siècles temporels.
Je ne détaillerai point ici le genre de travail que doivent faire les esprits pervers, ni ne donnerai l'explication du nombre 49, de son contenu et de sa vertu, devant en parler ailleurs. TAAprès le type et la figure qu'Enoch a faits dans le monde entier, nous parlerons de la figure et du type que Noé fait aussi dans l'univers.
Je n'entrerai point ici dans le détail du genre de travail que doivent faire ces esprits pervers, ni dans l'explication du nombre 49, devant traiter ces deux points dans un autre endroit. Je dois également vous parler ailleurs du type d'Enoch, lorsque j'entrerai dans le récit des époques ; ainsi je m'en tiendrai [142] à tout ce que je vous ai dit jusqu'à présent, et je passerai à l'explication du type de Noé.
Noé est un type frappant de la création universelle, terrestre, générale et particulière, de toutes les formes corporelles apparentes aux yeux des hommes répandus sur la surface de la terre, et du corps général, ainsi que je vais vous l'expliquer.
Noé est le dixième des patriarches, le dernier des chefs de famille qui a perpétué par sa postérité celle d'Adam, que le déluge avait effacée de la surface de la terre.
Noé est un type considérable et frappant de la création universelle, terrestre, générale et particulière de toutes les formes corporelles apparentes. Il est par son nombre dénaire le type du Créateur, étant né le dixième des patriarches et le dernier des chefs pères de familles de la postérité d'Adam avant le déluge ; et c'est lui qui, par sa postérité, a perpétué celle d'Adam, que le déluge avait effacée de la surface terrestre.
Bien des personnes prétendues savantes, qui n'ont point conçu la possibilité de cet événement et pourquoi le Créateur couvrit la surface de la terre des eaux subtiles et grossières, ont tourné en ridicule la possibilité de ce fait et ont finalement plaisanté et même méprisé les croyants de bonne foi. Le Créateur couvrit la terre des eaux subtiles et grossières, pour manifester sa justice contre les démons prévaricateurs contre Dieu et persécuteurs de la créature mineure spirituelle divine, qu'ils avaient séduite et conquise par leur seule puissance démoniaque. La conquête immense que les princes des démons avaient faite sur les mineurs créés et
Avant d'aller plus loin, je dois entrer dans les détails des motifs qui ont occasionné le déluge. Les prétendus savants qui n'en conçoivent pas la possibilité, et qui ignorent pourquoi le Créateur a envoyé ce fléau sur la terre, n'hésitent pas à nier ce fait. Ils tournent en ridicule ceux qui y ajoutent foi, et ils regardent comme des personnages imaginaires ceux mêmes à qui le Créateur avait fait part de cet événement avant qu'il arrivât, et du décret qu'il avait fait dans son immensité. Mais sans m'arrêter à leurs faibles objections, je vous apprendrai que ce décret ne fut lancé que pour la manifestation de la justice divine contre les chefs démoniaques qui avaient
incorporés par ordre de la Divinité, les avait donc tant enorgueillis qu'ils avaient poussé leur orgueil [lacune ?] plus puissant que le Créateur et même invincible par lui-même.
entièrement révolté le Créateur par les persécutions infinies qu'ils exerçaient sur les mineurs. Les conquêtes immenses qu'ils avaient faites sur ces malheureux mineurs avaient si fort enorgueilli les [143] chefs démoniaques qu'ils se crurent invincibles, et même plus puissants que le Créateur.
Leur empire, pour lors, ainsi que leur vertu et puissance, leur paraissait inaltérable. Leur pensée et conquête à ce sujet étaient bien [peu] réfléchies, et cela par la gloire orgueilleuse que ces démons se donnaient de la victoire qu'ils avaient remportée sur chaque partie de ces enfants mineurs. Ils devaient, au contraire, concevoir, par la faiblesse de leur vertu et puissance ténébreuse, [que] vaincre sans péril, c'est triompher sans gloire. Quel danger avaient les princes des démons à surprendre et vaincre une poignée de mineurs qu'il y avait de répandus sur la terre ? Quand un être est conquis par surprise à partie inégale, la victoire du conquérant doublement et triplement fort contre son adversaire est très peu estimée et considérée par les spectateurs. Elle est honteuse et plutôt onéreuse que merveilleuse. Les démons sont dans ce cas, puisqu'ils ont employé non seulement toute leur puissance, mais encore toutes celles de leurs légions, qui sont à l'infini, pour assujettir sous leur domination la faible postérité de Caïn et en partie celle de Seth. TATriste victoire remportée par les démons sur une poignée de mineurs propres, suivant eux, à manifester leur prétendue puissance absolue contre le Créateur et la créature ! Mais de quel prix est une pareille victoire à un conquérant, s'il n'a le pouvoir d'en jouir autant qu'il lui plaît ? Ce sera, me direz-vous, comme si l'on n'avait jamais rien conquis. Mais
Vous devez concevoir aisément combien cet orgueil était peu réfléchi de leur part. Toutes ces conquêtes prouvaient plutôt en effet la faiblesse des démons que leur puissance, selon que je vais vous le faire concevoir. Il ne faut pas croire que la terre fût alors considérablement peuplée. Les hommes qui étaient à sa surface étaient en si petite quantité qu'on ne pouvait y compter pour ainsi dire qu'une poignée d'habitants, et cependant, pour assujettir ce petit nombre de mineurs, il a fallu que le chef des démons employât non seulement toutes leurs puissances, mais encore celles de toutes ses légions qui sont à l'infini, et même encore, si ses mineurs avaient fait un bon usage de leur liberté, toutes les insinuations et les opérations des démons n'auraient pu prévaloir contre eux. Toutes les victoires des démons se bornent donc à avoir subjugué la faible postérité de Caïn, et une partie de celle de Seth. Assurément cette faible conquête n'était pas capable de manifester dans le démon une puissance absolue et supérieure à celle du Créateur sur tous ces mineurs, s'étant laissés vaincre de leur propre volonté. De quel prix pouvait être pour lui une pareille victoire, si ces conquêtes mêmes qu'il avait faites ne devaient pas rester en son pouvoir, et s'il ne pouvait s'assurer de les posséder et d'en jouir autant qu'il le [144] voudrait ? C'est alors comme s'il n'avait rien conquis. Il a livré de grands combats et s'est donné
l'action et le combat premier n'auront pas moins été faits. C'est avoir bien pris de la peine et des soins pour rien, puisque rien ne prospère et ne reste au pouvoir du conquérant. Dieu fait part de l'événement du déluge à Noé, avant qu'il l'eût fait, tel qu'il l'avait décrété dans son immensité divine, pour manifester sa justice contre les chefs démoniaques. Toutes les victoires des démons sur les mineurs sont telles que je vous ai expliqué.
beaucoup de travaux et de soucis, et cependant rien ne prospère et rien ne reste à sa domination. Voilà quelles ont été les victoires du chef des démons sur les mineurs de ces premiers temps et quelles sont celles qu'il a gagnées depuis et qu'il pourra gagner à l'avenir.
TAPlus les princes démoniaques usent de leur pouvoir contre le Créateur et sa créature, plus ils remportent des victoires sur les mineurs spirituels, plus ils sont punis et humiliés et plus terrassés et désespérés que les mineurs qu'ils ont conquis, parce que le Créateur leur enlève leur proie pour la ramener à sa justice divine. Une victoire complète ne reste jamais au pouvoir des démons et encore moins à celui de leurs légions. Il est donné à ces esprits pervers par des lois immuables, toute action, mouvement et autorité puissante, pour agir suivant leur volonté contre tout être spirituel créé, de même que contre tout être de forme corporelle. TACependant, mille de leurs oeuvres ne parvient, malgré toute leur liberté, au but où ils se proposent de venir, qui était et qui est de se faire considérer et regarder par toute la créature mineure comme les seuls dieux du ciel et de la terre.
Plus les princes des démons emploient leurs puissances contre le Créateur, plus ils sont humiliés et punis. Plus ils remportent de victoires sur les mineurs spirituels, plus ils sont tourmentés et désespérés, parce que le Créateur leur enlève, à leur grande honte, leur proie, en ramenant à sa justice divine les mineurs qu'ils ont subjugués, et ne souffrant jamais qu'une victoire complète demeure à ces esprits pervers ni à leurs légions. Il est donné à ces esprits pervers des lois immuables, toute action, mouvement et autorité puissante pour agir selon leur volonté contre tout être spirituel émané, de même que contre tout être de forme corporelle. Mais malgré toute leur opiniâtreté, nulle de leurs oeuvres ne parvient au but où ils se proposent de venir.
Le Créateur ayant vu et su la pensée atroce qui voulait outrepasser les bornes qui leur avaient été prescrites, en tentant horriblement et séduisant sans relâche non seulement les habitants de la terre, mais cherchant encore à détruire ceux des différents corps célestes, ils tâchaient de les attaquer par quelques faits plus forts que ceux qui étaient en leur
Vous me demanderez peut-être quel était le but auquel les démons se proposaient d'arriver ? C'est de passer les bornes qui leur sont prescrites en séduisant sans relâche non seulement les habitants de la terre, mais encore ceux des différents corps célestes, [145] en séduisant et en transportant des attaques plus fortes que celles qui étaient remises
puissance. TANon contents de fasciner l'entendement des pauvres mineurs qu'ils avaient séduits jusqu'au point de leur susciter une pensée presque générale, pour les convaincre qu'il n'y avait d'autre Dieu dans tout l'univers qu'eux-mêmes et les moyens et facultés qu'ils possédaient, et qu'ainsi ils agiraient en liberté sur tout être créé, comme ils font eux-mêmes, les démons persuadèrent encore ces mineurs que la création universelle était faussée, que le Dieu qui leur avait fait entendre qu'il avait tout créé était l'un d'eux, qui les activait depuis leur avènement sur la terre, et qu'en conséquence leur émanation était du grand prince du midi, chef principal de tout être matériel et surmatériel, qui veut dire véhicule de feu axe central incorporé dans toute espèce de forme corporelle permanente sur toute la surface de la terre ; qu'ils eussent à le reconnaître et à lui obéir aveuglément en tout ce qui leur serait inspiré par les agents puissants avec autant de force que celle du grand prince du midi qui s'opérait tous les jours devant eux.
à leur puissance ordinaire ; c'est d'avoir fasciné l'entendement des mineurs, afin de pouvoir se faire passer à leurs yeux comme seuls vrais dieux de la terre et des cieux, leur promettant de leur procurer la même puissance et les mêmes facultés que celles que possède la Divinité, et que, si ces mineurs voulaient les suivre et les reconnaître pour leurs chefs, ils pourraient bientôt agir en liberté sur tout être quelconque. Bien plus, ces esprits pervers allèrent jusqu'à persuader à ces mineurs que la Création universelle était faussement attribuée à la Divinité, que ce Dieu qu'ils avaient entendu jadis n'était autre chose que l'un d'eux, qui dirigeait toute la Création et homme même depuis son avènement sur la terre, et, qu'en conséquence, l'émanation des mineurs venant du grand prince du midi, chef principal de tout être matériel et surmatériel (qui veut dire véhicule du feu axe central incorporé dans une forme), ils eussent à le reconnaître et à lui obéir aveuglément en tout ce qu'il ferait inspirer par ses agents inférieurs, et qu'alors ils verraient avec satisfaction se manifester leurs puissances avec autant de succès que celles de leur chef, le grand prince du midi, qui s'opéraient tous les jours devant eux.
Le prince régionnaire de la partie de l'ouest, ou prince majeur des démons terrestres, dit alors à ces pauvres mineurs : "Regardez l'oeil de ce grand prince universel (en leur montrant le soleil), c'est ici la maison de ce grand prince, qui dirige toute l'étendue que votre vue et votre imagination peuvent concevoir et entendre." Ensuite, le prince régionnaire septentrional terrestre leur dit : "O alliés chéris, de la part du très-haut et très-puissant prince qui a vécu et vivra éternellement avec nous, exécutez
Un prince régionaire de la partie de l'ouest, ou prince majeur des démons terrestres, disait à ces [146] mineurs : "Regardez l'oeil de ce grand prince universel, en leur montrant le soleil, c'est la maison de celui qui dirige toute l'étendue que votre vue et votre imagination peuvent apercevoir et comprendre." Le prince régionaire septentrional terrestre disait de son côté : "Je vous instruis, mes alliés chéris, de la part du Très-haut et très puissant prince qui a vécu et qui vivra éternellement avec
ce que votre maître et le mien vous dit par ma parole. Tournez la face vers cette principale maison (en leur montrant le corps lunaire), c'est là où habitent tout esprit majeur comme moi et tout esprit inférieur et mineur. Ici se manifeste la gloire de notre grand prince. C'est à elle que vous devez avoir recours pour obtenir de ce grand prince de l'univers tous les moyens et facultés nécessaires pour manifester votre puissance égale à la nôtre."
vous et nous, que vous ayez à entendre ce que votre maître et le mien vous dit par ma parole. Tournez la face vers cette principale maison, en leur montrant le corps lunaire ; cette maison est celle où habitent tous les esprits majeurs comme moi, inférieurs et mineurs ; c'est là que se manifeste la gloire de notre grand prince ; c'est donc à elle que vous devez avoir recours pour obtenir du grand prince tous les moyens et toutes les facultés qui vous sont nécessaires pour égaler votre puissance à la nôtre."
TAAprès que les démons eurent ainsi séduit et aveuglé les mineurs par leur intellect démoniaque pour leur faciliter le mal, ils dirent aux principaux sujets qu'ils avaient gagnés et mis dans leur parti, la façon avec laquelle ils devaient opérer communication avec les habitants de cette principale maison, qu'il leur fit envisager être la plus grande de la terre, c'est-à-dire la plus grande maison du cercle sensible, et la maison solaire la plus grande maison des cieux, et qu'il fallait de toute nécessité ne faire aucun travail ni aucune opération sur les dites maisons, qu'elles ne fussent en jonction, ce qui explique les éclipses de lune et du soleil : et que par ce moyen, ils obtiendraient des principaux chefs habitants des susdites maisons tout ce dont ils auraient besoin, soit pour eux distinctement, soit pour ceux qu'ils auront ramenés sous la protection et puissance de leur prince tout-puissant ;
Ces chefs pervers ne s'en tinrent pas là ; ils enseignèrent aux pauvres mineurs qu'ils avaient séduits, la façon avec laquelle ils devaient opérer communication avec les habitants de ces deux maisons qu'ils leur avaient fait considérer comme les deux plus grandes et les deux plus considérables, savoir : la lune, la plus grande maison du cercle sensible ou terrestre, et le soleil, la plus grande maison des cieux ; en leur recommandant de ne faire aucun travail ni opération sur ces maisons que lorsqu'elles seraient [147] en conjonction et en opposition parfaite, ce qui forme les éclipses de soleil et de lune ; parce qu'alors ils obtiendraient des principaux chefs habitants de ces maisons, tout ce dont ils auraient besoin, soit pour eux directement, soit pour ceux qu'ils auraient ramenés sous la protection de leur prince tout-puissant.
ce qui fut adopté par ces chefs pervertis, qui employèrent avec zèle et précision, les puissances et facultés spirituelles démoniaques qu'ils avaient reçues des quatre princes régionnaires des démons. Ces hommes possédés faisaient de grands progrès dans la perversion et
Les deux autres chefs régionaires leur tinrent à peu près le même langage, de sorte que les malheureux mineurs, séduits par toutes ces promesses, employèrent avec zèle et précision toutes les facultés et puissances qu'ils avaient reçues des chefs démoniaques. Ces
corrompirent bientôt la postérité de Caïn [et] une grande partie de celle de Seth.
hommes possédés firent de grands progrès dans la perversité et corrompirent aussi dans très peu de temps la postérité de Caïn et une grande partie de la postérité de Seth.
Pour faire en aussi peu de temps un progrès si considérable, il fallait qu'ils parlassent un langage bien séduisant, et que les paroles et les expressions dont ils se servaient fussent pour lors bien fortes et bien susceptibles d'aiguillon spirituel démoniaque, pour assoupir tous les malheureux mineurs et les confondre avec eux comme ils l'ont fait effectivement. Il n'y a rien qu'ils n'inventassent dans cet univers pour corrompre les mineurs et les confondre parmi eux en dépit du Créateur. Ils sont appelés des êtres tentateurs, parce qu'ils agissent en contradiction divine et qu'ils agiront ainsi jusqu'à la fin des siècles. Par cette contraction spirituelle démoniaque, nous comprenons et concevons encore ce qu'on appelle vulgairement le pour et le contre, l'action et la réaction, qui s'opèrent journellement dans cet univers. Rien n'est impossible à ces êtres pour la dégradation des formes et la tentation des mineurs dans cet univers, et, pour arriver à leur but méchant, ils ne négligent rien dans ce bas monde pour attirer à eux les mineurs les plus près du Créateur et ceux-même qui commencent à peine à entrer dans ce bas monde, et même ceux qui peuvent à peine employer l'usage des sens de leur forme corporelle, [ce] que l'on peut voir et concevoir et apercevoir par les différentes convulsions et lamentations qu'ils font, [?] les différentes atteintes que les esprits pervers opèrent par leur intellect démoniaque contre ces nouveaux mineurs incorporés et créés sur cette surface terrestre. La naissance du Christ
J'observerai ici qu'il fallait que les discours des chefs démoniaques eussent été bien séduisants pour pervertir en si peu de temps presque tous les habitants de la terre ; ce qui doit nous avertir de veiller et de nous tenir fortement sur nos gardes ; car il n'y a rien que ces esprits pervers n'inventent pour corrompre le mineur et le confondre avec eux. C'est par leurs actions que nous nous apercevons de ce que nous appelons vulgairement le pour et le contre, ou de l'action et de la réaction qui s'opèrent journellement dans l'univers. Pour concevoir quelle est la subtilité de leurs tentatives, il faut savoir qu'ils s'occupent sans relâche à la dégradation des formes et à la [148] corruption des êtres spirituels, espérant toujours parvenir à leur but d'une manière ou de l'autre. Ils persécutent les mineurs dès le moment qu'ils commencent d'entrer dans ce bas monde et lors même qu'ils ne peuvent faire usage de leurs sens corporels ce que l'on peut aisément apercevoir par les différents mouvements, les cris et les agitations des nouveaux-nés. Nous voyons toutes ces choses confirmées par la naissance du Christ, par son avènement dans une forme corporelle, par les persécutions et les souffrances qu'il a endurées pendant sa vie ; ainsi nous ne pouvons douter que les démons ne soient autour de la forme corporelle dès que le mineur y est incorporé. C'est de là qu'est venu l'usage qu'avaient les patriarches d'exorciser leur postérité par la bénédiction, afin d'écarter les esprits pervers qui environnent la forme
nous retrace clairement ces choses. Son avènement dans une forme corporelle semblable à celle des mortels ordinaires, les persécutions, pâtiments et souffrances qu'il a endurés depuis le principe de sa naissance jusqu'à sa fin vous confirment physiquement ce que je vous ai dit, et vous font voir clairement que les démons sont aussi promptement aux environs de la forme corporelle que le mineur s'est incorporé dedans. TADe là, l'usage est venu que les patriarches exorcisaient la postérité par la bénédiction qu'ils répandaient sur elle, pour écarter tous les esprits pervers qui pouvaient l'environner. De là la circoncision, ou le baptême du sang, où l'alliance fut renouvelée du Créateur à Abraham, et c'est encore de là d'où l'exorcisme, ou baptême de grâce, est parvenu jusqu'aux nouveaux convertis du Christ.
corporelle. C'est de là encore qu'est venu la circoncision ou le baptême du sang, par lequel l'alliance fut révélée à Abraham. C'est de là enfin que le baptême de la grâce est parvenu aux nouveaux convertis au Christ.
Si Adam n'avait pas obtenu du Créateur sa réconciliation après sa prévarication, dans quel état aurait été ce monde présent ? Aurait-il fini à Adam et Caïn, Eve, ou se serait-il perpétué de quelque autre façon ? L'immutabilité du Créateur dans ses décrets pour la molestation des esprits pervers fit qu'après la prévarication de son premier homme créé, le Créateur prévint l'opération seconde que ces esprits auraient pu faire contre la créature pour la confondre entièrement avec eux et, par là, vouloir humilier la puissance divine, ainsi qu'ils avaient conçu de faire en tout temps, et, ayant ainsi délibéré,
Vous pourriez me demander à ce sujet ce que le monde présent serait devenu si Adam n'avait pas obtenu sa réconciliation ? Mais je ne répondrai à cette question qu'en vous disant que le décret du Créateur était immuable touchant la molestation des démons. L'Eternel prévint l'opération seconde de ces mauvais esprits par laquelle ils voulaient achever [149] de confondre entièrement le mineur avec eux, afin de s'opposer à la justice qui devait s'exercer contre eux et contre leurs adhérents.
TAle Créateur prit sa créature sous sa puissance divine et, par ce moyen, rien ne fut fait par les susdits esprits contre les lois immuables dont le Créateur avait usé pour la fondation et création de cet univers et de sa créature mineure
Le Créateur prit donc le mineur sous sa défense, et, par ce moyen, toutes les tentations des démons contre ses lois immuables devinrent impuissantes. Ils furent contenus par là dans une plus grande privation, et il ne leur est resté
spirituelle divine et de toute espèce, que ces esprits auraient pu employer à l'avenir pour la dégradation de tout être corporel et mineur spirituel. Le Créateur les ayant bornés entièrement par leur privation divine et les ayant privés par ce moyen de puissance absolue, ce qui fait qu'ils sont contenus dans leurs bornes de puissance simple spirituelle de contraction démoniaque, que le Créateur n'a pu leur ôter et qu'il leur a laissé pour n'agir que superficiellement dans tout l'univers, de sorte qu'il n'est point en leur pouvoir absolu de surmonter l'immutabilité du Créateur et pouvoir nuire d'aucune façon, jusqu'à la destruction finale, à rien de ce que le Créateur a délibéré être fait. Tous subsistent suivant les bornes et le temps qu'il a fixés à sa création universelle. Les démons n'auraient pu empêcher que le monde ne fût tel qu'il est, après le changement de forme glorieuse en celle de matière apparente.
qu'une puissance simple spirituelle que Dieu n'a pu leur ôter, pour agir superficiellement dans l'univers. C'est pour cela qu'ils ne peuvent exercer la destruction totale sur ce que le Créateur a délibéré, et qu'ils ne peuvent arrêter le cours et la durée que le Créateur a fixés à chaque chose. C'est pour cela enfin que les démons n'ont pu empêcher que le monde fût tel qu'il est, après le changement de la forme glorieuse de l'homme en forme de matière.
Quoique la forme actuelle dans laquelle les mineurs sont contenus soit différente de la première forme glorieuse d'Adam, il ne faut pas croire que cette seconde forme corporelle soit effectivement un corps réel de matière existante, attendu qu'elle provient des premières essences spiritueuses, que le Créateur destina par son verbe premier de création universelle, pour retenir les différentes impressions qu'il savait être convenables et propres pour les différentes formes qui devaient être employées dans toute sa création temporelle. Il n'est point possible de croire les formes corporelles présentes comme des êtres de matière existant réellement, sans donner au Créateur divin un être de matière inné en lui, ce qui dégraderait sa spiritualité. TAIl est nommé Créateur, parce que de rien il
Je dirai ici qu'il ne faut point regarder cette forme corporelle comme un corps réel de matière existante : elle ne provient que des premières essences spiritueuses destinées, par le premier Verbe de création, à retenir les différentes impressions convenables aux formes qui devaient être employées dans la création universelle. Il n'est pas possible de regarder les formes corporelles présentes comme réelles, sans admettre une matière innée dans le Créateur divin, ce qui répugne à sa spiritualité. Il est appelé Créateur, parce que de rien il a tout créé, et que toute sa création [150] provient de son imagination ; et c'est parce que sa création provient de son imagination pensante divine qu'elle est appelée image.
a tout créé, et que toute sa création provient de son imagination. Cette création n'est autre chose qu'une image, parce qu'elle est sortie de l'imagination pensante du Créateur.
C'est par la même faculté que le Créateur a créé toutes choses temporelles, qu'il dissipera tout être de forme, en rappelant devant lui son imagination de création. Ainsi a pris son principe toute forme créée, et tout sera réintégré dans sa première émanation.
La même faculté divine qui a tout produit, rappellera tout à son principe, et de même que toute espèce de forme a pris principe, de même elle se dissipera et réintégrera dans son premier lieu d'émanation ; ce qui sera traité plus au long par la suite.
Après avoir ainsi corrompu les mineurs, les démons fixaient toujours à leur pouvoir de se faire connaître et sentir lorsqu'ils le jugeraient à propos, à tous ceux qu'ils avaient laissé épars sur le corps général terrestre, étant devenus pour lors des êtres semblables à eux et à même d'agir, suivant leur pleine et entière volonté.
Vous avez vu les forfaits iniques que les démons avaient opérés contre les mineurs des premiers temps pour les détourner du culte de Dieu, et les attacher au prince du midi, comme au seul chef divin. Vous devez apprendre de plus que ces esprits pervers leur avaient toujours parlé sous des apparences spirituelles, leur disant qu'ils seraient éternels comme eux, que, quand même ils viendraient à quitter leur forme corporelle, ils n'en existeraient pas moins, et qu'il leur serait toujours possible de se faire connaître et sentir de leurs semblables. Mais c'était en séduisant les mineurs par de belles apparences qu'ils les avaient entraînés dans les plus horribles abominations.
TAJe vous demande si, dans le temps de la première postérité de Caïn et celle de Seth, malgré tous les forts combats démoniaques contre tous les mineurs créés de ce temps-là, il se trouva quelques hommes justes qui détruisirent les approches et les insinuations [des] intellects démoniaques, qui pouvaient les rendre susceptibles d'être adhérents de ces sortes d'esprit. Il y a eu, de ce temps-là, quelques justes, quand ce ne serait qu'Enoch et les neuf premiers patriarches réconciliés, ou quand il n'y aurait eu que
Je vous demanderai cependant si, malgré la force de toutes les persécutions démoniaques contre ce premier peuple, ou la postérité de Caïn et de Seth, il ne se trouva pas quelques hommes justes qui se défendirent de l'insinuation de l'intellect mauvais et [151] qui s'éloignèrent entièrement des abominations où tombèrent les autres mineurs. Vous ne pouvez nier qu'il n'y en ait eu quelques uns quand ce ne serait que les neuf patriarches qui sont suivis de Noé, par lequel le nombre dénaire est rempli. Mais
Noé, qui accomplit le nombre dénaire. Vous conviendrez avec moi qu'il y a eu un homme juste dans cette postérité première. TAEtes-vous sûr de trouver aujourd'hui un homme juste parmi ceux de ce siècle ? Vous seriez fort en peine de le trouver. Il n'y a pas un juste parmi les hommes de ce siècle provenus depuis la dernière époque de la venue du Christ, étant plus éloignés de la connaissance de la manifestation divine, qui s'opérait toujours parmi sa créature. Les mauvaises habitudes qu'ils ont contractées leur ont fait perdre volontairement et absolument la connaissance du grand culte divin, parce qu'ils ne voient plus perpétuer les prodiges du Créateur parmi eux, comme ils se faisaient chez Israël.
si je vous faisais la même question sur les hommes d'aujourd'hui, et si je vous demandais de me trouver un juste dans ce siècle, vous seriez très embarrassé, et, en effet, vous ne le trouveriez point ; parce que les hommes, provenus depuis la dernière époque du Christ, n'ayant plus sous les yeux les manifestations divines qui s'opérèrent sous les premiers siècles, ont perdu de vue la connaissance du grand culte divin, comme ils ne voient plus perpétuer les prodiges de la justice du Créateur, qui se passaient journellement sous ces premiers peuples et chez Israël.
Les intellects démoniaques font plus de progrès aujourd'hui chez les mineurs qu'ils n'en avaient fait chez les anciens. Les peuples autrefois n'étaient pas si considérables et aussi éloignés de la connaissance de toute puissance divine, que ceux de ce siècle. Je ne suis donc point surpris que le mal soit plus grand aujourd'hui dans tout l'univers.
Plus on est éloigné d'un objet, plus il se retire de notre vue ; plus on se récarte d'une chose pour laquelle on a quelque attachement, plus on l'efface insensiblement de la mémoire. Par la succession des temps, il devient même très difficile de la rappeler à ses idées, supposé qu'on voulût l'avoir de nouveau telle qu'on l'avait en coeur dans le premier principe. Il en est de même des hommes du siècle présent. Ils se sont éloignés de toute connaissance particulière de la toute-puissance divine, sous prétexte d'une prétendue foi qu'ils disent avoir aveuglément. La foi sans les
Les hommes du siècle se livrent facilement au doute, qui ne provient que de leurs mauvaises habitudes et de leur ignorance. Il n'est donc point surprenant que les intellects démoniaques fassent aujourd'hui chez les mineurs un progrès encore plus considérable que par le passé. N'est-il pas vrai que, plus on s'éloigne d'un objet, plus il s'efface de notre vue, et que, si l'on s'écarte d'une chose pour laquelle on a eu de l'attachement, elle sort insensiblement de votre mémoire, au point qu'il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de la reprendre avec le même goût et la même ardeur que dans le [152] premier principe ? Eh bien, je veux vous faire concevoir par là que c'est précisément ce qui est arrivé aux hommes de ce siècle : Ils se sont éloignés de toute connaissance divine sous prétexte d'une prétendue foi aveugle qui leur a fait perdre totalement l'idée de la vraie foi. La foi sans les oeuvres ne peut être regardée comme véritable foi, quoique l'on puisse très bien avoir les oeuvres de la foi sans
oeuvres n'est pas la vraie foi. L'on peut très bien avoir les véritables oeuvres de la foi sans avoir la foi même. Les oeuvres que l'on peut avoir relativement à la foi ne peuvent être regardées comme appartenant à cette même foi, mais comme les oeuvres naturelles et innées dans celui qui les opère. Ils se sont presque éloignés du vrai culte qu'ils devaient au Créateur, sous prétexte des recherches qu'ils doivent faire pour les biens temporels qu'ils sont, disent-ils, forcés de cultiver comme le général des hommes. La négociation et la cupidité ambitieuse que l'intellect démoniaque a insinué au général des hommes fait plus de progrès tous les jours [et] a mis un voile de matière si épais devant les yeux, qu'ils sont aujourd'hui presque tous dans le même aveuglement que fut la postérité de Caïn et la plus grande partie de la postérité de Seth.
avoir la foi même. Je dirai de plus que les oeuvres que l'homme peut produire par la faible foi, qui est innée chez tous les hommes, ne peuvent se considérer comme appartenant véritablement à la foi : la foi de l'homme ne peut être vive et parfaite, si elle n'est actionnée par un agent supérieur ; et c'est alors que l'homme produit des oeuvres qui ne sont plus censées lui appartenir, et qui manifestent toute la force de la foi qui agit en lui. Ils ont abandonné les sciences spirituelles pour se livrer à la négociation et à la cupidité des biens de la matière, ce qui leur a mis un voile si épais sur les yeux, qu'ils sont presque tous dans le même aveuglement où était la postérité de Caïn et la plus grande partie de celle de Seth.
Cette postérité a été punie horriblement par le Créateur de l'abandon entier du culte divin pour lequel elle avait été créée. Dieu punit aussi son peuple choisi. Donc l'abomination fut la même que celle de Caïn. Il effaça du souvenir pendant la durée de sa punition son saint nom, par lequel le peuple offrait le véritable culte à la Divinité. Cette inaction du culte spirituel divin de la part du peuple élu est la répétition de celle qu'Adam premier élu du Créateur eut pendant la justice divine après sa première prévarication.
Nous savons que cet aveuglement des premières postérités, ainsi que celui où tomba Israël, était une répétition frappante de la privation où était Adam pendant tout le temps que le Créateur exerça sa justice contre lui ; cette inaction spirituelle est la punition de tout esprit qui s'éloigne du Créateur, [153] parce que aucun être spirituel en privation divine ne peut opérer de culte divin, qu'il n'ait reçu de l'Eternel sa réconciliation ainsi que nous le représente Adam et que plusieurs autres l'ont représenté après lui par leurs types et par leurs symboles. Un type dit plus que le symbole ; un type est une figure réelle d'un fait passé, de même que d'un fait qui doit arriver sous peu de temps. Le symbole ne fait que donner des renseignements sur le type d'un événement à venir. Un type enfin est supérieur à la prophétie, en ce que les prophètes ne font que des menaces pour
l'avenir, qui peuvent se retirer par la miséricorde du Créateur et le changement de conduite du peuple sur lequel la prophétie tombe, au lieu qu'un type annonce un événement infaillible et qui est sous le décret immuable du Créateur. Nous ne pouvons donc point ignorer que cette première postérité n'ait été frappée et punie horriblement, ainsi que le peuple d'Israël, pour l'abandon qu'ils avaient fait du Créateur et du culte pour lequel ils avaient été formés.
Quand le Christ vint au monde, quel était le culte que les hommes rendaient au Créateur ? Son temple avait fait marché public. Ils ne reconnaissaient d'autre Dieu que la matière, d'où provenaient leurs marchandises et leurs négociations matérielles. Ils étaient idolâtres. Les hommes d'aujourd'hui répètent tous ces faits. Il est admis chez eux qu'il faut quitter le Créateur pour servir temporellement, ce qui nous retrace les deux époques passées : celle de la postérité d'Adam et celle d'Israël. L'empire des démons triomphe au préjudice des mineurs. Ceux-ci ont quitté le culte divin, ils se sont souillés par l'alliance impure qu'ils font tous les jours avec les esprits pervers. Ils doivent donc s'attendre à des punitions plus terribles que celles qui sont tombées sur la première postérité, puisque la postérité présente a vu et entendu parler distinctement celui qui a opéré toute réconciliation spirituelle ; celui par lequel le Créateur a manifesté toutes ses oeuvres aux yeux de la créature.
Je vous demanderai maintenant dans quelle situation était le monde lors de l'avènement du Christ parmi les hommes ? Quel était le culte qu'ils rendaient au Créateur ? N'avaient-ils pas fait un marché public de son Temple, ou connaissaient-ils d'autres dieux que la matière ? D'où provinrent leurs marchandises ? Et ces négociations matérielles ne les [154] plongèrent-elles pas dans l'idolâtrie ! Nous pouvons croire ces faits avec d'autant plus de facilité que nous en avons sous les yeux la répétition dans les hommes d'aujourd'hui. Il est admis chez eux qu'il faut oublier le Créateur pour s'enrichir temporellement. Ces hommes nous représentent parfaitement les deux époques passées, savoir : celle de la postérité d'Adam et celle d'Israël. Nous voyons physiquement la même conduite, le même exemple, les mêmes habitudes, parmi les hommes de ce siècle. L'empire des démons triomphe au préjudice des faibles mineurs. Ces mineurs se sont tellement éloignés du culte divin et devenus souillés et impurs par l'alliance qu'ils font tous les jours avec les esprits pervers, qu'ils doivent s'attendre à des punitions infiniment plus terribles que celles qui sont tombées sur les premières postérités, puisque la postérité présente a vu et entendu parler
directement Celui qui a opéré toute réconciliation spirituelle, et Celui par qui le Créateur a manifesté toutes ses oeuvres aux yeux de la créature.
Que n'a pas fait cet être régénérateur ? Que n'a-t-il pas dit pour dissiper l'insinuation démoniaque dont les mineurs étaient souillés ? Que n'a-t-il pas souffert pour renverser les attaques que faisaient les démons contre les mineurs ? N'a-t-il pas montré à ces mêmes mineurs que ce qu'ils opéraient ne venait pas d'eux-mêmes, puisqu'il leur a fait connaître celui qui les a fait agir contre la volonté divine et les moyens que les démons employaient pour les faire renoncer à eux-mêmes et à leur âme ? Si une partie de ces mineurs a accepté les conseils des démons et que l'autre les ait rejetés, cette différence de pensées et de volonté n'annonçait-elle pas [à] ces hommes qu'il y avait en eux un être libre et spirituel divin, et que, si ce n'était pas ainsi, les démons ne les auraient pas si fortement persécutés ?
Que n'a pas fait cet être régénérateur ? Que n'a-t-il pas dit pour dissiper l'insinuation démoniaque dont les mineurs étaient souillés ? Que n'a-t-il pas souffert pour renverser les attaques que les démons faisaient contre les mineurs ? N'a-t-il pas montré à ces mêmes mineurs que ce qu'ils opéraient ne venait pas d'eux-mêmes, puisqu'il leur a fait connaître qui les faisait [155] agir contre la volonté divine ; puisqu'il leur a fait connaître les moyens que les démons employaient pour les faire renoncer à eux-mêmes et à leur âme ? Si une partie de ces mineurs a adopté les conseils des démons et que l'autre les a rejetés, cette différence de pensée et de volonté n'annonçait-elle pas à ces hommes qu'il y avait en eux un être libre et spirituel, et que, si ce n'était pas ainsi, les démons ne les auraient pas si fortement persécutés.
C'est par l'ignorance de toutes ces choses que les mineurs provenus depuis le Christ ont répété les abominations des premières postérités. Ils ont également nié leur âme et, en niant l'âme, on nie la Divinité, parce qu'on ne peut admettre de Créateur sans admettre de créature spirituelle. La postérité de Caïn avait poussé l'erreur jusque-là. Elle n'admettait ni Dieu ni âme. La plus grande partie de la postérité de Seth admettait une âme, mais point de Créateur divin, sinon l'esprit démoniaque qui les agitait, et elle admettait l'univers éternel, ce que la postérité de Caïn n'admettait pas, parce que le premier père les avait instruits du principe de toute chose créée, en leur faisant
C'est par l'ignorance de toutes ces choses que les mineurs provenus depuis l'époque du Christ ont répété les abominations des premières postérités. Ils ont nié leur âme, et, en niant leur âme, ils ont nié la Divinité, car l'on ne peut admettre de Créateur sans admettre des créatures purement spirituelles. La postérité de Caïn avait poussé l'erreur jusque-là, n'admettant ni Dieu ni âme ; la plus grande partie de la postérité de Seth admettait une âme, mais point de Créateur divin, sinon l'esprit démoniaque qui les dirigeait, et elle admettait l'univers éternel, ce que la postérité de Caïn n'admettait pas, parce que leur premier père les avait instruits du principe de toutes choses créées, en leur faisant
professer la fonte des métaux ; et par les formes qu'ils leur donnaient eux-mêmes, ils comprenaient que l'univers et tout ce qu'il renferme avait pris forme et reviendrait à son premier principe d'indifférence.
professer la fonte des métaux, et, par les formes qu'ils leur donnaient eux-mêmes, ils comprenaient que l'univers et tout ce qu'il renferme avait pris forme et reviendrait à son premier principe d'indifférence.
Israël a commis les mêmes erreurs et les mêmes crimes. Cependant, ce peuple fut témoin de la manifestation de toute justice et puissance divine. Pour lui, le Créateur a déployé toutes ses merveilles et malgré cela, il est tombé sous la puissance des démons et a poussé l'audace jusqu'à répudier le Créateur éternel pour lui préférer les faux dieux. Le reste infortuné de ce peuple prouve par sa conduite la prévarication de ses pères. Leur culte montre qu'ils sont conduits par de faux principes et par le prince des ténèbres. Ils sont esclaves de la figure du cérémonial de la loi, mais ils ne le sont point de la vérité de leur âme et de la sainteté des lois du Créateur. Ils ne sont assujettis que par la cupidité des biens de la matière.
Si nous considérons Israël, n'y verrons-nous pas [156] les mêmes erreurs et les mêmes crimes que parmi ces premières postérités ? Cependant c'est ce peuple qui a été témoin de la manifestation de toute la justice et de toute la puissance divines. C'est pour lui que le Créateur a déployé toutes ces merveilles, et, malgré cela, il est tombé sous la puissance des démons, et a poussé l'audace jusqu'à répudier le Créateur éternel pour lui préférer de faux dieux. Les restes infortunés de ce peuple prouvent, par leur conduite, les prévarications où sont tombés leurs pères. Le culte qu'ils exercent fait connaître qu'ils ne sont conduits que par de faux principes et par le prince des ténèbres. Ils sont esclaves de la figure du cérémonial de la loi, mais ils ne le sont point de la vérité de leur âme et des lois du Créateur. Ils ne sont assujettis que par la cupidité des biens de la matière.
Malgré cette fausse conduite des hommes provenus de la postérité de Caïn, de Seth, d'Israël et de ceux qui sont venus depuis le Christ, nous avons toujours vu dans tous les temps, se manifester la miséricorde du Créateur. Quoique sa créature demeure sous le poids de la justice divine, il ne lui retire point sa bienveillance et lui procure, au contraire, tous les moyens qu'il croit lui être nécessaires, soit pour la satisfaction temporelle ou spirituelle.
Malgré cette fausse conduite des hommes provenus de la postérité de Caïn, de Seth et d'Israël, et de ceux qui sont venus depuis Christ, nous avons vu dans tous les temps se manifester la miséricorde du Créateur. Quoique sa créature demeure sous le poids de la justice divine, il ne lui retire point sa bienveillance ; il lui procure au contraire tous les moyens qu'il croit lui être nécessaires pour sa satisfaction, soit temporelle, soit spirituelle.
TAIsmaël est un de ceux qui nous donnent
Ismaël est un de ceux qui nous
les preuves les plus frappantes de cette miséricorde divine. Comme première postérité naturelle d'Abraham, il était le symbole du type de l'élection d'Israël. Sa sortie de la maison de son père représente Israël sorti honteusement du temple en privation divine. Sa fuite dans les pays étrangers représente l'expulsion d'Israël hors de la présence du Créateur et sa dispersion dans toutes les parties de la terre. Sa mère Agar n'avait emporté pour sa nourriture à tous deux qu'un pain et une cruche d'eau, selon le témoignage de l'Ecriture, et, ayant consommé le tout dans un jour, elle fut au désespoir de voir son fils Ismaël prêt d'expirer de faim et de soif. Mais, dans sa souffrance, elle n'oublia pas le Créateur, qui ne l'abandonna pas. Car l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : "Femme, le recours que tu as eu à l'Eternel pour l'expiation de tes fautes a été exaucé. Lève toi et suis-moi avec ton enfant." Après que l'ange eut satisfait la faim et la soif d'Ismaël et de sa mère, il les bénit tous les deux au nom de l'Eternel et leur enseigna la route qu'ils devaient tenir pour aller se fixer dans la terre que le Créateur leur avait destinée, en disant à Agar : "L'Eternel prendra soin de ton fils. Il prospérera sur la terre en ta présence et il naîtra de lui douze princes de la terre ou douze patriarches ou chefs de tribus."
donne les preuves les plus frappantes de cette miséricorde divine. [157] Comme première postérité naturelle d'Abraham, il était le symbole de l'élection d'Israël ; sa sortie de la maison de son père représente Israël sorti honteusement du temple en privation divine ; sa fuite dans les pays étrangers hors de la terre de son père représente l'expulsion d'Israël hors de la présence du Créateur et sa dispersion dans toutes les parties de la terre. Sa mère Agar n'avait emporté pour leur nourriture à tous deux qu'un pain et une cruche d'eau, suivant le témoignage de l'Ecriture, et ayant consommé le tout en un jour, elle fut remplie de désespoir de voir son fils Ismaël près d'expirer de faim et de soif. Mais, dans cette affliction, elle n'oublia point le Créateur : aussi le Créateur ne l'abandonna point ; car l'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : "Femme ! Le recours que tu as eu à l'Eternel pour l'expiation de tes fautes a été exaucé ; lève-toi, prends ton enfant et suis moi". Après que l'ange eut satisfait la faim et la soif d'Ismaël et de sa mère, il les bénit tous deux au nom de l'Eternel et leur enseigna la route qu'ils devaient tenir pour aller se fixer dans la terre que le Créateur leur avait destinée, en disant à Agar : "L'Eternel prendra soin de ton fils ; il prospérera sur la terre en ta présence, et il naîtra de lui douze princes de la terre, douze chefs de tribus."
Il faut donc mettre sa confiance en l'Eternel, étant sûrs qu'il ne peut manquer de nous rendre heureux.
Cet exemple ne doit-il pas nous montrer à mettre notre confiance en l'Eternel, comme étant sûrs qu'il [158] ne peut jamais manquer de nous rendre parfaitement heureux.
Je ne parlerai point davantage d'Ismaël, devant le traiter dans l'explication des types et époques arrivées temporellement.
Je ne parlerai pas davantage ici d'Ismaël, devant en parler dans l'explication des types et des époques arrivés temporellement. Je vais enfin
entrer dans l'explication du grand type de Noé que je vous ai déjà annoncé.
TALes postérités de Caïn et de Seth ayant poussé leur abomination non seulement jusqu'à abandonner le Créateur et son culte, mais s'étant livrées jusqu'à commettre les fornications les plus immondes, auxquelles on ne peut songer sans frémir, le Créateur s'éleva non seulement contre leurs crimes, mais contre les démons qui les avaient séduits. Il ordonna à Noé, son fidèle élu, de construire une arche en bois de cèdre, dans laquelle serait renfermé le témoignage de la justice divine qui allait s'exercer contre la terre et contre ses habitants. Ce bâtiment portait le nom d'arche parce qu'il flottait sur les eaux, et son bâtiment avait la forme comme le dessous du ventre d'un canard. Cette arche n'avait ni mât, ni voilure, ni rames. Ces choses ne lui auraient été d'aucun usage, parce qu'elle était dirigée par l'effort des eaux, au gré du Créateur. Lorsque le temps fut arrivé que le Créateur devait manifester sa justice divine sur toute la terre, il envoya à son élu Noé un ange qui lui dit, de sa part, de quelle manière il devait faire son entrée dans l'arche avec sa femme, ses enfants et les femmes de ses enfants. TAIl fut averti également des provisions qu'il devait faire pour les animaux raisonnables et irraisonnables qui seraient renfermés avec lui clans l'arche. Ces provisions n'étaient point de ces choses recherchées ni délicates pour flatter le goût. Elles ne consistaient que dans de simples fruits ordinaires de la terre, et encore en restait-il plus des deux tiers après que tout le monde fut sorti de l'arche, car Noé et toute sa famille avaient été si effrayés de l'horrible châtiment dont ils avaient été les spectateurs qu'ils purent à peine
Les postérités de Caïn et de Seth ayant déjà poussé leurs abominations non seulement jusqu'à abandonner le Créateur et son culte, mais jusqu'à commettre les fornications les plus immondes, et auxquelles on ne peut penser sans frémir, le Créateur s'éleva contre ces prévaricateurs et contre les démons qui les avaient séduits. Il suscita à Noé, son fidèle élu, de se disposer à construire une arche en bois de cèdre, dans laquelle serait renfermé le témoignage de la justice divine qui allait s'exercer contre la terre et ses habitants. Ce bâtiment portait le nom d'Arche parce qu'il flottait sur les eaux, et son fondement avait la forme semblable au dessous du ventre d'un canard. Cette arche n'avait ni mâture ni voilures, ni rames ; toutes ces choses n'auraient été d'aucun usage à cette arche ni à ceux qui y étaient renfermés, parce que cette arche était dirigée par l'effort des eaux au gré du Créateur. Lorsque le temps fut arrivé où les créatures devaient manifester la justice divine sur toute la terre, il envoya à son élu Noé un ange qui lui dit, de sa part, de quelle manière il devait faire [159] son entrée dans l'arche avec sa femme, ses fils, et les femmes de ses fils. Il fut averti également des provisions qu'il devait faire pour les animaux raisonnables et irraisonnables qui seraient renfermés avec lui dans l'arche. Ces provisions n'étaient pas des choses recherchées et délicates comme seraient la plus pure farine et autres choses choisies et susceptibles de flatter le goût. Elles ne consistaient que dans les simples fruits ordinaires de la terre, et il en resta encore plus des deux tiers dans l'arche lorsque tout le monde en fut sorti ; car Noé et toute sa famille avaient été si
penser à leur vie temporelle.
effrayés de l'horrible châtiment dont ils avaient été spectateurs, qu'ils purent à peine penser à leur vie corporelle.
Noé vit, en effet, manifester la justice divine sur le corps général et particulier permanents dans le cercle universel, qui furent tous pendant ce temps en privation spirituelle divine ; et Noé était si frappé de cet événement qu'il put tout au plus s'occuper de la vie spirituelle pour les animaux raisonnables, et de la corporelle pour les irraisonnables. C'est pourquoi il lui resta tant de provisions après le déluge.
Noé vit, en effet, se manifester la justice divine sur le corps général et sur le corps particulier, permanents dans le cercle universel, qui furent tous pendant ce temps en privation spirituelle divine ; et Noé était si frappé de cet événement, qu'il put tout au plus s'occuper de la vie spirituelle pour les animaux raisonnables et de la vie corporelle pour les animaux irraisonnables. C'est pourquoi il lui resta tant de provisions après le déluge.
Alors Noé faisait le vrai type du Créateur. Il flottait sur les eaux, comme le Créateur avant le débrouillement du chaos, selon les paroles de la Genèse. Le voile aquatique grossier qui couvrit toute la terre et la cachait, pour lors, de la face du Créateur, fait allusion aux cieux surcélestes que la plupart des philosophes nomment ciel cristallin, et qui sépare le Créateur de la cour divine de sa création universelle temporelle.
Durant cette époque du déluge, Noé faisait le vrai type du Créateur ; il flottait sur les eaux comme le Créateur avant le débrouillement du chaos, selon les paroles de la Genèse. Le voile aquatique grossier qui couvrait toute la terre et la cachait, pour lors, [160] de la face du Créateur, fait allusion aux cieux surcélestes, que la plupart des philosophes nomment : ciel cristallin, qui sépare le Créateur de la cour divine de sa création universelle temporelle.
L'obscurcissement où se trouvèrent les corps lumineux pendant cet événement fait allusion à la privation de la lumière spirituelle divine des corps chaotiques, qui n'avaient point encore reçu de lois d'ordre pour agir selon que le Créateur l'avait résolu pour servir de mouvement et d'agent dans le cercle universel de sa création. Cette privation de clarté divine des corps chaotiques se répète journellement par la conception de la forme humaine dans le corps d'une femme. TANous divisons la carcasse humaine d'une forme entière en trois parties, savoir : la tête, 1 ; le tronc, 2 ; et les os des iles, 3. Nous ne pouvons
L'obscurcissement dans lequel furent les corps lumineux pendant cet événement, fait allusion à la privation de la lumière spirituelle des corps catholiques [sic pour chaotiques] qui n'avaient pas encore reçu des lois d'ordre pour agir selon que le Créateur l'avait résolu pour servir d'ornements et d'agents dans le cercle universel de la création. Cette privation de clarté divine des corps catholiques se répète journellement par la conception d'une forme humaine dans le corps d'une femme. Nous divisons la carcasse entière d'une forme humaine en trois parties, savoir : la tête, 1 ; le tronc, 2 ; et les os des Isles, 3. Nous ne
disconvenir que ces trois parties ne soient différentes dans leur figure et dans leurs propositions. Elles sont très distinctes l'une de l'autre, et l'on peut très bien les séparer sans faire chez elles aucune fracture, si ce n'est de rompre les ligaments cartilagineux qui les unissent toutes trois ensemble, de sorte que ces trois choses n'en font qu'une par leur intime liaison. Cependant, elles ont chacune des facultés et des propriétés différentes, et cette différence fait une parfaite allusion aux trois règnes que nous reconnaissons dans la nature : l'animal, le végétal et le minéral. Ces trois règnes sont contenus dans la forme terrestre, de même que les trois parties du corps humain, dont j'ai parlé, sont contenues dans l'enveloppe qui entoure toute la forme. Je ne fais point mention ici des quatre membres, les deux bras et les cuisses avec leurs jambes, parce que ce ne sont que des adhérences au tronc, et que je dois traiter ailleurs de leurs propriétés particulières. Ces trois parties principales du corps humain me fournissent encore l'occasion de vous expliquer les trois actions principales qui ont donné l'explosion à tous les corps chaotiques. La première action est la descente du mineur général dans la forme corporelle générale terrestre ; la seconde la jonction de l'esprit divin majeur avec le mineur, ou âme générale ; et la troisième la forme et l'étendue que l'esprit majeur fixe lui-même au corps général et aux corps particuliers, tant célestes que terrestres, par ordre du Créateur, ainsi que les différentes facultés et propriétés qu'il donna à tous ces corps.
pouvons disconvenir que ces trois parties ne soient différentes dans leurs figures et dans leurs proportions ; elles sont très distinctes les unes des autres, et l'on peut très bien les distinguer sans faire chez elles aucune fracture, si ce n'est de rompre les ligaments cartilagineux qui les unissent toutes trois ensemble ; de sorte que ces trois choses n'en font qu'une par cette intime liaison. Cependant elles ont chacune des propriétés et des facultés différentes, et ces différentes facultés font une parfaite allusion aux trois règnes que nous connaissons dans la nature : l'animal, le végétal, le minéral. Ces trois règnes sont contenus [161] dans la forme terrestre, de même que les trois parties du corps humain dont j'ai parlé sont contenues dans l'enveloppe qui entoure toute la forme. Je ne fais pas mention ici des quatre membres : les deux bras, les deux cuisses avec leurs jambes, parce que ce ne sont que des adhérences au tronc et que je dois traiter ailleurs de leurs propriétés particulières. Ces trois parties principales du corps humain me fournissent encore une occasion de vous expliquer les trois actions principales qui ont donné l'explosion à tous les corps catholiques. La première action est la descente du mineur général dans la forme corporelle générale terrestre ; la seconde est la jonction de l'esprit divin majeur avec le mineur ou âme générale ; la troisième est la borne de l'étendue que l'esprit majeur fixa lui-même au corps général et aux corps particuliers, tant célestes que terrestres, par l'ordre du Créateur, ainsi que les différentes facultés et propriétés qu'il donna à tous les corps.
TAIl prescrivit également la vertu et la puissance de tout être spirituel majeur, inférieur et mineur, qui devait actionner,
Il prescrivit également la vertu et la puissance de tout être spirituel majeur, inférieur et mineur, qui devait actionner,
soit dans la forme générale et particulière, soit extérieurement à ces formes. Il prescrivit encore le pouvoir et les facultés des habitants de l'axe central [et vit ?] que toutes choses étaient conformes à la volonté divine. C'est par ces trois opérations que la création universelle reçut lois, préceptes et commandements et ce fut lorsque toute chose eut reçu lois, préceptes et commandements que se fit l'explosion du chaos. Alors, chaque forme corporelle contenue dans le chaos prit son action et opéra selon l'ordre qu'elle avait reçu. Il ne faut pas croire que l'explosion du chaos se soit faite par la descente de l'esprit mineur, ni par la jonction de l'esprit majeur avec lui, mais seulement par la retraite que fit cet esprit majeur, ou doublement fort, de l'enveloppe chaotique, pour aller se réunir à son père, et ce ne fut que dans ce moment que toute chose se présenta en nature passive et active aux yeux du Créateur, constamment à l'image qu'il s'en était formée.
soit dans la forme générale et particulière, soit extérieurement à ces formes. Il prescrivit encore le pouvoir et les facultés des habitants [de] l'axe central et vit que toutes choses étaient conformes à la volonté divine. C'est par ces trois opérations que la création universelle reçut les lois, préceptes et commandements, que se fit l'explosion du chaos. [162] Alors chaque forme corporelle contenue dans le chaos prit son action et opéra selon l'ordre qu'elle avait reçu. Il ne faut pas croire que l'explosion du chaos se soit faite par la descente de l'esprit mineur, ni par la jonction de l'esprit majeur avec lui, mais seulement par la retraite que fit cet esprit majeur ou doublement fort de l'enveloppe chaotique pour aller se réunir à son père ; et ce ne fut que dans ce moment que toute chose se présenta en nature passive et active aux yeux du Créateur, conformément à l'image qu'il s'en était formé.
Ceci doit encore vous faire concevoir le sens de ces paroles de l'Ecriture : "La lumière était dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point comprise." Toute forme corporelle est toujours un chaos à l'âme spirituelle divine, puisque cette forme de matière ne peut point recevoir la communication de l'intellect spirituel divin, n'étant elle même qu'un être apparent. Le mineur, au contraire, par son émanation, est susceptible de recevoir à chaque instant cette communication, parce que c'est un être éternel.
Ceci doit encore vous faire concevoir le sens de ces paroles de l'Ecriture : la lumière était dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont point comprise. Toute forme corporelle est toujours un chaos pour l'âme spirituelle divine, parce que cette forme de matière ne peut recevoir la communication de l'intellect spirituel divin, n'étant elle-même qu'un être apparent. Le mineur, au contraire, par son émanation, est susceptible de recevoir, à chaque instant, cette communication, parce que c'est un être éternel.
Nous voyons clairement que le corps est un chaos pour l'âme, ou le mineur, par la manière dont le mineur passe sa vie
Nous voyons clairement que le corps n'est qu'un chaos pour l'âme ou le mineur, par la manière dont le mineur
temporelle dans ces corps de matière, en punition du crime du premier homme. N'en passe-t-il pas la moitié dans une faible lumière, qui n'est qu'un reflet de la lumière spirituelle divine, et l'autre moitié dans des ténèbres affreuses ? TAC'est ce que nous nommons lumière et ténèbres élémentaires, ou le jour et la nuit, mais, lorsque le mineur est séparé de sa forme chaotique, il n'est plus question pour lui de ténèbres temporelles et élémentaires. Il jouit pleinement de la lumière impassive et inaltérable qui est innée en lui-même, selon que le Créateur nous enseigne lui-même que l'esprit lit, voit et connaît tout par sa propre clarté, sans qu'il ait besoin d'autre lumière que de la sienne propre.
passe sa vie temporelle dans le corps de la matière en punition du crime du premier homme. N'en passe-t-il pas la moitié dans une faible lumière qui n'est que le reflet de la lumière spirituelle divine, et l'autre moitié dans des ténèbres [163] affreuses ? C'est ce que nous appelons lumière et ténèbres élémentaires, ou le jour et la nuit ; mais lorsque le mineur est séparé de sa forme chaotique, il n'est plus question pour lui de ténèbres temporelles élémentaires : il jouit pleinement de la lumière impassive spirituelle et inaltérable qui est innée en lui-même, selon que le Créateur nous enseigne lui-même que l'Esprit lit, voit et connaît tout par sa propre clarté, sans qu'il ait d'autre lumière que la sienne propre.
"Pourquoi donc, direz-vous, les réprouvés vivront-ils dans d'épaisses ténèbres suivant l'Ecriture, et seront privés de toute lumière ?" Je vous répondrai que les ténèbres dont l'Ecriture menace les réprouvés ne signifie point une privation de clarté et de la lumière, mais seulement une privation d'action spirituelle divine dans l'immense circonférence divine où les vrais esprits réconciliés iront faire leur heureuse réintégration. L'Ecriture ne peut avoir une autre signification en cet endroit, puisque tout esprit soit bon, soit mauvais, porte avec soi sa propre lumière.
Si vous doutiez que l'explosion du chaos se fût faite ainsi que je vous l'ai détaillé, il ne faudrait que faire attention à l'ange qui ouvre la porte de l'arche pour en faire sortir tous les animaux et les placer sur le sommet, pour être témoins de la manifestation de la justice divine, et vous verriez clairement que c'est la vraie figure de la sortie de l'esprit
Pourquoi donc, direz-vous, l'Ecriture enseigne-t-elle que les réprouvés vivront dans de pareilles ténèbres et seront privés de toute lumière ? Je vous répondrai que les ténèbres dont l'Ecriture menace les réprouvés ne signifient pas une privation de clarté et de lumière, mais seulement une privation d'action spirituelle divine dans l'immense circonférence céleste où les vrais esprits réconciliés iront faire leur heureuse réintégration. L'Ecriture ne peut avoir une autre signification en cet endroit, puisque tout esprit, soit bon, soit mauvais, porte avec lui sa propre lumière. Si vous doutiez que l'explosion du chaos se fut faite ainsi que je vous l'ai détaillé, il ne faudrait que faire attention à l'ange qui ouvre la porte de l'arche pour en faire sortir tous les animaux et les placer sur le sommet, pour être témoins de la manifestation de la justice divine, et vous verrez clairement que c'est la vraie figure de la sortie de [164] l'esprit majeur de l'enveloppe catholique, qui a exposé à la face du Créateur tout être de création
majeur, de l'enveloppe chaotique, qui a exposé à la face du Créateur tout être de création temporelle.
temporelle.
TAJe vais vous parler maintenant du type significatif de cette arche.
Cette arche mystérieuse dans laquelle étaient contenus les différents êtres animaux, explique véritablement l'enveloppe chaotique qui contenait tout principe de création de formes corporelles. Les quarante jours que les animaux furent privés de la lumière élémentaire figurent clairement l'opération physique que les hommes sont obligés d'éprouver dans leur reproduction corporelle. Leur fruit ne peut avoir vie passive et action spirituelle qu'au bout de quarante jours. Je ne dirai rien de plus au sujet, les opérations de la nature pouvant amplement vous instruire là-dessus. TALa descente et la jonction des eaux raréfiées avec les eaux grossières nous rappellent la descente du premier mineur dans un corps matériel terrestre, et les quarante jours que les eaux raréfiées mirent à descendre nous désignent les quarante [ans] de peines et des pâtiments qu'Adam eut à endurer dans son âme et dans son esprit après sa prévarication.
Je vais maintenant vous parler du type figuratif de cette arche mystérieuse. Cette arche mystérieuse, dans laquelle étaient contenus les différents êtres animaux, explique réellement l'enveloppe chaotique qui contenait tout principe de création de formes corporelles. Les quarante jours que ces animaux furent privés de la lumière élémentaire, figurent clairement l'opération physique que les hommes sont obligés d'éprouver dans leur reproduction corporelle. Leur fruit ne peut avoir vie passive, active, spirituelle, qu'au bout de quarante jours. Je ne dirai rien de plus à ce sujet ; les opérations de la nature pouvant amplement vous instruire là-dessus. La descente et la jonction des eaux raréfiées avec les eaux grossières, vous rappellent la descente du premier mineur dans un corps matériel terrestre ; et les quarante jours que ces eaux raréfiées mirent à descendre représentaient les quarante ans de peines et de pâtiments qu'Adam ressentit dans son âme et dans son esprit après sa prévarication.
On ne peut concevoir quelles étaient ces peines que ressentait Adam, lorsqu'après avoir été entièrement libre et sans bornes par sa nature d'être pur spirituel pensant, il se trouvait dans une prison de matière et assujetti au temps. Il employa en effet quarante années à gémir sur son crime en se réfléchissant sur ce qu'il avait été dans son premier principe, sur ce qu'il était devenu et devait devenir dans la suite. Par les lamentations, il se disposa à mériter miséricorde du
On ne peut concevoir quelles étaient les peines que ressentait Adam, lorsque après avoir été entièrement libre et sans borne, par sa nature d'être pur, spirituel, pensant, il se trouvait dans une prison de matière et qu'il était assujetti au temps. Il employa, [165] en effet, quarante ans à gémir sur son crime, en réfléchissant sur ce qu'il avait été dans son premier principe, sur ce qu'il était devenu et sur ce qu'il devait devenir par la suite. Par ses lamentations, il se disposa à obtenir
Créateur et l'obtint en effet au bout de quarante années, puisque c'était au bout de ce temps que devait naître de lui et d'Eve, l'holocauste spirituel qui effacerait l'horreur de son crime et punirait l'abomination des démons séducteurs. Et les pâtiments qu'Adam endura pendant tout ce temps, nous sont clairement figurés par les pâtiments que les animaux ressentirent tant qu'ils furent sous la justice divine de par les quarante jours que Noé passa avec les animaux sur le mont Ararat, nommé mont d'Arménie. D'autant mieux que Noé passa tout ce temps à rendre grâce au Créateur de ce qu'il l'avait bien voulu préserver, lui et le reste des animaux, du fléau qui venait de tomber sur la terre et sur tous ses habitants.
miséricorde du Créateur, et il l'obtint, en effet, au bout de quarante ans de peines et de pâtiments nécessaires pour opérer son expiation. Il ne pouvait obtenir sa réconciliation qu'au bout de ces quarante ans, puisque c'était au bout de ce temps que devait naître, de lui et d'Eve, l'holocauste spirituel qui effacerait l'horreur de son crime et punirait l'abomination des démons séducteurs. Les pâtiments qu'Adam endura pendant ce temps nous sont clairement figurés par les pâtiments que les animaux ressentirent tant qu'ils furent sous la justice divine, et par les quarante jours que Noé passa avec ces animaux sur le mont Ararat, nommé mont d'Arménie, d'autant mieux que Noé passa tout ce temps à rendre grâce au Créateur de ce qu'il avait bien voulu le préserver, lui et le reste des animaux, du fléau qui venait de tomber sur la terre et sur tous ses habitants.
TAVous pourriez me demander ce qu'a de commun la prévarication des animaux raisonnables avec la conduite des irraisonnables et pourquoi les uns et les autres sont confondus dans la même punition. Je vous répondrai à cela que non seulement les hommes de ce temps-là avaient abjuré le Créateur et adopté entièrement les insinuations des démons, mais qu'ils avaient poussé l'abomination jusqu'à jouir des brutes comme des femmes, et à jouir également entre eux des passions contre-nature, crimes que Sodome et Gomorrhe nous ont depuis retracés, en nous laissant leur nom et leur horrible prévarication. Voyez à présent si vous devez être étonnés que le Créateur ait exercé sa justice sur les animaux irraisonnables, ainsi que sur les raisonnables. Le Créateur a fait la même chose en punissant les deux villes que je
Vous pourriez me demander ce qu'a de commun la prévarication des animaux raisonnables avec la conduite des animaux irraisonnables, et pourquoi les uns et les autres sont confondus dans la même punition ? Je vous répondrai à cela que, non seulement les hommes de ces temps-là avaient abjuré le [166] Créateur et adopté entièrement les insinuations des démons, mais qu'ils avaient encore poussé l'abomination jusqu'à jouir des brutes comme des femmes, et à jouir également entre eux des passions contre nature. Ces crimes nous ont été retracés depuis par Sodome et Gomorrhe, qui ont laissé leur nom à ces horribles prévarications. Voyez à présent si vous devez être étonnés que le Créateur ait exercé sa justice sur les animaux raisonnables, ainsi que sur les animaux irraisonnables. Le Créateur a fait la même
viens de nommer. Il faut savoir de plus que le feu que l'Eternel fit tomber sur ces deux villes annonce celui qui doit mettre fin à la création universelle.
chose en punissant les deux villes que je viens de nommer que lorsqu'il frappa la terre du déluge ; il faut savoir, de plus, que le feu que l'Eternel fit tomber sur les deux villes annonce celui qui doit mettre fin à la création universelle, ainsi que je l'expliquerai ailleurs.
L'état de stérilité où la terre fut plongée pendant quarante années après le séjour des eaux sur la surface, prouve les quarante années de la réconciliation d'Adam. La terre fut alors comme un cadavre dépourvu de sa plus grande végétation, et ne reprit sa première vigueur et ses premières propriétés de production qu'après qu'elle fut re-bénie par le Créateur. Ainsi, au bout de quarante années de souffrances et de peines corporelles, Adam et Eve furent remis dans une puissance spirituelle divine temporelle. Le fléau des eaux ne se fit sentir si longtemps à la terre que pour être un exemple immémorial au reste des mortels de ce temps, afin qu'ils transmissent à leur postérité, de génération en génération, le souvenir du crime du premier homme, et de celui de sa postérité première sous Caïn, de celui de sa postérité seconde sous Seth, celle de Noé étant la troisième, parmi laquelle ce bienheureux Noé fut trouvé juste devant le Créateur.
Pour vous convaincre encore mieux que la réconciliation d'Adam n'a été faite qu'au bout de quarante ans, vous n'avez qu'à considérer la stérilité où la terre fut plongée pendant quarante ans après le séjour des eaux sur sa surface ; ce qui la rendit comme un cadavre ; et, dépourvue de sa plus grande végétation, elle ne reprit sa première vigueur et ses premières propriétés de reproduction qu'après qu'elle fut rebénie par le Créateur. Ce n'est de même qu'au bout de quarante ans de souffrances et de peines temporelles qu'Adam et Eve furent remis dans une puissance spirituelle divine temporelle. Le fléau des [167] eaux ne se fit sentir si longtemps à la terre que pour être un exemple immémorial au reste des mortels de ce temps, afin qu'ils transmissent à leur postérité, de génération en génération, le souvenir du crime du premier homme et de celui de sa postérité première sous Caïn, et de celui de sa postérité seconde sous Seth, celle de Noé étant la troisième parmi laquelle ce bienheureux Noé fut trouvé juste devant le Créateur.
Voilà comment ce châtiment survint à toute la terre et sépara la création universelle avec la cour spirituelle divine. Il répète encore le chaos dans lequel étaient renfermées les trois essences fondamentales de tous les corps qui doivent servir à la formation de cet univers. Ces essences étant dans une indifférence qui les rendaient
Voilà comment ce châtiment survint sur toute la terre et sépara la création universelle d'avec la cour spirituelle divine. Il répète encore le chaos dans lequel étaient renfermées les trois essences fondamentales de tous les corps qui devaient servir à la formation de cet univers. Ces essences étant dans une indifférence qui les rendait susceptibles
susceptibles de recevoir l'impression des agents extérieurs, pour opérer ensuite suivant l'intention du Créateur, ce terrible événement marquait deux choses très importantes : la première, la punition générale de toute la créature corporelle et celle de tout être spirituel mineur, et la seconde que toute création quelconque provenait directement de l'Eternel et qu'il était impossible à tout autre être de créer un pareil univers, avec toutes les merveilles qui y sont renfermées.
de recevoir l'impression des agents extérieurs, pour opérer ensuite selon l'intention du Créateur. Ce terrible événement marquait deux choses très importantes, la première : la punition générale de toute créature corporelle et celle de tout être spirituel mineur ; la seconde que toute création quelconque provenait directement de l'Eternel, et qu'il était impossible à tout autre être de créer un pareil univers avec toutes les merveilles qui y sont renfermées.
Lorsque Noé fut sorti de l'arche, il parla ainsi au reste des créatures qui étaient avec lui : "Ecoute, terre, et vous, hommes, entendez-moi et comprenez-moi de l'entendement de votre être spirituel, et non de celui de votre matière. Je vous dis à tous que le Créateur est souverain maître éternel de tout ce qui existe dans le cercle universel et que tout est provenu de lui, et tout est soumis à sa justice. Sa bonté divine vous a tous pris à témoin de la manifestation de sa gloire invincible exercée contre toute la terre et tout le reste de ses habitants. Louons du fond de notre âme ce suprême père de miséricorde envers la créature qui ne met sa confiance qu'en lui. Que [les] débris de ce triste fléau exposés à vos yeux vous apprennent à ne point pécher contre l'esprit créateur de toutes choses, ne point abjurer sa toute-puissance éternelle, ainsi que firent vos prédécesseurs. Ils ont regardé le corps général terrestre comme éternel, n'ayant point de principe et ne devant point avoir de fin. Ils l'ont regardé encore comme ayant seul donné le principe à toute chose et ont admis que tout leur être en était provenu, ne connaissant rien en eux-mêmes de supérieur à leur forme corporelle, ne se croyant point des êtres
Lorsque Noé fut sorti de l'arche, il parla ainsi au reste des créatures qui étaient avec lui : "Ecoute, terre, et vous, hommes, entendez-moi et comprenez-moi [168] de l'entendement de votre être spirituel, et non de celui de votre matière. Je vous dis à tous que le Créateur est le souverain maître de tout ce qui existe dans le cercle universel ; que tout est provenu de lui, et que tout est soumis à sa justice. Sa bonté divine nous a tous pris pour témoins de la manifestation de sa gloire invincible, exercée contre toute la terre et tout le reste de ses habitants. Louons du fond de notre âme ce suprême père de miséricorde envers la créature qui ne met sa confiance qu'en lui. Que les débris de ce triste fléau, exposés à vos yeux, vous apprennent à ne point pécher contre l'esprit créateur de toutes choses, et à ne point abjurer sa toute-puissance éternelle, ainsi que vos prédécesseurs l'on fait. Ils ont regardé le corps général terrestre comme éternel, n'ayant point eu de principe et ne devant point avoir de fin. Ils l'ont regardé encore comme ayant donné seul le principe à toute chose, et ont admis que tout leur être en était provenu, ne connaissant rien eux-mêmes de supérieur à la forme corporelle, et ne se croyant pas des êtres spirituels divins.
spirituels divins.
Voilà ce qui a attiré sur eux un fléau aussi terrible. Le Créateur a permis que leurs cadavres restassent épars et confondus avec ceux des bêtes brutes pour montrer combien il était irrité contre eux et pour servir d'exemple immémorial aux postérités suivantes, de génération en génération, tant pour les animaux raisonnables que pour les irraisonnables, afin que la mémoire de la justice divine ne s'efface jamais de dessus la terre. Considère, terre, considère, homme, ce rigoureux châtiment dont les habitants des cieux ont tremblé, frémis d'horreur de ce redoutable supplice, et surtout de voir que le Créateur n'ait fait aucune différence aux bêtes. Oui, il était juste que le Créateur leur fît sentir toute l'étendue de sa puissance, puisqu'ils l'avaient renié pour leur père, il était juste qu'ils fussent confondus avec les bêtes, puisqu'ils ne se reconnaissaient d'autre origine que celle des brutes. Quelle dureté d'âme et d'esprit de vouloir faire provenir un être purement spirituel des principes spiritueux, qui ne peuvent produire que des formes matérielles, qui resteraient encore dans le néant, si un être spirituel divin ne les en avait tirées ! Quelle contradiction et contraction les démons n'ont-ils pas opéré sur la terre, pour réduire ses habitants à une pareille ignorance ? Veillez sur vous et fuyez les exemples qui répugnent à votre être mineur spirituel. Défendez-vous des appâts que vos semblables vous tendront et qui, sous prétexte de vous perpétuer dans la crainte du Créateur, vous précipiteraient dans le sentier général de la matière, ce qui attirerait sur vous et votre postérité la malédiction de l'Eternel, et vous, et vos descendants seriez dispersés chez les nations à venir,
Voilà ce qui a attiré sur eux un fléau aussi terrible. Le Créateur a permis que leurs cadavres restassent épars et confondus avec les cadavres des bêtes brutes, pour montrer combien il était irrité contre eux, et pour être un exemple immémorial aux postérités suivantes, de génération en génération, [169] tant pour les animaux irraisonnables que pour les animaux raisonnables, et enfin pour que la mémoire de la justice divine ne s'efface jamais de dessus la terre. Considère, terre, considérez, hommes, ce rigoureux châtiment dont les habitants des cieux ont tremblé, frémissez d'horreur de ce redoutable supplice, et surtout de voir que le Créateur n'ait fait aucune différence des hommes aux bêtes. Oui, il était juste que le Créateur leur fît sentir toute l'étendue de sa puissance, puisqu'ils l'avaient renié pour leur père ; il était juste qu'ils fussent confondus avec les brutes, puisqu'ils ne se reconnaissaient d'autre origine que celle des brutes. Quelle dureté dans l'esprit, de vouloir faire provenir un être purement spirituel de principes spiritueux qui ne peuvent produire que des formes matérielles, qui resteraient encore dans le néant si un être spirituel divin ne les en avait tirées ! Quelle contraction le démon n'a-t-il pas opérée sur la terre pour réduire les habitants à une pareille ignorance ! Veillez sur vous, et fuyez les exemples qui répugneraient à votre être mineur spirituel. Défendez-vous des appâts que vos semblables vous tendront, et qui, sous prétexte de vous perpétuer dans la crainte du Créateur, vous précipiteront dans le sentier général de la matière ; ce qui attirerait sur vous et sur votre postérité la malédiction de l'Eternel, et vous et vos descendants seriez dispersés
qui habiteront les trois régions terrestres. Voilà, terre et homme, ce que le Créateur vous dit par ma bouche. Ma parole est simple et pure, la vérité qui vous est annoncée par mon verbe est sans fard et sans artifice. Elle n'[en] a pas besoin pour se faire comprendre de ceux qui désirent la connaître de bonne foi. Elle se livre elle-même à l'homme de désir, elle lui parle un langage qu'il ne peut ignorer, parce qu'elle n'emprunte rien de la matière. Elle est une, elle est sans bornes, elle ne changera jamais, elle est toute spirituelle, étant émanée directement du Créateur. Elle ne peut se communiquer aux animaux irraisonnables, mais seulement aux mineurs spirituels émanés comme elle du principe éternel. TAAussi la bête brute sera désormais impunie de ses égarements, parce qu'elle n'est pas susceptible de la justice divine. Par la même raison elle ne l'est pas de récompense, le premier exemple devant être immémorial parmi tous les habitants des cieux et de la terre. C'est là ce que j'ai à vous dire de par l'Eternel. Un autre vous en dira plus que moi. Celui qui naîtra de parmi vos postérités vous annoncera plus particulièrement la justice et la récompense qu'il réserve à sa créature à la fin du temps, suivant la confiance qu'elle aura eue en son Créateur."
chez toutes les nations à venir qui habiteront les [170] trois régions terrestres. Voilà, terre et hommes, ce que le Créateur vous dit par ma bouche. Ma parole est simple et pure. La Vérité qui est énoncée par mon Verbe est sans fard et sans artifice, dont elle n'a pas besoin pour se faire comprendre de ceux qui la désirent de bonne foi. Elle se livre elle-même à l'homme de désir ; elle lui parle un langage qu'il ne peut ignorer, parce qu'elle n'emprunte rien de la matière ; elle est une, elle est sans bornes, elle ne changera jamais ; elle est toute spirituelle, étant émanée directement du Créateur. Elle ne peut se communiquer aux animaux irraisonnables, mais seulement aux mineurs spirituels, émanés comme elle du principe éternel. Aussi, la bête brute sera désormais impunie de son égarement, parce qu'elle n'est pas susceptible de récompense. Le premier exemple devant être immémorial parmi tous les habitants des cieux et de la terre. C'est là ce que j'ai à vous dire de par l'Eternel. Quelqu'un plus grand que moi, qui doit naître parmi vos postérités, vous instruira plus particulièrement de la justice et de la récompense qu'il réserve à la créature à la fin des temps, selon la confiance qu'elle aura eue dans son Créateur".
Après cette exhortation, Noé partagea la terre à ses trois enfants.
Après cette exhortation, Noé partagea la terre entre ses trois fils, ainsi que j'en parlerai dans la suite de l'explication du type de Noé, de son arche et du déluge. [171]
Les mineurs raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche et le temps qu'ils y restèrent en privation de la lumière élémentaire, nous figurent la retraite des mineurs réconciliés et des justes sous les
Les mineurs raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche et le temps qu'ils y restèrent en privation de la lumière élémentaire, nous figurent la retraite des mineurs réconciliés et des justes, sous les
ombres de la grande lumière, où ils reposeront effectivement un espace de temps dans l'attente, n'étant plus en eux d'opérer aucune action temporelle. Quoique ces êtres justes soient consolés de leurs afflictions et assurés de leur réintégration, cela n'empêche pas que leurs tourments ne soient considérables, de ne pouvoir jouir parfaitement de la vue de l'esprit consolateur qui leur parle. Ils sentent cependant que tout ce qu'ils éprouvent est juste, relativement à la prévarication du premier mineur et au serment que le Créateur a fait que ni le premier homme, ni aucun de sa postérité, ne serait réintégré dans le cercle divin avant le grand combat qui doit se livrer par le vrai Adam, ou Réaux, entre la terre et les cieux, pour le plus grand avantage des mineurs. TALe lieu où les justes reposent en attendant se nomme philosophiquement le cercle rationnel, ou cercle saturnaire. C'est lui qui sert d'escabeau aux cercles surcélestes et c'est lui que l'Ecriture fixe comme le lieu de repos des saints pères réconciliés envers le Créateur. C'est là ce qui nous enseigne qu'il ne suffit point pour la réintégration des êtres réconciliés du temps qu'ils actionnent et opèrent dans le cercle sensible terrestre. Il faut, de toute nécessité, qu'ils actionnent spirituellement dans tous les espaces du cercle universel, jusqu'à ce qu'ils aient fini le cours que le Créateur a fixé aux mineurs, en les émanant de lui et en les émancipant de son immensité divine.
ombres de la grande lumière où ils reposeront effectivement un espace de temps dans l'attente, n'ayant plus en eux à opérer aucune action temporelle. Quoique ces êtres justes soient consolés dans leurs afflictions et assurés de leur réintégration, cela n'empêche pas que leurs tourments soient considérables de ne pouvoir jouir parfaitement de la vue de l'esprit consolateur qui leur parle. Ils sentent, cependant, que tout ce qu'ils éprouvent est juste, relativement à la prévarication du premier homme, et au serment que le Créateur a fait que ni le premier homme, ni aucun de sa postérité ne soient réintégrés dans le cercle divin avant le grand combat qui doit se livrer, par le vrai Adam ou Réaux, entre la terre et les cieux, pour le plus grand avantage des mineurs. Le lieu où les justes reposent, en attendant, se nomme philosophiquement cercle rationnel ou cercle saturnaire. C'est lui seul qui sert d'escabeau aux cercles surcélestes, et c'est lui que l'Ecriture fixe comme lieu de repos des Saint-Pères réconciliés envers le Créateur. C'est là ce qui nous enseigne qu'il ne suffit pas, pour la réintégration des êtres réconciliés, du temps qu'ils actionnent et opèrent dans le cercle sensible terrestre. Il faut, de toute nécessité, [172] qu'ils actionnent spirituellement dans tous les espaces du cercle universel, jusqu'à ce qu'ils aient fini le cours que le Créateur a fixé aux mineurs en les émanant de lui et en les émancipant de son immensité divine.
Voilà le second type que font les animaux raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche et qui furent sauvés du fléau de la justice divine, selon leurs bonnes oeuvres temporelles spirituelles.
Voilà le second type que font les animaux raisonnables qui étaient renfermés dans l'arche, et qui furent sauvés du fléau de la justice divine selon leurs bonnes oeuvres spirituelles temporelles.
TANoé, qui veut dire "repos ou soulagement", opéra au sortir de l'arche un culte divin de dix en dix jours, ce qui compléta les quarante jours pendant lesquels Noé resta sur le mont Ararat. Ce culte était la vraie figure de celui qu'opéra l'homme divin pour la réconcilialion du mineur premier, afin que la création universelle [lacune] en rebénissant Adam, qu'il avait maudit comme chef principal de tout être créé et homme-Dieu sur la terre, et c'est là véritablement ce que Noé a répété et [il] intercédait, par son invocation, la miséricorde du Créateur, pour qu'il réconciliât la terre avec le reste de ses habitants, qui avaient trouvé grâce devant lui.
Noé, qui veut dire repos ou soulagement, opéra au sortir de l'arche un culte divin, de dix en dix jours, ce qui compte les quarante jours pendant lesquels Noé resta sur le mont Ararat. Ce culte était la vraie figure de celui qu'opérerait l'homme divin pour la réconciliation du premier mineur afin que la création universelle ne changeât point de forme, ainsi qu'Adam avait changé de corps. Ce fut par ce culte de l'homme divin ou Christ que le Créateur rebénit la création universelle, en rebénissant Adam qu'il avait maudit comme chef principal de tout être créé et comme homme divin de la terre, et c'est là véritablement ce que Noé a répété. Il intercédait, par son invocation, auprès de la miséricorde divine du Créateur, pour qu'il réconciliât la terre avec le reste des habitants qui avaient trouvé grâce devant lui.
Noé obtint ce qu'il demandait, et la terre fut réconciliée avec les hommes en étant remise au bout de quarante ans à son premier principe de vie végétative. "Oui, ô Eternel, dit Noé au Créateur, les hommes infortunés que tu as confiés à ma conduite sous ta protection sont clairement instruits que tu peux changer en un instant, s'il te plaît, la face de la création universelle, comme tu viens de changer celle de la terre en la réduisant au néant. Oui, Créateur tout-puissant, ta justice divine est parfaite et reconnue telle par toute la créature spirituelle tant céleste que terrestre. L'esprit le plus juste devant toi ne peut supporter ta lumière sans trembler, et comment les faibles mortels de cette vallée de larmes se rendraient-ils dignes de leur réintégration divine sans le secours de la grâce ? Ô Créateur vivifiant, revivifie le corps général sur lequel la créature
Noé obtint la grâce qu'il demandait, et la terre fut réconciliée avec les hommes, en étant remise au bout de quarante ans à son premier principe de vie [173] végétative. "Oui, Eternel, dit Noé au Créateur, les hommes infortunés que tu as confiés à ma conduite, sous ta protection, sont clairement instruits que tu peux changer dans un instant, s'il te plaît, la face de la création universelle, comme tu viens de changer celle de la terre en la réduisant au néant. Oui, Créateur tout-puissant, ta justice est parfaite et renommée telle par toute créature spirituelle, tant céleste que terrestre. L'esprit le plus juste devant toi ne peut supporter la lumière sans trembler, et comment les faibles mortels de cette vallée de larmes se rendraient ils dignes de leur réintégration divine sans le secours de ta grâce ! O Créateur vivifiant !, vivifie le corps général sur
spirituelle doit opérer ton culte divin et que nous regardons comme le réceptacle général, ou l'autel universel sur lequel doit être offert l'holocauste pacifique de réconciliation."
lequel ta créature doit opérer ton culte divin, et que nous regardons comme le réceptacle général ou l'autel universel sur lequel doit être offert l'holocauste pacifique de réconciliation."
TALe corbeau sortit de l'arche avant que la terre fût découverte, pour nous rappeler la prévarication de Caïn et prophétiser clairement celle de Cham. Il prit sa direction vers le midi pour nous prouver que c'était là où Caïn s'était retiré et où se retirerait Cham et toute sa postérité. Il ne revint plus rejoindre l'arche, pour montrer que le Créateur séparerait la postérité de Caïn d'avec celle de Seth, et pour nous montrer encore l'abandon que les hommes à venir feraient du culte divin pour ne se donner qu'à la matière.
Le corbeau sortit de l'arche avant que la terre fut découverte pour nous rappeler la prévarication de Caïn et prophétiser clairement celle de Cham. Il prit sa direction vers le midi pour nous montrer le lieu où Caïn s'était retiré et où se retirerait Cham et toute sa postérité. Il ne revint point joindre l'arche pour montrer la séparation que le Créateur fit de la postérité de Caïn d'avec les enfants de Seth, et pour nous montrer encore l'abandon que les hommes à venir feraient du culte divin pour ne s'adonner qu'à la matière. [174]
La colombe qui sortit voltiger pour la première fois autour de l'arche et vint se reposer dessus est le vrai type de l'esprit angélique divin qui conservait et dirigeait l'arche et tout ce qu'elle contenait, et qui fit part à Noé des intentions du Créateur touchant la manifestation de sa justice. Cette colombe figure encore l'esprit compagnon des mineurs, qui les entoure de son cercle spirituel pour les défendre des choses démoniaques que les esprits pervers opèrent à chaque instant contre eux.
TALes formes et les proportions de l'arche donnent par leur produit un nombre qui indique que ce bâtiment était la maison de confusion, ainsi que vous le pourrez voir.
La colombe qui sortit, voltigea pour la première fois autour de l'arche et vint se reposer dessus, est la vraie figure de l'esprit angélique divin qui dirigeait et conservait l'arche et tout ce qu'elle renfermait et qui faisait part à Noé de la volonté du Créateur, touchant la manifestation de sa justice. Cette colombe figure encore l'esprit compagnon des mineurs qui les entoure de son cercle spirituel, pour les défendre du choc démoniaque que les esprits pervers opèrent à chaque instant contre eux. La forme et la proportion de l'arche donnent, par leur produit, un nombre qui indique que ce bâtiment était la maison de confusion ainsi que vous pouvez le voir.
L'arche avait de longueur 300 coudées, de largeur 50, et de hauteur 30, fait 380 qui, additionnés, donnent 11.
L'arche avait de longueur :
300
L'arche avait de largeur :
50
coudées
L'arche avait de hauteur :
30
380
= 11
Ce nombre de onze est opposé à toute espèce de forme corporelle complète analogue aux corps terrestres et à tout ce qui en provient.
Ce nombre onze est opposé à toute espèce de forme corporelle complète, analogue au corps terrestre et à tout ce qui en provient.
TALa réconciliation universelle fut prophétisée à Noé, avant que la terre fût découverte, par le signe spirituel nommé vulgairement arc-en-ciel. En effet, les sept principaux esprits universels lui apparurent par un grand signe de feu des différentes couleurs et formé en demi-cercle, dont une extrémité donnait sur le sommet du mont Ararat et l'autre sur l'arche. Noé contempla ce signe avec une grande attention, ne pouvant lire les intentions et la volonté du Créateur sans un examen particulier de ce qui pourrait être contenu dans ce signe prophétique. Ce fut alors que la colombe se détacha entièrement de l'arche, et qu'elle s'enfuit jusque sur le mont Ararat. Elle en rapporta une branche d'olivier, qu'elle laissa tomber en présence de Noé, qui comprit par là [que la] délivrance était proche. Cette branche d'olivier prise par la colombe de préférence à tout autre bois enseignait aux hommes les fruits dont ils se serviraient pour l'onction et la marque des puissants signalés, préposés par le Créateur pour la manifestation de son culte, ainsi qu'on 1'a pratiqué chez Israël et parmi tous les sages.
TALe partage que Noé fit de toute la terre à ses trois enfants répète celui d'Adam à sa postérité. Il relégua Cham dans la partie du midi, lieu où Caïn l'avait déjà été. Sem eut la partie donnée jadis à Abel, et Japhet eut la partie septentrionale qui avait été le partage de
La réconciliation universelle fut prophétisée à Noé, avant que la terre fût découverte, par le signe spirituel que l'on nomme vulgairement arc-en-ciel. En effet, les sept principaux esprits universels lui apparurent par un grand signe de feu de différentes [175] couleurs, et formé en demi-cercle, dont une extrémité donnait sur le sommet du mont Ararat et l'autre extrémité donnait sur l'Arche. Noé contempla ce signe avec une grande attention, ne pouvant lire les intentions et la volonté du Créateur sans un examen très particulier de ce qui pouvait être contenu dans ce signe prophétique. Ce fut alors que la colombe se détacha entièrement de l'arche, et qu'elle s'enfuit jusque sur le mont Ararat. Elle en rapporta une branche d'olivier qu'elle laissa tomber en présence de Noé, qui comprit par là que sa délivrance était proche. Cette branche d'olivier, prise par la colombe de préférence à tout autre bois, enseignait aux hommes le fruit dont ils se serviraient pour l'onction et la marque des puissants signalés, préposés par le Créateur pour la manifestation de son culte, ainsi qu'on l'a pratiqué chez Israël et parmi tous les sages. Le partage que Noé fit de toute la terre à ses trois enfants répète celui qu'Adam en avait fait également à sa postérité. Il relégua Cham dans la partie du midi, lieu où Caïn l'avait déjà été. Il donna à Sem la partie de l'orient qui avait été donnée à Abel, et Japhet eut la partie septentrionale qui
Seth. TAPour Noé, il resta avec sa femme au centre de la terre. Cette division de la terre faite, en deux différentes fois, en trois parties, ou trois régions, nous annonce bien que la forme de la terre est triangulaire.
avait été celle de Seth. Quant à Noé, il resta avec sa femme au centre de la terre. Cette division de la terre, faite à différentes fois, en trois parties ou régions, nous annonce bien que la forme de la terre est triangulaire : mais je le ferai mieux comprendre [176] lorsque j'expliquerai les principes de la matière apparente.
Noé parla encore ainsi aux habitants de l'arche avant qu'ils se rendissent aux lieux respectivement assignés : "Qu'il te souvienne, terre, et vous, animaux raisonnables et irraisonnables, que le terrible fléau dont vous êtes les témoins a servi de punition aux criminels envers le Créateur, et en même temps qu'il vous souvienne de la miséricorde et de la bonté divine qui vous a préservé de cet horrible châtiment. Les eaux qui se sont élevées jusqu'aux portes du firmament et qui ont dérobé toute la nature à vos yeux vous représentent le néant où était la nature universelle, avant que le Créateur eût conçu dans son imagination d'opérer la création tant spirituelle que temporelle. Il vous fait voir clairement que tout être temporel vient immédiatement de sa pensée et de sa volonté, et que tout être spirituel divin vient de son émanation éternelle. TAGardez vous de confondre la création avec l'émanation. La création n'appartient qu'à la matière apparente qui n'étant provenue de rien, si ce n'est de l'imagination divine, doit rentrer dans le néant. Mais l'émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables. Tous les esprits, soit majeurs soit mineurs, existeront éternellement dans une personnalité distincte dans le cercle de la Divinité. L'Eternel est appelé Créateur, non seulement pour avoir créé l'univers, mais
Voilà ce que dit encore Noé avant de congédier les habitants de l'arche, pour aller ensuite occuper chacun le lieu qui leur était destiné : "Qu'il te souvienne, terre, et vous, animaux raisonnables et irraisonnables, que le terrible fléau dont vous êtes les témoins a servi de punition aux criminels envers le Créateur et, en même temps, qu'il vous souvienne de la miséricorde et de la bonté divines qui vous ont préservés de ce terrible châtiment. Les eaux qui se sont élevées jusqu'aux portes du firmament et qui ont dérobé toute la nature à vos yeux, vous représentent le néant où était la nature universelle avant que le Créateur eût conçu, dans son imagination, d'opérer la création, tant spirituelle que temporelle. Il nous fait voir clairement que tout être temporel provient immédiatement de l'ordre de sa pensée et de sa volonté, et que tout être spirituel divin vient directement de son émanation éternelle. La création n'appartient qu'à la matière apparente, qui, n'étant provenue de rien, si ce n'est de l'imagination divine, doit rentrer dans le néant ; mais l'émanation appartient aux êtres spirituels qui sont réels et impérissables . Tous les esprits soit majeurs, soit mineurs, existeront éternellement dans une personnalité de distinction, dans le cercle de la Divinité. L'Eternel est appelé Créateur, non seulement pour avoir créé, [177] mais aussi parce qu'il ne cesse et ne cessera
aussi parce qu'il ne cessera jamais de créer des vertus et des puissances d'actions spirituelles en faveur des élus qui émanent de lui. Ces êtres spirituels sont innés en lui et dans sa Divinité, comme le séminal de la reproduction des formes est inné dans le corps général et particulier de l'univers. Vous ne pouvez refuser à la Divinité ce privilège d'émanation spirituelle, puisque vous avez sous vos yeux une preuve physique que cette loi subsiste dans la reproduction des formes. Vous êtes donc le vrai témoignage de la manifestation et de la justice du Créateur. N'admettez jamais que lui pour Créateur de tout ce qui apparaît à vos yeux corporels et spirituels, et soyez persuadés que rien n'existe et n'existerait sans sa volonté. N'oubliez jamais que tout est provenu de lui et non de ces maudits esprits tentateurs, qui, par leurs insinuations démoniaques, ont précipité vos semblables dans les affreux abîmes de la matière, ayant eu l'orgueil de se faire considérer par les hommes comme les vrais dieux vivifiants, vivants et de vie éternelle. Demeurez en paix sous la protection du Créateur dans la portion de terre qui vous est échue à chacun en partage. Soyez les gardiens de cet héritage, qui le sera à votre postérité, de génération en génération jusqu'à la fin des siècles. Malheur à celui de vous qui effacera de sa mémoire les lois, préceptes et commandements, que le Créateur donne pour la seconde fois à la créature universelle et à ceux qui sont innés dans tout être spirituel de son émanation ! TALes majeurs sont ceux dont 1'Eternel se sert pour instruire les hommes de sa volonté ; ils font leur séjour près le trône de la domination divine. Les inférieurs sont ceux qui actionnent dans l'étendue de la création universelle, soit sur le
jamais de créer des vertus et des puissances d'actions spirituelles en faveur des élus qui émanent de lui. Ces êtres spirituels sont certainement innés dans la Divinité, comme le séminal de la reproduction des formes est inné dans le corps général et particulier de l'univers. Vous ne pouvez refuser à la Divinité ce privilège d'émanation spirituelle, puisque vous avez sous vos yeux une preuve physique que cette loi subsiste dans la reproduction des formes. Ne perdez jamais de vue ce que le Créateur a fait pour vous. Vous êtes les vrais témoignages de la manifestation de sa gloire et de sa justice. N'admettez jamais que lui, comme moteur créateur de tout ce qui s'aperçoit à vos yeux corporels et spirituels, et soyez convaincus que rien n'existe, n'a existé et n'existerait sans sa volonté. N'oubliez jamais que tout est provenu de lui, et non de ces maudits esprits tentateurs qui, par leurs insinuations démoniaques, ont précipité vos semblables dans les affreux abîmes de la matière, ayant eu l'orgueil de se faire considérer par les hommes comme les vrais dieux, vivifiants, vivants et de vie éternelle. Demeurez en paix sous la protection du Créateur dans la portion de terre qui vous est échue à chacun en partage ; soyez les gardiens de cet héritage, ainsi que le sera votre postérité, de génération en génération, jusqu'à la fin des siècles. Malheur à celui de vous qui effacera de sa mémoire [178] les préceptes, lois et commandements que le Créateur donne pour la seconde fois à la créature universelle et à ceux qui sont innés dans tout être spirituel de son émanation ! Parmi ces êtres spirituels, les majeurs sont ceux dont l'Eternel se sert pour instruire les hommes de sa volonté, et ils font leur séjour près du trône de la domination divine. Les inférieurs sont
corps terrestre, soit sur l'aquatique et le fougueux, ou l'axe central. En régénérant la terre, Dieu vous a aussi régénérés, il a répété devant vous le type de la création universelle, afin que vous instruisiez vos postérités que tous les habitants de la terre ont été confondus dans les abîmes de leur dieu de matière avec le reste des brutes. Veuille le Tout-Puissant faire que vous et votre postérité ne fournissiez jamais un pareil exemple. Car il ne serait plus question de mineur préservé pour la régénération de la terre et de ses habitants. Tout serait réduit en cendres et en poussière, tout rentrerait dans le néant, et les mineurs spirituels seraient précipités pour une éternité dans la privation divine. Allez et jouissez en paix de la bénédiction que je répands sur vous au nom et par la toute-puissance de l'Eternel."
ceux qui actionnent, dans toute l'étendue de la création universelle, soit sur le corps terrestre, soit sur l'aquatique et le fougueux ou l'axe central. Souvenez-vous que le Créateur, en régénérant la terre, vous a également régénérés. Il a répété, devant vous, le type de la création universelle, afin que vous instruisiez vos postérités que tous les habitants de la terre ont été confondus dans les abîmes de leur Dieu de matière avec le reste des brutes. Fasse le Créateur tout-puissant que vous et votre postérité ne fournissiez jamais un pareil exemple ! Car il ne serait plus question de mineurs préservés pour la régénération de la terre et de ses habitants : tout serait réduit en cendres et en poussière, tout rentrerait dans le néant, et les mineurs spirituels seraient précipités pour une éternité dans la privation divine. Allez et jouissez en paix de la bénédiction que je répands sur vous, au nom et par la toute puissance de l'Eternel !"
Après cette instruction, Noé émancipa tout son peuple de ses soins spirituels, afin que chacun allât jouir paisiblement de ses vertus, de ses facultés et de sa puissance, dans sa destination terrestre. TAIl resta avec sa femme au centre de la terre et eut là une nombreuse postérité. Noé fut le type de la justice du Créateur, par la construction de l'arche et celui de la régénération par la force de son invocation, qui réconcilia toute la terre avec son Créateur, ainsi que les mineurs préservés du châtiment universel.
Noé, dans le lieu de sa résidence, eut dix enfants, savoir sept mâles et trois femelles. Sous cette postérité fut régénéré le culte du Créateur. On offrit des holocaustes purs à l'Eternel, sans autre
Après cette insinuation, Noé émancipa tout son peuple de ses soins spirituels, afin que chacun allât [179] jouir librement de ses vertus, de ses facultés et de sa puissance dans sa destination terrestre. Il resta, avec sa femme, au centre de la terre, ainsi que je l'ai dit, et il eut là une nombreuse postérité. Je vous expliquerai, dans son lieu, le type de la résidence de Noé au centre de la terre. Je vous ai assez instruit comment Noé fit le type du Créateur, celui de sa justice par la construction de l'arche, et celui de la régénération par la force de son invocation, qui réconcilia toute la terre avec le Créateur, ainsi que les mineurs préservés du châtiment universel. Je vais vous parler maintenant de la postérité que Noé eut dans le lieu de sa résidence. Elle fut au nombre de dix enfants, savoir sept
intérêt que celui de sa gloire et la sanctification des mineurs. Chacun des enfants mâles de Noé reçut du Créateur un don particulier. L'un avait celui d'opérer spirituellement au gré du Créateur, pour l'avantage et l'instruction de ses frères, l'autre celui de prophétiser, et l'autre celui d'interprétation, etc. L'Ecriture parle amplement des différents dons que le Créateur mit dans certains hommes émanés de lui pour la manifestation de sa gloire. C'est par ces divers dons que les enfants de Noé ont généré les différents cultes dont ils avaient besoin pour leur mission spirituelle et temporelle. Cette postérité rétablit les cérémonies, les prières et invocations nécessaires au culte qu'elle avait à opérer. Elle rétablit aussi les temps, les heures, les jours, les semaines, les mois et les années selon leur premier cours ordinaire, quoiqu'on ne calcule plus aujourd'hui ces choses comme on les a calculées dans le premier temps.
mâles et trois femelles. C'est sous cette postérité que le culte du Créateur a été régénéré et qu'on a offert des holocaustes purs à l'Eternel, sans autre intérêt que celui de sa gloire et la sanctification des mineurs. Chacun de ces sept fils de Noé reçut du Créateur un don particulier. L'un avait le don d'opérer spirituellement, au gré du Créateur, pour l'avantage et l'instruction de ses frères ; l'autre le don de prophétiser ; un autre le don de l'interprétation, et ainsi du reste. L'Ecriture parle assez amplement des différents dons que le Créateur a mis dans certains hommes émanés de lui pour la manifestation de sa gloire. C'est par ces différents dons que les enfants de Noé ont régénéré les différents cultes dont ils avaient besoin pour leur mission [180] spirituelle et temporelle. C'est cette même seconde postérité qui a rétabli les différents cérémonials, les différentes prières et invocations nécessaires au culte qu'elle avait à opérer ; c'est elle encore qui a rétabli les temps, les heures, les jours, les semaines, les mois, les années selon leur premier cours ordinaire, quoiqu'on ne calcule plus aujourd'hui ces mêmes choses comme on les a calculées dans ces premiers temps.
TANoé nomma cette seconde postérité hommes-Dieux sur la terre, puisqu'il avait fait lui-même le type du Créateur. Il n'est pas étonnant que cette postérité n'ait opéré que des oeuvres purement spirituelles et non matérielles terrestres et temporelles, puisqu'elle n'avait aucune part au partage de la terre.
L'Ecriture ne parle pas de cette seconde postérité, mais nous savons que Noé nous a retracé le type d'Adam dans sa prévarication première, et dans celle
Il n'est point surprenant que Noé ait eu cette seconde postérité qu'il nomma : hommes dieux de la terre, puisqu'il avait fait lui-même le type du Créateur. Il n'est pas étonnant non plus que cette postérité n'ait opéré que des oeuvres purement spirituelles et non matérielles-temporelles, puisqu'elle n'avait eu aucune part au partage de la terre. Je sais que l'Ecriture ne parle point de cette seconde postérité ; mais nous ne pouvons ignorer que Noé ne nous ait retracé le type d'Adam dans sa prévarication première, et dans celle de sa postérité seconde et
de sa postérité première et seconde de Caïn et de Seth. Il nous a répété le type de ce même Adam dans la réconciliation et la reproduction d'une postérité spirituelle. Adam, étant devenu l'impur devant le Créateur par son incorporisation matérielle, ne pouvait avoir qu'une postérité de matière condamnée de génération en génération à opérer un culte mixte du spirituel et du matériel. TANoé répéta la même chose dans sa première postérité des trois mâles qu'il eut avant son élection et la manifestation de la justice divine. Quoique ces trois enfants n'eussent point commis d'abomination parmi les postérités prévaricantes où ils avaient vécus, ils furent néanmoins souillés par les crimes de ceux qui étaient commis en leur présence. Ils se purifièrent par les prières, le jeûne et les douleurs qu'ils ressentiraient dans leurs âmes et dans leurs corps, à la vue du châtiment universel dont la terre était frappée ; ce qui nous montre que le mineur, quelque juste qu'il soit devant le Créateur, doit toujours être purifié par le feu spirituel de sa souillure contractée par son séjour dans une forme de matière, quand bien même il aurait rejeté toutes les attaques que le mauvais intellect lui aurait portées.
première, Caïn et Seth. Nous ne pouvons point douter non plus que Noé ne nous ait répété le type de ce même Adam dans sa réconciliation et dans la reproduction d'une postérité spirituelle, ainsi que je vous le ferai voir. Adam, étant devenu impur devant le Créateur par son incorporisation matérielle, ne pouvait avoir qu'une postérité de matière, condamnée, de génération en génération, à [181] opérer un culte mixte du spirituel et du matériel. Noé répéta la même chose dans sa première postérité de trois fils mâles qu'il eut avant son élection et la manifestation de la justice divine. Quoique ces trois enfants n'eussent pas commis d'abominations parmi les postérités prévaricantes où ils avaient vécu, ils furent néanmoins souillés par les crimes qui s'étaient commis en leur présence. Ils se purifièrent par le jeûne, la prière et les douleurs qu'ils ressentirent dans leur âme et dans leur corps, à la vue du châtiment universel dont la terre était frappée. Cette expiation était pour nous enseigner que, quelque juste que soit le mineur devant le Créateur, il faut toujours qu'il soit purifié par le feu spirituel de la souillure qu'il a contractée par son séjour dans une forme de matière, quand bien même il aurait rejeté toutes les attaques que le mauvais intellect aurait voulu lui porter, ce que l'on verra plus en détail, quand je parlerai de la matière et des formes corporelles.
Adam, ayant obtenu sa réconciliation, eut une postérité spirituelle, qui porta le nom de postérité de Dieu. Ainsi, Noé après son élection spirituelle, eut une postérité seconde, destinée à n'opérer que des oeuvres purement spirituelles.
Mais, lorsque Adam eut obtenu sa réconciliation, il eut une postérité spirituelle et qui porta le nom de postérité de Dieu. De même, Noé, après son élection spirituelle, eut une seconde postérité destinée, comme nous l'avons dit, à n'opérer que des oeuvres purement spirituelles.
Ces sept enfants mâles de la postérité seconde de Noé comprirent parfaitement que le culte qu'ils avaient appris et qu'ils devaient opérer était le même que celui que le Créateur devait espérer de son premier homme. Ils devinrent, par leurs travaux et les dons qu'ils avaient reçus, les sept colonnes spirituelles divines, qui soutiendraient l'univers et le préserveraient des fléaux de Dieu, en réfléchissant sur la justice de leurs oeuvres la miséricorde divine envers les prévaricateurs des siècles à venir. Mais ces sages n'exercèrent pas longtemps leur mission. Les hommes qu'ils instruisirent se livrèrent à toutes sortes de passions et de cupidités criminelles, malgré les instructions et les exemples qu'ils avaient devant les yeux : ce qui obligea les sages à les laisser tomber en proie aux démons et sous le fléau de la justice divine. Cette justice s'est non seulement opérée sur les hommes prévaricateurs, mais même sur les villes et sur leurs maisons qui furent anéanties par les fléaux que le Créateur y fit lancer par les anges exterminateurs. Tel fut le sort de la ville d'Enoch, construite par Caïn, de Sodome et Gomorrhe, de Jéricho, de Jérusalem et tant d'autres. La destruction de ces monuments prouvait que ces ouvrages des hommes n'étaient que des oeuvres matérielles opérées d'après la pensée de l'intellect démoniaque. Ces villes ne furent détruites que parce que la parole des justes ne put jamais s'y faire entendre assez pour y opérer toute sa puissance spirituelle en faveur des habitants. Aucun homme juste n'avait pris naissance dans ces villes, dont les habitants avaient toujours fait leurs efforts pour tâcher d'exterminer entièrement ceux qui professaient l'instruction spirituelle
Ces sept enfants de la seconde postérité de Noé comprirent parfaitement que le culte qu'ils avaient [182] à opérer était le même que celui que le Créateur devait espérer de son premier homme. Ils devinrent, par leurs travaux et par les dons qu'ils avaient reçus, les sept colonnes spirituelles divines qui devaient soutenir l'univers et le préserver des fléaux de Dieu, en fléchissant, par la justice de leurs oeuvres, la miséricorde divine envers les prévaricateurs des siècles à venir. Mais ces sages n'exercèrent pas longtemps leur mission. Les hommes qu'ils instruisirent se livrèrent à toutes sortes de passions et de cupidités criminelles, malgré les instructions et les exemples qu'ils avaient devant les yeux : ce qui obligea ces sages à les laisser tomber en proie au démon et sous le fléau de la justice divine. Cette justice ne s'est pas seulement opérée sur les hommes prévaricateurs, mais même sur les villes et leurs maisons, qui furent anéanties par les fléaux que le Créateur fit lancer par ses anges exterminateurs. Tel a été le sort de la ville d'Enah construite par Caïn, des villes d'Egypte, de Sodome et de Gomorrhe, de Jéricho, de Jérusalem et de tant d'autres. La destruction de ces monuments prouvait que ces ouvrages des hommes n'étaient que des oeuvres matérielles opérées d'après la pensée de l'intellect démoniaque ; et toutes ces villes ne furent détruites que parce que la parole des justes ne put jamais s'y faire entendre assez pour y opérer toute sa puissance spirituelle en faveur de tous ses habitants. Cela ne doit point [183] vous surprendre. Aucun homme juste n'avait pris naissance dans ces villes ; au contraire, leurs habitants avaient toujours fait leurs efforts pour exterminer entièrement ceux
parmi eux, ou parmi les nations de leur correspondance matérielle. La même chose se fait au siècle présent qui est asservi à la même cupidité et éloignement du spirituel.
ou celles qui professaient l'instruction spirituelle, ou parmi les nations de leur correspondance matérielle. Si nous voulons jeter les yeux autour de nous, nous apercevrons la même chose dans le siècle présent. Il ne faut que réfléchir sur les villes actuelles, leurs habitants et les oeuvres journalières des hommes, tant intérieurement qu'extérieurement, nous verrons aisément régner dans l'univers la même cupidité qui y régnait dans les premiers siècles.
TACependant, les mêmes châtiments ne tomberont pas sur nos habitations quoique également criminelles et construites par la main des hommes, parce que, de même que Dieu récompense continuellement le mineur, ainsi il est en son pouvoir d'exercer, en punition, des fléaux mecitions [?] aux prévaricateurs. Il est impossible de se soustraire à la justice divine. Ces villes anciennes ne furent ainsi frappées que parce que le nombre parfait septénaire des hommes justes n'existait plus sur la terre, le Créateur en ayant retiré à lui la plus grande partie ; ce qui était l'avertissement que le Créateur allait abandonner les hommes à leur malheureux sort. D'ailleurs, ce fléau avait été annoncé par le fléau général qui tomba sur la postérité de Caïn et la plus grande partie de celle de Seth, puisqu'il ne se trouva de juste dans cette postérité de Seth que Noé et ses enfants.
Il ne faut pas croire que les mêmes fléaux qui sont tombés sur les villes anciennes, tombent aujourd'hui sur nos villes, quoiqu'elles soient également criminelles et construites par la main des hommes. De même qu'il est au pouvoir du Créateur de donner continuellement de nouvelles récompenses aux fidèles mineurs, de même il est en son pouvoir d'exercer de nouveaux châtiments et fléaux inconnus aux prévaricateurs, ce qui nous prouve qu'il est impossible de se soustraire à la justice divine. Il faut observer encore que ces villes anciennes ne furent ainsi frappées que parce que le nombre parfait septénaire des hommes justes n'existait plus sur la terre, le Créateur en ayant retiré la plus grande partie : et c'était bien là un avertissement [184] que le Créateur allait abandonner les hommes de ce temps-là à leur malheureux sort. Ces fléaux, d'ailleurs, avaient été annoncés par le fléau général qui tomba sur la postérité de Caïn et sur la plus grande partie de celle de Seth, puisqu'il ne se trouva de justes dans cette postérité de Seth que le bienheureux homme Noé et ses enfants.
La seconde postérité de Noé, pour régler les intervalles des temps convenables pour opérer les différents
Nous avons vu que les enfants de la seconde postérité de Noé avaient reçu chacun un don spirituel divin pour qu'ils
cultes, suivirent une règle de calcul toute différente de celle de leurs frères aînés temporels pour leurs opérations mixtes du spirituel et du matériel terrestre. On doit concevoir que cela ne pouvait être autrement, car pour la simple culture de la terre, il faut observer les saisons et les lunes. Si l'agriculteur néglige ces choses, il aura semé en vain et ne retirera de ses travaux qu'une récolte très médiocre. Cette loi est indispensable. Le Créateur l'a prescrite à l'homme en le condamnant à cultiver la terre. Le culte divin est également soumis à une loi cérémonielle exacte et à une observation de temps et de saisons.
en fissent usage selon les instructions de la Divinité. Nous avons vu aussi qu'ils réglèrent les différents intervalles de temps convenables pour opérer leurs différents cultes. Mais pour faire cette division spirituelle du temps, des heures, des jours, des semaines, des mois, des années, ils suivirent une règle de calcul toute différente de celle qu'avaient suivie leurs frères aînés temporels pour leurs opérations mixtes du spirituel et du matériel terrestre. Vous devez comprendre que cela ne pouvait être autrement : n'est-il pas vrai que, pour la simple culture de la terre, il faut observer des intervalles de temps, des jours, des semaines, des mois de lune et qu'il faut les employer [de] différentes façons ? N'est-il pas vrai que, si l'agriculteur néglige d'observer toutes ces choses, ce sera en vain qu'il aura semé, et qu'il ne retirera de ses travaux qu'une récolte très médiocre en comparaison de celle qu'il eût retirée, s'il eût suivi exactement toutes les formalités [185] nécessaires. Cette loi est indispensable et vient du Créateur même, qui la prescrivit à l'homme lorsqu'il le condamna à la culture de la terre, et nous la voyons de plus s'exécuter et s'accomplir physiquement sous nos yeux. Pourquoi ne voudriez-vous donc pas que le culte spirituel fût également assujetti à une loi, à un cérémonial exact et à une fidèle observation des temps et des saisons ?
Mais, comme le culte divin est d'une nature bien différente que la culture de la terre, la seconde postérité de Noé régla les choses relatives à ce culte spirituel bien différemment que leurs prédécesseurs avaient fait, qui n'opéraient seulement un culte mixte. Ainsi, cette seconde postérité excella dans le culte spirituel et surpassa en tout
Je vous apprendrai que le culte divin, étant d'une nature bien différente de la culture de la terre, il n'est pas surprenant que les enfants de la seconde postérité de Noé aient réglé toutes les choses relatives à leur culte spirituel d'une manière différente dont ces mêmes choses avaient été réglées par leurs prédécesseurs, qui, comme je l'ai dit,
genre ses aînés. Ils établirent des cérémonies et des formalités, en raison du culte qu'ils avaient à remplir. Ce n'est point à l'homme temporel terrestre à condamner cet usage, puisqu'il ne peut avoir une parfaite connaissance de cette postérité spirituelle ni de son culte spirituel.
opéraient un culte mixte du spirituel et du matériel terrestre. Cette raison même ne vous prouve-t-elle pas que la seconde postérité de Noé devait être plus instruite et plus expérimentée dans le culte spirituel divin que la première postérité ? Celui qui voudrait exercer deux talents à la fois ne pourrait en exercer aucun avec perfection ; mais celui qui n'a qu'un seul talent et qui le fait avec précision est sûr de parvenir à le posséder plus parfaitement que toute autre personne. Voilà pourquoi les enfants de la seconde postérité de Noé excellèrent dans le culte spirituel et surpassèrent dans ce genre leurs frères aînés. Il ne faut donc plus trouver étonnant que ces hommes dieux [186] aient établi des formalités et un cérémonial différent pour le culte qu'ils avaient à remplir. Ce n'est point à l'homme temporel et terrestre de condamner cet usage, puisqu'il ne peut avoir une parfaite connaissance de la mission de cette postérité spirituelle, et, s'il avait cette parfaite connaissance du culte divin, il se garderait bien de le condamner.
TACette seconde postérité faisait le grand type des sept principaux esprits supérieurs divins, et par leur grande vertu, pouvoir et sagesse, ils faisaient encore le vrai type des sept principaux êtres spirituels majeurs, qui opèrent pour la conservation et le soutien de l'univers. Ces dignes sujets étant destinés à opérer spirituellement, il n'est pas surprenant que leur conduite fût un mystère pour les hommes temporels terrestres, qui ne sont occupés qu'au culte de la terre. Ces sages, dans leur état de justice divine, relativement à leur mission spirituelle, ne pouvaient être bornés par un temps de ténèbres temporelles comme les mortels ordinaires. Ces ténèbres qu'on appelle la
La seconde postérité de Noé dont nous parlons faisait le grand type des sept principaux esprits supérieurs divins ; et, par leur grande vertu, leur puissance et leur sagesse, elle faisait encore le véritable type des sept principaux êtres spirituels majeurs qui opèrent pour la conservation et le soutien de cet univers. Si ces dignes sujets n'étaient destinés, par le Créateur, qu'à opérer spirituellement, il n'est pas surprenant que leur conduite dans toutes leurs opérations spirituelles soit un mystère pour les hommes temporels terrestres qui ne sont occupés qu'au culte de la terre. Ces sages, dans leur état de justice divine, relativement à leur mission spirituelle, ne pouvaient être
nuit n'auraient point eu lieu pour l'homme, si le premier père n'avait point prévariqué. Si Adam n'avait eu qu'une postérité de Dieu comme c'était l'intention du Créateur, toutes les actions de cette postérité se seraient opérées indépendamment des ténèbres élémentaires de la nature, au lieu que la prévarication d'Adam a fait naître de lui une postérité de matière et des hommes de ténèbres.
bornés par un temps de ténèbres temporelles comme le sont les mortels ordinaires. Ces ténèbres appelées nuit, n'auraient point eu lieu pour l'homme, si le premier père n'avait pas prévariqué. Si Adam n'avait eu qu'une postérité de Dieu, comme c'était l'intention du Créateur, toutes les actions de cette postérité se seraient opérées indépendamment des ténèbres de la nature élémentaire, au lieu que la [187] prévarication d'Adam a fait naître de lui une postérité matérielle et des hommes de ténèbres.
TAMais la seconde postérité de Noé fut véritablement une postérité de Dieu en ce qu'elle fut conçue sans l'excès de sens de la matière. Aussi, quoique ces êtres fussent renfermés dans une forme corporelle, ils jouissaient des mêmes vertus et puissances dont jouissait Adam dans son état de gloire. Ces hommes sages n'étant occupés que des opérations divines, qui ne tendaient qu'à la plus grande gloire du Créateur, il leur fut fixé les instants où ils devaient opérer leurs actions spirituelles selon la volonté du Créateur. Ils reçurent en même temps toutes les lois de l'ordre immuable qu'ils avaient à observer par la suite de leurs différentes opérations, et chacun selon leur don particulier.
Mais la seconde postérité de Noé fut véritablement une postérité de Dieu, en ce qu'elle fut conçue sans l'excès des sens de la matière. Aussi, quoique ces êtres fussent renfermés dans une forme corporelle, ils jouissaient des mêmes vertus et des mêmes puissances dont Adam jouissait dans son état de gloire. Ces hommes, n'étant occupés que des opérations divines qui tendaient à la plus grande gloire du Créateur, il leur fut fixé les instants où ils devaient opérer leurs actions spirituelles selon le vouloir de la Divinité. Ils reçurent en même temps toutes les lois d'ordre immuable qu'ils auraient à observer, par la suite, dans leurs différentes opérations, et chacun selon leur don particulier, ainsi que je vais le détailler.
TALe premier-né de cette postérité fut, parmi ses six frères, le type de l'esprit interprète. Il reçut du Créateur, pour cet effet, le don d'interpréter à ses frères le fruit de leurs opérations. Ce fut aussi celui-là qui commença le premier à opérer la puissance et la vertu qu'il tenait du Créateur, et il ne se sépara plus de Noé, que lorsque l'Eternel le lui eut retiré, après avoir fait son temps prescrit d'action spirituelle divine et temporelle.
Le premier né de cette postérité fit, parmi ses six frères, le type de l'esprit interprète : il reçut du Créateur, pour cet effet, le don d'interpréter à ses frères les dons provenus de leurs opérations ; ce fut aussi celui qui commença le premier à opérer la puissance et la vertu qu'il tenait du Créateur. Il ne se sépara plus de son père Noé, que lorsque l'Eternel le lui eut retiré, après avoir fini son temps prescrit d'actions spirituelles divines temporelles.
Ce premier sage fixa l'intervalle du temps nécessaire pour l'opération qu'il avait à faire, et, selon l'ordre qu'il avait reçu, il fixa cet intervalle au quart du jour ordinaire, que nous voyons circuler présentement parmi nous. Il le fixa ainsi, quoiqu'il fût un être pour lequel il n'y avait point de ténèbres, afin de donner à ses frères pour eux et pour leurs disciples à venir une règle fixe des intervalles qu'ils devaient mettre dans les différentes opérations de culte divin.
Le second ne fit son opération spirituelle qu'immédiatement après que le premier eut fini la sienne. Quoique cette seconde opération fût en similitude de la première, cependant l'opérant n'y put pas apporter la même intention ni employer les mêmes paroles, parce que le don qu'il avait reçu était différent de celui qui avait été accordé au premier. Ce don était celui de prophétie pour la manifestation de la justice divine. Le second opérant fixa la moitié du temps en joignant au premier intervalle [un intervalle] de six heures pour le cours de son opération.
Ce premier sage fixa l'intervalle des temps nécessaires pour l'opération qu'il avait à faire, et selon l'ordre qu'il en avait [188] reçu, il fixa cet intervalle au quart des jours ordinaires que nous voyons présentement circuler parmi nous. Il le fixa ainsi, quoiqu'il fut un être pensant chez lequel il n'y avait point de ténèbres, afin de donner à ses frères une règle fixe pour eux et pour leurs disciples à venir des intervalles qu'ils devaient mettre dans les différentes opérations du culte divin. Le second ne fit son opération spirituelle qu'immédiatement qu'après le premier eut fini la sienne. Quoique cette seconde opération fût en similitude de la première, cependant l'opérant ne put y apporter les mêmes intentions, ni y employer les mêmes paroles, parce que le don qu'il avait reçu était différent de celui qui avait été accordé au premier. Ce don était celui de prophétie pour la manifestation de la justice divine. Ce second opérant fixa la moitié du temps en joignant au premier intervalle un pareil intervalle de six heures pour le cours de son opération. Je ne dois point vous laisser ignorer que le troisième de ces sages avait reçu le don d'astronomie universelle, générale et particulière, et que le quatrième avait reçu le don de la connaissance du Verbe puissant que le Créateur employa pour toute sa création temporelle. Aussi ce dernier opérait-il en faveur des corps humains pour leur conservation pendant le cours de leur durée, et c'est de là qu'est sorti l'art de guérir radicalement les maladies, ainsi que je le ferai voir dans la suite lorsque [189] je parlerai des différents événements qui surviennent aux formes corporelles. Je dois encore vous dire ici que les quatre premiers sages faisaient le type des prophètes passés et à venir.
Il faut savoir qu'un intervalle ne peut fixer un temps suivi et perpétuel que lorsque le commencement du second intervalle en a fixé l'étendue, et c'est lorsqu'ils sont ainsi réunis qu'ils se considèrent comme la moitié d'un temps, parce qu'un temps est composé de quatre intervalles. Ce sont les quatre enfants premiers-nés de Noé de cette seconde postérité, qui ont ainsi fixé les quatre intervalles d'un temps, en exerçant leurs opérations spirituelles, chacun pendant six heures. Les deux premières opérations forment la moitié du temps journalier temporel et les deux secondes forment l'autre moitié. Les unes appartiennent au jour, et les autres à la nuit, ce qui forme en tout le temps juste et complet que le Créateur a donné au cours journalier de sa création universelle.
Le troisième de ces sages avait reçu le don de l'astronomie universelle générale et particulière, et le quatrième la connaissance du verbe puissant que le Créateur employa pour toute sa création temporelle. Aussi, ce dernier opérait en faveur des corps humains pour leur conservation pendant le cours de leur durée. De là, est sorti l'art de guérir radicalement les maladies.
Les quatre premiers sages faisaient le type des prophètes passés et à venir. Quoique ces quatre premiers sages aient fixé un temps pour leurs opérations spirituelles, quoique ce soit même de là que le jour présent de 24 heures ait été remis dans son premier état journalier et nocturne, les sages n'étaient pas soumis au temps qu'ils avaient fixé, ni leur esprit assujetti aux bornes et aux intervalles qu'ils venaient d'établir.
Il faut savoir qu'un intervalle ne peut fixer un temps suivi et perpétuel, que lorsque le commencement du second intervalle en a fixé l'étendue, et c'est lorsque les deux intervalles sont ainsi réunis qu'ils se conduisent comme la moitié d'un temps, parce qu'un temps est composé de quatre intervalles. Ce sont ainsi les quatre premiers nés de la deuxième postérité de Noé qui ont fixé les quatre intervalles d'un temps, en exerçant leur opération spirituelle chacun pendant six heures. Les deux premiers opérants forment la moitié du temps journalier et temporel, et les deux seconds forment l'autre moitié. Les uns appartenaient au jour, les autres à la nuit ; ce qui forme en tout le temps juste et complet des bornes que le Créateur a données au cours journalier de sa création universelle. Quoique les quatre premiers sages aient fixé un temps pour leurs opérations spirituelles, quoique ce soit même de là que le jour présent de vingt-quatre heures ait été remis dans son premier état de nature journalière et nocturne, il faut bien se garder de croire, ainsi que je l'ai déjà dit, que ces sages fussent soumis aux temps qu'ils avaient fixés, et que leur esprit fût assujetti aux bornes et aux intervalles qu'ils venaient d'établir. [190]
Il est impossible d'admettre un temps à l'esprit, ainsi que les intervalles que ces sages ont marqués pour leurs opérations spirituelles ne peuvent compter réellement et relativement à leur nature d'êtres pensants, et le jour temporel ne pouvait être une borne à leurs opérations spirituelles comme il [en] est une pour la nature corporelle. Mais, au contraire, en traçant ainsi leurs intervalles spirituels, ils faisaient entendre que c'était l'esprit lui-même qui avait tracé les intervalles temporels. Les nations chez qui ces sages se répandirent ne savaient pas distinguer cette division spirituelle du temps d'avec la division ordinaire, qui se fait journellement suivant la loi de la nature créée, ce qui les a jetées dans les grossières erreurs de calcul et leur a fait prendre un de ces intervalles spirituels pour un des jours à nous connus.
Il est impossible d'admettre un temps pour l'esprit. Ainsi les intervalles que les sages ont marqués pour leurs opérations spirituelles ne peuvent se compter relativement à leur nature d'êtres pensants, et le jour temporel ne pouvait être une borne à leur esprit, comme il en est une pour la nature corporelle. Au contraire, en traçant ainsi leurs intervalles spirituels, ils faisaient entendre que c'était l'esprit lui-même qui avait tracé les intervalles temporels. Les nations, chez lesquelles ces sages se répandirent, ne surent pas distinguer cette division spirituelle du temps d'avec la division ordinaire qui se fait journellement selon la nature créée ; c'est ce qui les a jetées dans de grossières erreurs de calcul et leur a fait prendre un de ces intervalles spirituels pour un des jours temporels à nous connus.
TALe cinquième fils reçut le don de cultivation et de plantation terrestre. Le sixième celui de la connaissance du caractère littéral et hiéroglyphe céleste, terrestre, spirituel, supérieur, majeur, inférieur et mineur divin. Il connaissait encore les caractères hiéroglyphes de tout être spirituel démoniaque. TALe septième avait le don de construire des édifices spirituels pour la gloire et le culte du Créateur, ainsi que l'avaient reçu Adam, Seth, Enoch et Noé, qui élevèrent des autels au Seigneur.
Mais, avant d'entrer dans ce détail, j'ai à vous instruire des différents dons que reçurent les trois derniers nés de la seconde postérité de Noé. Le cinquième de cette postérité reçut le don de plantation, de cultivation terrestre. Le sixième, celui de la connaissance du caractère littéral et hiéroglyphique céleste, terrestre spirituel, supérieur, majeur inférieur et mineur divin. Celui-ci connaissait encore parfaitement tous les caractères hiéroglyphiques de tout être spirituel démoniaque. Le septième reçut le don de construire des édifices spirituels pour la gloire du culte du Créateur, ainsi que l'avaient reçu [191] Adam, Seth, Enoch et Noé, qui élevèrent des autels au Seigneur.
Moïse nous a fait connaître qu'il avait le même don pour la construction de l'arche mystérieuse, de l'autel et du tabernacle, de même que, pour les métaux, les bois et
Moïse nous a fait connaître qu'il avait le même don pour la construction de l'arche mystérieuse, de l'autel et du tabernacle, de même que pour les
les minéraux qui furent trouvés et travaillés par l'effort des opérations spirituelles de Moïse et de Bethzeléel. Moïse traçait les plans des édifices et Bethzeléel les exécutait.
Les trois derniers sages enfants de Noé tinrent dans leurs opérations spirituelles la même conduite des quatre premiers. Mais comme leurs dons étaient différents, leurs intentions ni leurs paroles ne pouvaient être les mêmes. Les quatre premiers, qui ont fixé le jour par leurs quatre intervalles d'opérations, ne prirent point femmes, étant entièrement consacrés au culte du Créateur. Ils faisaient un type réel de ceux que le Créateur devait élever pour la manifestation de sa gloire et de sa justice. TAIls figuraient encore le type du passé et de l'avenir, tel qu'Enoch, que l'Ecriture vénère tant, Melchisédech, Elie et le Christ, dont deux ont été enlevés du centre de la terre par le feu spirituel et les autres l'ont été dans leur propre corps de gloire spirituelle divine, comme le prouve le Christ par sa résurrection d'homme divin.
minéraux, les bois et tous les autres matériaux qui furent tournés et travaillés par l'effet des opérations spirituelles de Moïse et de Betsaléel. Moïse traçait le plan des édifices et Betsaléel les exécutait. Les trois derniers sages, enfants de Noé dont nous venons de parler, tinrent dans leur opération spirituelle la même conduite qu'avaient tenue les quatre premiers ; mais comme leurs dons étaient différents, leurs intentions et leurs paroles ne pouvaient être les mêmes. Les quatre premiers qui ont fixé le jour par quatre intervalles d'opérations, ne prirent point de femmes, étant entièrement consacrés au culte du Créateur. Ils faisaient un type réel de ceux que le Créateur devait élire pour la manifestation de sa gloire et de sa justice. Ils figuraient encore les justes du passé et de l'avenir, tels qu'Enoch, que l'Ecriture révère tant, Melchisédech, Elie et le Christ, dont deux ont été enlevés du centre de la terre par le feu spirituel, et les deux autres l'ont été dans leurs propres corps de gloire spirituelle divine, ainsi que le Christ le prouve bien clairement par sa résurrection d'homme divin.
Noé avait émancipé de ses soins les trois enfants de sa première postérité, savoir Sem, Cham et Japhet. Ces trois hommes ne s'occupaient qu'à s'établir et à cultiver la portion de terre qui leur était échue, afin de pourvoir à leurs besoins, à ceux de leur famille présente et à venir. Ils restèrent en conséquence un très long espace de temps sans méditer sur les instructions spirituelles que leur avait données Noé. Ils ne s'attachaient pas à faire la division des intervalles des heures, des jours, des semaines et des mois de l'année. Enfin, leur culte divin se bornait à avoir une ferme croyance qu'il existait un être tout-puissant au-dessus de
Nous avons vu précédemment que Noé avait émancipé [192] de ses soins les trois enfants qui composaient sa première postérité, savoir : Sem, Cham, Japhet. Ces trois hommes ne s'occupèrent qu'à établir et à cultiver la portion de terre qui leur était échue, afin de pourvoir à leurs besoins et à ceux de leur famille présente et à venir. Ils restèrent, en conséquence, un assez long espace de temps sans méditer sur les instructions spirituelles que leur avait données Noé ; ils ne s'attachèrent point à faire la division de l'intervalle des heures, des jours, des semaines, des mois, des années. Enfin, tout leur culte divin se bornait à savoir
toute chose créée, et qu'ils appelaient Abarim, et qui veut dire en langue noachite esprit doublement fort par lequel le Créateur a opéré et opère toute chose ; ce que nous appelons philosophiquement l'action divine du Créateur. TACe mot, quoique noachite ou chinois, est le même que celui que les juifs proféraient jadis et qu'ils connaissaient très parfaitement être sorti de leur langue. Adam et sa postérité ont aussi prononcé ce mot, ayant parlé les premiers la langue judaïque, qui est celle que la nature spirituelle divine avait de tout temps réservée pour sa créature mineure.
qu'il existait un être tout-puissant au-dessus de toute chose créée, et qu'ils appelaient Abavin 8, qui veut dire, en langue Noéchite, Esprit doublement fort, par lequel le Créateur a opéré toute chose ; c'est ce que nous appelons philosophiquement l'action divine du Créateur. Ce mot, quoique Noéchite ou chinois, est le même que celui que les Juifs proféraient jadis, et qu'ils connaissaient très-parfaitement sorti de leur langue. Les Hébreux connaissaient aussi ce mot autrefois, et le connaissent encore aujourd'hui, parce qu'il y a toujours eu quelqu'un parmi eux qui a possédé une partie de la connaissance de cette première langue. Adam et sa postérité ont aussi prononcé ce mot, ayant parlé les premiers la langue judaïque, qui est celle que la nation spirituelle divine avait de tout temps réservé pour sa créature mineure. [193]
Les Hébreux connaissaient aussi ce mot autrefois et le connaissent encore aujourd'hui, parce qu'il y en a toujours eu quelqu'un parmi eux qui a possédé une partie de la connaissance de cette première langue. Je distingue ici le mot de juif et de langue judaïque, d'avec le mot Hébreu et de la langue hébraïque.
Le mot juif signifie "juste", et la langue juive la langue de la sainteté de l'esprit divin, qui dirige les opérations de ces hommes justes. Le mot Hébreu signifie la postérité d'un homme sage que l'Ecriture nomme Héber, mais cette langue est très différente de la langue judaïque, parce qu'il n'y a parmi cette postérité d'Héber, aucun de ces hommes justes ou juifs, et que, depuis le temps passé, il n'en a été suscité aucun de par l'Eternel pour instruire cette postérité de la vraie langue qu'elle a perdue,
Je fais ici une distinction du mot Juif et de la langue judaïque d'avec le mot hébreu et la langue hébraïque. Le mot Juif signifie juste ; et la langue judaïque signifie le langage de la sainteté de l'Esprit divin qui dirige l'opération de ces hommes justes. Le mot Hébreu signifie la postérité d'un homme sage, que l'Ecriture appelle Héber et la langue hébraïque signifie le langage de la postérité d'Héber. Mais cette langue est très différente de la langue judaïque, parce qu'il n'y a, parmi cette postérité d'Héber, aucun de ces vrais hommes justes ou juifs, et que, depuis ces temps passés, il n'en a été suscité aucun par l'Eternel pour instruire parfaitement cette postérité de la vraie langue qu'elle a perdue, quoiqu'elle croie l'avoir et la suivre très exactement.
quoiqu'elle croie l'avoir sans altération et la suivre très exactement.
La langue juive est toute simple et sans ponctuation de convention humaine, qui a été introduite dans la langue des Hébreux. Les vrais juifs reconnaissent que l'origine alphabétique de leur langue vient de la partie céleste, et non de la convention des hommes. Ils trouvent tous les caractères de cette langue parfaitement écrits dans l'arrangement des étoiles, et c'est de là d'où ils les ont tirés. Les Hébreux se servent bien des mêmes caractères que les juifs, mais les différentes ponctuations, les accents, les chevrons qu'ils ajoutent à ces caractères les font prononcer d'une manière opposée à ce qu'ils sont dans leur état naturel pur et simple. Ceci nous apprend donc que le mot "Hébreu" veut dire confusion, ainsi que nous l'enseigne le nom d'Israël donné au peuple par l'ordre de l'Eternel, et qui signifie "fort contre l'Eternel". Rien dans le monde n'est plus agréable et plus flatteur envers l'Eternel que la prière et l'invocation du juif, et rien de plus indifférent et de plus rapineux que le coeur de l'Hébreu. Cela ne doit point vous surprendre, puisque ce peuple ne possède plus les lois divines et qu'il se contente du cérémonial d'une loi qui lui a été enlevée ignominieusement.
La langue judaïque est toute simple et sans la ponctuation de convention humaine, qui a été introduite dans la langue des Hébreux. Les véritables Juifs reconnaissaient que l'origine alphabétique de leur langue vient de la partie céleste et non de la convention des hommes. Ils trouvent tous les caractères de cette langue clairement écrits dans l'arrangement des étoiles, et c'est de là qu'ils sont tirés. Les Hébreux se servent bien des mêmes caractères que les Juifs, mais les différentes ponctuations, les accents et les chevrons qu'ils ajoutent à ces caractères les font prononcer d'une manière opposée à ce qu'ils sont dans leur pure nature de simplicité. Je me sers [194] ici du mot Israélite, quoique le nom d'Israël ne fût pas encore connu dans le temps dont je parle. Israël signifie fort contre Dieu, et Israélites signifie forts en Dieu. C'est pourquoi je donne ce nom aux sages Noéchites de la postérité de Noé. Tout ceci nous apprend donc que le mot hébreu veut dire confusion, ainsi que nous l'enseigne très parfaitement le nom d'Israël, donné à ce peuple par ordre du Créateur, et qui signifie fort contre l'Eternel. Rien, dans le monde, n'est plus agréable et plus fort envers le Créateur que la prière et l'invocation des Juifs, et rien de plus indifférent et de plus rapineux que le coeur de l'Hébreu. Cela ne doit point vous surprendre, puisque le peuple ne possède plus les lois divines et qu'il se contente du cérémonial d'une loi qui lui a été enlevée ignominieusement. Poursuivons le détail des événements de la postérité de Noé.
Noé passa le premier siècle avec sa postérité seconde et l'instruisit pendant
Noé passa le premier siècle avec sa seconde postérité, et l'instruisit pendant
cent trente-deux ans ou cent trente ans, par ses soins temporels et spirituels. Il éleva les sept enfants mâles de cette postérité, conformément à la volonté du Créateur. Il rendit les quatre premiers-nés des vrais êtres pensants à la seule Divinité. Ils se donnèrent uniquement au culte divin, sans avoir la moindre participation au terrestre. Les trois autres eurent deux cultes à opérer, l'un temporel et l'autre spirituel simple ; c'est-à-dire qu'ils ne participèrent point aux opérations du grand culte divin, qui était réservé à leurs quatre frères aînés. En effet, le premier-né de cette postérité faisait le type des grands prêtres et grands sacrificateurs à venir. Ce fut le premier des hommes de ce temps qui rappela le premier sacrifice d'Adam fait par Caïn son premier-né sur son frère Abel. Ce premier-né de Noé était, en sa qualité d'interprète spirituel, le premier chef de toute opération divine. Il mit le premier la main à l'encensoir et fit l'offrande de l'holocauste au Créateur. C'était encore lui qui faisait seul la grande invocation pour la descente de l'esprit consommateur de l'holocauste d'expiation et de réconciliation et était seul à l'autel des sacrifices ; et ses trois frères se tenaient immédiatement après lui, en ligne droite, comme participant et assistant à la grande opération de culte divin ; ce qui a été répété par Moïse assisté dans ses opérations par Aaron, Ur et Bethseléel. Aaron a répété la même chose en prenant ses enfants pour assister à son travail. Le même ordre a été suivi dans le temple de Salomon, et le service de l'Eglise du Christ vous le représente encore aujourd'hui dans le sacrifice qu'elle offre sur l'autel de purification, par la main, l'intention et la parole du célébrant assisté du premier, du second et du troisième diacres ; ce qui
130 ans par ses soins temporels et spirituels. Il éleva les sept enfants mâles de cette postérité, conformément à la loi du Créateur. Il vendit les quatre premiers nés des vrais pensants à la Divinité seule. Ces quatre sages ne se donnèrent qu'au culte divin, sans avoir aucune participation au culte terrestre. Les trois autres eurent deux cultes à opérer : l'un temporel terrestre, et l'autre spirituel simple ; c'est-à-dire qu'ils ne participèrent [195] point à l'opération du grand culte divin qui était réservé à leurs quatre frères aînés. En effet, le premier né de cette postérité faisait le type des grands prêtres et grands sacrificateurs à venir : ce fut le premier des hommes de ce temps-là qui rappela le premier sacrifice d'Adam fait par Caïn, son premier né, sur son frère Abel. Le premier né de Noé était, en sa qualité d'interprète spirituel, le premier chef de toute espèce d'opération divine ; il mit le premier la main à l'encensoir et fit l'offrande de l'holocauste au Créateur. C'était encore lui qui faisait seul, à voix basse, la grande invocation pour la descente de l'esprit en consommation de l'holocauste d'expiation et de réconciliation. Il était seul à l'autel du sacrifice, et ses trois frères se trouvaient immédiatement après lui, en ligne droite, comme principaux assistants à la grande opération du culte divin. Ce qui a été répété par Moïse, assisté dans ses opérations par Aaron, Ur et Betsaléel. Aaron a répété la même chose en prenant ses enfants pour assister à son travail. Le même ordre a été suivi dans le service du temple de Salomon, et l'Eglise du Christ nous le représente encore aujourd'hui dans le sacrifice qu'il offre sur l'autel de purification, par la main, l'intention et la parole du célébrant, assisté du premier, du second et du troisième diacres. Vous devez voir par là que toutes les choses de
nous montre que les choses de cette nature sont parvenues par succession de temps jusqu'à nous, et que ces opérations spirituelles divines ne viennent pas de l'imagination des hommes, mais du Créateur éternel.
cette nature sont véritablement parvenues par la succession [196] des temps jusqu'à nous ; et que ces sortes d'opérations spirituelles divines ne viennent pas de l'imagination des hommes, mais très certainement du Créateur éternel.
TAIl faut vous instruire maintenant quelles furent les charges que les trois derniers fils de Noé reçurent. Ils reçurent de Noé ordre d'aller visiter les trois régions terrestres distinguées par Ouest, Nord, et Sud, habitées depuis cent quarante et un ans par la première postérité de Noé nommée Cham, Sem et Japhet. Quand ils eurent reçu les instructions nécessaires pour leur mission et qu'ils se furent assurés de la volonté du Créateur par leurs opérations spirituelles divines, ils partirent avec leurs soeurs qu'ils avaient prises pour femmes et dont ils eurent postérité. Ils n'avaient pas besoin de porter avec eux aucune provision, la terre leur fournissait de quoi rassasier leurs besoins temporels.
Il faut vous instruire maintenant quelles furent les charges que les trois derniers fils de cette seconde postérité de Noé reçurent de la part de leur père. Ils furent ordonnés pour aller visiter les trois régions terrestres distinguées par Ouest, Sud, Nord, et habitées depuis 141 ans par la première postérité de Noé, nommée Sem, Cham, Japhet. Aussitôt qu'ils eurent reçu les instructions nécessaires pour leur mission et qu'ils se furent assurés de la volonté du Créateur par leurs opérations spirituelles divines, ils partirent avec leurs soeurs, qu'ils avaient prises comme femmes, et dont ils eurent postérité. Ils n'avaient pas besoin de porter avec eux aucunes provisions, et ils trouvèrent sur la terre de quoi fournir à leur nourriture et à tous leurs besoins corporels.
L'aîné des trois fils fut avec sa femme habiter la partie septentrionale, ou du nord ou d'aquilon, conformément à la première langue. Ils allèrent chacun dans ces différentes parties du monde pour perpétuer chez leurs frères, de même que chez leurs postérités, le cérémonial du culte divin, pour qu'ils ne perdissent pas entièrement de vue le culte que le Créateur exigeait d'eux, relativement aux grâces et aux miséricordes infinies qu'ils avaient reçues de l'Eternel. Ils opérèrent de si grands prodiges spirituels parmi ce peuple qu'il n'eut pas de peine à se soumettre à leurs leçons, instructions et conseils spirituels divins, que ces trois hommes sages répandaient chacun dans sa région selon leur mission, et l'ordre
L'aîné des trois fils fut, avec sa femme et sa postérité, habiter la partie du midi ; le second la partie de l'ouest, avec sa femme et sa postérité ; le troisième fut, également avec sa femme et sa postérité, habiter la partie du nord ou d'aquilon, conformément à la première langue. Ils allèrent chacun dans ces différentes parties du monde pour perpétuer chez leurs frères, de même que chez leur postérité, le cérémonial du culte divin, afin que ces peuples ne perdissent [197] pas entièrement de vue le culte que le Créateur exigeait d'eux, relativement aux grâces et aux miséricordes infinies qu'ils avaient reçues de l'Eternel. Ils opérèrent de si grands prodiges spirituels parmi ces peuples, qu'ils n'eurent pas de peine à se
qu'ils avaient reçus. Ils commencèrent par prêcher à ces nations une doctrine purement temporelle, pour se mettre à leur portée et les élever par degrés du culte temporel [au culte] spirituel.
soumettre aux instructions, aux conseils et aux leçons spirituelles divines que ces trois hommes sages répandirent chacun dans sa région, selon leur mission et l'ordre qu'ils avaient reçus. Cependant, il fallait commencer par prêcher à ces nations une doctrine purement temporelle, afin de se mettre à leur portée, et de les élever ensuite du culte temporel au culte spirituel. C'est ce qu'ils firent effectivement, ainsi que je vous le ferai connaître.
Ces peuples n'avaient point réglé parmi eux les heures, les jours, les semaines, les mois et les années et les saisons. Ils vivaient à peu près comme les brutes, si [ce] n'est qu'ils reconnaissaient un être supérieur à eux. Toute leur science temporelle et spirituelle se bornait à faire différence du jour élémentaire d'avec es ténèbres qui leur annonçaient le repos, et que le jour devait servir à leur action ordinaire temporelle pour leurs opérations terrestres.
Ces premiers peuples n'avaient pas réglé parmi eux les heures, les jours, les mois, les années, et les saisons ; ils vivaient à peu près comme les brutes, si ce n'est qu'ils reconnaissaient un être supérieur à eux, ainsi que je l'ai déjà dit. Toute leur science temporelle et spirituelle se bornait à faire différence du jour élémentaire d'avec les ténèbres, que nous appelons nuit, et à comprendre que les ténèbres leur annonçaient le repos et que le jour devait servir à leur action ordinaire temporelle pour leurs opérations terrestres.
Ces trois hommes sages, qui étaient venus pour les instruire, commencèrent par établir chez eux une mesure du temps, qu'ils réglèrent sur la division spirituelle que les quatre premiers frères avaient faite par leur quatre premières opérations du grand culte divin, c'est-à-dire qu'ils établirent chez ces nations les mêmes règles qu'ils avaient observées chez leur père, cette loi étant indispensable pour introduire le culte chez ces nations. Ces trois maîtres spirituels commencèrent d'abord par s'attacher quelques-uns de ces habitants de ces régions. Ils les élevèrent chacun aux sciences qu'ils professaient. Ils leur faisaient comprendre que, quoique la nuit
Les trois hommes sages, qui étaient venus pour les instruire, commencèrent par établir chez eux une mesure de temps, qu'ils réglèrent sur la division spirituelle [198] que leurs quatre premiers frères avaient faite pour leur quatre premières opérations du grand culte divin, c'est-à-dire qu'ils établirent chez ces nations les mêmes règles qu'ils avaient vu observer et qu'ils avaient observées eux-mêmes chez leur père. Cette loi était indispensable pour établir le culte divin parmi ces nations. Ces trois maîtres spirituels commencèrent ensuite à s'attacher quelques-uns des habitants de ces régions : ils les élevaient chacun aux sciences qu'ils professaient ; ils leur
des ténèbres fût faite pour le repos du corps de l'homme, elle n'était point faite pour le mineur spirituel divin, attendu que cet être ne pouvait rester sans action relativement à sa nature spirituelle et que le Créateur n'avait pu émaner de son sein les mineurs spirituels pour rester assoupis et s'anéantir comme les formes corporelles, qui n'étaient que des êtres passifs et apparents destinés à être confondus dans l'imagination divine qui les faisait paraître tels qu'ils étaient.
Quand ces sages eurent ainsi disposé leurs disciples par des semblables instructions, ils se proposèrent de les admettre au travail du culte spirituel. Pour cet effet, ils leurs firent observer les méditations, les prières et le cérémonial convenable pour se préparer aux différentes opérations qu'ils devaient faire, et ils choisirent parmi ces disciples les quatre sujets les plus capables, les plus instruits et qui avaient le plus de désir de parvenir à la connaissance parfaite des sciences divines que leurs maîtres professaient. Ces trois sages maîtres placèrent chacun leurs quatre sujets dans leurs cercles mystérieux d'opération et les y tinrent pendant l'espace du temps nécessaire pour accomplir sans trop de précipitation leur travail spirituel qui leur était indiqué. Le premier disciple fut placé dans les cercles mystérieux, au soleil levé, et y resta l'espace de six heures de notre jour ordinaire. Le second prit alors la place du premier et y resta le même temps ; le troisième et le quatrième disciples suivirent l'ordre des deux premiers, de sorte que les quatre opérations de ces disciples commencèrent au soleil levé, et finirent à l'autre soleil levé.
faisaient comprendre que, quoique la nuit des ténèbres fût faite pour le repos du corps de l'homme, elle n'était point faite pour le mineur spirituel divin, attendu que cet être ne pouvait rester sans action relativement à sa nature spirituelle, et, qu'en conséquence, le Créateur n'avait pu émaner de son sein tous les mineurs, leurs semblables, assoupis, et pour s'anéantir comme leurs formes corporelles, qui n'étaient que des êtres passifs et apparents, destinés à être confondus dans l'imagination divine qui les faisait paraître tels qu'ils étaient. Lorsque ces sages eurent ainsi disposé leurs disciples par de semblables instruments, ils se proposèrent de les admettre au travail du culte spirituel. Pour cet effet, ils leur firent observer les méditations, les prières et le cérémonial convenables pour se préparer aux différentes opérations qu'ils devaient faire, et ils choisirent parmi ces disciples, les quatre sujets les plus [199] capables et les plus instruits, et qui avaient le plus grand désir de parvenir à la connaissance parfaite des sciences divines que leurs maîtres professaient. Ces trois sages, maîtres spirituels, placèrent chacun leurs quatre sujets dans leur cercle mystérieux d'opérations et les tinrent pendant l'espace de temps nécessaire, pour accomplir, sans trop de précipitation, le travail spirituel qui leur était indiqué. Le premier disciple fut placé dans le cercle mystérieux, au soleil levé, et y resta l'espace de six heures de notre jour ordinaire. Le deuxième prit alors la place du premier, et y resta le même temps. Le troisième et le quatrième disciples suivirent le même ordre des deux premiers, de sorte que les quatre opérations de ces disciples commencèrent au soleil levé et finirent à l'autre soleil levé. C'est de cette première opération
TAC'est de cette première opération que commença le premier calcul des enfants de Noé, que l'on nomme Noachites ou Chinois, parce que la nation des Chinois et des Japonais sort directement de la postérité des enfants de Noé, savoir de sa première postérité : Cham, Sam et Japhet, qui habitèrent chacun un angle de cette région de la Chine, d'où tous les peuples de la terre sont provenus ; savoir aussi des trois derniers des sept mâles qui, avec trois femelles, forment la seconde postérité de Noé. TAJ'ai déjà dit que l'Ecriture ne parlait point de cette seconde postérité. Le silence de l'Ecriture, au sujet, ne doit point vous étonner. Elle a laissé en arrière des sujets très intéressants pour l'homme de désir. Peut-être a-t-elle en cela quelque raison légitime ; peut-être aussi, les traducteurs n'ont-ils point trouvé ce détail nécessaire à l'instruction de l'homme, ni capable de satisfaire sa curiosité. Mais je reparlerai de ceci dans la suite, ainsi que des noms des sept enfants mâles de cette seconde postérité.
que commence le premier calcul des enfants de Noé, que l'on appelle Noéchites ou Chinois, parce que la nation des Chinois et des Japonais sortit directement de la postérité des enfants de Noé, savoir, de la première postérité, Sem, Cham, Japhet, qui habitèrent chacun un angle de cette région de la Chine, d'où tous les peuples de la terre sont provenus, savoir aussi, des trois derniers des sept mâles qui, avec les trois femelles, formèrent la seconde postérité de Noé. J'ai dit que l'Ecriture ne parlait point de cette seconde postérité : le silence de l'Ecriture à ce sujet ne doit point nous étonner ; elle [200] a laissé en arrière des sujets très intéressants pour l'homme de désir ; peut-être en cela a-t-elle eue quelques raisons très-légitimes, peut-être aussi les traducteurs n'ont-ils pas trouvé ces détails très-nécessaires à l'instruction de l'homme incapable de satisfaire sa curiosité. Mais je reparlerai de ceci dans la suite, ainsi que des noms des sept enfants mâles de cette postérité.
TAL'opération faite par les quatre premiers disciples dont j'ai déjà parlé fut le principe de leur calcul journalier, selon leur convention mystérieuse spirituelle temporelle. Chacune de leurs opérations s'accomplissant dans un intervalle de six heures marquait un jour pour eux, et cet intervalle de six heures formait effectivement un jour relativement au culte spirituel divin que ces sages professaient pour la gloire du Créateur.
L'opération faite par les quatre disciples dont j'ai déjà parlé, fut le principe de leur calcul journalier ; selon leur convention mystérieuse, spirituelle temporelle, chacune de leurs opérations, s'accomplissant dans un intervalle de six heures, formait effectivement un jour, relativement au culte spirituel divin que ces sages professaient pour la gloire de Dieu.
Les jours du travail de l'esprit, que le sage assujettit par la force de son opération, ne se calculent pas comme les jours du travail matériel des hommes terrestres. Quatre intervalles
Ces premiers peuples, ainsi qu'on vient de le voir, n'avaient pas réglé parmi eux les jours de travail de l'esprit que le sage assujettit par la force de son opération, ne se calculant pas comme les
d'opérations spirituelles firent un temps d'action complet à l'esprit, en faveur de celui qui l'opère, ou qui l'invoque, de sorte que les quatre opérations de ces premiers disciples divisaient les jours ordinaires à nous connus en quatre parties égales, comme nous pouvons les diviser nous-mêmes par quatre fois six heures de notre convention humaine ; et par ce sage moyen, les sages faisaient quatre jours d'un de nos jours ordinaires. Les Chinois ont introduit dans leur calcul journalier temporel ce calcul spirituel des opérations du culte divin, parce que ces sages, en divisant ainsi le jour ordinaire en quatre parties égales, non seulement fixaient le cours journalier du culte divin que les hommes auraient à exercer par la suite, d'après l'exemple mystérieux que ces sages en donnaient, chacun à leur nation ; mais ces mêmes sages fixaient encore, par cette division, le temps qui devait servir à marquer leur année.
jours du travail matériel. Quatre intervalles d'opérations spirituels fixent un temps complet à l'esprit, en faveur de celui qui l'opère et qui l'invoque ; de sorte que les quatre opérations de ces premiers disciples divisaient les jours ordinaires, à nous connus, en quatre parties égales, comme nous pouvons le diviser nous-mêmes par quatre fois six heures de notre convention humaine, et, par ce moyen, ces sages faisaient quatre jours d'un de nos jours ordinaires. Les Chinois [201] ont introduit, dans leur calcul journalier temporel, ce calcul spirituel des opérations du culte divin que les hommes auraient à exercer par la suite, d'après l'exemple mystérieux que ces sages en donnaient chacun à leur nation ; mais ces mêmes sages fixèrent encore, par cette division, le temps qui devait servir à marquer leurs années.
Ce qui nous a fait connaître que la division du temps pour le cérémonial de la prière et du culte divin a été exactement remémoré dans les différents cultes divins qu'ont exercés Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob, dans leur postérité vraie israélite, ne le voyons-nous pas, d'ailleurs, exercé encore aujourd'hui par les quatre intervalles des prières qui sont usitées dans nos églises ? C'est ce qui nous apprend que l'origine du cérémonial des différents cultes qui se sont opérés et qui s'opèrent journellement sur la terre, vient des quatre premiers-nés de la seconde postérité de Noé, qui ont transmis et fait transmettre ce qu'ils avaient reçu à ce sujet du Créateur à la postérité de leurs premiers frères : Sem, Cham et Japhet.
Ce qui nous fait connaître que la division du temps du cérémonial de la prière et du culte divin qu'ont exercé Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob, dans leur postérité vraie Israélite, ne le voyons-nous pas d'ailleurs s'observer encore aujourd'hui par les quatre intervalles des prières qui sont usitées dans nos églises ? C'est ce qui nous apprend que l'origine du cérémonial des différents cultes, qui [se] sont opérés et qui s'opèrent journellement sur la terre, vient des quatre premiers nés de la seconde postérité de Noé, qui ont transmis et fait transmettre ce qu'ils avaient reçu à ce sujet du Créateur, à la postérité de leurs premiers frères, Sem, Cham, Japhet.
Après vous avoir instruit de la règle et de la fondation des jours spirituels que les Noachites, ou Chinois, ont suivi et qu'ils ont compris dans leur histoire civile comme des jours temporels de la nature universelle, je vous enseignerai quelle fut la fondation de leurs mois, ne pouvant vous instruire de leurs semaines, puisqu'ils n'en avaient point fixé par leur calcul spirituel qui leur fut enseigné. TALes trois sages maîtres spirituels venus de la part de leur père Noé jugèrent à propos de joindre trois autres de leurs disciples aux quatre qui avaient fait la première opération et qui avaient marqué la division du jour spirituel temporel en quatre parties. Ces trois derniers furent entièrement exercés et perfectionnés dans les différents cultes divins auxquels les sages les destinaient. Au moyen de cela, les sages eurent chacun sept disciples, sur lesquels ils pouvaient compter pour l'exactitude, le zèle et la fermeté à remplir tout ce qui était convenable et nécessaire aux différentes opérations spirituelles du culte divin. Ils fixèrent ainsi ce nombre septénaire parmi leurs disciples, à l'exemple de la postérité seconde et septénaire de leur père Noé, et dans le nombre de laquelle ils étaient eux-mêmes compris. TAIls fixèrent encore ainsi ce nombre septénaire, parce que l'Eternel avait opéré six pensées divines pour la création universelle, et que, le septième jour, il donna sept dons spirituels, ou qu'il attacha sept principaux esprits à toute sa création, pour la soutenir dans toutes ses opérations temporelles, selon la durée d'action septénaire qu'il lui a fixée.
Après vous avoir instruits de la règle et de la fondation des jours spirituels que les Noéchites ou Chinois ont suivis et qu'ils ont compris dans leur histoire civile comme des jours temporels ordinaires de la nature universelle, je vous enseignerai quelle fut la fondation de leurs mois, ne pouvant vous instruire de leurs semaines, parce qu'ils n'en avaient point fixé par le calcul spirituel qui leur fut enseigné. [202] Les trois sages maîtres spirituels, venus de la part de Noé leur père, jugèrent à propos de joindre trois autres disciples aux quatre qui avaient fait la même opération et marqué la division des jours temporels en quatre parties. Les trois derniers furent entièrement exercés et perfectionnés dans les différents cultes divins auxquels les sages les destinaient. Au moyen de cela les sages eurent chacun sept disciples sur lesquels ils pouvaient compter pour l'exactitude, le zèle et la fermeté à remplir tout ce qui était convenable et nécessaire aux différentes opérations spirituelles du culte divin. Ils fixèrent aussi le nombre septénaire parmi leurs disciples à l'exemple de la postérité seconde et septénaire de leur père Noé, dans le nombre de laquelle ils étaient eux-mêmes compris ; ils fixèrent encore ainsi ce nombre septénaire parce que l'Eternel avait opéré six pensées divines pour la création universelle et que, le septième jour, il donna sept dons spirituels et qu'il attacha sept principaux esprits à toute sa création pour la soutenir dans toutes ses opérations temporelles, selon la durée septénaire qu'il lui a fixée.
Ces sept premiers sages de la postérité de Noé prirent cet exemple pour diriger leur conduite, afin de perpétuer aux hommes à
Les sept premiers sages de la postérité de Noé prirent cet exemple pour diriger leur conduite, afin de perpétuer
venir la connaissance et la correspondance de ces sept principaux esprits que le Créateur avait attachés dans son univers, pour instruire la créature inférieure et mineure de sa volonté et l'élever, par ce moyen et par celui de l'intelligence spirituelle, à la parfaite connaissance des oeuvres divines. Le nombre septénaire se calcule philosophiquement par sept mille ans, quant au temps et la durée, mais, lorsque l'Ecriture dit que, le septième jour, Dieu se dédia son propre ouvrage en bénissant la création universelle, il faut concevoir, par cette bénédiction, la jonction des sept principaux esprits divins que le Créateur réunit avec toute créature comprise ou contenue dans sa création universelle. TACette jonction des sept principaux esprits nous est indiquée par l'opération des sept planètes qui opèrent pour la modification, la température et le soutien de l'action de l'univers. L'Ecriture sainte nous l'enseigne encore par les sept Anges, les sept Archanges, les sept Séraphins, les sept Chérubins, les soixante-dix juges d'Israël, les sept semaines de Daniel, les sept jours de la semaine temporelle, les sept dons que le Christ a donnés à ses disciples, desquels sont sortis les sept premiers pères de 1'Eglise chrétienne, qui ont exercé les sept ordres spirituels parmi leurs disciples, le chandelier à sept branches de Moïse, celui à sept branches qui fut mis dans le temple de Salomon et qui est encore représenté dans l'église de Saint Pierre de Rome. Enfin, l'univers ayant été conçu dans son entière perfection par le nombre septénaire, il sera réellement réintégré par ce même nombre dans l'imagination de celui qui l'a conçu.
aux hommes à venir la connaissance et la correspondance de ces sept principaux esprits que le Créateur avait attachés dans son univers pour instruire la créature inférieure et mineure de sa [203] volonté, et l'élever, par ce moyen et par celui de l'intelligence spirituelle, à la parfaite connaissance des oeuvres divines. L'Ecriture sainte nous l'enseigne encore par les sept anges, sept archanges, sept séraphins, sept chérubins, les sept lieux spirituels, les sept trônes, les sept dominations, les sept puissances, les sept juges d'Israël, les sept principaux chefs qui étaient sous Moïse ou Aaron, les quatre fils d'Aaron et Betsaléel, les septante années de captivité d'Israël, les sept semaines de Daniel, les sept jours de la semaine temporelle, les sept dons que le Christ a fait à ses disciples, desquels sont sortis les sept principaux premiers pères de l'Eglise chrétienne, qui ont exercé les sept ordres spirituels parmi leurs disciples, le chandelier à sept branches qui fut mis dans le temple de Salomon et qui est encore représenté dans l'église de Saint-Pierre de Rome. Le nombre septénaire se calcule philosophiquement par sept mille ans quant au temporel et à la durée ; mais lorsque l'Ecriture dit que le septième jour Dieu se dédia son propre ouvrage en bénissant la création universelle, il faut concevoir par cette bénédiction la jonction des sept principaux esprits divins que le Créateur réunit en toute créature comprise ou contenue dans toute sa création universelle. Cette jonction des sept principaux esprits nous est indiquée par l'opération des sept planètes qui opèrent pour la modification, la [204] température et le soutien de l'action de l'univers. Enfin l'univers, ayant été conçu dans son entière perfection par le nombre septénaire, il sera également réintégré par
ce même nombre dans l'imagination de celui qui l'a conçu.
Poursuivons l'explication de la manière dont les Noachites réglèrent leurs mois.
TALorsque les sages eurent complété le nombre septénaire de leurs disciples, ils leur tracèrent à chacun quatre jours consécutifs d'opération spirituelle divine, de sorte que chacun d'eux était entièrement consacré, d'un soleil levé à l'autre, au culte du Créateur, pour entretenir l'esprit divin avec eux. Par ce moyen, le culte divin s'opérait au centre du repos de ces sept mineurs spirituels, véritables Israélites. Je me sers ici du mot Israélite, quoique [le] nom d'Israël ne fût pas encore connu dans le temps dont je parle. Israël et Israélite n'ont pas la même signification. Israël signifie "fort contre Dieu", mais Israélite signifie "fort en Dieu", c'est pourquoi je donne ce nom aux sages Noachites de la postérité de Noé. Chacun des sept disciples, par l'ordre qui venait d'être établi, avait six jours ordinaires temporels entiers et consécutifs de repos corporel, de sorte qu'ils ne pouvaient nier que le culte divin ne fût moins pénible, moins fatigant et beaucoup plus agréable que le culte terrestre.
Poursuivons l'explication de la manière dont les Noéchites réglèrent leurs mois, lorsque les sages eurent complété le nombre septénaire de leurs disciples. Ils tracèrent à chacun de ces mêmes disciples les quatre jours consécutifs d'opérations spirituelles divines, de sorte que chacun d'eux était entièrement consacré, d'un soleil levé à l'autre, au culte du Créateur pour entretenir l'esprit divin avec eux. Par ce moyen, le culte divin s'opérait du centre du repos de ces sept mineurs spirituels véritables Israélites. Je me sers ici du mot Israélites, quoique le nom d'Israël ne fut pas encore connu dans le temps dont je parle. Israël signifie fort contre Dieu, mais Israélites signifie forts en Dieu ; c'est pourquoi je donne ce nom aux sages Noéchites de la postérité de Noé. Chacun des sept disciples, par l'ordre qui venait d'être établi, avait six jours ordinaires temporels entiers et consécutifs le repos corporel, de sorte qu'ils ne pouvaient nier que le culte divin ne fût moins pénible, moins fatigant et beaucoup plus agréable que le culte terrestre.
Quand ces sept disciples eurent opéré conformément à ce qui leur avait été ordonné par leurs professeurs spirituels, ils nombrèrent leurs opérations et, les ayant trouvées sans compter au nombre de vingt-huit, ils réfléchirent que la lune opérait sur la terre par le même nombre de vingt-huit intervalles. Alors, l'égalité qu'ils aperçurent entre le nombre des opérations lunaires et le nombre de leurs opérations, leur fit adopter ce nombre de leurs vingt-huit jours spirituels pour un
Quand ces sept disciples eurent opéré conformément à ce qui leur avait été ordonné par leurs professeurs [205] spirituels, ils nombrèrent leurs opérations et, les ayant trouvées au nombre de 28 intervalles, ils réfléchirent que la Lune opérait sur la terre par le même nombre de 28. Alors l'égalité qu'ils aperçurent entre le nombre des opérations lunaires et celui de leurs opérations, leur fit adopter le nombre de leurs 28 opérations en 28 jours spirituels pour un mois spirituel,
mois spirituel, qu'ils ont également introduit dans leur histoire civile comme des mois temporels ordinaires. Voilà comment les Chinois ont fait quatre mois pour un de ceux que nous employons pour former aujourd'hui notre année.
qu'ils ont également introduit dans leur histoire civile, comme des mois temporels ordinaires. Voilà comme les Chinois ont fait quatre mois pour un de ceux que nous employons aujourd'hui pour former notre année.
Ces sages Noachites avant réfléchi sérieusement sur les différents cultes d'opérations que l'astre lunaire faisait sur la terre, et sur eux, et y ayant trouvé un parfait rapport avec leurs opérations spirituelles, ils jugèrent à propos de prendre les vingt-huit opérations de la lune, ou les vingt-huit jours ordinaires temporels de la lune, pour fixer leur année spirituelle, qu'ils ont également introduite dans leur histoire civile, comme ils avaient fait des mois. C'est ainsi que les Noachites, ou Chinois, ont compris dans leur calcul annuel treize années pour une de nos années ordinaires, et ils ont suivi ce calcul pendant les quatre premiers siècles de leur fondation d'action spirituelle.
Les sages Noéchites ayant réfléchi sérieusement sur les différents cours d'opérations que l'astre lunaire faisait sur la terre et sur eux, et y ayant trouvé un parfait rapport avec leurs opérations spirituelles, jugèrent à propos de prendre le nombre de 28 opérations de la Lune ou les 28 jours ordinaires temporels de la Lune pour fixer leurs années spirituelles qu'ils ont également introduites dans leur histoire civile, comme ils avaient fait des mois. C'est ainsi que les Noéchites ou Chinois ont compris dans leur calcul annuel treize années pour une de nos années ordinaires, et ils ont suivi ce calcul pendant les quatre premières de leur fondation d'actions spirituelles.
Je ne vous cacherai point que le calcul lunaire est le premier qui fut donné à l'homme par le Créateur et que le calcul solaire n'est presque adopté que des chrétiens. C'est par les sages dont nous venons de parler que le calcul lunaire a été connu, et c'est celui qui élève l'homme à la plus haute connaissance de la nature universelle et de toutes ses révolutions. Sans avoir égard à l'erreur de calcul des Chinois, il est essentiel à l'homme de désir, soit spirituel, soit terrestre temporel, d'être instruit des quatre différentes façons de calculer les différents jours que la lune opère dans tout l'univers élémentaire par son renouveau, son premier quartier, son plein et son dernier quartier ; ce que j'expliquerai lorsque je traiterai du cours
Je ne vous cacherai point que le calcul lunaire est le premier qui fut donné à l'homme par le Créateur, [206] et que le calcul solaire n'est presque adopté que par les Chrétiens. C'est par les sages dont nous venons de parler que le calcul lunaire a été connu, et c'est celui qui élève l'homme à la plus haute connaissance de la nature universelle et de ses révolutions. Sans avoir égard à l'erreur de calcul des Chinois, il est essentiel à l'homme de désir, soit spirituel, soit terrestre temporel, d'être instruit des quatre différentes façons de calculer les différents jours que la lune opère dans tout l'univers élémentaire par son renouveau, son premier quartier plein et son dernier quartier, ce que j'expliquerai lorsque je traiterai du cours
des différents corps planétaires.
des différents corps planétaires.
Je vais vous instruire de la façon dont les Chinois fixèrent leur second calcul du temps. La postérité des trois premiers fils de Noé et celle des trois professeurs spirituels étant devenue extrêmement nombreuse, et le nombre des disciples considérablement augmenté, il fut suscité parmi les enfants charnels de ces trois professeurs un de chaque lignée, qui reçut par ordre du Créateur la succession de son père temporel et spirituel. Ces trois nouveaux chefs reçurent de leur père toute instruction spirituelle divine sur les différents cultes auxquels ils étaient destinés par l'esprit de vérité et après avoir reçu la dernière ordination et la bénédiction paternelle, ils se mirent avec zèle à la tête des disciples qui se trouvaient confiés à leurs soins. Ils firent clairement reconnaître les vertus et les puissances qui leur étaient accordées de par l'Eternel et, comme le devoir et le droit de ces chefs était de faire une élection spirituelle, ils choisirent à l'exemple de leurs prédécesseurs les sept sujets les plus zélés et les plus instruits qu'ils trouvèrent parmi leurs disciples, et les employèrent aux opérations du culte divin.
Je vais vous instruire de la façon dont les Chinois fixèrent leur second calcul de temps. La postérité des trois premiers fils de Noé et celle des trois professeurs spirituels, étant devenue extrêmement nombreuse, et le nombre des disciples considérablement augmenté, il fut suscité parmi les enfants charnels de ces trois professeurs, un de chaque lignée qui reçut, par ordre du Créateur, la succession de son père temporel et spirituel temporel. Ces trois chefs reçurent de leur père toute instruction spirituelle divine sur les différents cultes auxquels ils étaient destinés par l'esprit de vérité, et, après avoir reçu la dernière ordination et la bénédiction spirituelle, ils se mirent avec zèle à la tête des disciples qui se trouvaient alors confiés à leurs soins. Ils firent clairement [207] reconnaître les vertus et les puissances qui leur étaient accordées de par l'Eternel, et, comme le devoir et le droit de ces chefs était de faire une élection spirituelle, ils choisirent, à l'exemple de leurs prédécesseurs, les sept sujets les plus zélés et les plus instruits qu'ils trouvèrent parmi leurs disciples et les employèrent aux opérations du culte divin.
Après avoir fait cette élection, ils jugèrent à propos de changer le temps de leurs opérations et de n'opérer qu'une fois la semaine, de sorte qu'ils augmentèrent leur année de [sept] jours, en la mettant de sept semaines, pendant lesquelles chacun des sept disciples choisis opère une fois. Ils ont compris également ce calcul dans leur histoire temporelle et l'ont suivi pendant un siècle et demi de notre temps ordinaire.
Après avoir fait cette élection, ils jugèrent à propos de changer le temps de leurs opérations et n'opérèrent qu'une fois la semaine, de sorte qu'ils augmentaient leurs années de sept jours et, la mettant de sept semaines pendant lesquelles chacun des disciples choisis opérait une fois, ils ont compris également ce calcul dans leur histoire temporelle et l'ont suivi pendant un siècle et demi de notre temps ordinaire. Après cette époque il survint d'autres successeurs professeurs spirituels
Après cette époque, il survint d'autres successeurs professeurs spirituels, qui furent suscités par Dieu comme les précédents. Mais les postérités s'augmentant alors de plus en plus dans les trois parties de la terre, ces trois nouveaux chefs furent obligés de faire une élection plus considérable que les premiers. Ils la portèrent chacun au nombre de vingt-et-un sujets, ce qui faisait en tout le nombre de soixante-trois. Ces sept principaux opérants furent toujours réservés pour le grand culte de part et d'autre, et les quatorze sujets qui restaient étaient destinés à l'instruction spirituelle du peuple.
qui furent suscités par Dieu comme les précédents ; mais leur postérité s'augmentait alors de plus en plus dans les trois parties de la terre. Les trois nouveaux chefs furent obligés de faire une élection plus considérable que les premiers. Ils en portèrent le nombre à vingt-et-un sujets ; ce qui faisait en tout le nombre de soixante-trois. Les sept principaux opérants furent toujours réservés pour le grand culte de part et d'autre, et les quatorze sujets qui restaient étaient destinés à l'instruction spirituelle du peuple.
Ces derniers successeurs, dont nous parlons, changèrent encore le temps de leurs opérations. Ils en fixaient le temps de deux semaines en deux semaines, de sorte qu'il n'y avait plus chez ces nations que deux opérations dans un mois lunaire. Ces opérations se faisaient au commencement de la fin décroissante de la lune, c'est-à-dire au renouvellement et un peu avant la pleine lune. Et, comme chacun des sept principaux élus n'opérait qu'une fois, le temps de leurs sept opérations comprenait à peu près trois mois de notre combinaison ordinaire. Ce fut là une nouvelle règle pour fixer leur année spirituelle, et qu'ils ont suivie encore pendant un siècle et demi de temps à nous connu.
Le premier de ces trois derniers successeurs, qui occupait la partie de l'ouest, venant à décéder, celui qui le remplaça ne fit opérer le grand culte que deux fois dans les quatre saisons qui forment notre année temporelle. Ces deux opérations s'exécutèrent dans les deux équinoxes et le reste du temps se passait
Ces derniers successeurs dont nous parlons changèrent [208] gèrent encore le temps de leurs opérations et en fixèrent le temps de deux semaines, de sorte qu'il n'y avait plus chez ces nations que deux opérations dans un mois lunaire. Ces opérations se faisaient au commencement et à la fin du croissant de la lune, c'est-à-dire au renouvellement et un peu avant la pleine lune ; et, comme chacun des principaux opérants n'opérait qu'une fois, le temps de leurs sept opérations comprenait à peu près trois mois de notre combinaison ordinaire. Ce fut là une nouvelle règle pour fixer leur année spirituelle, et qu'ils ont suivie encore pendant un siècle et demi de temps à nous connu. Le premier de ces trois successeurs, qui occupait la partie de l'ouest, venant à décéder, celui qui le remplaça ne fit plus opérer le grand culte qu'une fois dans les quatre saisons, savoir, à l'équinoxe de Mars de chaque année, et le reste du temps fut également consacré à l'instruction. Mais le second de ces successeurs, ou celui qui occupait la partie du Midi, ainsi que ceux qui
à l'instruction générale et particulière.
Le troisième de ces successeurs, qui occupait la partie du nord, venant à décéder environ six ans après le premier, celui qui le remplaça ne fit plus opérer le grand culte qu'une fois dans les quatre saisons, savoir à l'équinoxe de mars de chaque année, et le reste du temps fut également consacré à l'instruction. Mais le second de ces successeurs, ou celui qui occupait la partie du midi, ainsi que ceux qui vinrent après lui, ne voulut jamais changer de calcul. Il persévéra à solliciter la nation de Cham, qu'il instruisait, de ne jamais déranger l'ordre qu'il avait établi pour fixer les jours, les mois, les années, parmi elle, par autorité divine, menaçant ces peuples qu'ils seraient maudits du Créateur s'ils suivaient l'exemple des deux autres nations, savoir celle de Sem et celle de Japhet. Ces trois nations ont suivi chacune la convention de leur dernier calcul spirituel. Cham en prenant les quatre saisons pour quatre années, Sem en suivant les deux équinoxes pour deux années, et Japhet en prenant depuis l'équinoxe de mars jusqu'à l'équinoxe du mois de mars suivant, ne firent de tout ce temps-là qu'une année telle que nous la suivons présentement. Ces trois nations ont également introduit ce calcul dans leur histoire civile et elles y ont persévéré avec opiniâtreté longtemps après les iniques opérations que Nemrod fit à Babylone, jusqu'à ce qu'elles aient été honteusement séparées du culte divin et dispersées chez tous les peuples, ce dont je parlerai dans la suite. C'est de ces nations que sont venues chez tous les peuples du monde les connaissances de l'astronomie, des facultés et des puissances des astres planétaires sur la création générale et particulière.
vinrent après lui, ne voulut jamais changer de calcul ; il persévéra à solliciter la nation de Cham, qu'il instruisit, de ne jamais déranger l'ordre qu'il avait établi pour fixer les jours, les mois, les années parmi elle par autorité divine, menaçant ces peuples de la malédiction du Créateur s'ils suivaient l'exemple des deux autres nations, savoir, celle de Sem et celle de Japhet. Ces trois nations ont suivi [209] chacune la convention de leur dernier calcul spirituel : Cham en prenant les quatre saisons pour quatre années ; Japhet en prenant depuis l'équinoxe de Mars jusqu'à l'équinoxe du mois de mars suivant ; Sem en suivant les deux équinoxes pour deux années. Ces trois nations ont également introduit ce calcul dans leur histoire civile, et elles y ont persévéré avec opiniâtreté après les iniques opérations que Nemrod fit dans Babylone, jusqu'à ce qu'elles aient été séparées honteusement du culte divin et dispersées chez tous les peuples, ce dont je parlerai dans la suite. C'est de ces nations que sont venues, chez tous les peuples du monde, les connaissances de l'astronomie et des facultés de puissance des astres planétaires sur la création générale et particulière.
Par tout ce que le viens de dire sur les divisions que les Noachites ont faites de leurs jours, de leurs mois et de leurs années, on voit pour quelle raison ils se disent plus anciens qu'Adam de quinze ou vingt mille ans, et plus ancien que nous de vingt-cinq mille. TAL'on ne doit pas être surpris que ces nations ne regardent point le déluge comme universel, et même de ce qu'elles prétendent ne l'avoir jamais vu. Les trois hommes d'où sont provenues les trois postérités qui ont formé ces trois nations étaient les seuls parmi tout ce peuple qui eussent été témoins au déluge. Ils ne pouvaient penser à ce fléau sans frémir. Ils prirent tous les moyens possibles d'effacer cet événement de leur mémoire. Ils ne parlèrent jamais à leur postérité de ce qui pouvait avoir rapport aux choses horribles et épouvantables qu'ils avaient vues, et cela pour ne pas effrayer les hommes qui étaient provenus d'eux et ne pas retracer à leurs yeux les détails honteux des supplices que leurs prévarications avaient fait tomber sur la terre.
Par tout ce que je viens de dire sur les divisions que les Noéchites ont faites de leurs jours, de leurs mois et de leurs années, on voit pour quelle raison ils se disent plus anciens qu'Adam de 15 ou de 20 000 ans, et plus anciens que nous de 25 000 ans. Nous ne devons pas être surpris de ce que les nations ne regardent pas le déluge comme universel, et même de ce quelles prétendent ne l'avoir jamais vu. Les trois hommes, dont sont sorties les trois postérités qui ont formé les trois nations, étaient les seuls parmi tous ces peuples qui eussent été témoins du déluge. Ils ne pouvaient penser à ce fléau sans [210] frémir : ils prirent tous les moyens possibles d'effacer cet événement de leur mémoire ; ils ne parlèrent jamais à la postérité de ce qui pouvait avoir rapport aux choses horribles et épouvantables qu'ils avaient vues, et cela pour ne pas effrayer les hommes qui étaient provenus d'eux, et ne pas retracer à leurs yeux le détail des maux que les prévaricateurs avaient fait tomber sur la terre.
Cette conduite était d'autant plus condamnable que leur père Noé leur avait recommandé d'instruire leur postérité de la manifestation de la justice divine et qu'eux-mêmes lui avaient promis par serment de suivre avec exactitude les instructions qu'ils avaient reçues de leur père, par ordre du Créateur. TAMais la faiblesse de ces trois hommes se fait voir encore dans leurs descendants noachites, ou chinois, qui vivent dans des craintes terribles des êtres hideux, qui rendent un culte à des animaux, à qui ils donnent les soins les plus superstitieux, dans l'idée de détourner les maux qu'ils croyent pouvoir
Cette conduite était d'autant, plus coupable, que leur père Noé leur avait recommandé d'instruire la postérité de la manifestation de la justice divine, et qu'eux-mêmes lui avaient promis par serment de suivre avec exactitude les instructions qu'ils avaient reçues de leur père par ordre du Créateur. Mais la faiblesse de ces trois hommes se fait dans leurs descendants Noéchites ou Chinois, qui vivent dans des craintes terribles des êtres hideux, qui rendent un culte à des animaux à qui ils donnent les soins les plus superstitieux, dans l'idée de détourner les maux qu'ils croient pouvoir leur être faits par ces monstres, et qui les
leur être faits par ces monstres, et qui les regardent ou comme des dieux ou comme des démons. C'est ce que nous enseignent toutes les relations, et c'est ce que je ne puis ignorer, l'ayant vu et le sachant par moi-même. Je n'entrerai point dans le détail de la confusion qui est survenue parmi ces postérités, n'ayant rien de commun avec les choses merveilleuses de la nature spirituelle divine et de la nature universelle créée dont je veux vous instruire.
regardent comme des Dieux ou comme des démons. C'est ce que nous enseignent toutes ces relations et c'est ce que je ne puis ignorer, l'ayant vu et le sachant par moi-même. Je n'entrerai point dans le détail de la confusion qui en est survenue parmi ces postérités, n'ayant rien de commun avec les choses merveilleuses de la nature spirituelle divine [211] et de la nature universelle créée dont je veux vous instruire.
Réfléchissez bien sur tout ce que j'ai dit touchant les différentes règles de division du temps pour les opérations du culte divin chez les trois premières nations. Vous y verrez que tout ce qui a été pratiqué par les sages d'Egypte, Abraham, Moïse, Salomon et le Christ, a été prédit et figuré par les différents cérémonials utilisés chez ces mêmes nations. N'est-il pas vrai que les sages d'Egypte excellaient en astronomie, et que ce qu'ils opéraient était plus considérable que ce qui s'opérait chez les Chinois ? Le culte divin qu'Adam a opéré n'était-il pas supérieur à celui qu'opéraient les sages d'Egypte ? Moïse n'a-t-il pas encore surpassé Abraham et les sages d'Egypte par ses opérations ? Le culte qui s'est exercé dans le temple de Salomon n'était-il pas au-dessus de tous les cultes précédents ? Enfin, le culte que le Christ a opéré n'est-il pas infiniment plus grand que tous les cultes dont j'ai parlé ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. En effet, il a laissé, par son institution spirituelle divine à ses disciples, la prière et l'invocation journalière de six en six heures, qui complètent le jour ordinaire de vingt-quatre heures.
Réfléchissez bien sur tout ce que je vous ai dit touchant les différentes règles de division de temps pour les opérations du culte divin établi chez les trois premières nations. N'est-il pas vrai que les sages d'Egypte excellaient en astronomie, et que ce qu'ils opéraient était plus considérable que ce qui s'opérait chez les Chinois ? Le culte divin qu'Adam a opéré n'était-il pas supérieur à celui qu'opéraient les sages d'Egypte ? Moïse n'a-t-il pas encore surpassé Abraham et les sages d'Egypte par ses opérations ? Le culte qui s'est exercé dans le temple de Salomon n'est il pas au-dessus de tous les précédents ? Enfin, le Christ n'a-t-il pas opéré un culte infiniment plus grand que tous les autres dont j'ai parlé ? C'est ce dernier qui nous prouve clairement que tous les cultes passés n'étaient que des figures de ce qu'il a fait. Je n'entrerai point dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant dit assez pour vous convaincre que le cérémonial, ainsi que les temps convenables aux opérations du culte divin, ont été dès le commencement réglés et fixés parmi les hommes ; que toutes ces choses ont été transmises par l'esprit divin, et qu'elles ne proviennent point de conventions humaines. En effet, le Christ a laissé, pour son institution spirituelle divine, à
ses disciples la prière et l'invocation journalière de six heures qui complètent [212] le jour ordinaire de 24 heures.
Ces mêmes disciples qui composent l'Eglise chrétienne font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour. Voilà qui rappelle le premier ordre spirituel dans [le] culte divin établi chez les premières nations noachites par les sages enfants de Noé.
Ces mêmes disciples, qui composent l'Eglise chrétienne, font encore aujourd'hui leur prière et leur invocation quatre fois par jour ; voilà qui rappelle le premier ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations Noéchites par les sages enfants de Noé.
Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cultes divins et l'Eglise chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices, et les deux autres aux deux équinoxes. C'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez les premières nations, dont nous avons amplement parlé. TAJe n'entrerai pas dans d'autres détails à ce sujet, vous en ayant assez dit pour vous convaincre que le cérémonial ainsi que le temps convenable aux opérations du culte divin ont été, dès les commencements fixés et réglés parmi les hommes ; que toutes les choses ont été transmises par l'esprit divin et qu'elles ne proviennent point de conventions humaines.
Secondement, le Christ a fixé à ses disciples le temps où ils exerceraient les quatre grands cultes divins, et l'Eglise chrétienne observe fidèlement cette institution par ses quatre grandes fêtes annuelles, dont deux doivent se faire aux deux solstices et les deux autres aux deux équinoxes. C'est là ce qui rappelle le second ordre spirituel du culte divin établi chez ces premières nations dont nous avons assez longtemps parlé.
TAJ'entreprendrai maintenant de vous instruire du type que fait Abraham dans cet univers. Vous savez que le nom d'Abram fut changé en celui d'Abraham. Le nom d'Abram signifie un père charnel temporel élevé au-dessus des pères ordinaires des postérités matérielles terrestres. Aussi, il n'y a jamais eu, parmi tous les pères particuliers temporels, un homme plus élevé en postérité charnelle qu'Abram. C'est de là d'où l'Ecriture l'appelle simplement Abram, père élevé.
J'entreprendrai maintenant de vous parler du type que fait Abraham dans cet univers. Vous savez que le nom d'Abram fut changé en celui d'Abraham. Le premier nom signifie un père charnel terrestre, élevé au-dessus des pères ordinaires de postérités matérielles terrestres ; aussi il n'y a jamais eu parmi les pères particuliers temporels un homme plus élevé en postérité charnelle qu'Abram. C'est pourquoi l'Ecriture l'appelle Abram père élevé, et non
Le dernier nom, celui d'Abraham, signifie "père élevé en multitude de postérité de Dieu" telle qu'elle aurait dû être opérée par Adam dans son état de gloire, mais qui, par sa prévarication, est devenu père élevé en postérité matérielle terrestre. Il est clair qu'Abraham a succédé en ceci au défaut d'Adam, puisqu'Abraham a fait véritablement sortir de lui une postérité de Dieu. C'est, en effet, dans la postérité d'Abraham que Dieu a fait son élection générale et particulière, la première pour manifester sa justice, et l'autre pour manifester sa gloire.
Abraham, père élevé en multitude de postérité en Dieu, telle qu'elle aurait dû être opérée par Adam dans son état de gloire, mais qui, par sa prévarication, est devenu père élevé en postérité matérielle terrestre. [213] Il est vrai qu'Abraham a succédé en ceci au défaut d'Adam, puisque d'Abraham est véritablement sortie une postérité de Dieu. C'est, en effet, dans la société d'Abraham que le Créateur a fait son élection générale et particulière : la première, pour manifester sa justice, et l'autre, pour manifester sa gloire.
L'Ecriture donne encore à Abraham le nom de père élevé en postérité de confusion, ou multitude de confusion. Ces trois différentes explications proviennent des trois premières postérités d'Abraham, qui sont Ismaël, Isaac, Jacob. Ismaël, que je vous ai représenté précédemment comme type de miséricorde divine, fait également le type de l'opération physique d'Adam pour la reproduction de sa postérité charnelle, opération qu'Abraham répéta de concert avec sa concubine. Leur fils Ismaël, provenu de la cupidité de leurs sens matériels, fut exilé de la maison paternelle, parce qu'il avait été conçu sans la participation de la volonté divine, ce qui répète l'exclusion de Caïn hors de la présence de son père Adam, ayant été conçu comme Ismaël sans la participation de la volonté divine, mais seulement par la concupiscence des sens de matière d'Adam et d'Eve.
L'Ecriture donne encore à Abraham le nom de père élevé en multitude de confusion. Ces trois différentes explications proviennent des trois premières postérités d'Abraham, qui sont Ismaël, Isaac et Jacob. Ismaël, que je vous ai représenté précédemment comme un type de miséricorde divine, fait également ici le type de l'opération physique d'Adam pour la reproduction de sa postérité charnelle, opération qu'Abraham répète de concert avec sa concubine. Leur fils Ismaël, provenu de la cupidité de leurs sens matériels, fut exclu de la maison paternelle parce qu'il avait été conçu sans la participation de la volonté divine, mais seulement par la concupiscence des sens de la matière.
Le pain et l'eau, qu'Ismaël et sa mère reçurent d'Abraham et avec lesquels ils allèrent où leur sort devait les conduire, représentaient la dernière nourriture spirituelle et temporelle qu'ils recevraient de ce patriarche, et ce type répétait encore la dernière nourriture spirituelle
Le pain et l'eau qu'Ismaël et Agar, sa mère, reçurent d'Abraham et avec lesquels ils allèrent là où leur sort devait les conduire, représentaient la dernière nourriture spirituelle et temporelle qu'ils recevaient de ce patriarche ; ce type répétait encore la dernière nourriture
que Caïn reçut du Créateur depuis qu'il eut conçu de commettre le meurtre de son frère Abel.
spirituelle que Caïn reçut, depuis qu'il eut conçu de commettre le meurtre de son frère Abel.
Agar fait le type de la soeur complice de Caïn et la plus coupable. Le défaut de nourriture matérielle, où fut Agar avec son fils et qui les engagea d'implorer le Créateur, représente la douleur et la consternation où furent Caïn et sa soeur lorsque le meurtre de leur frère Abel fut commis et qu'ils se virent par là exclus de toute communication des sciences et des nourritures spirituelles divines.
Ayant fait le type de la soeur de Caïn, sa complice, [214] et la plus coupable, le défaut de nourriture matérielle où fut Agar avec son fils et qui les engagea d'implorer le Créateur représente la douleur et la consternation où furent Caïn et sa soeur lorsque le meurtre de leur frère Abel fut connu et qu'ils se virent par là exclus de toute participation des sciences et des nourritures spirituelles divines.
L'ange qui apparut à Agar et à Ismaël, qui rassasia leur soif et leur faim, et qui leur indiqua l'endroit où l'Eternel avait fixé leur demeure, nous rappelle la grâce que l'Eternel accorda à Caïn et à sa soeur, en les faisant marquer sur le front par son ange du sceau invincible de sa Divinité, ce qui annonçait à l'un et à l'autre qu'ils avaient obtenu miséricorde du Créateur, et qu'ils jouiraient une seconde fois de la nourriture spirituelle divine, qui leur avait été retirée par rapport à leur crime. Le lieu de la résidence d'Agar et d'Ismaël était le même que celui où Caïn et sa soeur avaient été relégués.
L'ange qui parut à Agar et à Ismaël, qui rassasia leur faim et leur soif et qui leur indiqua l'endroit où l'Eternel avait fixé leur demeure, nous rappelle la grâce que l'Eternel accorda à Caïn et à sa soeur, en les faisant marquer sur le front par son ange du sceau invincible de la Divinité, ce qui annonçait à l'un et à l'autre qu'ils avaient obtenu miséricorde du Créateur et qu'ils jouiraient encore une fois de la nourriture spirituelle divine qui leur avait été retirée par rapport à leur crime. Le lieu de la résidence d'Agar et d'Ismaël était le même que celui où Caïn et sa soeur avaient été relégués.
Voilà ce qui nous fait concevoir qu'Abraham et Ismaël sont des types d'Adam et de Caïn dans leurs opérations matérielles. Abraham fut élevé en postérité de matière par la naissance de son fils Ismaël. Adam le fut aussi, comme nous l'avons dit souvent dans tout ce qui a précédé. Abraham, par son fils Ismaël, se trouve être père de douze tribus, ainsi que l'ange l'avait annoncé à Agar. Il y a eu aussi douze tribus en Adam, en le comptant lui, ses trois enfants et les huit
Voilà ce qui nous fait concevoir qu'Abraham et Ismaël sont des types d'Adam et de Caïn dans leurs opérations matérielles. Abraham fut élevé en postérité de matière par son fils Ismaël. Adam le fut aussi comme nous l'avons dit souvent dans tout ce qui a précédé. Abraham, par son fils Ismaël, se trouve être père de douze tribus ainsi que l'Ange l'avait annoncé à Agar. Il y a eu aussi douze tribus en Adam en le comptant avec ses trois enfants et les huit
patriarches qui se trouvent depuis Seth jusques et compris Noé. Les douze tribus d'Ismaël furent le type de l'avènement de celles d'Israël et de celles du Christ. Elles se concentrèrent en elles-mêmes et n'eurent aucune correspondance avec les tribus d'Israël, parce qu'Ismaël, père de ces douze tribus premières, répète le type de la prévarication et de [la] réconciliation, en répétant le type de Caïn.
Patriarches [215] qui se trouvent depuis Seth jusqu'à Noé. Les douze tribus d'Ismaël furent le type de l'avènement de celles d'Israël et de celles du Christ : elles se concentrèrent en elles-mêmes et n'eurent aucune correspondance avec celles d'Israël, parce qu'Ismaël, père de ces douze tribus, répète le type de la prévarication et de la réconciliation en répétant le type de Caïn.
Ces mêmes tribus d'Ismaélites se conservèrent sous la protection divine, tant qu'elles observèrent le culte que le Créateur leur avait fait tracer par son ange. Mais, par la suite, ayant fait alliance avec la nation de Cham et de Canaan, elles furent abandonnées du Créateur et, par leurs prévarications, elles se rendirent semblables à la postérité d'Enos, lorsqu'elle se fut liée à la postérité de Caïn que le Créateur avait exclue de la société des enfants de Dieu.
Ces mêmes tribus Ismaélites se conservèrent sous la protection divine, tant qu'elles observèrent le culte que le Créateur lui avait fait tracer par son ange ; mais, par la suite, ayant fait alliance avec la postérité de Cham et de Chanaan, elles furent oubliées du Créateur, et, par leur prévarication, elles se rendirent semblables à la postérité d'Enoch, lorsqu'elle se fut liée avec la postérité de Caïn, que le Créateur avait exclue de la société des enfants de Dieu.
Voyez, par cet enchaînement, que toutes les époques et les élections premières se répètent parmi les hommes et nous font connaître qu'elles se répéteront jusqu'à la fin des siècles. La suite de ce traité le fera mieux comprendre encore, lorsque je montrerai clairement qu'à la fin tout reviendra comme au commencement. Passons à la seconde postérité d'Abraham.
Voyez par cet enchaînement que toutes les époques et les élections premières se répètent parmi les hommes, et nous font connaître qu'elles se répéteront jusqu'à la fin des siècles. La suite de ce Traité le fera mieux comprendre encore, lorsque je montrerai clairement qu'à la fin tout reviendra comme au commencement. Passons à la seconde postérité d'Abraham.
Abraham, après avoir été réconcilié en partie avec le Créateur eut, par autorité divine, un fils de sa femme Sara, quoique son âge avancé l'eût mise hors d'état de concevoir. Cet enfant, conçu sans la passion des sens matériels, fut nommé Isaac. Ceci répète bien parfaitement la naissance de la seconde postérité d'Adam dans son fils Abel. Isaac suivit
Abraham, après avoir été réconcilié en partie avec le Créateur, eut, par autorité divine, un fils de sa femme Sara, quoique son âge avancé l'eût mise hors [216] d'état de concevoir. Cet enfant conçu sans la passion des sens matériels fut appelé Isaac, ce qui répète bien parfaitement la naissance de la seconde postérité d'Adam dans son fils Abel. Isaac
exactement les instructions spirituelles divines que lui donna son père Abraham, sur les différents cultes qu'il était destiné à remplir ; ce qui répète encore le type d'Abel sous la conduite spirituelle d'Adam.
suivit exactement les instructions spirituelles divines que lui donna son père Abraham sur les différents cultes qu'il était destiné à remplir, ce qui répète encore le type d'Abel sous la conduite spirituelle d'Adam.
TAIsaac étant parvenu à l'âge de trente ans et, étant parfaitement instruit des sciences spirituelles divines, témoigna à son père le désir qu'il avait d'opérer le grand culte divin pour la gloire du Créateur. Il lui dit, selon l'instruction intérieure de l'intellect spirituel et divin, qu'il était temps qu'il fît usage de toutes les sciences spirituelles divines dont il était instruit et qu'il offrît un sacrifice à l'Eternel. Abraham lui répondit : "Qu'il soit fait, mon fils, selon que tu le désires, et que le sacrifice que tu te proposes d'offrir au Créateur serve d'expiation aux hommes de la terre pour qu'ils soyent remis en grâce, qu'ils rentrent dans leurs vertus premières et qu'ils opèrent efficacement le culte divin pour lequel ils ont été créés."
Isaac était parvenu à l'âge de trente ans, et, étant parfaitement instruit des sciences spirituelles divines, il témoigna à son père le désir qu'il avait d'opérer le grand culte divin pour la gloire du Créateur. Il lui dit, selon l'instruction intérieure qu'il en avait reçue de l'intellect spirituel divin, qu'il était temps qu'il fît usage de toutes les sciences divines dont il était instruit et qu'il offrît un sacrifice à l'Eternel. Abraham lui répondit : "Qu'il soit fait, mon fils, ainsi que tu le désires, et que le sacrifice que tu te proposes d'offrir au Créateur serve d'expiation aux hommes de la terre, pour qu'ils soient remis en grâce, qu'ils rentrent dans leurs vertus premières, et qu'ils opèrent efficacement le culte divin pour lequel ils ont été créés."
Abraham, ayant consenti au désir de son fils Isaac, partit avec lui vers le soleil levé pour se rendre sur le Mont de Mor-ia. Ce mot se divise en deux parties : la première "Mor" signifie destruction des formes corporelles apparentes, et "ia" signifie vision du Créateur. Ils menèrent avec eux deux serviteurs et un âne. Ils laissaient loin de la montagne leurs deux serviteurs pour nous figurer l'éloignement et l'abandon que les deux nations, celle d'Ismaël et celle d'Israël, feraient à l'avenir du culte divin, d'où elles tomberaient dans la privation spirituelle divine ainsi que nous l'avons vu arriver depuis. Abraham et Isaac gardèrent l'âne avec eux, pour nous montrer l'ignorance où se retraiteraient
Abraham ayant consenti aux désirs de son fils Isaac, partit avec lui vers le soleil levé pour se rendre sur le mont de Morijà. Ce mot se divise en deux parties : la première, mor, signifie destruction des formes corporelles apparentes, et ija signifie vision du Créateur. Ils menèrent [217] loin de la montagne les deux serviteurs pour nous figurer l'éloignement et l'abandon que ces deux nations, celle d'Ismaël et celle d'Israël, feraient à l'avenir du culte divin, d'où elles tombèrent dans la privation spirituelle divine, ainsi que nous l'avons vu arriver depuis. Abraham et Isaac gardèrent l'âne avec eux pour nous montrer l'ignorance où seraient un jour ces deux mêmes nations, et qu'à leur préjudice, la lumière
un jour ces deux mêmes nations, et qu'à leur préjudice la lumière serait transportée au milieu des ténèbres des peuples gentils. C'est ce que le Christ nous a effectivement représenté en entrant dans Jérusalem monté sur un âne.
serait transportée au milieu des ténèbres et des peuples gentils. C'est ce que le Christ nous a effectivement représenté en entrant dans Jérusalem monté sur un âne.
Lorsqu'Abraham et Isaac furent sur le sommet de la montagne et qu'ils eurent tout préparé pour leur sacrifice, Abraham fit son invocation au Créateur pour l'engager d'être présent en nature divine à l'holocauste qu'il lui faisait de ce qu'il avait de plus cher au monde. Il lui offrit, du plus profond de son âme et avec une entière résignation, son fils, le juste Isaac, duquel devait cependant sortir une postérité de Dieu, dans laquelle serait fondée l'élection spirituelle divine. Après son invocation, Abraham jeta ses regards sur son fils Isaac. Ce fils, sachant que c'était lui que son père avait choisi pour être la victime, s'offre généreusement et se met aussitôt dans la posture convenable pour être immolé. Abraham prit le couteau et était prêt à porter le coup, mais l'esprit du Seigneur, qui était véritablement présent à cette opération et qui lisait la pureté de l'intention de ces deux hommes, fit une si forte attraction sur Abraham qu'il le terrassa et le mit hors d'état de terminer son sacrifice. Le même esprit lui parla ensuite et lui dit que le Créateur était satisfait de sa bonne intention et de celle de son fils, et qu'il allait rendre à l'Eternel un bon témoignage de leur opération.
Lorsque Abraham et Isaac furent sur le sommet de la montagne et qu'ils eurent tout préparé pour le sacrifice, Abraham fit son invocation au Créateur pour l'engager d'être présent en nature divine à l'holocauste qu'il lui faisait de ce qu'il avait de plus cher au monde. Il lui offrit du plus profond de son âme et avec une entière résignation son fils, le juste Isaac, duquel devait cependant sortir une postérité divine dans laquelle serait fondée l'élection spirituelle divine. Après son invocation Abraham jette les yeux sur son fils Isaac ; le fils, sachant que c'était lui que son père avait choisi pour être la victime, s'offre généreusement et se met aussitôt dans la posture convenable pour être immolé. Abraham prit le couteau et était prêt à porter le coup ; mais l'esprit du Seigneur, qui était véritablement [218] présent à cette opération et qui lisait la pureté de l'intention de ces deux hommes, fit une si forte attraction sur Abraham, qu'il le terrassa et le mit hors d'état de terminer son sacrifice. Ce même esprit lui parla ensuite et lui dit que le Créateur était satisfait de sa bonne intention et de celle de son fils, et qu'il allait rendre à l'Eternel un bon témoignage de leur opération.
Abraham releva son fils de dessus le bûcher et lui dit : "Souviens-toi, mon enfant, que le plus grand sacrifice que l'on puisse faire au Créateur est la parole et l'intention. L'Eternel conçoit et connaît très parfaitement la bonne ou la mauvaise conduite, ainsi que les
Abraham releva son fils de dessus le bûcher et lui dit : "Souviens-toi, mon cher enfant, que le plus grand sacrifice que l'on puisse faire au Créateur, c'est la parole et l'intention. L'Eternel connaît parfaitement la bonne et la mauvaise conduite ainsi que les opérations du
opérations du mineur spirituel. La pensée bonne du mineur fait manifester la gloire de l'Eternel et la pensée mauvaise fait manifester sa justice sur les impies." Isaac se tourna alors vers son père et lui dit : "Le Seigneur, convaincu de ta ferme résolution et de celle de ton fils, t'a élu père au-dessus de tout sens [d']être matériel. Louons le Seigneur de ce qu'il a remis en grâce le père des multitudes de la terre et de ce qu'il a aussi exaucé sa postérité." Ils aperçurent ensuite un bélier qui sortait d'un buisson. Ils le prirent et l'offrirent en sacrifice pour accomplir leur opération. Ce fut alors qu'ils eurent une parfaite connaissance de la volonté du Créateur, touchant ces différents cultes généraux et particuliers, qu'eux et leur postérité auraient [à] opérer sur la terre, de même que des différentes sortes d'animaux qui devaient servir d'holocaustes dans les différentes opérations du culte divin ; ce qui nous fait voir que le vrai culte du Créateur a toujours subsisté parmi les hommes.
mineur spirituel. La pensée bonne du mineur fait connaître la gloire de l'Eternel, et la pensée mauvaise fait manifester sa justice sur les impies..." Isaac se tourna alors vers son père et lui dit : "Le Seigneur, convaincu de ta ferme résolution et de celle de ton fils, t'a élevé au plus grand degré de sa gloire et t'a élu père au-dessus de tout sens d'être matériel. Louons le Seigneur de ce qu'il a remis en grâce le père des multitudes de la terre, et de ce qu'il a aussi exaucé sa postérité." Ils aperçurent ensuite un bélier qui sortit d'un buisson ; ils le prirent et l'offrirent en sacrifice pour accomplir leur opération. Ce fut alors qu'ils eurent une connaissance parfaite de la volonté du Créateur, touchant les différents cultes généraux et particuliers, [219] qu'eux et leur postérité avaient à opérer sur la terre, de même que les différentes sortes d'animaux qui devaient servir d'holocauste dans les différentes opérations du culte divin. Ce qui nous fait voir que le véritable culte du Créateur a toujours subsisté parmi les hommes.
TAQuoique le sacrifice d'Abraham soit la figure de celui qui a été fait sur la personne d'Abel, il y a cependant une grande différence en ce qu'Abel a été véritablement immolé pour accomplir l'entière réconciliation de son père Adam, au lieu qu'Isaac ne fut immolé qu'en pensée et dans l'intention de son père Abraham. Cette pensée et cette intention furent suffisantes pour qu'Abraham fût parfaitement réconcilié avec le Créateur. Ceci ne doit point vous surprendre, attendu que le crime d'Adam, étant bien plus grand que celui d'Abraham, demandait aussi une expiation plus considérable.
Quoique le sacrifice d'Abraham soit la figure de celui qui a été fait sur la personne d'Abel, il y a cependant une grande différence, en ce qu'Abel a été véritablement immolé pour accomplir l'entière réconciliation de son père Adam, au lieu qu'Isaac ne fut immolé qu'en pensée et dans l'intention de son père Abraham. Cette pensée et cette intention furent suffisantes pour qu'Abraham fût parfaitement réconcilié avec le Créateur. Ceci ne doit point vous surprendre, attendu que le crime d'Adam, bien plus grand que celui d'Abraham, demandait une expiation considérable.
Je dois vous expliquer encore le type de
Je dois aussi vous expliquer le type
la montagne où furent Abraham et Isaac, celui du bois qu'ils employèrent pour leur sacrifice spirituel et celui que fait Abraham en sortant son fils du bûcher. La montagne signifie l'asile spiritueux où les mineurs décédés [de ce] monde iront compléter, en privation divine, le reste de leurs opérations spirituelles simples, selon le décret du Créateur, ce que l'on appelle vulgairement le purgatoire. Cette montagne représente encore le cercle sensible, dont j'ai déjà parlé, et c'est ce qu'Abraham nous a figuré en montant avec son fils sur cette montagne la plus élevée au-dessus de sens matériels. Le bois sur lequel Isaac était couché fait connaître le genre de bois dont on se resservirait à l'avenir pour embraser l'holocauste et offrir le parfum nécessaire aux opérations des différents cultes, qui sont le culte d'expiation, le culte de grâce particulière et générale, le culte contre les démons, le culte de préservation et conservation, le culte contre la guerre, le culte pour s'opposer aux ennemis de la loi divine, le culte de la foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine, le culte pour faire faire la descente de l'esprit divin, le culte pour fixer l'esprit conciliateur avec soi, et le culte annuel de dédicace de toutes ces opérations au Créateur. Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de ces cultes s'opérerait était chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte divin s'est opéré parmi eux.
de la montagne où furent Abraham et Isaac, celui du bois qu'ils employèrent pour leur sacrifice spirituel, et celui que fait Abraham en sortant son fils du bûcher. La montagne signifie l'asile spiritueux où les mineurs décédés de ce bas monde iront accomplir, en privation divine, le reste de leurs opérations spirituelles simples, selon le décret du Créateur, ce que l'on appelle vulgairement le purgatoire. Cette montagne représente encore le cercle sensible dont j'ai [220] déjà parlé, et c'est ce qu'Abraham nous a figuré en montant avec son fils sur cette montagne la plus élevée du dessus des sens matériels. Le bois, sur lequel Isaac était couché, fait connaître le genre de bois dont on se servirait à l'avenir pour embraser l'holocauste et pour offrir le parfum nécessaire aux opérations des différents cultes qui sont : 1°le culte d'expiation, 2 le culte de grâce particulière générale, 3°le culte contre les démons, 4°le culte de prévarication et de conservation, 5°le culte contre la guerre, 6°le culte pour s'opposer aux ennemis de la loi divine, 7°le culte pour faire faire la descente de l'esprit divin, 8°le culte de foi et de la persévérance dans la vertu spirituelle divine, 9°le culte pour fixer l'esprit conciliateur divin avec soi, 10°le culte annuel ou de dédicace de toutes ses opérations au Créateur. Tous ces cultes ont été compris dans les deux qui ont été opérés par Moïse chez Israël et par Salomon dans le temple, où les différents bois et les différents parfums consacrés aux sacrifices ont été mis en usage. Le temps où chacun de ces cultes s'opérait était à chaque renouvellement de lune, et, depuis que les hommes existent, ce culte s'est opéré parmi eux.
Abraham, qui retire son fils de dessus le
Abraham, qui retire son fils de
bûcher représente l'esprit que le Créateur envoie aux mineurs, pendant qu'ils payent tribut à la justice divine par leurs différents cours d'opérations dans les trois cercles que j'ai déjà distingués sous le nom de sensible, de visuel, et de rationnel, dans lesquels le changement d'action spirituelle des mineurs est figuré par le changement qui se fit de la victime corporelle de l'individu d'Isaac contre une victime animale passive. Cette dernière ne devant être que l'ombre et la figure de celle qui serait offerte dans la suite en nature effective, ainsi que l'oblation d'Isaac par son père l'avait prédit. Voilà l'explication du premier type que font Abraham et Isaac dans ce bas monde.
dessus le bûcher, représente l'esprit que le Créateur envoie aux mineurs pendant qu'ils paient tribut à la justice divine par leurs différents cours d'opérations dans les trois cercles, que j'ai déjà distingués sous les noms de sensible [221] visuel et rationnel, dans lesquels cercles le changement d'actions spirituelles des mineurs est figuré par le changement qui se fit de la matière corporelle de l'individu Isaac contre une victime animale passive, cette dernière ne devant être que l'ombre et la figure de celle qui serait offerte dans la suite en nature effective, ainsi que l'oblation d'Isaac par son père l'avait prédite. Voilà l'explication du premier type que font Abraham et Isaac en ce bas monde.
Le second type est celui de l'alliance divine avec les hommes. Abraham ayant fait le type de la réconciliation première d'Adam par la grâce qu'il reçut du Créateur, lorsqu'il fut sorti de la maison paternelle où s'opérait un culte démoniaque, le Créateur le fit instruire de ses volontés, lui donna la reconnaissance parfaite de sa loi divine et l'instruisit de sa convention spirituelle, comme il en avait instruit son premier homme. Abraham, sortant d'être en proie aux démons, témoigna au Seigneur la joie de sa réconciliation divine et, pour marque de sa foi et de sa persévérance dans cette réconciliation, demanda au Créateur de faire alliance avec lui. Ce fut alors qu'il lui fut dit par l'esprit divin : "Abraham, circoncis ta chair, et le sang que ta chair répandra sur la terre devant le Seigneur sera une preuve certaine de l'alliance que le Seigneur créateur fait avec toi." C'est ce qu'on appelle vulgairement le baptême du sang.
Le second type est celui de l'alliance divine avec les hommes. Abraham, ayant fait le type de la réconciliation première d'Adam par les grâces qu'il reçut du Créateur, lorsqu'il fut sorti de la maison paternelle où s'opérait un culte démoniaque, le Créateur le fit instruire de ses volontés, lui donna la connaissance parfaite de loi divine et l'instruisit de sa conversion spirituelle comme il en avait instruit le premier homme. Abraham, sortant d'être en proie aux démons, témoigna au Créateur la joie de sa réconciliation divine, et, pour marque de sa foi et de sa persévérance dans cette réconciliation, il demanda au Créateur de faire alliance avec lui. Ce fut alors qu'il lui fut dit par l'esprit divin : "Abraham ! circoncis ta chair, et le sang que tu répandras sur la terre devant le Seigneur sera une preuve certaine de l'alliance que le Créateur fait avec toi." C'est ce qu'on appelle vulgairement : baptême du sang. [222]
Cette alliance du Créateur avec Abraham
Cette alliance du Créateur avec
explique clairement celle que le Créateur est toujours disposé à faire avec sa créature mineure, lorsque cette créature le désire et qu'elle s'en rend digne. La circoncision s'est observée parmi la postérité d'Abraham, et le Christ lui-même, en sa qualité d'homme-Dieu et d'homme divin, nous a certifié, par la circoncision qu'il a soufferte, l'alliance du Créateur avec Adam, Noé, Abraham et toute sa créature. Voilà comment le second type d'Abraham nous prouve la grande bonté et miséricorde du Créateur envers sa créature.
Abraham explique clairement celle que le Créateur est toujours disposé à faire avec sa créature mineure, lorsque cette créature le désire et qu'elle s'en rend digne. La circoncision s'est observée parmi la postérité d'Abraham et le Christ lui-même, en sa qualité d'homme-dieu et d'homme divin, nous a certifié, par la circoncision qu'il a soufferte, l'alliance du Créateur avec Adam, Noé, Abraham et toute sa création. Voilà comment le second type d'Abraham nous prouve la grâce de bonté et la miséricorde du Créateur envers la créature.
Isaac, comme-vous l'avez vu, fait le type du Christ. Car Abraham, en récompense de sa grande foi, fut doué par le Créateur de toutes les vertus puissantes dont avait joui Adam dans son état de gloire. Il fut nommé par l'esprit homme-Dieu parfait sur la terre, en ce qu'il naîtrait de lui une vraie postérité de Dieu, sous une forme corporelle apparente terrestre. Abraham était ainsi le type du Créateur. En conséquence, il naquit de lui un juste pur et saint qui fut appelé, comme je l'ai dit, Isaac, qui signifie "ris, ou réjouissance, de Dieu". Abraham fit de nouveau le type du Créateur, en voulant immoler son propre fils, et ce fils, comme nous l'avons vu, était le vrai type de celui que le Créateur enverrait sur la terre pour opérer le véritable sacrifice. Voilà quel est le second type que fait Isaac et Abraham dans cet univers.
Isaac, comme vous l'avez vu, fait le type du Christ ; car Abraham, en récompense de sa grande foi, fut doué par le Créateur de toutes les vertus puissantes dont avait joui Adam dans son état de gloire. Il fut nommé par l'esprit : homme-dieu parfait de la terre, parce qu'il naîtrait de lui une vraie postérité de Dieu sous une forme corporelle apparente terrestre. Abraham était aussi le type du Créateur ; en conséquence, il naquit de lui un juste pur et saint, qui fut appelé comme je l'ai dit Isaac. Ce nom signifie ris ou réjouissance. Abraham fit de nouveau le type du Créateur en voulant immoler son propre fils, et ce fils, comme nous l'avons dit, était le vrai type de celui que le Créateur enverrait sur la terre pour opérer le véritable sacrifice. Voilà le second type que font Abraham et Isaac dans cet univers. [223]
TALe troisième se trouve dans la postérité d'Isaac. Vous savez qu'il eut deux enfants jumeaux, dont l'un fut appelé Jacob et l'autre Esaü. L'Ecriture en fait assez mention, puisqu'elle donna à Jacob, au sujet, le nom de supplantateur, et ce fait est d'autant plus facile à concevoir que nous le voyons journellement s'opérer
Le troisième se trouve dans la postérité d'Isaac. Vous savez qu'il eut deux enfants jumeaux dont l'un fut appelé Jacob et l'autre Esaü. Jacob était l'aîné de conception, Esaü était le second. Ces deux hommes, provenus d'un père aussi juste, étaient destinés à faire un type essentiel et très instructif pour tous les
sous nos yeux parmi les hommes qui ne cherchent qu'à se supplanter les uns et les autres. Je vous dirai donc de même qu'Abraham a fait le type du père divin, et Isaac celui du fils de la Divinité, de même les deux enfants d'Isaac sont le type de la première et de la seconde émanation spirituelle. La première émanation spirituelle faite par le Créateur est celle des esprits qui ont prévariqué. Jacob, quoique second-né, fut le premier conçu par Isaac. La seconde émanation qui fut faite après la prévarication des premiers esprits, est celle du mineur spirituel, que nous nommons Réaux, Roux, ou Adam. Esaü, quoique premier-né, fut le second fils conçu par Isaac. Les premiers esprits ayant prévariqué contre le Créateur, le mineur, ou premier homme, les supplanta spirituellement et devint par là leur aîné. Jacob, comme vous venez de le voir, fait, par son rang de conception, très clairement le type des esprits prévaricateurs ; et Esaü, par son rang de conception, fait le type du mineur.
hommes de la terre. Je n'entrerai point dans le détail d'usurpation que Jacob a faite sur son frère Esaü : l'Ecriture en fait assez mention, puisqu'elle a donné à Jacob à ce sujet, le nom de supplanteur, et le fait est d'autant plus facile à concevoir que nous le voyons journellement s'opérer à nos yeux parmi les hommes qui ne cherchent qu'à se supplanter les uns les autres. Je vous dirai donc qu'Abraham a fait le type du père divin et Isaac celui de fils de la Divinité. De même ces deux enfants d'Isaac font les types de la première et de la seconde émanation spirituelles faites par le Créateur et celles des esprits qui ont prévariqué. Jacob, quoique le second né, fut le premier conçu par Isaac. La seconde émanation qui fut faite après la prévarication des premiers esprits et celle du mineur spirituel que nous nommons Réaux, Roux ou Adam : Esaü, quoique premier né, fut le second fils conçu par Isaac. Les premiers esprits, ayant prévariqué contre le Créateur, le mineur ou le premier homme les supplanta spirituellement, et devint par là leur aîné. Jacob, comme vous venez de le voir clairement, [224] fait, par son rang de conception, le type des esprits prévaricateurs, et Esaü, par son rang de conception, fait le type du mineur.
Mais la vraie prévarication de Jacob est d'avoir surpris la bonne foi de son père, d'avoir employé toutes les facultés et tous les moyens possibles spirituels et temporels pour lire la pensée de son père au sujet de son frère Esaü, d'avoir voulu s'opposer à l'action bonne de cette pensée avantageuse à son frère, de l'avoir supplanté par ce moyen dans tous ses droits spirituels, et l'avoir réduit lui et toute sa postérité dans la sujétion et privation divine, pour un temps
Mais la vraie prévarication de Jacob est d'avoir surpris la bonne foi de son père, d'avoir employé toutes ses facultés et tous les moyens possibles spirituels et temporels pour lire la pensée de son frère Esaü, d'avoir voulu s'opposer à l'action bonne de cette pensée avantageuse à son frère, de l'avoir supplanté par ce moyen dans tous ses droits spirituels, et de l'avoir réduit, lui et toute sa postérité, dans la sujétion et la privation divine. Nous voyons d'ailleurs dans Jacob la
immémorial. C'est en quoi Jacob répète la prévarication des premiers esprits envers le Créateur. Comme postérité de Dieu, il représente la postérité supérieure divine. Nous voyons, d'ailleurs, dans Jacob, la double prévarication des démons, savoir celle qu'ils ont exercée contre le Créateur et celle contre la créature et sa postérité. TAEn effet, Jacob n'a-t-il pas prévariqué en premier lieu contre son père et secondement contre son frère cadet Esaü, ainsi que le démon, a prévariqué contre son père divin et contre le mineur son frère spirituel ? Les hommes ne nous retracent-ils pas la même chose par la fausse conduite qu'ils tiennent, soit envers le Créateur, soit envers leurs frères ? Au reste, vous ne devez point être surpris que Jacob se soit comporté comme il l'a fait envers Esaü. Esaü préféra le culte terrestre à celui du Créateur. Il s'occupait entièrement à la chasse et à la destruction des animaux sauvages, au lieu de s'attacher à combattre l'intellect démoniaque qui s'était emparé de son frère Jacob. Aussi, l'abandon qu'il a fait du culte spirituel divin, pour ne se livrer qu'à des soins purement matériels, a attiré sur lui les punitions qu'il méritait et l'a fait dépouiller de tous ses droits spirituels. Esaü revint, cependant, de son égarement. Il conçut, par la miséricorde divine, l'étendue de ses prévarications et [se] croyant déchu de tous ses droits spirituels, divins et temporels, il tomba dans la plus profonde consternation. Il ne put s'empêcher de se plaindre à son père de l'usurpation que lui avait faite son frère Jacob. Il fit concevoir à Isaac quelle douleur ce devait être pour lui d'être venu le premier au monde, et, cependant, de se trouver le dernier quant aux biens spirituels. C'était déjà montrer une figure réelle de ce qui arriverait par
double prévarication des démons, savoir, celle qu'ils on exercée contre le Créateur, et celle contre la créature et sa postérité. En effet, Jacob n'a-t-il pas prévariqué en premier lieu contre son père et secondement contre son frère cadet Esaü, ainsi que le démon a prévariqué contre son père divin et contre le mineur son père spirituel ? Les hommes ne nous retracent-ils pas tous les jours la même chose par la fausse conduite qu'ils tiennent soit envers le Créateur, soit envers leurs frères. Au reste, vous ne devez pas être surpris que Jacob se soit comporté comme il l'a fait envers Esaü. Esaü préféra le culte terrestre à celui du Créateur ; il s'occupait entièrement à la chasse et à la destruction des animaux sauvages, au lieu de s'attacher à combattre l'intellect démoniaque qui s'était [225] emparé de son frère Jacob. Aussi, l'abandon qu'il a fait du culte spirituel divin pour ne se livrer qu'à des soins purement matériels, a attiré sur lui les punitions qu'il méritait et l'a fait dépouiller de tous ses droits spirituels. Esaü cependant revint de son égarement ; il conçut, par la miséricorde divine, l'étendue de ses prévarications, et, se voyant déchu de tous ses droits spirituels, divins et temporels, il tomba dans la plus profonde consternation. Il ne put s'empêcher de se plaindre à son père de l'usurpation que lui avait faite son père Jacob ; il lui fit concevoir quelle douleur ce devait être pour lui d'être venu le premier au monde et de se trouver le dernier quant aux biens spirituels. C'était déjà montrer une figure réelle de ce qui arriverait par la suite à Israël qui, d'aîné spirituel dans le monde et de premier héritier de la loi divine, serait supplanté par ceux qui ne devraient venir qu'après lui, et nous confirmer par là cette prédiction de l'Ecriture que les premiers
la suite à Israël qui, d'âme spirituelle dans le monde et le premier héritier de la loi divine, serait supplanté par ceux qui ne devaient venir qu'après lui et nous confirmer, par [là], cette prédiction de l'Ecriture que les premiers deviendront les derniers.
seront les derniers.
Esaü, après avoir fait inutilement toutes ces représentations à son père, et voyant qu'il ne le pouvait toucher, lui dit, d'un verbe emporté : "Vous n'avez donc réservé aucune bénédiction pour moi directement." Sous le nom de bénédiction, Esaü voulait tâcher d'obtenir de son père quelque pouvoir ou quelque don spirituel, se voyant hors [d']état d'opérer aucun culte divin pour la gloire du Créateur. Ceci nous fait voir que Dieu donne à ses élus, sans aucune distinction temporelle, la connaissance de ses dons spirituels, pour l'avantage des hommes de la terre, de même qu'il ordonne à ces mêmes élus de ne transmettre leurs dons et leurs vertus spirituelles qu'à [ceux] qui sont dignes d'un pareil héritage. Esaü, voyant qu'il ne pouvait rien gagner sur l'esprit de son père, lui parla une seconde fois et lui dit : "Puisqu'il ne te reste plus aucun don spirituel dont tu puisses disposer en ma faveur, je te conjure au moins par tout ce que je suis de me bénir au nom de l'Eternel. Isaac lui répondit : "J'ai établi ton frère Jacob, seigneur des hommes de cette terre. J'ai assujetti tous ses frères à sa domination. Je l'ai affermi dans la possession des opérations spirituelles temporelles et dans celles spirituelles divines. Il ne reste plus rien, en mon pouvoir pour toi." Esaü poussa un grand cri, et répandit beaucoup de larmes et, se contentant de gémir amèrement, il ne répondit plus rien à son père, qu'il voyait sur le point d'être rappelé par le
Esaü, après avoir inutilement fait toutes ses représentations à son père et voyant qu'il ne pouvait le toucher, lui dit d'un verbe emporté : "Vous n'avez directement réservé pour moi aucune bénédiction ?" Sous le nom de bénédiction, Esaü voulait tâcher d'obtenir de son père quelque pouvoir ou quelque don spirituel, se voyant hors d'état d'opérer aucun culte divin pour la gloire du Créateur. [226] Ceci nous fait voir que Dieu donne à ses élus, sans aucune distinction temporelle, la connaissance de ses dons spirituels pour l'avantage des hommes de la terre, de même qu'il ordonne à ces mêmes élus de ne transmettre leurs dons et leurs vertus spirituelles qu'à ceux qui sont dignes d'un pareil héritage. Esaü, voyant qu'il ne pouvait rien gagner sur l'esprit de son père, lui parla une seconde fois et lui dit : "Puisqu'il ne te reste aucun don spirituel dont tu puisses disposer en ma faveur, je te conjure au moins, par tout ce que je suis, de me bénir au nom de l'Eternel." Isaac répondit : "J'ai établi ton frère seigneur des hommes de cette terre ; j'ai assujetti tous ses frères à sa domination ; je l'ai affermi dans la possession des opérations spirituelles, temporelles et dans celles spirituelles divines. Il ne reste plus rien en mon pouvoir pour toi." Esaü poussa un grand cri ; il répandit beaucoup de larmes et se contenta de gémir amèrement. Il ne répondit plus rien à son père qu'il voyait sur le point d'être appelé par le Créateur de cette vie dans l'autre.
Créateur de cette vie dans l'autre. Mais Isaac, touché de la triste situation de son fils, le fit approcher de lui et lui dit : "Esaü, écoute attentivement ce que j'ai à te dire. La bénédiction que tu me demandes est dans la graisse de la terre, à cause de ta prévarication." Il le bénit ensuite en lui disant : "La bénédiction que je répands sur toi vient de l'Eternel, comme la rosée du ciel [qui] se répand sur les plantes pour les substantier vient d'en haut." Esaü se retira beaucoup plus satisfait de son père qu'il ne l'était auparavant.
Mais Isaac touché de la triste situation de son fils, le fit approcher de lui et lui dit : "Esaü, écoute attentivement ce que j'ai à te dire. Les bénédictions que tu me demandes sont dans la graisse de la terre à cause de ta prévarication." Il le bénit ensuite en lui disant : "La bénédiction que je répands sur toi vient de l'Eternel, comme la rosée qui se répand sur les [227] plantes pour les substancier vient d'en haut." Esaü se retira beaucoup plus satisfait de son père qu'il ne l'était auparavant.
Voilà les choses que j'avais à vous dire, touchant le type d'Esaü. Voyez si la conduite de son père envers lui n'est pas un type de l'immutabilité du Créateur dans ses décrets de justice divine envers les coupables, tant du siècle présent que des siècles passés. Voyez, de plus, si la miséricorde qu'Isaac exerce à la fin de ses jours sur son fils Esaü ne représente pas effectivement la miséricorde du père divin envers sa créature, lorsqu'elle a recours directement à lui. Ceci nous annonce encore la grande réconciliation à venir, mais je parlerai de ce point dans la suite de mon traité, ayant à vous instruire dans ce moment du type de Jacob.
Jacob eut une postérité nombreuse et, la voyant prospérer considérablement dans les richesses temporelles, il lui inspira aisément l'ambition des biens de la terre. Mais, pour se livrer à cet attachement criminel, ils oublièrent tout le culte divin, de sorte qu'il n'en resta pas la moindre trace dans la mémoire de Jacob, ni dans celle de sa postérité. Jacob, alors, se laissa persuader par l'esprit démoniaque que ce qu'il tenait des biens de la terre ne provenait que du
Voilà les choses que j'avais à vous dire touchant le type d'Esaü ; voyez si la conduite de son père envers lui n'est pas un véritable type de l'immutabilité du Créateur dans ses décrets de justice envers les coupables tant du siècle présent que des siècles passés. Voyez de plus si la miséricorde qu'Isaac exerce sur la fin de ses jours sur son fils Esaü ne représente pas parfaitement la miséricorde du père divin envers sa créature, lorsqu'elle a directement recours à lui. Ceci nous représente encore la grande réconciliation à venir ; mais je parlerai de ce point dans la suite de mon Traité, ayant à vous instruire en ce moment du type de Jacob. Jacob eut une postérité nombreuse, et, la voyant prospérer considérablement dans les choses temporelles, il lui inspira aisément l'ambition des choses de la terre. Mais, pour se livrer à cet attachement criminel, ils oublièrent tous le culte divin, en sorte qu'il n'en resta plus la moindre trace dans la mémoire de Jacob ni dans celle de sa postérité. Jacob alors se laissa persuader par l'esprit démoniaque que ce qu'il tenait des biens de la terre ne provenait que du grand prince des démons, et, qu'en conséquence, selon le culte qu'ils
grand prince des démons, et qu'en conséquence, selon le culte qu'ils rendraient lui et sa postérité à ce grand prince, ils seraient récompensés. Jacob, qui était devenu très avide des biens matériels, adopta facilement cette insinuation.
rendraient, lui et sa postérité, à ce grand prince, ils seraient récompensés. Jacob, qui était devenu fort [228] avide des biens matériels, adopta facilement cette insinuation.
Il avait perdu de vue son origine spirituelle divine, dont le Créateur lui avait retiré la connaissance. Il abjura bientôt son émanation première, et le Créateur lui-même, en [ne] se considérant, lui et toute sa postérité, que comme des êtres passifs. Dans ces sentiments, il se livra tout entier aux sciences matérielles démoniaques, et les ayant bientôt connues, il se proposa de les réduire en pratique et de les opérer. En conséquence, il résolut d'aller dans le pays de Haram et, la nuit l'ayant surpris en chemin sur la montagne de Mor-ia, ou de Mahanaïm (ce mot signifie les deux camps, celui du Créateur et celui des démons), il se prépara à opérer sur cette montagne la pensée qu'il avait conçue contre le Créateur. C'était à peu près vers la sixième heure du jour, et lorsque le soleil allait se coucher, qu'il fit son invocation. TAAussitôt qu'elle fut faite, le Créateur lui fit apparaître un ange sous l'apparence d'un homme. (Vous savez que l'homme corporel ne saurait soutenir la vue de l'esprit pur sans mourir ou sans que sa forme corporelle ne fût consumée sur le champ.) La présence de cet esprit fit une si forte impression, ou électrisation sur les essences corporelles et celles animales spirituelles de Jacob, qu'il en fut terrassé.
Il avait perdu de vue son origine spirituelle divine dont le Créateur lui avait retiré la mémoire : il abjura son émanation première et le Créateur lui-même, en ne considérant lui et sa postérité que comme des élus passifs. Dans ce sentiment, il se livra tout entier aux sciences matérielles démoniaques, et, les ayant bientôt connues, il se proposa de les réduire en pratique et de les opérer. En conséquence, il résolut d'aller dans le pays de Haran et, la nuit l'ayant surpris en chemin sur la montagne de Morija ou de Mahanaïm (ce mot signifie les deux camps, celui des démons et celui du Créateur), il se prépara à opérer sur cette montagne la pensée qu'il avait conçue contre le Créateur. C'était à peu près vers la sixième heure du jour et lorsque le soleil allait se coucher qu'il fit son invocation. Aussitôt que son invocation fut faite, le Seigneur lui fit apparaître un ange sous l'apparence d'un homme. Vous savez que l'homme corporel ne pouvait soutenir la vue de l'esprit pur sans mourir ou que sa forme corporelle fût consumée sur le champ. La présence de cet esprit fit une si forte impression ou électrisation sur les essences corporelles et sur celles animales spirituelles de Jacob, qu'il en fut terrassé.
Alors Jacob se réclama au Créateur et abjura devant lui, pour une bonne fois, tout ce qu'il avait adopté de la partie démoniaque. L'ange lui parla ensuite et
Alors Jacob se réclama au Créateur et abjura devant lui pour une bonne fois tout ce qu'il avait adopté [229] de la partie démoniaque. L'ange lui parla ensuite et
lui reprocha sa conduite horrible, tant passée que présente, envers le Créateur, envers son frère, son père, sa postérité et envers lui-même. Jacob, épouvanté et comme irrité des effrayantes menaces que lui faisait l'ange, s'élança sur lui et le combattit toute la nuit jusqu'à l'aurore. Mais, lorsque le combat fut fini, l'ange demanda à Jacob quel était son nom. Jacob, au lieu de dire son [nom], demande à l'ange de le bénir. L'ange demanda encore à Jacob son nom. Jacob fit toujours la même réponse. Enfin, l'ange ayant encore demandé à Jacob son nom pour la dernière fois, il lui répondit qu'il s'appelait Jacob. Après que l'ange eut reçu son nom, il lui dit : "Jacob supplantateur contre le Créateur en abjurant l'esprit du Seigneur." A la fin de ces paroles, l'esprit fit une si forte attraction sur la personne de Jacob qu'il lui dessécha le tendon d'Achille. "Tu t'appelles Jacob. Eh bien, à l'avenir, tu t'appelleras Israël, ou fort contre l'esprit du Créateur", et ils se séparèrent l'un et l'autre, Jacob étant tout confus de se trouver ainsi marqué par l'esprit qu'il avait abjuré.
lui reprocha sa conduite horrible, tant passée que présente, envers le Créateur, envers son père, son frère, sa postérité et envers lui-même. Jacob épouvanté et comme irrité des effrayantes menaces que lui faisait l'ange, s'élança sur lui et le combattit pendant toute la nuit jusqu'à l'aurore. Mais lorsque le combat fut fini, l'ange lui demanda quel était son nom. Jacob fit toujours la même réponse. Enfin l'ange ayant demandé à Jacob son nom pour la dernière fois, il lui fit répondit qu'il s'appelait Jacob. Après que l'ange eut reçu son nom, il lui dit : "Jacob supplanteur contre le Créateur en abjurant l'esprit du Seigneur." A la fin de ces paroles, l'esprit fit une si forte attraction sur la personne de Jacob qu'il lui dessécha le tendon d'Achille. Tu t'appelles Jacob. Eh bien, à l'avenir tu t'appelleras Israël ou fort contre l'esprit du Créateur. Et ils se séparèrent l'un de l'autre, Jacob étant tout confus de se trouver ainsi marqué par l'esprit qu'il avait abjuré.
Cette marque de Jacob est dans sa postérité, pour un temps immémorial, une preuve de la prévarication d'Israël. C'est depuis cette époque qu'il a été défendu de la part de l'Eternel, soit dans le temple de Moïse, soit dans celui de Salomon, qu'aucune personne marquée à la lettre "B" de naissance ne fût admise au culte divin, sous quelque prétexte que ce fût. Cette loi a été donnée sous les peines les plus sévères [et] a été confirmée par le Christ, afin que tous ceux qui seraient et qui sont aujourd'hui chargés de faire opérer le culte divin dans son temple spirituel observassent cette ordonnance avec la plus grande exactitude.
Cette marque de Jacob est dans sa postérité, pour un temps immémorial, une preuve de la prévarication d'Israël. C'est depuis ce temps-là qu'il a été défendu de la part de l'Eternel, soit dans le temple de Moïse, soit dans celui de Salomon, qu'aucune personne marquée de la lettre B de naissance ne fût admise au culte divin sous quel prétexte que ce fut. Cette loi qui a été donnée sous les peines les plus sévères [230] a été confirmée par le Christ, afin que tous ceux qui seraient ou qui sont aujourd'hui chargés de faire opérer le culte divin dans son temple spirituel observassent cette ordonnance avec la plus grande exactitude.
Jacob, pénétré de douleur, rappelait en son esprit toute l'horreur de sa conduite. Il se souvint que lorsqu'il avait projeté d'usurper les droits d'Esaü, il avait donné un baiser à son père Isaac, afin de mieux surprendre sa bonne foi. Enfin, il repassa toutes ses prévarications contre le Créateur, contre lui-même et contre les lois du Créateur et de la nature, et ce souvenir le rendit si inconsolable qu'il crut ne pouvoir jamais trouver grâce devant l'Eternel, ni être compris au nombre des mortels qui auront part à la miséricorde divine. C'était surtout les paroles de l'ange qui l'avaient le plus affecté, ainsi que le résultat inattendu qu'il avait eu de sa première opération démoniaque. Cependant, malgré son abattement et la tristesse de ses réflexions, Jacob forma un vrai désir de se remettre en grâce avec le Créateur et ne cessa de lui demander sa réconciliation parfaite. Une vision naturelle, qui s'offrit à lui sous une forme humaine, lui certifia que ses voeux étaient exaucés. Celui qui lui apparaissait était le même esprit qui l'avait marqué au tendon d'Achille de la jambe droite. Il enseigna à Jacob le moyen de se procurer ce qu'il désirait du Créateur. Pour cet effet, l'esprit le bénit véritablement et l'ordonna de nouveau. Par ce moyen Jacob fut remis en puissance spirituelle divine, pour opérer, quarante ans après son ordination, les différents cultes divins ; ce qu'il fit effectivement au bout de ce temps de quarante années sur le sommet de la même montagne de Mor-ia, où il avait été la première fois. Il s'y rendit, vers la sixième heure, à son ordinaire, et, ayant tout préparé pour son opération, il fit sa prière depuis la sixième heure jusque vers la moitié de la nuit. Alors, il fit les
Jacob pénétré de douleur rappelait en son esprit toute l'horreur de sa conduite. Il se souvint que lorsqu'il avait projeté d'usurper les droits de son frère Esaü, il avait donné un baiser à son père Isaac, afin de mieux surprendre sa bonne foi. Enfin il repassa toutes ses prévarications contre le Créateur et contre les lois de la nature, et ce souvenir le rendit si inconsolable qu'il ne crut jamais pouvoir trouver grâce devant le Créateur ni être compris au nombre des mortels qui auraient part à la miséricorde divine. C'étaient surtout les paroles de l'ange qui l'avaient le plus affecté, ainsi que le résultat inattendu qu'il avait reçu de son opération démoniaque. Cependant, malgré son abattement et la tristesse de ses réflexions, Jacob forma un vrai désir de se mettre en grâce avec le Créateur, et ne cessa de lui demander sa réconciliation parfaite. Une vision naturelle qui s'offrit à lui sous une forme humaine lui certifia que ses voeux étaient exaucés. Celui qui lui apparaissait était le même esprit que celui qui l'avait marqué au tendon de la jambe droite. Il enseigna à Jacob les moyens d'obtenir du Créateur ce qu'il désirait. Pour cet effet l'esprit le bénit véritablement et l'ordonna [231] de nouveau. Par ce moyen, Jacob fut remis en puissance spirituelle divine pour opérer quarante ans après son ordination les différents cultes divins, ce qu'il fit effectivement au bout de ce temps de quarante années sur le sommet de la même montagne de Morija où il avait été la première fois. Il se rendit sur cette montagne vers la sixième heure, à son ordinaire, et ayant tout préparé pour son opération il refit sa prière depuis la sixième heure jusque vers la moitié de la nuit. Alors il fit les invocations nécessaires pour arrêter définitivement
invocations nécessaires pour arrêter définitivement les effets de la justice dont le Créateur l'avait fait menacer par son ange. Il réussit selon son désir et quatre anges vinrent l'instruire de ce qu'il avait encore à faire et à opérer, pour obtenir du Créateur son entière réconciliation, qu'il obtint en effet, ainsi que je vais vous le dire. Le huitième jour après cette dernière opération, Jacob se mit en chemin, pour retourner sur le sommet de la montagne, et, y étant arrivé vers la fin du neuvième jour, au soleil couché, il se prépara à son ordinaire pour accomplir sa dernière opération de réconciliation. A la moitié de la nuit du neuvième jour et tombant sur le commencement du dixième, Jacob reçut la certitude de sa réconciliation parfaite. Mais le fruit de son opération le travailla si fortement qu'il ne put plus se tenir debout. Il se coucha alors sur le côté gauche, et ayant appuyé sa tête sur une pierre ordinaire, il considéra dans cette position tout ce qui lui provenait de son travail spirituel divin. Il vit sept anges ou esprits qui montaient et descendaient sur lui. Dans le nombre de ces esprits, il reconnut celui qui l'avait blessé et dont les menaces l'avaient si fort épouvanté. Il reconnut aussi les quatre anges qui étaient venus l'instruire de ce qu'il lui restait à faire pour rentrer entièrement en grâce devant le Créateur. Il aperçut encore la gloire du Créateur, qui était l'endroit d'où sortaient et rentraient les sept esprits. Ce fut alors que Jacob fut convaincu de sa réconciliation divine. Aussi dit Jacob : "C'est ici le lieu de victoire parfaite, car j'ai vu l'Eternel face à face. C'est ici le centre de l'univers et de la terre, qui est en face du Créateur, et c'est ici encore que je marquerai la place de la maison que l'on bâtira au Créateur." Il marqua, en effet, par trois pierres placées
les effets de la justice dont le Créateur l'avait fait menacer par son ange. Il réussit selon son désir, et quatre anges vinrent l'instruire de ce qu'il avait encore à opérer pour obtenir du Créateur son entière réconciliation, qu'il obtint en effet ainsi que je vais vous le dire. Le huitième jour après cette dernière opération Jacob se mit en chemin pour retourner sur le sommet de la montagne, et y étant arrivé vers la fin du neuvième jour, au soleil couché, il se prépara à son ordinaire pour accomplir sa dernière réconciliation. A la moitié de la nuit du neuvième jour et tombant sur le dixième, Jacob reçut la certitude de sa réconciliation parfaite, mais le fruit de son opération le travailla si fortement qu'il ne put plus se tenir debout. Il se coucha alors sur le côté gauche, et, ayant appuyé sa tête sur une pierre ordinaire, il considérait dans cette posture tout ce qui lui provenait de son travail spirituel [232] divin. Il vit sept esprits qui montaient et descendaient sur lui. Dans le nombre de ces esprits il reconnut celui qui l'avait blessé et dont les menaces l'avaient si fort épouvanté. Il reconnut aussi les quatre anges qui étaient venus l'instruire de ce qui lui restait à faire pour entrer entièrement en grâce devant le Créateur. Il aperçut encore la gloire du Créateur à l'endroit d'où sortaient et où entraient les anges. C'est alors que Jacob fut convaincu de sa réconciliation divine. Aussi dit Jacob : "C'est ici le lieu de vision parfaite, car j'ai vu l'Eternel face à face. C'est ici le centre de l'univers et de la terre qui est en face du Créateur, et c'est ici encore que je marquerai la place de la maison que l'on bâtira au Créateur." Il marqua en effet par trois pierres placées triangulairement le lieu fixé où l'on construirait le temple du Seigneur, sur la montagne de Morija ; ce qui a été exécuté par Salomon, Chiram
triangulairement le lieu fixe ou l'on construirait le temple du Seigneur, sur la montagne de Mor-ia ; ce qui a été exécuté par Salomon, Chyram et Hyram, roi de Tyr.
ou Hyram, roi de Tyr.
L'emplacement que Jacob marqua par trois pierres en triangle figurait la forme corporelle de la terre. TAIl resta au centre du triangle, pour montrer que le Créateur avait placé l'homme-Dieu au centre de l'univers, pour commander et gouverner tous les êtres émanés et créés. Il faisait voir encore que c'était là le véritable lieu où le Créateur se communiquait effectivement et manifestait sa gloire à son premier mineur, tant qu'il resta dans la justice. C'est pourquoi l'esprit suscita à Jacob de désigner ce lieu pour être celui où serait bâti le temple, comme étant le type du lieu où avait été construit le corps de gloire d'Adam, qui fut appelé le temple spirituel de la Divinité. Dans ce temple spirituel, était véritablement renfermé un esprit divin. La même chose s'est représentée en nature dans la construction du temple de Salomon, où l'esprit divin descendit en forme de nuée.
Jacob, étant pleinement convaincu de sa réconciliation, s'assujettit à opérer exactement le culte divin à l'avenir. Il fixa le temps où lui et sa postérité l'opérerait. Pour cet effet il fit, dans un même jour ordinaire, quatre opérations divines par quatre intervalles de six en six heures. Il fit ensuite, pendant six jours consécutifs, une opération de veille spirituelle divine, ce qui fait en tout dix opérations en sept jours de temps. Le total de ses opérations comprend le nombre dénaire consacré à la Divinité, et le nombre septénaire consacré à l'esprit. Dans les quatre premières opérations, Jacob se réclama uniquement au Créateur, en l'invoquant
L'emplacement que Jacob marqua par trois pierres triangulaires figurait la forme corporelle de la terre. Il resta au centre du triangle pour montrer que le Créateur avait placé l'homme-Dieu au centre de l'univers, pour commander et gouverner tous les êtres émanés et créés. Il faisait voir encore que c'était là le véritable lieu où le Créateur se communiquait effectivement et manifestait sa gloire à son premier mineur tant qu'il resta dans la justice. C'est pourquoi [233] l'esprit suscita à Jacob de désigner ce lieu pour être celui où devait être bâti le temple, comme étant le type du lieu où avait été construit le corps de gloire d'Adam, qui fut appelé le temple spirituel de la Divinité. Dans ce temple spirituel était véritablement renfermé un esprit divin. La même chose s'est représentée en nature dans la construction du temple de Salomon, où l'esprit divin descendit en forme de nuée. Jacob, étant pleinement convaincu de sa réconciliation, s'assujettit à opérer exactement le culte divin à l'avenir. Il fixa le temps où lui et sa postérité l'opéreraient. Pour cet effet il fit, dans un même jour ordinaire, quatre opérations divines, par quatre intervalles, de six en six heures. Il fit ensuite, pendant six jours consécutifs, une opération de veille spirituelle divine ; ce qui fait en tout dix opérations en sept jours de temps. Le total de ces opérations comprend le nombre dénaire consacré à la Divinité, et le nombre septénaire consacré à l'esprit. Dans les quatre premières opérations, Jacob se réclama uniquement au
par son premier nom ineffable. Après quoi, il dit : "A moi le Dieu d'Abraham." Il invoqua le Créateur par son second nom ineffable, et dit : "A moi le Dieu d'Isaac." Enfin, il invoqua le Créateur par son troisième nom ineffable, et dit fortement : "A moi le Dieu de Jacob, qui est le même que celui d'Abraham et d'Isaac [qui opère] divinement en nous trois, comme nous opérons tous les trois en lui dans notre unité de puissance spirituelle divine." TADans cette invocation, Jacob reconnaît véritablement Abraham comme type du Créateur par la multitude des puissances spirituelles qui lui furent données. Il reconnaît Isaac comme le type du fils divin, ou de l'action divine. La manifestation de la gloire divine s'est opérée, et, dans lui-même, Jacob reconnut le vrai type de l'esprit par les grandes merveilles que le Créateur avait faites pour lui, en lui montrant à découvert la gloire divine.
Créateur, en l'invoquant par son premier nom ineffable, après quoi, il dit : A moi le Dieu d'Abraham ! Il invoqua le Créateur par son second nom ineffable et lui dit : A moi le Dieu d'Isaac ! Il l'invoqua enfin par son troisième nom ineffable et dit : A moi le Dieu de Jacob ! qui est le même que celui d'Abraham et d'Isaac, qui opère divinement en nous trois, comme nous opérons tous les trois en lui [234] dans notre unité de puissance spirituelle divine. Dans cette invocation, Jacob reconnaît véritablement Abraham comme type du Créateur par la multitude de puissances spirituelles qui lui furent données. Il reconnaît Isaac comme le type du Fils divin ou de l'action divine dans la grande postérité de Dieu qui provint de lui, dans laquelle l'élection et la manifestation de la gloire divine s'est opérée. Et par lui-même Jacob reconnaît le vrai type de l'Esprit, par les grandes merveilles que le Créateur avait faites pour lui, en lui montrant à découvert la gloire divine.
Le dernier type répète encore celui de la miséricorde que le Créateur exercera jusqu'à la fin des siècles sur sa créature, ainsi que Jacob nous le fait voir par sa dernière opération, où il invoqua l'esprit du Créateur, pour être répandu sur sa postérité pervertie à son exemple et la délivrer par là de la servitude des démons. Ce que l'esprit saint a effectivement opéré par la parole de Moïse. C'est de là qu'il nous a été enseigné que Dieu était en trois personnes, et cela parce que le Créateur a opéré trois actions divines et distinctes l'une de l'autre, en faveur des trois mineurs dont nous venons de parler conformément au type qu'ils devaient faire dans l'univers. Ces trois personnes ne sont en Dieu que relativement à leurs
Ce dernier type répète encore celui de la miséricorde que le Créateur exercera jusqu'à la fin des siècles sur sa créature, ainsi que Jacob nous l'a fait voir par sa dernière opération, où il invoqua le Créateur pour être répandu sur sa postérité pervertie à son exemple, et la délivrer par là de la servitude des démons, ce que l'esprit saint a effectivement opéré par la parole de Moïse. C'est de là qu'il nous a été enseigné que Dieu était en trois personnes, et cela parce que le Créateur a opéré trois actions divines et distinctes l'une de l'autre en faveur des trois mineurs dont nous venons de parler, conformément aux types qu'ils doivent former dans l'univers. Ces trois personnes ne sont en Dieu que relativement à leurs
opérations divines et l'on ne peut les concevoir autrement sans dégrader la Divinité qui est indivisible et qui ne peut être susceptible d'aucune façon d'avoir en elle différentes personnalités distinctes les unes des autres. S'il était possible d'admettre dans le Créateur des personnalités distinctes, il faudrait alors en admettre quatre au lieu de trois, relativement à la quadruple essence divine, qui doit vous être connue, savoir l'esprit divin, 10, l'esprit majeur, 7, l'esprit inférieur, 3, et l'esprit mineur, 4. C'est par là que nous concevons l'impossibilité qu'il y a que le Créateur soit divisé en trois natures personnelles. Que ceux qui veulent diviser le Créateur dans son essence observent au moins de le diviser dans le contenu de son immensité.
actions divines, et l'on ne peut les concevoir autrement sans dégrader la Divinité, qui est indivisible et [235] qui ne peut être susceptible, en aucune façon, d'avoir en elles différentes personnalités distinctes les unes des autres. S'il était possible d'admettre dans le Créateur des personnes distinctes, il faudrait alors en admettre quatre au lieu de trois, relativement à la quatriple essence divine qui doit vous être connue, savoir l'esprit divin 10, l'esprit majeur 7, l'esprit inférieur 3 et l'esprit mineur 4. C'est là que nous concevons l'impossibilité qu'il y a que le Créateur soit divisé en trois natures personnelles. Que ceux qui veulent diviser le Créateur en son essence observent au moins de le diviser dans le contenu de son immensité.
Pour vous expliquer définitivement tous les types que font Abraham, Isaac et Jacob, je vous dirai que ces trois mineurs étaient la vraie figure d'Adam, d'Abel et de Seth envers le Créateur. Ces trois premiers, comme les trois derniers, avaient vu la gloire du Créateur. Noé, Sem et Japhet ont eu le même avantage. Quant à Esaü, qui reste sans héritage particulier, il fait le type de Caïn chez Adam, celui de Cham chez Noé, et le sien propre chez Abraham. Non seulement Abraham, Isaac et Jacob ont été les types de l'action divine chez les mineurs passés et présents, mais encore chez les mineurs à venir. Adam, Noé, avec leur postérité, avaient annoncé tous ces types ; le Christ, Moïse, Elie les ont confirmés par leurs opérations sur le mont Tabor où ils ont vu tous ensemble la gloire du Créateur. Le baiser que Jacob donna à Isaac lorsqu'il eut conçu de supplanter son frère, annonçait la trahison que l'homme-Dieu devait éprouver de la part
Pour vous observer définitivement tous les types que font Abraham, Isaac et Jacob, je vous dirai que ces trois mineurs étaient la vraie figure d'Adam, d'Abel et de Seth envers le Créateur. Les trois premiers comme les trois derniers avaient vu la gloire du Créateur. Noé, Sem et Japhet avaient eu le même avantage. Quant à Esaü, qui reste sans héritage particulier, il fait le type de Caïn chez Adam, celui de Cham chez Noé, et le sien propre chez Abraham, Isaac et Jacob. Non seulement Abraham, Isaac et Jacob ont été les types de l'action divine opérée par l'esprit divin chez les mineurs passés et présents, mais encore chez les mineurs à venir. Adam, Noé par leur postérité avaient annoncé tous ces types. Le Christ, Moise, Elie les ont confirmés par leurs [236] opérations sur le mont Thabor, où ils ont vu tous ensemble la gloire du Créateur. Le baiser que Jacob donna à Isaac lorsqu'il eut conçu de supplanter son frère, annonçait la trahison que
d'un de ses frères et disciples nommé Judas Iscariothe. L'un est supplantateur du matériel, et l'autre du spirituel. Prenez garde que la cupidité de la matière ne vous porte à répéter un type aussi inique. Voilà ce que j'avais de plus intéressant à vous dire sur les personnes d'Abraham, Isaac et Jacob, sans que j'entre dans le détail de la conduite temporelle qu'ils ont tenue dans le monde. L'Ecriture en dit assez sur ce sujet.
l'Homme-Dieu devait éprouver de la part d'un de ses frères et disciples nommé Judas Iscariote : l'un est supplanteur de matière, l'autre de spirituel. Prenez garde que la cupidité de la matière ne vous porte à répéter un type inique. Voilà ce que j'avais de plus intéressant à vous dire sur les personnes d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, sans que j'entre dans le détail de la conduite temporelle qu'ils ont tenue dans ce monde l'Ecriture en dit assez à ce sujet.
TAJe vais vous instruire du type que Moïse a fait dans cet univers, et vous verrez le rapport qu'il a avec tous les précédents et si l'on peut douter de la vérité des faits spirituels qui se sont opérés par ordre du Créateur, depuis le commencement du monde temporel jusqu'à sa fin, et depuis la prévarication des premiers esprits créés, jusqu'aux mineurs derniers émanés de la Divinité. Vous comprendrez si je dis la vérité sans rubriques, imaginations, amplifications, insinuations, pour surprendre la bonne foi de l'homme de désir. Ce n'est point là mon état. J'ai abandonné et abjuré, depuis ma plus tendre jeunesse, le mensonge, la cupidité et l'orgueil, pour ne professer que la vérité des choses spirituelles divines, et celles spirituelles temporelles qui s'opèrent dans cet univers.
Je vais donc entrer dans l'explication du grand type de Moïse et vous faire concevoir le rapport, la répétition et la connexion que ce type a réellement avec tous les autres et comme ce type est appelé spirituellement le double type du Créateur, et celui de tous les esprits dont le Créateur s'est servi et se sert encore pour la manifestation de sa gloire et de sa justice divine chez tous les
Je vais vous parler maintenant des grands types que Moïse fait dans l'univers. Vous y verrez le vrai rapport qu'il y a avec tous les types passés, vous y verrez le double type du Créateur et celui de tous les esprits dont le Créateur se sert pour la manifestation de la justice ; vous y apprendrez si on peut douter de la vérité des faits spirituels qui se sont opérés depuis le commencement du monde, qui s'opéreront jusqu'à la fin des siècles, et de ceux qui se sont opérés depuis la prévarication des premiers esprits jusqu'à celle du premier mineur. Vous jugerez enfin si je dis la vérité ou si j'use de subterfuges et de sophismes afin de surprendre la bonne foi de l'homme de désir. Ce n'est ni mon état, ni mon goût. J'ai eu en horreur, dès mon enfance, le mensonge et l'orgueil ; [237] je les ai abjurés pour ne faire profession que de la vérité des choses spirituelles divines et spirituelles temporelles. Ainsi vous ne devez pas craindre de moi que je vous parle le langage de l'erreur.
habitants spirituels et temporels de cet univers.
Moïse prend naissance dans un pays étranger que l'on appelle Egypte, qui signifie "lieu de privation divine", ou terre de malédiction pour les opposants à la volonté divine qui seraient précipités avec leurs adhérents. Les habitants de ce pays, et qui cultivent cette terre selon leur volonté, font exactement le vrai type des démons premiers prévaricateurs, qui n'ont opéré et n'opèrent que selon leur volonté, sans y comprendre celle du Créateur. Ainsi firent ces esprits. Ils furent relégués dans la partie du midi. L'Egypte n'est-elle pas dans cette partie-là ? La postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob tombent en esclavage et par leur prévarication démoniaque, demeurent en proie à la puissance des habitants de cette terre, pendant l'espace de quatre cent trente ans. Cette postérité en proie aux Egyptiens n'est-elle pas le type des mineurs adhérents à la volonté des démons, qui sont encore aujourd'hui en proie et soumis sous la puissance démoniaque ?
Je commencerai par vous donner l'interprétation du mot Egypte où vous savez que Moïse prit naissance. Ce mot signifie lieu de privation divine ou terre de malédiction. C'est là que les ennemis de la volonté divine avaient été précipités avec leurs adhérents. Les nations qui résident dans ce pays et qui en cultivent la terre selon leur propre volonté, représentent les premiers esprits prévaricateurs qui n'ont opéré et n'opèrent encore à présent que selon leur volonté, indépendamment de celle du Créateur. Les premiers esprits furent relégués dans la partie du midi, et c'est dans cette partie que l'Egypte est située. La postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, ayant prévariqué, tomba sous la puissance des habitants de l'Egypte et y demeura pendant 430 ans. C'est la vraie figure des mineurs spirituels qui succombent sous la puissance des démons. Venons actuellement à Moïse.
Tupz, homme issu de la tribu de Lévi, et Maha, sa femme, sortie de la maison même de Lévi, furent élus par le Créateur, quoiqu'en servitude et en esclavage dans la terre Egypte pour faire naître d'eux une postérité à Dieu, pour être le régénérateur de la postérité d'Abraham, [d']Isaac et de Jacob. L'étant de cette postérité, ils le sont de celle d'Adam. Tupz, qui veut dire "comble de bonté divine", relativement au produit de son nombre sénaire, 6, et Maha, ou Marra, qui signifie "fécondité spirituelle divine", relativement au produit de son nombre quaternaire, 4, eurent deux enfants mâles et uniques, et une seule
Tupz, que l'Ecriture appelle Amram, de la tribu de Levi, et Maha, sa femme, que l'Ecriture appelle Jocabed, de la propre maison de Levi, furent élus, quoiqu'en esclavage dans la terre d'Egypte, pour faire naître d'eux une postérité de Dieu qui régénérerait la postérité d'Adam. Tupz signifie comble de [238] bonté divine et porte le nombre sénaire. Maha signifie fécondité spirituelle divine et porte le nombre quatre. Tous les deux eurent dans un âge avancé leur postérité, qui consistait en deux enfants mâles et un seul femelle savoir : le père eut en premier lieu Mérian à l'âge de 66 ans 3. Aussi cet
fille. Tupz et Maha, père et mère de Moïse et d'Aaron, finirent leurs jours quelques temps avant la fuite de Moïse et d'Aaron de l'Egypte. Ils eurent ces enfants dans un âge fort avancé. Tupz eut en premier lieu Merian, qui veut dire "terre vierge". Elle fut savante en connaissances spirituelles divines, et fit sacrifice de la virginité pour opérer le culte du Créateur ordonné à son sexe de nature féminine. Il eut ensuite Aaron à l'âge de 79 ans, 7, et Moïse son dernier fils à 82 ans, 10. Sa femme, à l'âge de 48 ans, 3, enfanta Merian ; à l'âge de 61 ans, 7, Aaron [60] ; et à celui de 64 ans, 10, Moïse. Je ne parlerai point de l'âge du monde de leur décès, n'étant d'aucune importance pour ce dont je veux vous instruire. Moïse vint au monde le 14e de la lune de nisan ou de mars, et fut ensuite mis dans [une] espèce d'arche, étant portée sur les eaux du Nil, et y flotta quelque temps. Le nom de Nil signifie principe d'action et opération spirituelle temporelle. L'avènement de Moïse dans la terre Egypte et son exposition sur les eaux explique un grand type que je dois vous développer. Moïse, par son avènement spirituel temporel dans la terre Egypte, lieu de ténèbres où toute espèce de nature vivait dans la plus grande confusion, explique le type du chaos où toutes choses destinées pour la création universelle, étaient confondues, sans lois, règles et ordres spirituels divins. L'avènement de Moïse dans cette terre explique le type de l'avènement de l'esprit divin dans le chaos, qui fraya règles, actions, lois et ordres spirituels divins à toutes choses y contenues. Mais, toutefois, les ténèbres ne le comprirent point. De même, les habitants d'Egypte ne comprirent point l'avènement et la naissance de Moïse dans leur terre chaotique. Les habitants de ténèbres
enfant fut appelé Mérian, qui signifie terre vierge. Cette fille fut savante en connaissances spirituelles divines, et elle fit sacrifice de sa virginité pour opérer le vrai culte permis et ordonné à son sexe. Tupz eut ensuite Aron, à l'âge de 79 ans 7, et Moïse à l'âge de 82 ans 10. Maha enfanta Mérian à l'âge de 48 ans 3, Aron à l'âge de 61 ans 7, et Moïse à l'âge de 64 ans 10. Tupz et Maha moururent quelque temps avant la sortie de Moïse hors la terre d'Egypte, sans que je m'occupe de vous fixer la date de leur mort, qui est absolument inutile aux faits dont je vais vous instruire. Moïse vint au monde le 14 de la lune de Nisan ou de Mars. Il fut mis dans une espèce de berceau ou d'arche dans laquelle il flotta quelque temps sur les vagues du Nil : ce mot signifie principe d'action et d'opérations spirituelles temporelles. L'avènement de Moïse dans la terre d'Egypte où toute espèce de nations vivaient dans la confusion et dans les ténèbres représentait l'avènement de l'Esprit divin dans le Chaos, où il prescrivit toutes les choses qui y étaient contenues, les lois, les actions et ordres spirituels qui leur étaient convenables. Il vous- est dit que les [239] ténèbres ne comprirent point la lumière divine ; de même le chaos d'Egypte et ses habitants de ténèbres ne comprirent point la naissance et l'avènement de Moïse au milieu d'eux. Ces peuples n'avaient aucune connaissance du vrai culte. Toutes leurs actions et tous leurs soins se bornaient à satisfaire la cupidité de leurs sens matériels, en ne s'attachant qu'à cet instinct animal qui est inné dans tout être passif. Quoique les animaux raisonnables soient assujettis aux mêmes lois que les animaux irraisonnables par l'instinct naturel et inné en eux dans toute forme corporelle ; cependant on ne peut nier que
n'avaient aucune connaissance en général du vrai culte du Créateur. Ils n'avaient non plus aucune connaissance des règles, actions, lois et ordres spirituels divins dans leurs opérations, si ce n'est celles cupides matérielles que le corps général et particulier ont innés avec eux. Cette connaissance est très parfaitement donnée à tout être des animaux qui n'ont que la vie animale, ou l'instinct passif. Ce n'est donc pas une grande merveille de voir les animaux raisonnables se distinguer des irraisonnables, en s'élevant au-dessus de cet instinct réellement inné dans leur forme corporelle de matière apparente, comme dans celle des irraisonnables, avec cette différence que ceux-ci en tirent plus d'avantages que les raisonnables attachés à la vie temporelle, qui, lorsque quelque événement de nature s'oppose sur eux par contraction et que cette contraction change de lois d'ordre de leur nature corporelle, ce qu'ils appellent chose surnaturelle à cause de leur ignorance, ils sont si fort épouvantés qu'ils ne savent où donner de la tête et employent l'action et l'instinct d'un de leurs semblables, ne considérant pas que celui dont ils se servent serait aussi ignorant qu'eux, si le même cas leur arrivait. Cela vient de ce que ceux qui se trouvent dans le cas n'ont pas recours au premier principe spirituel divin, qui est le seul médecin qui possède l'art de la guérison radicale ; ce dont je vous parlerai lorsque je traiterai des différents événements arrivés chez Israël.
ce soit un supplice de plus pour eux quand ils viennent à s'en écarter. On en voit des preuves claires parmi les hommes qui sont attachés à la vie temporelle. Si quelque événement naturel occasionne sur leur forme quelque contraction qui en dérange les lois d'ordre, ils crient au phénomène, ils sont tout épouvantés, et, par ignorance, ils se livrent aux soins et à l'instinct d'un de leurs semblables qui, le plus souvent, est aussi ignorant qu'eux et qui serait plus en peine que l'affligé si pareil accident lui arrivait. Cette conduite n'est point surprenante dans ceux qui, en pareil cas, n'ont point recours à leur premier principe spirituel divin, le seul médecin qui guérisse radicalement. Je parlerai de ceci plus amplement lorsque je traiterai des différents événements arrivés chez Israël. [240]
Moïse flottant sur les eaux et le temps qu'il y resta explique par son type celui du Créateur, lorsqu'il flottait sur des eaux, ou fleuve radical apparent, pour le débrouillement du chaos. Il faut entendre par le débrouillement du chaos les lois,
Moïse, en flottant sur les eaux, fait véritablement le type de l'esprit du Créateur qui flotte sur le fluide radical pour le débrouillement du chaos. Vous savez qu'il n'est autre chose que les lois d'ordre et d'actions qui furent données à
ordres, temps et actions qu'il institua à toutes choses chaotiques, pour opérer selon qu'il l'avait conçu dans son imagination, pour agir selon les lois auxquelles elles étaient assujetties par son décret de création. Vous devez voir bien clairement par là comme Moïse est le type véritable du principe de la création universelle, ainsi que le Créateur l'avait déjà fait voir par la première manifestation de sa justice et de sa gloire divine par Noé, régénérateur du culte divin chez les mortels préservés du fléau de sa justice divine et réconciliés avec lui. Moïse, dans toutes ses opérations spirituelles divines, n'est-il pas encore la répétition parfaite du type de Noé ? Moïse flotte sur les eaux, Noé y a flotté aussi, Noé réconcilie le reste des mortels avec le Créateur, Moïse réconcilie la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Noé rétablit le culte divin chez les hommes qu'il a réconciliés, Moïse l'a fait dans la postérité de Jacob. Moïse conduit les nouveaux réconciliés pendant quarante ans, Noé conduit pendant le même temps ses réconciliés. Noé offre sacrifice au Créateur avec ses nouveaux réconciliés, Moïse offre également sacrifice avec son peuple. Enfin, pour abréger, Moïse rappelle tous les types passés et annonce ceux à venir, que le Créateur a destinés pour la manifestation de sa gloire et de sa justice dans cet univers, en commençant depuis Seth, Enoch, Noé, Abraham, jusqu'au Christ et jusqu'au temps présent, et même pour l'avenir. Je vous exhorte à faire de mûres réflexions sur le type de Moïse. Vous verrez que cet élu du Créateur fait véritablement les trois types de la triple essence divine dans sa création universelle générale et particulière, par tout ce qu'il a opéré spirituellement : sa naissance, 1, sa réconciliation, 2, et la
toutes choses contenues dans la masse chaotique. Noé, qui avait été témoin de la manifestation de la justice et de la gloire divines, avait déjà fait le type de la gloire du Créateur universel ; je vous ferai donc observer que tous les types qu'a faits ce patriarche ont été répétés par les observations spirituelles de Moïse. Ils ont flotté tous les deux sur les eaux. Noé a réconcilié le reste des mortels avec le Créateur ; Moïse réconcilia la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob avec la Divinité : Noé régénère le culte divin dans la postérité de Jacob. Noé conduit pendant quarante ans les hommes qu'il a réconciliés avec le Créateur ; Moïse conduit le peuple juif pendant le même temps. Noé offre un sacrifice au Créateur en action de grâce ; Moïse a offert également des sacrifices avec le peuple réconcilié. Je ne finirais point si je voulais vous détailler tous les types que Moïse a répétés, tant ceux de Noé que ceux des patriarches passés et à venir. Je me contenterai à vous exhorter de faire de sérieuses réflexions sur la grandeur du type de Moïse. Vous apprendrez à connaître que cet Elu représente parfaitement, par ses opérations, la triple essence divine dans sa création universelle, générale et particulière, [241] ainsi que vous pouvez le voir. 1° La naissance de Moïse représente l'action même du Créateur. 2° La réconciliation que Moïse a faite représente l'opération de l'homme divin ou du fils du Créateur. 3° La conduite du peuple confiée aux soins de Moïse représente l'Esprit divin qui conduit, gouverne et dirige tout être temporel et spirituel inférieur à lui. L'Ecriture nous a appris comment une fille du roi d'Egypte sauva le jeune Moïse de dessus les eaux du Nil, et le fit élever secrètement pour le dérober aux poursuites de Pharaon et de ses
conduite que le Créateur lui donne des réconciliés pendant quarante ans, 3. Nous interprétons spirituellement la naissance de Moïse comme l'action du Créateur, la réconciliation qu'il a faite comme l'opération de l'homme divin ou du fils du Créateur, et la conduite du peuple réconcilié comme l'esprit divin qui conduit, gouverne et dirige tout être temporel et spirituel inférieur à lui.
Moïse ayant échappé à la rage de Pharaon et à l'humanité de ses adhérents par les soins d'une fille de Pharaon qui le fit élever depuis sa tendre jeunesse dans cette cour d'hommes de ténèbres jusqu'à l'âge de sept ans, et contre la volonté de quelqu'un de cette cour qui concertait la défaite de l'individu de Moïse ; la beauté de cet enfant dans sa tendre jeunesse, ses manières, ses connaissances et son air réfléchi, ainsi que son raisonnement dès l'âge de deux ans, fit que la fille du roi s'y attacha encore plus fortement. Elle exigea de la nourrice qui était la mère de Moïse, qu'elle le lui apportât tous les jours à son lever, pour être assurée si l'on effectuait exactement les ordres qu'elle avait donnés d'en avoir soin et la plus grande attention. Cet événement dernier survenu en faveur de Moïse représente le type de l'alliance que les idolâtres feraient par la suite avec la loi divine du Créateur, ainsi que firent le reste des Egyptiens après la défaite de Pharaon et de son armée, qui se lièrent à la loi spirituelle que Moïse professait dans Israël. La nourrice de Moïse, conformément aux ordres qu'elle avait reçus, portait tous les matins, au lever de la princesse, ce jeune enfant, et, un jour, la princesse, observant que cet enfant croissait de plus en plus en beauté, le prit sur ses bras pour l'apporter chez Pharaon, et en passant par la salle
courtisans, qui avaient résolu de faire périr tous les enfants mâles du peuple hébreu. Cette princesse conçut une forte amitié pour le jeune Moïse qui était d'une grande beauté. Elle était frappée de l'air réfléchi qui s'annonçait en lui dans un si bas âge, et qui promettait toutes les connaissances et tout le raisonnement que le jeune Moïse montra effectivement dès l'âge de deux ans. La mère de l'enfant fut la nourrice que la princesse choisit et, pour s'assurer qu'on observait exactement tous les ordres qu'elle avait donnés d'en avoir le plus grand soin, elle exigea que la nourrice lui présentât l'enfant tous les jours. Ceci annonçait déjà l'alliance que les idolâtres feraient à l'avenir avec les lois divines, ce qui a été effectué par les restes des Egyptiens qui, après la destruction de Pharaon et de son armée, se réunirent à la loi de Moïse. La nourrice exécutait ponctuellement les [242] ordres qu'elle avait reçus, et l'enfant croissait de plus en plus en beauté. Un jour entre autres, la princesse fut si charmée de le voir, que, l'ayant pris sur ses bras, elle résolut de se hasarder de le porter à Pharaon son père. Pour cet effet, elle passa dans une salle d'audience où étaient plusieurs tables. Sur l'une de ces tables était un grand carreau où la couronne et le sceptre du roi étaient placés. Parmi les pierres précieuses qui ornaient la couronne du roi, il y avait une escarboucle qui jetait un feu considérable. La princesse approcha le jeune Moïse et le plaça debout sur la table où étaient ces bijoux, afin de voir l'effet qu'ils feraient sur lui, sachant tout ce qu'ils faisaient sur les hommes faits. A l'aspect du brillant de tous ces ornements, le jeune Moïse poussa un grand cri de joie et se mit à sautiller comme la plupart des enfants de son âge. La princesse poussa la curiosité jusqu'à la fin en
d'audience du roi, dans laquelle étaient plusieurs tables sur l'une desquelles était un carreau avec la couronne et le sceptre du roi. La couronne était enrichie de toutes espèces des pierres précieuses. Il y en avait une surtout, que l'on nomme escarboucle, qui jetait un feu considérable. La princesse, ayant avancé cet enfant auprès de cette table, l'y avait posé debout pour lui faire admirer la couronne et voir l'effet que produirait sur lui l'éclat de ses ornements, qui causaient de l'admiration aux hommes faits. Elle l'avança tout auprès de cette couronne, et le jeune Moïse poussa un grand cri de joie à l'aspect de l'éclat qui en ressortait, et se mit en même temps à sauter comme font la plupart des enfants de cet âge. La princesse, voyant qu'il voulait prendre la couronne, y adhéra, et après avoir observé s'il n'y avait personne de la cour à portée de la voir, le pencha sur la couronne et le sceptre qu'il prit avidement et porta le tout sur sa tête. La princesse lui aida même, voyant qu'il ne pouvait le faire seul. Dans cet intervalle, l'enfant laissa tomber le sceptre aux pieds de la princesse, et voulant ôter la couronne de dessus sa tête, il la laissa aussi tomber sur la table à ses pieds, et y en mit même un dessus. Pendant que la princesse s'amusait ainsi avec Moïse, un chambellan du roi, qui avait observé tout ce qu'elle avait fait avec cet enfant, fut en rendre compte au roi, et fit un récit encore contre Moïse, pour que le roi le fît mettre à mort, selon l'arrêt qu'il avait prononcé contre les nouveaux-nés d'Israël.
La princesse, ayant remis la couronne et le sceptre à leur place, s'en fut chez son père, pour lui faire admirer cet enfant. Mais elle se trouva toute interdite de l'accueil que le roi, contre
adhérant au désir que l'enfant témoignait de prendre tous ces bijoux : Elle examina l'appartement pour voir si elle n'était pas observée et, n'apercevant personne, elle penche Moïse sur la couronne et le sceptre. Cet enfant les prend avec avidité, mais ne pouvant les enlever, la princesse lui aide et lui met la couronne sur la tête. Dans cet intervalle, l'enfant laissa tomber le sceptre aux pieds de la princesse et voulut ensuite ôter la couronne de dessus sa tête. Il la laissa tomber sur la table et mit le pied dessus. Pendant que la princesse s'amusait avec le [243] jeune Moïse, un chambellan du roi avait tout observé dans un endroit caché. Le chambellan alla promptement rendre compte au roi de ce qui s'était passé et fit un récit odieux contre Moïse, afin que le roi le fit mettre à mort selon l'arrêt qu'il avait prononcé contre les nouveaux-nés en Israël. La princesse, après avoir remis à leur place le sceptre et la couronne, reprit le jeune Moïse sur ses bras et alla dans l'appartement de son père pour le lui présenter. Mais Pharaon, qui avait été prévenu par son chambellan, fit, contre son ordinaire, un accueil très froid et très rebutant à sa fille. La princesse interdite demanda au roi une audience particulière pour savoir de lui le sujet de son refroidissement. Le roi lui accorda sa demande et, lorsqu'il fut seul avec elle, il ne lui laissa pas le temps de parler, mais il prononça sur le champ l'arrêt de mort contre Moïse. La princesse encore plus surprise mit tout en usage pour que son père lui fit connaître le motif d'un ordre aussi rigoureux, en lui représentant que jamais cet enfant ne serait à craindre pour lui. Elle attendrit tellement le roi par ses discours et par ses larmes qu'il ne put s'empêcher de lui avouer ce que le chambellan lui avait rapporté. N'est-ce que cela ? dit la princesse. Il est bien vrai
son ordinaire, lui fit, et au jeune Moïse. Elle en fut si pénétrée qu'elle demanda au roi une audience tête à tête pour savoir ses intentions à son sujet et à celui de Moïse. Ce que le roi lui ayant accordé, il ne lui donna pas le temps de parler et prononça aussitôt l'arrêt de mort de Moïse. La princesse, encore plus surprise, voulut avoir une explication du roi de ce changement d'ordre contre Moïse. Alors le roi, la voyant fondant en larmes, lui récita ce qu'un de ses chambellans lui avait rapporté. La princesse, encore bien étonnée, dit au roi : "'Ce qu'on vous a rapporté de moi est bien vrai, mais cet enfant n'a pas pris le sceptre et la couronne avec méchanceté et ne les a point jetés à terre. Mais, puisque votre volonté est telle, je vous demande, ô roi, que l'arrêt de mort que vous avez prononcé contre Moïse ne soit exécuté qu'après l'expérience qui sera faite devant vous de cet enfant avec du feu. L'expérience faite, que votre volonté s'accomplisse." Le roi, déférant à la volonté de sa fille, accepta sa proposition, et l'expérience fut faite devant lui, le délateur et la nourrice de Moïse, et voici ce qui fut fait : la princesse fit allumer un grand réchaud de feu ardent, que l'on mit sur la même table où étaient le sceptre et la couronne. Ensuite, la princesse présenta elle-même cet enfant, comme elle avait fait la première fois sur cette table. A peine Moïse eut-il aperçu le feu qu'il s'y jeta précipitamment, sans faire attention à la couronne et prit avec sa main droite un charbon qu'il mit dans sa bouche, où il s'éteignit après lui avoir brûlé une partie de sa langue. Après que cette expérience fut faite, la princesse que le Créateur avait suscitée pour être la protectrice et la conservatrice temporelle du jeune Moïse, plaida contre le rapport téméraire
que l'enfant a pris votre sceptre et votre couronne, mais il ne peut y avoir aucun mauvais dessein de sa part, et, s'il les a laissé tomber, ce n'est sûrement ni par mépris ni par méchanceté. Cependant, puisque votre arrêt est prononcé, [244] il ne me reste qu'une grâce à vous demander ; c'est de suspendre l'exécution jusqu'à ce qu'on ait fait devant vous une expérience sur cet enfant avec du feu. Le roi y ayant consenti, la princesse fit apporter devant lui, en présence de la nourrice de Moïse, un grand réchaud de feu. On posa ce réchaud sur une table avec le sceptre et la couronne du roi ; ensuite la princesse posa l'enfant sur cette table comme elle l'avait fait la première fois. Sitôt que le jeune Moïse eut aperçu le feu, il se précipita dessus sans regarder le sceptre ni la couronne, il prit de sa main droite un charbon allumé qu'il porta dans sa bouche où il s'éteignit après lui avoir brûlé une partie de la langue. Après cette expérience, la princesse, que le Créateur avait suscitée pour être la protectrice temporelle de Moïse, plaida contre le rapport téméraire du chambellan et dit au roi : "Si le rapport qu'on t'a fait contre cet enfant était vrai et qu'il eût agi par l'impulsion du Dieu d'Israël que tu tiens chez toi en captivité, cette inspiration se serait encore manifestée dans ce moment ; mais tu vois qu'il n'a fait aucune attention à ton sceptre ni à ta couronne, et qu'il leur a préféré le feu malgré tout le mal qu'il pouvait en ressentir, et qu'il s'est fait effectivement. Tu vois donc quelle est l'impulsion de ton chambellan qui a voulu te séduire pour t'engager à faire périr cet enfant. Il est de ta gloire et de la justice que cet homme ne demeure pas impuni." [245]
que le chambellan avait fait au roi, et lui dit : "Si le rapport qu'on t'a fait de l'action de Moïse contre ton sceptre et ta couronne avait été tel, et qu'il eût agi par l'inspiration du Dieu [d']Israël, que tu tiens en captivité chez toi, cette inspiration serait encore la même que la première dont ton chambellan a voulu te persuader, pour la destruction de cet enfant ; ce qui prouve le contraire de ce qui t'a été rapporté par ton chambellan contre qui je demande justice, c'est que cet enfant n'a fait aucune attention à ton sceptre ni à ta couronne, puisqu'il a préféré en notre présence l'éclat du feu, qu'il en a pris dans sa bouche sans considération du danger où il s'exposait. Voilà, acheva la princesse, qui te prouve qu'il n'y a point d'inspiration du Dieu d'Israël chez cet enfant et qu'il y a de la méchanceté de la part de ton chambellan."
Le roi prononça aussitôt son exil de la cour à perpétuité. Ce chambellan fut forcé de rester errant et vagabond hors de la terre d'Egypte, et fut se répandre chez d'autres nations. La princesse rendit grâce au roi de la justice qu'il lui avait rendue, ainsi qu'au jeune Moïse, en faveur de qui il ordonna toutes sortes de soins.
Voilà l'explication et la cause du bégaiement de Moïse. Je ne vous expliquerai point le type que fait cet événement arrivé à Moïse, à la princesse et au chambellan, de même que celui de la couronne foulée aux pieds par Moïse et le sceptre renversé aux pieds de la princesse. Vous n'avez qu'à réfléchir sur l'événement terrible survenu depuis à Pharaon, à son armée et au reste infortuné des Egyptiens qui se sont réellement affiliés à la loi divine que
Aussitôt le roi bannit son chambellan à perpétuité hors de la terre d'Egypte, et le força d'aller errer chez d'autres nations. La princesse rendit grâces au roi et ordonna toutes sortes de soins en faveur de Moïse. C'est de cet événement que provient la cause du bégayement de Moïse, et c'est de là qu'il établit, par la suite, la circoncision des lèvres. Je ne prétends pas entrer ici dans le détail des types que font tous les événements que je viens de rapporter. Il vous suffit de réfléchir sur tous les malheurs arrivés à Pharaon et à son peuple depuis cette époque. Lisez, de plus, l'Ecriture avec soin, vous verrez clairement dans tous ces faits le type de l'avènement du Christ dans ce monde. Vous verrez que la princesse représentait la mère du Christ, ou cette belle fille vierge dont il est dit : je suis noire, je suis belle. Quant au chambellan, il n'avait pas
Moïse professait. Si vous lisez l'Ecriture sainte avec soin, elle vous instruira assez à ce sujet, et vous y trouverez dans le sens spirituel, l'avènement du Christ prévenu par une fille vierge appelée belle fille d'Egypte. Vous trouverez encore, par ce que je viens de dire, véritable le type de cette vierge, de laquelle le Christ est né temporellement et spirituellement. Voilà qui explique bien clairement le passage de l'Ecriture : "Nigra sum sed formosa", je suis noire, mais je suis belle fille d'Egypte. Le chambellan n'avait pas tout à fait tort de dire au roi Pharaon que ce que le jeune Moïse avait fait de concert avec sa fille contre sa couronne et son sceptre, était par l'inspiration du Dieu des Hébreux. Il ne parlait ainsi que parce qu'étant mage impur et contraire à l'inspiration divine, il lui convenait de parler ainsi, et qu'il professait la science diabolique, que lui faisait concevoir l'esprit divin qui agissait en bonne intelligence avec les mineurs incorporés dans les formes corporelles de Moïse et de la princesse. Voilà, par le fait du chambellan, ceux de Moïse et de la princesse, la véritable contraction de l'intellect démoniaque expliquée par le chambellan, et l'action de l'intellect spirituel divin par Moïse et la princesse fille de Pharaon. C'est de cet événement que Moïse prit la circoncision des lèvres dont parle l'Ecriture.
eu tort de dire au roi que le jeune Moïse avait agi sous l'inspiration du Dieu des Hébreux : cet homme était au nombre des mages impurs de l'Egypte. Il professait la science diabolique qui lui faisait concevoir l'esprit divin qui opérait dans Moïse et dans la princesse, et c'était là un type frappant de la contre-action que l'intellect démoniaque opère contre l'intellect spirituel divin.
Moïse ayant perdu, à l'âge de sept ans, la fille de Pharaon, sa protectrice, il vécut insensiblement sous la protection de Pharaon et sous la conduite de sa mère et de son père Tupz, jusqu'à l'âge de quarante ans, avec son frère Aaron, son aimé. Moïse vécut en liberté sous la protection du roi, parmi le peuple [d']Egypte, avec ses frères hébreux et son frère charnel Aaron. Le nom de Moïse lui
Moïse, ayant perdu à l'âge de sept ans la princesse sa protectrice, demeura jusqu'à l'âge de vingt ans sous la protection du roi, sous la conduite de [246] son père et de sa mère, avec Aaron son frère aîné. Je ne vous ai point donné l'explication du nom de Moïse, il vous suffit de ce que l'Ecriture enseigne à cet égard, que le nom de Moïse lui fut donné par la fille de Pharaon parce qu'elle l'avait
fut donné par la fille de Pharaon, parce qu'elle l'avait tiré des eaux, ainsi qu'il est parvenu jusqu'à nous que le nom de Moïse signifie "sorti des eaux". Se promenant un jour dans les champs de la terre d'Egypte, il rencontra un de ses frères hébreux outragé et terrassé par un Egyptien, et, voyant que l'Egyptien allait le tuer, Moïse, homme fort et vigoureux relativement à sa haute taille d'environ six pieds, tomba sur l'Egyptien et le tua d'un seul coup, et ensuite il s'enfuit de la terre d'Egypte. Cette fuite n'explique rien que d'ordinaire, ne faisant aucun type spirituel.
Le meurtre que Moïse fait d'un Egyptien dans la terre d'Egypte explique la puissance et l'autorité de force spirituelle divine que le Créateur départirait à Moïse pour la délivrance de son peuple hébreu de la captivité et molestation des Egyptiens, ainsi que Moïse en avait déjà été prévenu, par ordre de l'Eternel. C'est de cet événement arrivé contre l'Egyptien que Moïse exerçait son premier acte d'autorité spirituelle divine. La destruction de l'Egyptien explique celle des opérations démoniaques faites par celles spirituelles divines, et la délivrance de l'Hébreu des mains de 1'Egyptien explique celle des Hébreux par le ministère de Moïse. Voilà ce que je puis vous dire de plus intéressant sur le principe et l'origine de Moïse et sur ses opérations spirituelles. Voyez si elles ne répètent pas exactement celle des élus qui ont passé avant lui. Je n'entrerai pas dans l'explication de la fuite de Moïse de la terre d'Egypte, des quarante ans qu'il a resté seul sous la protection du Créateur, après leur avoir offert sa personne et son âme en sacrifice pour la délivrance de ses frères hébreux, de l'esclavage d'Egypte. Il invoqua le
sauvé des eaux. Moïse, appuyé de la protection du roi, vivait en toute liberté parmi ses frères Hébreux et parmi le peuple d'Egypte ; mais, se promenant un jour dans un endroit écarté, il aperçut un de ses frères Hébreux qu'un Egyptien maltraitait ; il était même sur le point de le tuer. Moïse, qui avait six pieds de haut et qui avait une force proportionnée à sa taille, tomba sur l'Egyptien et le tua d'un seul coup. Alors il fut obligé de fuir hors de la terre d'Egypte. Cette fuite ne forma aucun type spirituel, mais le meurtre de l'Egyptien annonçait la force et la puissance que le Créateur donnerait à Moïse pour la délivrance de son peuple. Il annonçait clairement cette délivrance et la molestation des Egyptiens. Voilà tout ce qu'il y a d'intéressant sur l'origine et sur les premiers temps de la vie de Moïse. Vous pouvez voir, néanmoins, que ses premières opérations répètent parfaitement celles de tous les élus précédents. Au bout des quarante ans que Moïse resta hors d'Egypte, et toujours sous la protection du Créateur, il offrit en sacrifice au Créateur son corps et son âme pour la délivrance de ses frères Hébreux. Il invoqua le Créateur pour savoir de lui si le sacrifice qu'il venait [247] de faire lui avait été agréable. Le Créateur lui envoya un ange qui lui apprit à quoi il était destiné, relativement à sa résignation, à sa fermeté et à son amour pour ses frères. Cet ange dit à Moïse : "Conduis ton troupeau au fond du désert de Madian, et là le Créateur te fera connaître sa volonté." Moïse fit une seconde opération entre le désert de Madian et le mont Horeb, dans laquelle il offrit une seconde fois son corps et son âme au Créateur sous ces paroles : "O Eternel ! Créateur de toutes puissances exauce le sacrifice que je te fais en toute sainteté et dans la pureté de la puissance
Créateur pour savoir s'il a eu pour agréable le sacrifice qu'il venait de lui faire. A cette considération, le Créateur envoie à Moïse son ange, qui lui apprend à quoi l'Eternel l'avait destiné, relativement à sa résignation, sa fermeté, son attachement et l'amour qu'il avait pour ses frères hébreux. L'ange parla à Moïse de par l'Eternel et lui dit : "Moise, l'Eternel te dit par ma parole qu'il te fera part plus amplement de ce que tu désires savoir de lui. Conduis pour cet effet ton troupeau au fond du désert de Madian, et ensuite il te sera dit ce qu'il faut que tu fasses pour être instruit de ce que tu désires apprendre du Créateur." Moïse fait une seconde opération entre le désert de Madian et le mont Horeb et offre, pour la seconde fois, de lui-même, sacrifice au Créateur, dans ces termes : "O Eternel Créateur de toute puissance, exauce le sacrifice que je te fais en pureté spirituelle, en toute sainteté de puissance divine, qu'il t'a plu me donner pour ta plus grande gloire, celle de ta justice et pour celle de ta miséricorde infinie. Je soumets aux pieds de ta grandeur divine, mon âme, mon coeur et mon corps, pour qu'il te plaise en disposer à ta sainte volonté. Ainsi que tout vient de toi, tout doit retourner à toi. Reçois les sacrifices que je te fais, de tout ce que je possède spirituellement et temporellement en expiation du péché du père des hommes de la terre et de celui de toute sa postérité."
divine qu'il t'a plu de me donner dans ta miséricorde et pour ta plus grande gloire ! Je me soumets tout entier à ta grandeur infinie ! dispose de moi selon ta volonté : reçois le sacrifice que je te fais de mon âme, de mon coeur et de mon corps, et de tout ce qui m'appartient spirituellement et temporellement ; reçois-le pour l'expiation du péché du père des hommes et celui de toute sa postérité. Ainsi que tout vient de toi, tout retournera à toi."
Moïse ayant offert son second sacrifice de lui-même, avec distinction ternaire, ce qu'il n'avait pas fait à la première, sentit naître dans son âme à quoi le Créateur le destinait. Il offrit en premier lieu son âme, ou son être mineur, parce qu'il n'y a rien de plus convenable à être offert au Créateur que l'esprit mineur qui peut
Moïse, ayant offert cette seconde fois le sacrifice de lui-même en trois divisions distinctes, ce qu'il n'avait point fait la première fois, sentit en lui-même que son opération avait été agréable au Créateur. Il avait offert premièrement son âme, parce que rien de plus parfait ne peut être offert au Créateur que l'esprit
ressembler à l'esprit créateur. Il offre ensuite son coeur, pour exprimer qu'il offre la puissance spirituelle divine, que le Créateur donna à son âme dès qu'elle fut émanée de l'immensité divine. On peut voir la vérité de ce que je dis de la puissance de l'âme par les quatre lettres, ou caractères qui sont inscrits dans le coeur du corps de l'homme, que les grands anatomistes savent être marqués, comme je le dis, et ne pouvant les interpréter, ils les ont laissés sans explication. C'est ce que j'expliquerai dans mon traité de [la] matière. Voilà la seconde division. Il offre son corps, ou sa forme de matière corporelle, pour exprimer qu'il offrait au Créateur les essences spiritueuses desquelles proviennent toutes les formes de l'univers. Voilà la troisième division de l'offre que Moïse a faite spirituellement au Créateur.
Après cette seconde opération, Moïse fut appelé par l'esprit divin pour se rendre sur le mont Horeb, qui veut dire "élévation divine", que l'Ecriture rend par le nom de la montagne de Dieu. Il entendit que l'esprit du Créateur l'appelait par le nom de Moïse, qui est le même qu'il lui avait fait donner par la fille de Pharaon ; ce qui le confirma encore plus dans la croyance de la faveur que le Créateur lui accordait préférablement à tous les hommes d'Israël. Il fut ensuite instruit de la façon dont il entrerait dans le centre de la splendeur du feu spirituel divin qui entourait le mont Horeb, que l'on appelle mystérieusement "buisson ardent", et y étant entré dénué de toute matière, il fit sa "prosternation la face en terre, son corps étendu de tout son long, figurant par cette attitude le repos de la matière abattue par la présence de l'esprit du
mineur qui a sa ressemblance avec [248] l'esprit divin. Il offrit en second lieu son coeur ou la puissance spirituelle que l'âme reçoit au moment de son émanation. Cette puissance est figurée par les quatre caractères inscrits dans le coeur de l'homme. Les anatomistes les connaissent, mais, ne pouvant les interpréter, ils les laissent sans explication : j'en parlerai lorsque je traiterai de la matière. Enfin Moïse offrit son corps pour exprimer les trois essences spiritueuses d'où proviennent toutes les formes contenues dans l'univers. Après cette seconde opération, l'esprit divin l'appela par le nom de Moïse, le même qu'il avait reçu de la fille de Pharaon ce qui le confirma dans la croyance de la faveur que le Créateur lui accordait préférablement à ses frères. L'Esprit l'instruisit de la manière dont il entrerait dans le centre de la splendeur du feu divin qui entourait le mont Horeb : cette montagne est appelée mystérieusement buisson ardent. Moïse y étant entré dénué de tous métaux et de toute matière impure, fit sa prosternation face en terre, le corps étendu de tout son long, figurant le repos de la matière abattue par la présence de l'esprit du Créateur, et le repos naturel qui est donné à toutes les formes après leurs opérations temporelles. Cette attitude figure encore la réintégration nécessaire de toutes les formes corporelles particulières dans la forme générale, ainsi que la séparation en suspension qui arrive à l'âme lorsqu'elle contemple l'esprit, parce [249] que le corps de la matière ne peut avoir aucune part à ce qui s'opère entre le mineur et l'esprit divin. C'est ce que nous ont confirmé les sages et forts élus du Créateur dans leurs extases de contemplation divine, et le Christ lui-
Créateur et le repos naturel qui est donné à toutes les formes corporelles, après leurs opérations temporelles. Cette attitude est encore le type de la réintégration nécessaire de toutes les formes corporelles particulières dans la forme générale. L'attitude de ce corps étendu sur la terre, sans infirmité et sans difformité, explique encore l'extase, ou la suspension de l'être mineur entre lui et sa forme corporelle, pour opérer et contempler, en pur et simple être pensant divinement l'esprit ; le corps de matière n'ayant aucune part à ce qui s'opère entre l'âme et l'esprit divin, ainsi que l'ont certifié les forts et sages élus du Créateur dans leur extase de contemplation divine, et c'est confirmé par l'extase du Christ à la contemplation de son père.
même nous l'a fait voir clairement.
Ce que je dis de la situation de l'état d'abandon et d'insensibilité, où se trouve le corps lorsque le mineur spirituel est en contemplation de l'esprit divin, ou qu'il est en opération directe avec lui, ne vous sera pas difficile à comprendre par la comparaison suivante : N'est-il pas vrai que, lorsqu'un homme dort profondément, on en peut disposer comme on veut et même détruire facilement son individu ? Ce n'est pas parce qu'il a les yeux fermés. Car il y en a beaucoup qui dorment les ayant ouverts. Ce n'est pas d'ailleurs les yeux qui préviennent la forme de ce qui doit lui arriver de contraire ou d'avantageux. Si l'âme n'est pas en conjonction et en fonction spirituelle divine avec celle du corps, [le corps] doit ignorer tout ce qui se passe, ou doit se passer, pour ou contre lui. Tout homme affecté d'une forte contemplation temporelle, sa forme ne tombe-t-elle pas dans une espèce d'inaction et d'insensibilité naturelle, au point qu'on
Cette insinuation du corps, lorsque l'âme est en contemplation, ne vous sera pas difficile à concevoir. Considérez un homme dans le sommeil. Ne peut-on pas alors disposer de sa forme et même la détruire sans que l'homme qui est endormi puisse la défendre ? On ne dira pas que c'est parce que cet homme a les yeux fermés, puisqu'il y a plusieurs personnes qui dorment les yeux ouverts et qui ne sont pas plus en sûreté pour cela. C'est donc uniquement parce que l'âme a suspendu la fonction qu'elle fait ordinairement de ses fonctions spirituelles avec les fonctions corporelles de la forme, et le corps reste à la conduite de l'agent corporel qui ne peut avoir connaissance de ce qui doit lui arriver de funeste ou d'avantageux si l'âme ne la lui communique. La même chose arrive dans la contemplation, lorsqu'elle est assez forte pour affecter vivement l'âme : le corps tombe dans une espèce d'inaction, il n'est susceptible d'aucune impression par
leur parlerait et qu'ils ne répondraient point ? Est-ce parce qu'ils ne voudraient pas ? Non, c'est parce que l'âme a suspendu son action spirituelle avec le corps pour la transporter à l'objet spirituel divin qui l'affecte et l'assujettit plus que la forme corporelle qu'elle habite. Il ne faut pas croire cependant que parce que l'âme a transporté son action spirituelle divine à un être supérieur à elle et à sa forme, elle soit détachée de son corps. Elle ne l'est qu'en action spirituelle, et non en nature réelle. On doit conclure de tout ce que j'ai dit, touchant l'insensibilité du corps lorsque l'âme est en contemplation, que celui de l'homme divin ne souffrit aucune douleur sensible, des divers supplices qu'on lui infligea, son âme étant en contemplation et en relation avec l'esprit de son père. Par conséquent, les contorsions que le corps de l'homme-Dieu faisait à mesure des supplices qu'on lui donnait, n'étaient autre chose qu'une action propre ordinaire et naturelle, qui s'opérait dans cette forme par l'instinct, ou véhicule de ce feu central, qu'on opérait contre ses lois de nature spiritueuse. Voilà, je crois, clairement expliquée l'action de l'instinct que nous avons, relativement à notre forme corporelle, et l'action de l'âme spirituelle, relativement à son émanation divine, et la certitude de l'extase à la privation du corps de connaissance des choses qui s'opèrent entre l'âme et l'esprit. C'est encore de là que les hommes qui ont essuyé des tourments et des supplices affreux pour la plus grande gloire du Créateur et pour la manifestation de sa justice, ont enduré très [?] patiemment, à l'exemple du Christ, tout ce que l'esprit démoniaque a pu susciter aux hommes de faire contre ces martyrs. Ils jouissaient de la même grâce relativement à leur mission, que
la raison que l'âme se porte tout entière vers l'objet de sa contemplation spirituelle. Il ne faut pas croire pour cela que l'âme se soit détachée du corps. Elle [250] n'en est séparée qu'en action spirituelle et non en nature. Nous avons des preuves de cette insensibilité corporelle, lorsque l'âme est en contemplation, dans les supplices qu'on a exercés sur le corps de Jésus-Christ et sur celui de plusieurs martyrs. Le corps du Christ ne souffrait aucune douleur dans les tourments qu'on exerçait sur lui. Si ce corps faisait quelques mouvements, ce n'était qu'une suite de l'action innée du véhicule que l'on opprimait contre sa loi de nature. Ceux qui, à l'exemple du Christ, se sont exposés à des supplices affreux, jouissaient de la même grâce que lui relativement à leur mission, qui ne tendait qu'à la gloire du Créateur. Le Christ était en contemplation avec l'esprit du Père, et les heureux mortels qui l'ont imité étaient en contemplation avec l'esprit du Fils divin. C'est là ce qui nous fait concevoir la suspension de l'action de l'âme, et la privation ou l'ignorance où le corps reste alors de ce qui s'opère, autour de lui. Revenons à Moïse.
celle du Christ lorsqu'il fut immolé pour la réconciliation des hommes de la terre avec le Créateur. Le Christ était en extase avec l'esprit du père, et eux l'étaient avec l'esprit du fils divin. Cela doit vous suffire pour vous convaincre de tout ce que je vous ai dit de l'extase et la suspension d'action de l'âme spirituelle, qui se fait sur son corps selon qu'elle est opérée par l'esprit divin. Je vais continuer à vous instruire des oeuvres de Moïse et du grand type qu'il fait de la Divinité sur cette terre.
Moïse, étant en prosternation, reçut du Créateur les quatre puissances divines, pour aller opérer contre les quatre régions démoniaques, qui manifestaient leur gloire et leur puissance dans la terre d'Egypte, contre la postérité d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, dans laquelle le Créateur devait manifester sa plus grande gloire et justice contre les démons, par son ministère, par la puissance des opérations divines qu'il lui avait transmises, ainsi que les possédait Adam dans son premier état de gloire. Tout homme en désir spirituel peut obtenir du Créateur cette quadruple puissance, quoique revêtu d'un corps de matière apparente, lorsqu'il s'en est rendu digne. La résistance que fit Moïse à la volonté divine, pour aller sortir son peuple élu de la terre Egypte, n'était point de sa part une désobéissance. Au contraire, c'était plutôt par crainte que par opiniâtreté, d'où l'on doit inférer que la foi parfaite n'est qu'en l'Eternel, ne pouvant venir en nous, si elle ne vient directement de lui. Moïse étant bègue, et ayant représenté au Créateur le défaut d'articulation qu'il avait pour se faire entendre aux enfants d'Israël, redoubla sa prière au Créateur, pour être dispensé de cette mission. A quoi il lui fut répondu
Pendant qu'il était dans sa prosternation, il reçut du Créateur les quatre puissances divines nécessaires pour aller opérer contre les quatre régions démoniaques, dont les chefs manifestaient toute leur malice dans la terre d'Egypte contre Israël. C'était par ce sage député que le Créateur devait manifester sa gloire et sa justice. Il lui donna, en conséquence, les mêmes pouvoirs dont Adam avait été revêtu [251] dans son état de gloire ce qui nous fait voir que tout homme de désir peut très parfaitement obtenir du Créateur cette quatriple puissance, quoique revêtu d'un corps matériel. Si Moïse fit quelque résistance à la volonté du Créateur, ce ne fut point du tout par désobéissance et par opiniâtreté, c'était uniquement parce qu'il se croyait incapable de remplir la mission que lui donnait le Créateur, ou [sic pour : vu] le défaut d'articuler qui lui était resté depuis l'expérience que la princesse sa protectrice avait voulu faire sur lui dans son enfance. Cette crainte et cette défiance nous prouvent que la loi parfaite ne peut être en nous si elle ne nous est donnée d'en haut. Le Créateur lui fit répondre qu'il eût à prendre avec lui son frère Aaron pour interpréter ses paroles, et que d'ailleurs il serait assisté par Ur
qu'il prendrait avec lui son frère Aaron, qui interpréterait sa parole selon la pensée qui lui serait suggérée par l'esprit divin et selon la volonté du Créateur en faveur d'Israël et en punition de l'Egypte et de tous ses habitants. A quoi Moïse se soumit en disant : "Que la volonté du Créateur s'accomplisse, comme il a prononcé en faveur de la réconciliation d'Israël et de sa délivrance de la captivité de la terre d'Egypte." Moïse alla exécuter les ordres qu'il avait reçus du Créateur, et selon que le Créateur l'avait ordonné. Aaron et Ur furent joints à lui. Aaron signifie "homme-Dieu élevé en gloire divine prophète divin" et Ur "feu du Seigneur, esprit de la Divinité".
pour exécuter ses opérations spirituelles. Le nom d'Aaron signifie homme élevé en grâce divine ou prophète divin, et le nom d'Ur signifie feu du Seigneur ou l'esprit de 1a Divinité. Moïse dit alors : "Que la volonté de Dieu s'accomplisse selon qu'il l'a ordonné pour la délivrance de son peuple et la molestation des Egyptiens !"
Moïse fut donc dans la terre d'Egypte pour opérer sa puissance divine avec ses adjoints en faveur du peuple élu. Ses adjoints étaient comme principaux assistants à toutes ses opérations divines. Il se présenta à Pharaon pour lui dire de la part de l'Eternel de laisser aller le peuple d'Israël, ce qu'il ne voulut point pour la première fois. Il lui fait une seconde et troisième fois la même demande, mais Pharaon, plus opiniâtre, rejette encore la demande de Moïse.
Il se rendit aussitôt dans la terre d'Egypte avec ses deux assistants, et, se présentant devant Pharaon, il lui ordonna de par l'Eternel de rendre la liberté aux Hébreux . Pharaon refusa. Moïse lui répéta cet ordre une seconde fois et, après une troisième, il reçut toujours la même réponse. [252]
Moïse se retire et va au centre de l'Egypte user de toute l'autorité et la puissance que le Créateur lui avait données pour cet effet, et frappe la terre d'Egypte et ses habitants de sept plaies horribles et met le comble de l'extermination dans la terre d'Egypte ; sur quoi on peut avoir recours à l'Ecriture qui en fait assez mention. Il fait avertir généralement les enfants d'Israël d'avoir de se tenir prêts pour l'heure de minuit du 14 ou 15e de la lune de nisan, ou de mars, pour être délivrés de la terre et de l'esclavage d'Egypte et pour faire
Voyant cette opiniâtreté, Moïse se retira au centre de l'Egypte pour y faire usage de toute la puissance dont le Créateur l'avait revêtu. Il frappa l'Egypte et ses habitants de sept plaies horribles qui mirent le comble de la désolation dans ces lieux de ténèbres. L'on peut s'en tenir à tout ce que l'Ecriture rapporte à ce point. Moïse donna ensuite un avertissement général aux enfants d'Israël de se tenir prêts pour l'heure de minuit, du 14 au 15 du mois de la lune Nisan ou de Mars. C'était le moment où les Hébreux devaient être délivrés de la
route vers la terre promise par le Créateur à leurs pères. Les ordres de Moïse furent suivis exactement. Il se prépara de son côté pour faire la grande opération divine et fait prendre pour cet effet un agneau blanc d'un an sans tache extérieure ni intérieure, ce qui fait allusion à la pureté d'âme et de corps des enfants d'Israël ; et l'agneau blanc fait allusion à la victime spirituelle divine qui serait immolée par la suite, pour la plus grande gloire et justice du Créateur. L'agneau étant égorgé par Aaron pour servir d'holocauste d'expiation et pacification aux enfants d'Israël, il marque avec le sang de cet agneau en forme de réceptacle, les quatre angles du lieu où il devait faire son opération pour frapper les quatre parties de l'Egypte et en fait répandre le reste sur la terre. Il avait aussi fait recommander à tous les enfants d'Israël d'avoir chacun dans leur famille un pareil agneau, que les chefs de famille égorgeraient, du sang duquel ils marqueraient en forme de réceptacle la porte de leurs maisons, pour être une marque de l'alliance que le Créateur faisait avec Israël, et une preuve certaine qu'il allait faire exterminer entièrement l'Egypte et tous ses habitants.
servitude et faire route vers la terre que le Créateur avait promise à leurs pères. Le peuple exécuta les ordres qu'il avait reçus, et Moïse, de son côté, se prépara pour faire au même moment sa grande opération. Il fit prendre, pour cet effet, un agneau blanc d'un an, sans tâche extérieure ou intérieure. L'agneau, symbole de la victime qui devait être immolée par la suite pour le salut du genre humain, représentait aussi la pureté du corps et de l'âme des enfants d'Israël. Cet agneau, étant égorgé par Aaron pour servir d'holocauste d'expiation, Moïse en prit le sang, avec lequel il marqua en forme de réceptacle les quatre angles du lieu où il devait faire sa grande opération pour frapper les quatre parties d'Egypte, et ensuite il fit répandre le reste du sang sur la terre. Moïse avait ordonné également à tous les enfants d'Israël de choisir un agneau semblable au [253] sien. Les chefs de famille devaient égorger cet agneau et marquer, avec son sang, en forme de réceptacle, la porte de leurs maisons. C'était là la marque de l'alliance du Créateur avec Israël, et de l'entière extermination des Egyptiens.
Cette marque était encore un signe d'ordre et de commandement, que Moïse devait faire dans la grande opération, aux esprits exterminateurs qu'il assignait et consignait pour la justice, la défense et la conduite des enfants d'Israël hors de la terre d'Egypte. Le réceptacle qu'il avait fait avec le sang était pour deux fins, la première pour désigner à Israël que le sang dans lequel la vie animale, ou véhicule du feu central, réside, était le symbole de leur âme spirituelle divine. Ce même sang désignait encore à Israël que c'était là le tronc de l'âme, et le
Ce réceptacle donnait aux Israélites une double instruction : la première, que ce sang animal, pris comme symbole de puissance, représentait leur âme spirituelle ; la seconde, que ce même sang était le tronc et le siège d'où cette âme préside et actionne tout le général de la forme particulière qu'elle habite. Cette figure représentait encore les quatre régions célestes d'où Moïse faisait sortir, par les quatre puissances divines, les quatre anges exterminateurs qui devaient molester les Egyptiens, et en même temps veiller à la défense du peuple d'Israël lors
véhicule du feu, le véritable siège de cette âme, d'où elle préside et actionne sur toute la forme particulière qu'elle habite. La figure du réceptacle expliquait à Israël les quatre régions célestes, d'où Moïse avait fait sortir les quatre espèces d'esprits exterminateurs pour leur plus grande justice, selon le pouvoir qu'il en avait reçu par les quatre puissances divines, que le Créateur avait mises réversibles sur lui. Moïse ordonna aux enfants d'Israël de manger seulement la chair de l'agneau, que chaque famille aurait fait cuire tout entier, dépouillé de sa peau, mais sans dégrader sa forme corporelle, et que lorsqu'ils auraient mangé toute la chair jusqu'à moitié corps, ils mettraient tout le reste en entier dans le feu, jusqu'à parfaite consumation. La cuisson de la chair de cet agneau expliquait à Israël la purification de leur chair matérielle pour être propre à participer en partie à la satisfaction que ressent l'âme spirituelle de son intellect spirituel divin, et le reste du corps osseux de cet agneau, qu'on faisait brûler dans un grand feu jusqu'à entière consumation, expliquait la réintégration des essences spirituelles dans le lieu d'où sont provenues toutes les formes corporelles qui existent en apparence. Ce lieu est l'axe feu central où elles ont été opérées par les esprits opérants et fabricants de ces mêmes essences. Car, comme le feu élémentaire a la propriété et faculté de réduire en cendres et poussière tout ce qu'il embrasse, jusqu'à entière dissolution, de même le feu axe central a la faculté et la puissance de dévorer et dissiper tout ce qui se réintègre en lui, sans aucune distinction d'apparence convenable à aucun esprit. L'ordonnance que Moïse fit à Israël, que les familles d'entre eux qui n'auraient pas d'agneau pour faire la même cérémonie
de la sortie d'Egypte. Moïse avait ordonné aux Israélites d'égorger et de dépouiller l'agneau qu'ils avaient choisi. Ils devaient ensuite le faire cuire, en manger toute la chair depuis la tête jusqu'à la moitié du corps, et faire consumer le reste par le feu. Par la cuisson de l'agneau, Moïse figurait aux Israélites la purification de leur forme corporelle, pour se disposer à la communication de l'intellect spirituel divin ; et, en ordonnant de brûler ce qui resterait de l'agneau, il voulait leur représenter la réintégration des essences spiritueuses dans l'axe central d'où elles sont provenues. Car, de même que le feu élémentaires [254] a la propriété de réduire en cendres tout ce qu'il embrasse, de même l'axe central a la faculté de dévorer et de dissiper entièrement tout ce qui se réintègre dans lui, sans qu'il en demeure aucune apparence ni aucune substance convenable et propre à être habitée par un esprit. Moïse ordonna de plus aux Israélites, que les familles qui n'auraient point d'agneaux chez elles se réunissent à celles qui en auraient. Il annonçait par là l'alliance que le reste des idolâtres de l'Egypte feraient à l'avenir avec la loi divine ; ce qui est effectivement arrivé.
que celles qui en auraient, se joignissent à celles-ci, ce qui fut exécuté comme il l'avait ordonné, explique à Israël le type de l'alliance que le reste des idolâtres d'Egypte feraient avec la loi divine, comme il est arrivé. Je ne détaillerai point tout ce qui se passa entre Pharaon et les enfants d'Israël pour leur sortie d'Egypte.
Je me contenterai de vous parler un peu des opérations spirituelles divines de Moïse, mises en lutte avec celles des sages d'Egypte. Moïse, ayant fait rencontre dans la terre d'Egypte de quatre anciens sages d'Ismaël qui professaient secrètement de génération en génération la science du culte spirituel divin, leur parla ainsi : "Je vous dis, sages d'Egypte, que je suis ici pour lutter ma puissance avec la vôtre, pour la plus grande gloire de mon Dieu de qui tout dépend, et pour la justice de son peuple élu. Pourquoi insistez-vous contre la volonté du Créateur, en endurcissant l'âme de Pharaon et le portant à rejeter la demande que je lui fais en faveur d'Israël ?" Les sages lui répondirent : "Si le Dieu que tu sers est si puissant que tu le dis, pourquoi n'opère-t-il pas lui-même par sa propre volonté, sans le secours d'un être ordinaire comme toi ? Va, ajoutèrent-ils, ton Dieu ne fut jamais tel que tu le dis, et ta puissance n'est qu'imposture devant Pharaon et son peuple."
Pour vous instruire amplement de tous les événements qui ont précédé la délivrance du peuple hébreu de la servitude, je vais vous rapporter les opérations spirituelles que Moïse fut obligé d'opposer à celles des mages d'Egypte et des sages d'Ismaël qu'il rencontra parmi les Egyptiens. Ces mages et ces sages professaient secrètement en Egypte, de génération en génération la science divine, mais Moïse, les ayant découverts, leur parla ainsi : "Je vous dis, mages d'Egypte et sages d'Ismaël, que je suis ici de par l'Eternel, pour opposer ma puissance à la vôtre pour la gloire de mon Dieu, de qui tout dépend, et pour la délivrance de son peuple élu. Pourquoi marchez-vous contre la volonté du Créateur, en endurcissant l'âme de Pharaon et l'induisant à rejeter la demande que je lui fais en faveur d'Israël ?" Les sages et les mages lui répondirent : "Si [255] le Dieu que tu sers est aussi puissant que tu le dis, pourquoi n'opère-t-il pas lui-même et par sa propre volonté, sans le secours d'un être comme toi ? Va, ton Dieu ne fut jamais tel que tu le dis et ta puissance n'est qu'imposture."
Aussitôt, Moïse, frappé de cette insulte, jette la verge mystérieuse qu'il tenait dans sa main droite, par terre, et elle fut aussitôt convertie en serpent dévorant. Le sage jeta aussi la sienne, qui fut également changée en serpent. Ces deux
Moïse, frappé de cette insulte, jette par terre sa baguette ou la verge mystérieuse qu'il tenait dans la main droite et elle fut aussitôt convertie en serpent. L'un des sages jette aussi sa baguette qui fut comme celle de Moïse
métamorphoses restèrent en observation l'une de l'autre tout le temps que Moïse les interprétait au sage d'Egypte, en lui en faisant voir le type. Voici cette interprétation : "Sage d'Egypte, je connais ta puissance et tous les faits qui en peuvent provenir. Elle est à l'égard de la mienne, ce que la mienne est à l'égard de celle du grand Dieu vivant d'Israël. Les deux serpents que tu vois ramper sur la terre t'expliquent l'abattement et le terrassement de la puissance orgueilleuse et inique des démons, et celle des hommes qu'ils ont rendus semblables à eux. Le serpent provenu de ma verge, qui cherchait à dévorer celui provenu de la tienne, explique que l'homme ne rampera pas toujours sur la terre, ainsi que tu le vois à présent. Mais il marchera debout revêtu de sa première puissance divine, contre celle qui l'a fait choir." Après cette explication faite par Moïse au premier sage, Moïse s'écria au Créateur : "Seigneur, lève-toi, et marche devant moi, afin que ta gloire soit entièrement manifestée devant ton peuple élu, de même que ta justice devant le sage d'Egypte, et que ceux qui te haïssent fuient de devant toi en marchant devant moi." Après cette invocation, Moïse dit à ce même sage : TA"Je vais encore t'expliquer le second type que font les deux serpents que tu vois ramper sur la terre. Je te dis, en vérité, que les changements de formes corporelles qu'ont pris nos verges par puissance divine, en se changeant en forme corporelle de matière hideuse, est l'explication du changement de forme glorieuse des esprits supérieurs démoniaques et des mineurs spirituels divins en celle de vile matière de la terre, qui les tient en privation, relativement à leur prévarication spirituelle divine."
changée en serpent. Ces deux serpents restent en aspect l'un de l'autre pendant tout le temps que Moïse interpréta aux mages d'Egypte le type de cette métamorphose : "Mages d'Egypte et vous, sages d'Ismaël, leur dit-il, je connais cette puissance et les faits qui peuvent en provenir ; elle est à l'égard de la mienne ce que la mienne est à l'égard de celle du Dieu vivant d'Israël. Ces serpents que tu vois ramper sur la terre t'expliquent l'abattement et le terrassement de la puissance orgueilleuse des démons et des hommes qu'ils ont rendus semblables à eux. Le serpent provenu de ma verge et qui cherche à dévorer celui qui est provenu de la tienne t'annonce que l'homme ne rampera pas toujours sur la terre, mais qu'un jour il sera revêtu de sa puissance première, et qu'alors il marchera debout contre ceux qui l'ont fait déchoir. Je te dis de plus que ce changement en formes hideuses, que ces verges ont éprouvé, est l'explication réelle du changement [256] des formes glorieuses des esprits supérieurs démoniaques et des mineurs spirituels divins en forme de vile matière terrestre qui les tient en privation. Seigneur, ajouta-t-il, en s'adressant au Créateur, lève-toi et marche devant moi, afin que ta gloire soit manifestée devant ton puissant Elu !"
Ensuite, Moïse prend le serpent qui était à son côté par la queue et le tenant dans sa main, ce serpent se remit en verge, ce que fit aussi le sage [avec] le même succès. Alors, Moïse dit au sage : "Ces serpents que tu as vus dissiper devant toi et se remettre dans leur première forme de verges, t'expliquent que toute espèce de forme corporelle que tu vois agir dans cet univers n'existe pas plus en réalité que ces serpents que tu voyais agir en apparence devant toi. C'est ainsi que tout ce que tu vois dans cet univers existe et passera aussi promptement que nos verges ont été converties en serpents, et ceux-ci revenus en verges. Apprends donc qu'aucun être du prince de matière n'existe que par l'être qui l'anime, et qu'il n'existe pas de lui-même. Je dis aussi, de par l'Eternel, que l'anéantissement des deux formes corporelles des serpents t'explique l'anéantissement de la terre que tu habites et celui de ses habitants. Crains d'être confondu parmi ceux contre qui l'Eternel doit faire éclater sa justice divine jusque dans les profonds abîmes de la terre." Ce premier sage s'incline devant Moïse et se retire sans plus opérer devant lui, et alla vers Pharaon, à qui il ne rendit aucun compte des sciences que Moïse possédait.
Après cette invocation, Moïse prend par la queue le serpent qui était à côté de lui et, le tenant dans sa main, ce serpent se remet en verge. Le mage d'Egypte fit sur le champ la même chose. Moïse lui parla ensuite et lui dit : "Ces serpents que tu as vu dissiper devant toi et rentrer dans leur première forme de verge te font voir que toutes espèces de formes qui agissent dans cet univers n'existent point réellement en nature, ni d'elles-mêmes, mais seulement par l'être qui les anime, et tout ce qui paraît exister se dissipera aussi promptement que tu as vu se dissiper ces deux serpents qui agissaient en apparence devant toi. Apprends de plus que l'anéantissement des formes de ces deux serpents t'annonce clairement la destruction de la terre que tu habites et celle de ses habitants. Crains d'être confondu parmi ceux sur qui l'Eternel doit manifester sa justice." Le mage s'inclina devant Moïse et, n'osant plus opérer devant lui, il se retira vers Pharaon à qui cependant il ne rendit aucun compte des sciences que Moïse possédait.
Je n'entrerai point dans le détail des autres opérations de Moïse contre la terre d'Egypte, Pharaon et son peuple, pour la délivrance des enfants d'Israël, ce que vous pouvez [lire] dans l'Ecriture. TAJe me contenterai de vous expliquer le type de quatre premiers sages ismaélites et des trois mages d'Egypte. Les quatre sages expliquent le véritable type de ce que l'Ecriture dit, que le vrai culte du Créateur, de même que son véritable cérémonial, ont toujours resté parmi les
Il n'est pas nécessaire d'entrer dans le détail de [257] toutes les opérations particulières que fit Moïse pour contribuer à la délivrance de ses frères ; l'Ecriture en parle assez clairement, mais je ne dois point vous laisser ignorer ce que nous enseignent les quatre sages d'Ismaël et les trois mages d'Egypte dont je vous ai parlé. Les quatre sages nous apprennent que le vrai culte du Créateur, ainsi que son cérémonial, est toujours resté parmi les hommes de la terre et qu'il
hommes, depuis leur premier principe, et sera jusqu'à la fin de tous les siècles. Mais, toutefois, tous les hommes ne l'ont pas reçu et compris, à cause de leur prévarication et de l'abandon qu'ils ont fait de la connaissance divine, pour ne s'adonner qu'à celle de la matière ; ce que les dits trois mages d'Egypte expliquent par leur opération démoniaque et le culte divin qu'ils ont soumis à la gloire des princes des démons, pour vivre en pleine liberté au sein de la matière. Aussi, ces trois mages furent-ils compris avec le reste infortuné d'Egypte, qui fut englouti sous le fléau que le Créateur lança sur cette terre et la plus grande partie de ses habitants.
y restera jusqu'à la fin des siècles. Mais la faiblesse et l'iniquité des hommes leur a fait souvent abandonner ces connaissances divines pour ne se livrer qu'à celles de la matière, et c'est ce que ces trois mages d'Egypte nous représentent. Ces trois mages ne se donnaient qu'aux opérations démoniaques, et vivaient en pleine liberté au sein de la matière. Aussi furent-ils compris dans le nombre des infortunés qui succombèrent sous la justice divine que l'Eternel exerça sur l'Egypte.
Ces trois mages bataillèrent leur puissance démoniaque contre les puissances spirituelles divines de Moïse et agirent contre les faits de Moïse, jusqu'à la neuvième opération qu'il fit pour la gloire du Créateur et la justice d'Israël. Toutes ces répétitions de diverses opérations de Moïse ne laissèrent cependant pas de l'inquiéter, et même d'ébranler la grande foi qu'il avait au Créateur. Sur cela il s'écria, les larmes aux yeux, et dit : "O toi, Eternel Dieu d'Israël, en quoi suis-je coupable dans la mission dont je suis chargé de ta part ? Et pourquoi n'ai-je pas été prévenu que je n'étais pas le seul porteur de tes ordres dans la terre d'Egypte ? Prends pitié de ton serviteur, car il va périr sans ton secours." Après cette lamentation, Moïse sentit renaître dans son âme la foi la plus vive qu'il eut jamais eue au Créateur, et revint pour la dixième fois, qui était le dixième et dernier jour de ses opérations divines, attaquer de nouveau les quatre sages et les trois mages, qu'il fit assembler pour être témoins de sa dernière opération en faveur d'Israël. Les
Ces trois mages combattaient continuellement la puissance spirituelle de Moïse, et ils ne cessèrent de s'opposer à ses travaux spirituels jusqu'à la neuvième opération qu'il fit pour la gloire du Créateur. Cette répétition d'opération de la part des mages ne laissa point d'inquiéter Moise et même d'ébranler la grande foi qu'il avait au Créateur. Il s'écria alors, les larmes aux yeux, en disant : "O Eternel, Dieu d'Israël ! en quoi suis-je coupable dans la mission dont tu m'as chargé ? Pourquoi, [258] Seigneur, n'ai-je point été prévenu que je n'étais point le seul qui fût à tes ordres dans la terre d'Egypte ? Prends pitié de ton serviteur, car il va opérer sans ton secours." Moïse, après cette prière, sent renaître dans son âme la foi la plus vive. Il se trouvait au dixième jour qui devait mettre fin à toutes ses opérations divines. Il convoqua les quatre sages et les trois mages devant Pharaon, afin qu'ils fussent témoins de sa dixième et dernière opération. Lorsqu'ils furent tous assemblés, Moïse leur parla ainsi : "Le Dieu d'Israël est celui qui entend tout et
sages et les mages assemblés devant Pharaon, Moïse leur dit : "Le Dieu d'Israël est celui qui voit et entend tout. Il a vu les quatre sages d'Ismaël et a entendu les trois mages iniques d'Egypte et a destiné un d'entre eux à servir d'exemple parmi vous." Moïse fait son opération devant les sept sujets, et un des trois Mages, plus hardi et plus téméraire que les autres, s'avance dans le cercle de Moïse, où étaient Aaron et Ur avec lui, et Moïse voulant le repousser, lui appuie les deux doigts de la main droite sur la poitrine. Ce mage sort du cercle en reculant, sans déranger sa face de dessus Moïse, pour entendre de ce que Moïse, qui par son opération allait le rendre en poussière, disait contre lui. Moïse fit ensuite l'invocation suivante : "Le Créateur a mis toute puissance sur son serviteur Moïse et le récompense pour la grande foi qu'il a eue en lui. Pourquoi le Dieu que ce mage révère ne récompense-t-il aussi le zèle de son serviteur ? Et pourquoi permet-il qu'il serve d'exemple à la face d'Israël et à celle de l'Egypte ? Aussitôt ces paroles prononcées, il se fit un changement de forme corporelle de ce mage, qui surprit et étonna tous les spectateurs, et, dès cet instant, le premier sage d'Ismaël dit à haute voix : "Ce n'est pas le doigt de cet homme qui a touché le corps du mage d'Egypte, mais celui de son Dieu." Et aussitôt, le mage devint tout couvert de poux et fut ainsi soustrait à la vue des spectateurs. C'est ainsi que Moïse finit sa dernière opération spirituelle divine dans la terre d'Egypte.
Tout ce que je viens de vous dire touchant le pour et le contre des opérations de Moïse et celles des mages d'Egypte, explique que la puissance des démons ne prévaudra jamais contre celle des esprits divins. Tous ces faits
qui voit tout ; il a vu les sages d'Ismaël ; il a entendu les trois mages iniques d'Egypte, et l'un de ces trois derniers va servir d'exemple à tous les autres." Moïse fit alors son opération avec Aaron et Ur ; mais l'un des trois mages plus hardi et plus téméraire que les autres s'avança dans le cercle. Aussitôt Moïse le repousse en lui appuyant sur la poitrine deux doigts de la main droite. Ce mage sort du cercle en reculant, mais sans ôter les yeux de dessus Moïse, afin de mieux comprendre ce qu'il prononçait contre lui et de mieux voir ce qui allait s'opérer par l'invocation que faisait Moïse en ces termes : "Le Créateur a mis toute puissance dans son serviteur Moïse. Il paye tribut à son serviteur par la grande foi qu'il a eue en lui. Pourquoi le Dieu que ce mage révère ne payerait-il point également tribut au zèle de son serviteur ? Pourquoi le laisse-t-il devenir un exemple [259] immémorial de la justice divine à la face d'Israël et de toute l'Egypte ?" Aussitôt à la fin de ces paroles il se fit sur le corps du mage un changement qui étonna tous les spectateurs. C'est la dernière opération spirituelle divine dans la terre d'Egypte. Par tout ce que je viens de dire vous pouvez vous confirmer dans la certitude que la puissance des démons ne prévaudra jamais contre celle de l'Esprit divin. Vous y voyez encore comment tout s'opère dans l'univers par action et par contraction ; sans cela, rien n'aurait ni mouvement ni vie, et sans la vie, il n'y aurait point de formes corporelles. De même, sans la réaction démoniaque, rien n'aurait vie spirituelle hors de la circonférence divine.
expliquent encore comme tout s'opère dans cet univers par action et contraction. Sans cela rien n'aurait mouvement, de même que sans réaction rien n'aurait vie spirituelle, et sans la vie, il n'y aurait point de formes corporelles.
Pharaon, épouvanté de tous les fléaux que Moïse avait attirés sur l'Egypte, fut forcé de rendre la liberté aux enfants d'Israël, sous la conduite de Moïse, pour aller offrir sacrifice au Créateur, et, en conséquence, il permit qu'ils fissent l'emprunt des vases d'or, d'argent et autres ustensiles de mêmes métaux, pour mettre les divers parfums convenables aux différentes opérations que Moïse devait faire dans Israël, pendant le temps qu'il employerait pour se rendre au lieu destiné pour opérer le grand culte divin.
Pharaon, voyant qu'Israël ne revenait point après le temps qu'il leur avait donné pour aller offrir sacrifice à l'Eternel, décida de les faire poursuivre pour les ramener en captivité et retirer les ustensiles d'or et d'argent qu'ils avaient empruntés des Egyptiens. C'était moins pour les remettre en captivité que pour retirer la quantité d'or et d'argent qu'il leur avait prêtée.
Pharaon, épouvanté de tous les fléaux que Moïse avait attirés dans l'Egypte, fut forcé d'adoucir le joug des enfants d'Israël et de les mettre sous la conduite de Moïse pour aller offrir un sacrifice à leur Dieu. Il leur permit même d'emprunter aux Egyptiens des vases d'or et d'argent, différents ustensiles de métaux précieux et tous les parfums nécessaires pour les opérations qui concernaient le grand culte que Moïse opérerait au milieu de son peuple. Il leur avait prescrit un temps pour aller offrir leurs sacrifices ; mais voyant qu'après ce temps écoulé les Hébreux ne revenaient point, Pharaon se détermina à les faire poursuivre, non pas tant pour les ramener dans leur première captivité, que pour retirer [260] d'eux toutes les richesses qu'ils avaient emportées des Egyptiens.
La plus grande partie des hommes à cause de leur ignorance sur les types spirituels et la Divinité qui s'opèrent chez les hommes, ont regardé par ce trait les enfants d'Israël comme des voleurs et des personnes de mauvaise foi. TAMais, s'ils avaient su l'interpréter contre les idolâtres de la matière, ils [se] seraient bien gardés de prononcer de la sorte ; ils auraient conçu par là que toute chair provenue de la matière [?] n'existe réellement qu'en apparence auprès d'eux, étant susceptible de consumation et d'être
La plupart des hommes étant peu instruits sur les types spirituels qui s'opèrent dans l'univers, ont Traité les enfants d'Israël de voleurs et de perfides au sujet de ces emprunts ; mais sur quels fondements ces hommes ignorants ont-ils pu établir leurs jugements ? Savent-ils ce que c'étaient que ces richesses empruntées par les Israélites aux Egyptiens ? Savent-ils l'emploi qu'ils en ont fait ? Savent-ils enfin si ce prétendu mal manifeste s'est opéré par la seule volonté du peuple d'Israël, ou si ce peuple
dissipée par des événements de celui qui contribue de pareils dons. Le dieu de la matière favorise de tous ses bienfaits ses prosélytes, soit en pensées ou en actions, et lorsqu'il les a placés au comble de leur satisfaction, il leur laisse ignorer le piège qu'il leur tend insensiblement pour les engloutir dans ses abîmes, ainsi que l'explique la chute de Pharaon englouti avec son armée dans les abîmes des eaux de la mer Rouge.
n'a pas agi en cela comme dans le reste de ses opérations spirituelles, par l'ordre de celui qui venait les délivrer de la servitude. Pour vous convaincre de l'ignorance de ces prétendus savants, je vous apprendrai que toutes ces richesses en question n'étaient autre chose que les idoles matérielles des Egyptiens. L'enlèvement qui s'en fit par la main d'Israël était une véritable punition que la justice divine exerçait sur eux, en les privant des objets les plus précieux de l'idolâtrie, et c'est le sort inévitable de tous ceux qui se livrent entièrement à la matière. Le prince de cette matière favorise un moment ses prosélytes, afin de les éloigner, soit en pensée, soit en action, de leur seul principe spirituel divin, mais lorsqu'il les a mis au comble de leurs satisfactions, il les laisse au milieu des pièges qu'il [261] leur a tendus et les précipite ainsi dans l'abîme.
Voilà le seul motif qui engagea Moïse à faire emprunter par Israël les ustensiles d'or et d'argent des Egyptiens, plutôt pour les mettre en privation de l'objet de leur idolâtrie que pour s'enrichir de ses métaux. Israël n'a point menti, lorsqu'il fit l'emprunt aux Egyptiens. Ces ustensiles servirent, en effet, aux usages dont j'ai parlé. Mais ce n'est que dans les opérations que Moïse fit pendant le temps qu'il voyagea en Egypte avec Israël pour leur faire passer la mer Rouge. Cette opération tendait à deux fins, l'une pour anéantir la terre d'Egypte et ses habitants, et l'autre pour l'action de grâce en conservation des enfants d'Israël. Voilà qui fait voir le sort funeste de la grande abondance des biens matériels acquis par les hommes contre la volonté du Créateur. Je vous ferai faire une observation contre ceux qui considèrent cet emprunt comme un vol
Voir plus bas pour la correspondance avec la version de 1899
manifeste, et non comme une punition du Créateur. Ceux-là, sans être de la terre d'Egypte, sont de vrais Egyptiens susceptibles du même traitement que le Créateur fit à ce peuple, parce qu'ils lui ressemblent, faisant comme eux leur Dieu de la matière. Je demanderai à ces hommes méchants et prétendus savants par la puissance divine sur celle de Moïse et sur les fléaux du peuple d'Egypte, s'ils savent l'emploi que les enfants d'Israël ont fait de cet or et de cet argent emprunté ; quelles sont les denrées et les champs qu'ils ont achetés ; quelle est la négociation qu'ils en ont faite, et avec quelle nation ils ont fait commerce de ces métaux ; en quelle espèce de marchandise ils les ont employés ? S'ils n'en savent rien, pourquoi taxent-ils Israël de voleur ? Cela ne tombe pas sous les sens de la raison d'un homme qui pense. Les personnes qui agissent ainsi parlent plutôt par orgueil et par intérêt, que par science et connaissance de cause. Ils croyent, cependant, avoir persuadé par leur prétendue connaissance les hommes de bonne foi qui les ont écoutés, mais sans les comprendre ; ce qui ne peut pas s'ignorer, puisque la plupart de ceux qui ont cru avoir bien persuadé sont ceux qui ont condamné l'absurdité de leurs sophismes et sont devenus plus savants, plus instruits et plus éclairés qu'eux. Il n'est pas douteux que la prétendue science de ces hommes ne soit dangereuse et pernicieuse, mais plutôt pour eux-mêmes que pour ceux qu'ils croyent avoir bien convaincus par leur imagination, aussi fausse et aussi vaine que les esprits qui les animent, ainsi que je vais le prouver. Si ces hommes ignorants ne peuvent donner aucun indice de l'emploi que les Israélites ont fait de cet emprunt, ils ont tort de mettre
à jour leur ignorance atroce à cet égard. Je vais vous instruire de la vérité de ce fait. L'or et l'argent enlevés aux Egyptiens ne pouvait pas servir à enrichir Israël, attendu qu'il leur était défendu, de par l'Eternel, de faire aucun usage de monnaie de convention d'or et d'argent, ni autre espèce de métaux, acheter des champs, des maisons, ni des aliments pour vivre temporellement. Ils ne pouvaient pas non plus, dans ce temps-là, faire les marchands ou les négociants, étant ennemis jurés de tous les peuples circonvoisins du pays qu'ils habitaient, relativement à la guerre spirituelle que le Créateur leur avait fait déclarer par Moïse et soutenue par les Israélites.
Ceux-ci ont vécu pendant quarante ans dans le désert, d'une manière céleste. Ils n'avaient donc pas besoin d'argent pour vivre. Un enlèvement fait aux Egyptiens de la valeur d'environ un million de notre calcul de convention, n'aurait pas fort enrichi douze cent mille personnes environ, pour pouvoir les entretenir et soutenir pendant quarante ans, dans une guerre aussi longue et considérable que celle qu'ont fait les enfants d'Israël. Ces faits ne sont pas fabuleux, toute la terre est témoin de cette guerre. Si les Israélites avaient [fait] de leur chef un pareil enlèvement, n'auraient-ils pas été criminels devant le Créateur ? Leur élection aurait-elle été spirituelle divine ? La gloire du Créateur aurait-elle pu se manifester chez eux, étant tombés dans le même cas des Egyptiens que le Créateur venait de punir en leur présence ? Le Créateur aurait tout au plus manifesté sa justice chez Israël, et non sa plus grande gloire comme il l'a fait.
On ne peut pas dire qu'Israël se soit enrichi de ces biens enlevés aux Egyptiens. On en évalue la somme à environ un million de notre monnaie. Cela suffirait-il pour enrichir environ douze cent mille hommes, les entretenir durant quarante ans qu'ils sont restés dans le désert, et soutenir les guerres considérables qu'ils ont eu à faire ?
Voir plus haut pour la correspondance
Loin de pouvoir le présumer, nous
avec la version originale
voyons qu'Israël a vécu d'une manière céleste dans le désert ; que la guerre qu'il soutenait contre les ennemis de Dieu était une guerre spirituelle et qui se faisait sans argent ; que les Israélites ne faisaient aucun usage entre eux de monnaie d'or et d'argent, ni d'aucun métal pour se procurer tous les besoins de la vie. Nous voyons de plus qu'ils n'ont fait dans le désert, ni en arrivant dans la terre promise, aucune espèce de négoce ni de commerce de biens matériels avec les richesses qu'ils avaient emportées d'Egypte. Ceci nous montre l'injustice de ceux qui ont osé soupçonner la fidélité d'Israël et le taxer de voleur. De pareils reproches ne peuvent être dictés que par l'ignorance et l'orgueil, et ceux qui ont été assez peu réservés pour les mettre au jour ont trouvé quelque facilité à séduire et à convaincre en apparence les autres hommes par leurs discours. Ceux qui ont été assez faibles pour se laisser séduire par eux, pour peu qu'ils veuillent faire usage de leur raison et qu'ils aient acquis de vraies [262] lumières, sont les premiers à condamner.
Je vous dirai donc que ces ustensiles furent employés à la décoration du tabernacle que Moïse fit construire pour la plus grande gloire du Créateur et pour y opérer les différents cultes divins. Voilà l'emploi que les Israélites ont fait de l'or et de l'argent qu'ils empruntèrent aux Egyptiens, et non qu'ils l'aient enlevé pour leur avantage et intérêt particuliers.
Mais pour justifier pleinement Moïse et son peuple de ces soupçons honteux il suffit de vous instruire à quel usage toutes les dépouilles des Egyptiens furent employées. Apprenez donc que tous ces vases, tous ces métaux et ces ustensiles d'or et d'argent, n'ont servi à d'autres usages chez Israël qu'à la décoration du temple ou de l'arche d'alliance que Moïse éleva à la gloire du Créateur, pour y opérer les différents cultes divins. Poursuivons le récit :
Je vais vous instruire à présent de la sortie entière des enfants d'Israël de la terre d'Egypte, du passage de la mer Rouge, et de son type. Moïse fait faire un
Moïse, sachant qu'il aurait de longues marches à faire pour éviter les poursuites de Pharaon, ordonna aux Israélites de faire une assez grande
grand tour aux Israélites dans la terre d'Egypte, pour leur faire passer la mer Rouge. Moïse, en conséquence de ce passage et du temps qu'il resterait dans la terre d'Egypte ordonna à tout Israël de faire provision de pain sans levain, afin qu'ils en eussent pour vivre jusqu'à leur entrée dans la terre de Canaan. Cet usage du pain sans levain étonna beaucoup Israël, qui ne comprenait pas ce que ce pain signifiait. Ils ne le surent qu'après leur arrivée dans cette terre, où Moïse les instruisit de ce pays mystérieux, en leur disant : "O Israël, je te dis en vérité que le pain sans levain, que tu as mangé avec l'agneau de la terre [d']Egypte pendant les huit derniers jours qui complétaient le 14e et 15e jour de la lune de mars (c'est-à-dire que le 14e jour dans la nuit, ils firent le passage de la mer Rouge et entrèrent le 15e dans la terre de Canaan) t'explique et interprète la nourriture alimentaire spirituelle que le Créateur a destiné de te donner dorénavant pendant le temps que tu feras la guerre dans Canaan. Ce pain t'explique encore ta réconciliation avec le Créateur et la délivrance parfaite de l'esclavage de la terre d'Egypte, ainsi que tu aurais dû le comprendre par le changement de nourriture alimentaire que je t'ai fait donner de part l'Eternel, qui te sépare des aliments profanes des Egyptiens que le Créateur allait exterminer et abandonner en proie aux faux dieux qu'ils avaient adorés et les laisserait pour un temps immémorial en privation divine." Ce qu'Israël comprit très parfaitement le surlendemain de leur arrivée dans la terre de Canaan. Ils trouvèrent, le matin, à leur lever, une manne générale par tout le camp et chacun d'eux en prenait sa provision du jour sans pouvoir en réserver pour le jour suivant, sans pécher contre la
provision de pain sans levain pour leur subsistance jusqu'à leur entrée dans les déserts de Canaan. Ce ne fut qu'après cette entrée que Moïse leur expliqua ce que signifiait ce pain sans levain qui les avait beaucoup étonnés : "Apprends, Israël, que ce pain sans levain que tu as mangé avec l'agneau dans la terre d'Egypte, pendant les huit derniers jours que tu y es resté, t'annonce la vie spirituelle, la nourriture que le Créateur a résolu de te donner pendant tout le temps que tu feras la guerre en Canaan. Il t'annonçait encore la réconciliation avec le Créateur et la délivrance de la servitude figurée par le changement de nourriture par le moyen duquel tu abandonnais les aliments profanes aux Egyptiens que le Créateur devait exterminer. Israël comprit tout ce que Moïse [263] avait voulu dire, lorsque après le passage de la mer Rouge, la manne commença à tomber dans le camp. J'en parlerai en son lieu.
volonté divine, ainsi que Moïse les en avait prévenus.
Je vous dirai, à ce sujet, que cette manne ne pouvait absolument se conserver deux jours sans se corrompre, et celui qui en avait pris deux portions dont il n'avait que faire usage, était privé de celle qui devait le nourrir le lendemain, de sorte que tous ceux qui en auraient pris deux portions auraient privé quelqu'un de leurs frères de sa nourriture journalière, ainsi qu'eux-mêmes ; et ceux qui avaient agi ainsi étaient criminels devant le Créateur et punis de la lèpre, jusqu'à entière expiation de leur péché d'avidité cupide, du peu de foi qu'ils avaient au Créateur et du peu d'humanité qu'ils avaient eu pour leurs frères. Il fut donné par ordre de Moïse la portion de ces prévarications à ceux qui en avaient été privés par leur avidité pendant tout le temps qu'ils restèrent au jeûne et à la pénitence, pour leur parfaite guérison et ceux-là, ayant cette portion de superflu, la dispersaient parmi leurs frères de même tribu, afin qu'elle apprît qu'il y avait eu un prévaricateur que l'Eternel avait puni selon son crime. Le jeûne et la pénitence prescrite à ce criminel étaient fixés à sept jours, pour leur parfait rétablissement corporel et spirituel. Voilà un bel exemple donné dans Israël, et voyez, par ce que je viens de vous dire, si le soin de notre bien-être temporel et spirituel n'est pas plutôt au pouvoir et à la puissance du Créateur qu'à la nôtre seule, et à celle de toutes nos ruses démoniaques. Je vous expliquerai encore les différentes marches que les Israélites ont faites dans la terre d'Egypte avant le passage de la mer Rouge.
Voir plus bas pour la correspondance avec la version de 1899
Toutes les marches et contremarches qu'ils ont faites après ce passage vous
Les différentes marches que Pharaon fit en poursuivant les Israélites nous
expliquent celles que l'esprit démoniaque fait pour attacher son intellect démoniaque, afin de faire succomber la puissance spirituelle divine de l'homme, qu'il poursuit pour l'assujettir à la sienne, ainsi que vous l'avez vu par les pièges que les démons avaient employés pour faire succomber Israël sous leur puissance, comme ils l'ont réellement fait en les livrant par ce moyen en servitude et en esclavage, sous la puissance des Egyptiens leurs adhérents et leurs adorateurs. Je ne vous laisserai ignorer que l'esprit divin use des mêmes ruses contre l'esprit démoniaque qu'il veut molester. Ce qui vous le prouve, c'est le piège que l'esprit divin tendit aux esprits démoniaques qui gouvernaient les hommes de la terre d'Egypte, en se servant des Israélites pour les molester et punir leurs adhérents par une défaite ignominieuse, qui fut exécutée contre tous ces malheureux, au passage de la mer Rouge.
figurent les ruses et les détours qu'emploie l'esprit démoniaque pour attacher son intellect d'abomination et détruire par là la puissance de l'homme. Ce n'était que la répétition des pièges que les démons avaient tendus jadis aux Israélites, et par lesquels ils avaient assujettis les Egyptiens. Mais, comme l'esprit divin protecteur et défenseur des honnies, use des mêmes moyens pour molester l'esprit démoniaque, il se servit d'Israël même pour opérer la destruction de l'Egypte.
Israël était le type de l'intellect spirituel divin que l'esprit du Créateur faisait agir pour attirer les gouverneurs démoniaques d'Egypte et leurs adhérents au centre des abîmes, où il devait manifester sa justice divine contre tous ces scélérats. Je vous parlerai maintenant de la gloire divine manifestée chez Israël par le Créateur, sous la conduite et puissance spirituelle divine de Moïse, lorsqu'ils étaient dans le désert de Phihahiroth entre Magdal et la mer Rouge. Le premier mot signifie "régénération d'action", le second "aspect d'abomination", et la mer Rouge signifie "abîme d'amertume".
Israël était le type de l'intellect spirituel divin, et les différentes marches qu'il fit avant et après le passage de la mer Rouge, n'étaient autre chose que les moyens spirituels que l'esprit du Créateur employait pour l'entière punition de ses ennemis et pour la délivrance de son peuple élu. Cette protection divine fut clairement manifestée à Israël dans le désert de Phiahizoth entre Magdal et la mer Rouge. Le premier nom signifie régénération d'action et le second aspect d'abomination, et la mer Rouge abîme d'amertume.
Moïse, étant dans ce désert, aperçut une partie de l'armée égyptienne qui marchait contre Israël pour le soumettre une
Moïse, étant dans ce désert avec tout Israël, aperçut la tête de l'armée égyptienne qui marchait contre lui. Il fit
seconde fois à leur puissance démoniaque. Moïse, voyant la malice de leur acharnement contre la volonté du Créateur et contre les Israélites, fit sa dernière invocation au Créateur, pour mettre Israël entièrement sous la conduite et la protection divine, ne croyant pas la sienne suffisante pour sauver Israël de la fureur des Egyptiens et du coup que ces abominables avaient projeté de porter contre Israël. Ce qu'il opéra à cet égard fut exaucé par le Créateur, comme je vais l'expliquer. Israël, susceptible de faiblesse humaine plus dans ce temps-là que dans tout autre, se voyant exposé à tomber entre les mains de ses ennemis, est bien le type de l'endurcissement où les hommes tomberaient à l'avenir contre la volonté divine, ce qui s'aperçoit bien parmi tous les hommes du siècle. Moïse opéra donc un grand prodige en faveur d'Israël, en ramenant leur âme à la vraie foi de l'Eternel, qui après qu'ils eurent remis toute leur confiance au Créateur et à son serviteur Moïse, furent au comble de la tranquillité, par le retranchement que le Créateur fit mettre entre l'armée des Egyptiens et Israël, qui fit que ce peuple élu s'écria : "Vive le Dieu [d']Abraham, d'Isaac et de Jacob. Vive le Dieu vivant de nos pères et de leur postérité. Vive à jamais le Dieu des enfants d'Israël, qui nous a sauvés de la rage de nos ennemis, qu'il a dissipés de devant nous. Israël resta encore quelques jours dans le désert, caché par le retranchement de la colonne de nuée que le Créateur avait fait descendre pour séparer l'armée des Egyptiens d'avec Israël, qui était campé dans le même désert et, le temps étant venu qu'Israël devait faire le passage de la mer Rouge, le Créateur fit remonter le retranchement qui séparait les Egyptiens d'avec Israël, afin qu'ils vissent combien
sa dernière invocation pour mettre entièrement [264] Israël sous la conduite du Créateur, ne croyant pas que sa puissance fût suffisante pour prévenir Israël des malheurs et de la perte qui le menaçaient. Sa prière fut exaucée ; le peuple d'Israël, qui avait été saisi de crainte et de frayeur à la vue de ses ennemis, fut rempli alors d'une entière confiance dans le Créateur et dans son serviteur Moïse. Cette foi fut confirmée par une colonne de nuées qui vint former un retranchement entre l'armée d'Israël et celle des Egyptiens, qui, par ce moyen, ne pouvaient se voir l'une l'autre, quoiqu'elles fussent campées dans le même désert. A la vue de cette colonne, Israël s'écria : Vive le Dieu des enfants d'Israël qui nous a sauvés de la rage de nos ennemis. Israël resta encore quelques jours dans le désert sous le retranchement de la colonne de nuées ; mais le moment étant venu de faire le passage de la mer Rouge, le Créateur fit remonter la colonne afin qu'Israël put voir à découvert la manifestation de la justice divine contre ses ennemis. A l'aspect de l'armée Egyptienne, Israël se déconcerta de nouveau et prit une terreur inconcevable : il se rassura néanmoins et, se fortifiant dans sa foi, il se remit à la volonté du Créateur et à celle de Moïse.
il manifestait sa gloire divine parmi eux, en leur faisant voir par ce moyen face à face leurs ennemis. A cet aspect Israël fut encore déconcerté et saisi d'une terreur inconcevable. Ils ne murmurèrent cependant point contre le Créateur. Au contraire, ils augmentèrent de foi et se tinrent fermes et soumis à la volonté divine et à celle de Moïse.
Mais, ayant fait le dénombrement des enfants d'Israël, il les sépara par tribus, pour faire le passage de la mer Rouge. Il sépara les femmes, les enfants et les vieillards, de ceux qui avaient été choisis pour faire la guerre. Les femmes, les enfants et les vieillards furent destinés à la passer les premiers, et après ceux-là, ceux destinés à la guerre. Cet arrangement fait, Moïse plaça Aaron à la tête des élus pour la guerre, Ur au milieu et Josué à la queue de cette troupe israélite. Tout étant ainsi disposé, Moïse fit son invocation au Créateur pour faire retirer la colonne de nuée, afin que l'armée de Pharaon vît la route que les Israélites allaient prendre, pour faire le passage de la mer, et que cela les engageât à les poursuivre, afin que par ce moyen Pharaon et toute son armée arrivassent au lieu prédit à Moïse par le Créateur, où tout ce peuple devait être exterminé. Moïse, après cette opération, se mit à la tête de ceux qui devaient passer les premiers et, s'étant présenté avec eux sur le rivage de la mer, il étend ses mains sur les eaux et y plonge sa verge, et aussitôt les eaux de la mer se séparent pour offrir un passage à Israël, et, le chemin tracé, la colonne de feu, selon l'usage en faveur de ce peuple, marcha dans ce sentier à la face de Moïse et de tout Israël, pour les éclairer spirituellement et pour plonger davantage ses ennemis dans l'obscurité
Moïse avait fait le dénombrement de tous ceux qui étaient destinés à faire la guerre. Il mit à part, selon l'ordre des tribus, les femmes, les enfants et les vieillards, et, se disposant de les faire passer les premiers [265] la mer Rouge, il se mit à leur tête. Il plaça ensuite son frère Aaron à la tête des élus destinés à la guerre, Ur au milieu et Josué à la queue. Dans cet ordre il se mit en marche à la vue de l'armée égyptienne, afin qu'elle l'engage à poursuivre les Israélites jusqu'à l'endroit désigné par le Créateur pour l'extermination de Pharaon et de son peuple. Ce fut dans la nuit du 14 au 15e jour de Nisan ou de Mars que Moïse arriva avec toute son armée sur le rivage de la mer Rouge. Quand il fut rendu, il se présenta sur le bord de cette mer à la tête de ceux qui devaient passer les premiers, savoir les femmes, les enfants et les vieillards. Il étend sa main sur les eaux, puis il plonge sa verge. Aussitôt les eaux se séparent à droite et à gauche pour laisser passage libre aux Israélites. Une colonne de feu marchait en avant du peuple, dans le sentier que Moïse avait tracé. Cette colonne marchait ordinairement ainsi à la face de Moïse et de son peuple pour leur servir de lumière, et pour tenir par ce moyen leurs ennemis dans une plus grande obscurité. Moïse fut avec sa division jusqu'au milieu de la mer Rouge, et, quand il fut arrivé au centre, il attendit que les autres divisions l'eussent
des ténèbres. Moïse fut avec les femmes, les enfants, les vieillards qu'il conduisait, jusqu'au milieu de la mer, et il s'arrêta là jusqu'à ce que les dénombrés combattants d'Israël l'eussent joint, et, alors, il marcha à leur tête et les conduisit ainsi de l'autre côté de la mer, pour les faire entrer dans la terre dont ils étaient sortis.
joint. Alors il continua sa marche et conduisit les enfants d'Israël de l'autre côté de la mer pour les faire rentrer dans les sentiers de la terre d'où ils étaient sortis.
L'armée de Pharaon, apercevant Israël qui marchait au bord de la mer Rouge, redoubla sa marche pour les reprendre. Pour cet effet, ils usèrent d'une quantité de torches allumées pour éclairer le chemin où ils devaient passer pour poursuivre Israël, et chercher les traces de leurs pieds, comme font les chiens qui suivent le gibier. Les ayant perdus de vue, cette ressource des Egyptiens leur fut plus funeste qu'avantageuse, puisqu'elle les conduisit au lieu destiné à la manifestation de la justice divine contre eux. Pharaon, plus acharné que jamais contre Israël qu'il n'avait pu reprendre ce jour-là, de ce [?] qu'il lui fallût user d'une lumière artificielle, ce que les Egyptiens firent, et, étant occupés à regarder les traces d'Israël, ils ne s'aperçurent pas qu'ils avaient quitté le rivage et qu'ils marchaient entre les eaux figées et suspendues de leurs cours ordinaire. A la vérité, la distance du chemin tracé dans la mer était assez considérable pour qu'ils ne s'en aperçurent pas, et surtout dans une nuit aussi ténébreuse. Pharaon et son armée étant parvenus au centre du passage de la mer que Moïse venait de quitter, les eaux se réunirent par l'action des esprits exterminateurs que Moïse avait consignés, et engloutirent toute l'armée égyptienne, et Pharaon avec elle. Israël, campé sans distinction de l'autre côté de la mer et ayant reposé environ deux
Pharaon, qui avait aperçu que les Israélites marchaient du côté de la mer Rouge, redoubla sa marche [266] pour les prendre, et, comme il les avait perdus de vue dans l'obscurité, il ordonna à son armée d'allumer des torches pour suivre les ennemis et chercher la trace de leurs pieds ; mais cette ressource fut plus funeste qu'avantageuse aux Egyptiens, car l'armée de Pharaon, étant occupée à suivre les traces des pieds de l'ennemi, ne s'aperçut point qu'elle avait quitté le rivage de la mer et qu'elle marchait au milieu des eaux qui étaient suspendues de chaque côté. Il est vrai que le chemin tracé était assez considérable pour qu'on ne s'aperçut point du danger et surtout dans une nuit aussi ténébreuse. Enfin Pharaon et toute son armée, étant arrivés au centre du passage de la mer dont Israël était déjà sorti, les eaux se rassemblèrent et engloutirent tous les Egyptiens. Ce centre était le lieu que Moïse avait assigné aux esprits exterminateurs pour l'entière défaite de ses ennemis. Les Israélites étaient déjà campés de l'autre côté de la mer, à la vérité sans ordre et sans distinction. Quand ils eurent reposé environ deux heures, Moïse les réveilla pour les faire méditer sur la bonté infinie du Créateur dont ils viennent d'éprouver de si grandes preuves. Il leur fit rendre grâce à l'Eternel et, lorsque l'action de grâce finissait, la pointe du jour quinzième de la lune commençait à
heures, Moïse les réveilla et les fit méditer sur la bonté infinie que le Créateur venait de manifester pour leur plus grande satisfaction, leur fit rendre action de grâce au Créateur pour leur sortie d'Egypte. L'action de grâce étant finie et la pointe du jour 15e de la lune de mars étant venu où Israël vit la manne descendre sur la terre, qui l'étonna beaucoup, Moïse les vit dans cet étonnement et leur dit : "O Israël, le Seigneur t'a fait grâce et t'a entièrement réconcilié avec lui et a aussi rendu justice à son serviteur, qui a conduit son peuple hors de la terre d'Egypte."
paraître. C'est dans ce moment qu'ils virent tomber la manne pour la première fois. Moïse les prévint que le Créateur, qui leur envoyait cette nourriture, confirmait par [267] cette faveur leur grâce et leur réconciliation.
Voir plus haut pour la correspondance avec la version originale
Il les avertit que chacun d'eux pouvait prendre une portion de cette manne pour sa nourriture journalière, mais qu'il ne leur serait pas permis d'en réserver pour le lendemain ; que, s'ils contrevenaient à cette loi, la manne qu'ils avaient voulu garder se corromprait et serait perdue pour eux. Il leur dit en outre que toutes les portions qu'ils viendraient à prendre de plus qu'il ne leur était permis seraient à déduire sur celles qui reviendraient aux autres Israélites, de sorte que personne ne pouvait en prendre plus que sa portion sans que les prévaricateurs se fissent tort non seulement à eux-mêmes mais encore à leurs frères ; que, cependant, pour que toute la punition tombât particulièrement sur les coupables, ceux-là seraient frappés de lèpre et resteraient dans le jeûne et dans la pénitence pendant sept jours. Il fut statué de plus que, pendant les jours de leur expiation, la portion de manne qui leur serait revenue serait distribuée à ceux de leurs frères de la même tribu qu'ils en avaient privés par leur avidité, afin que cette tribu apprît à connaître qu'il y avait parmi elle des prévaricateurs que l'Éternel avait punis selon leur crime. Voilà les premières
instructions que reçut Israël après son passage de la mer Rouge, instructions qui nous enseignent que le soin de notre bien-être, soit temporel, soit spirituel, appartient plutôt à la puissance du Créateur qu'à la [268] nôtre et à celle de toute notre industrie démoniaque.
Il fit ensuite défense à Israël de ne faire aucun usage de l'eau de la mer Rouge, parce qu'elle était souillée du sang de l'abomination et était l'abîme de l'iniquité d'Egypte et de tous ses habitants, que leurs dieux impies avaient fait précipiter pour une éternité. Après cette défense Moïse dit à Israël : "Ce que je t'ai dit, Israël, touchant la gloire que le Créateur a manifestée chez toi, de même que la justice qu'il a exercée contre tes ennemis, l'un et l'autre sont plus grands en ta faveur que tu ne penses. Que le souvenir de cette gloire divine ne s'efface jamais de ta mémoire, ni de celle de ta postérité, de génération en génération jusqu'à la fin des siècles, et que les fléaux dont le Créateur s'est servi pour manifester sa justice pour ta gloire, Israël, ne s'effacent jamais du souvenir des habitants des cieux et de la terre. Tourne ta face, Israël, puisque le jour t'éclaire sur le rivage de la mer que tu as passée à pied sec, et regarde flotter sur les eaux le prodige de la justice divine qui s'est opéré pour ta seule et parfaite réconciliation spirituelle divine." Israël ayant regardé du côté de la mer, et l'ayant vue couverte de tous les hommes qui composaient l'armée de Pharaon, dans laquelle lui-même était confondu sans distinction, se prosternèrent aux pieds de Moïse et s'écrièrent vers lui en lui disant : "Moïse, que le Dieu de nos pères qui t'a choisi pour être l'appui, le soutien et la conduite des enfants d'Israël t'exauce éternellement. Nous te supplions
Après cette instruction, Moïse défendit aux Israélites de se laver dans l'eau de la mer Rouge, ni de s'en servir pour aucun usage, parce qu'elle était souillée du sang de l'abomination, et que c'était dans ses abîmes qu'était précipitée, pour une éternité, l'iniquité de l'Égypte et de ses habitants. Ensuite il parla au peuple en disant : "Israël, ce que je t'ai dit touchant la manifestation de la gloire et de la justice divine, est au-dessus de tout ce que tu peux penser. Que le souvenir de cette gloire du Créateur ne s'efface jamais de ta mémoire de génération en génération jusqu'à la fin des siècles, et que les fléaux dont le Créateur s'est servi pour manifester sa justice soient toujours présents à la mémoire des habitants des cieux et de la terre. Tourne tes yeux, Israël, puisque le jour t'éclaire sur le rivage de la mer que tu as passée à pied sec et reconnais le prodige que le Créateur a opéré pour ta délivrance et ta réconciliation." Israël regarda du côté de la mer et, l'ayant vue couverte de tous les hommes qui composaient l'armée d'Égypte, parmi lesquels le corps de Pharaon était confondu, il se prosterna aux pieds de Moïse en s'écriant : "Moïse, que le Dieu de nos pères qui t'a choisi pour être le soutien des enfants d'Israël, t'exauce éternellement. Nous te supplions, au nom de Dieu qui nous a fait conduire ici, de lui porter nos âmes en sacrifice et en action de grâce de tous [269] ses bienfaits, afin qu'il nous préserve à jamais des terribles fléaux de
au nom de Dieu qui nous a fait conduire ici, de lui porter nos âmes en sacrifice et en action de grâce de tous les bienfaits que nous avons reçus de lui, et de n'être jamais compris sous le fléau d'une pareille justice."
sa justice."
A cet exemple frappant, Israël se résigna et se soumit à la puissance de l'Eternel sous la conduite de Moïse et des trois principaux chefs d'Israël, Aaron, Ur et Josué. Ces cadavres flottèrent toute la journée du 15e jour de la lune de nisan. Tantôt ils étaient transportés sur le rivage du côté de l'Egypte, tantôt du côté de celui d'Israël. Ces cadavres firent cette route plusieurs fois, afin que le reste infortuné des Egyptiens fussent témoins de la gloire manifestée en faveur d'Israël, et de la justice contre les Egyptiens, et leur roi resta flottant un jour entier après que les autres cadavres eurent été dispersés et eurent disparu de la présence d'Israël.
Les cadavres des Egyptiens flottèrent toute la journée du 15 de la lune de Nisan. Tantôt ils étaient transportés du côté de la terre d'Égypte, tantôt ils repassaient du côté où était Israël. Ces cadavres firent cette route plusieurs fois afin que les restes infortunés des Egyptiens fussent témoins de la gloire du Créateur et de la justice qu'il exerçait contre l'Égypte en faveur d'Israël. Le corps de Pharaon fut le dernier enseveli sous les eaux et resta un jour entier après que les autres cadavres furent dispersés.
Après cette exhortation faite à Israël, Moïse commença à rétablir le culte divin chez Israël et, pour cet effet, il établit les quatre veilles journalières spirituelles divines, ou les quatre prières qu'ils feraient de six heures en six heures, chaque jour composé de vingt-quatre heures ; ensuite les quatre services spirituels annuels, dont le dernier des quatre était celui du tabernacle, qui expliquait la grande opération que Moïse faisait au Créateur, en action de grâce des bienfaits qu'il avait reçus de lui, par les demandes qu'ils avaient faites dans le cours de leurs opérations journalières et dans les opérations annuelles. Moïse ayant établi le culte divin dans Israël, ce qui se fit dans quarante neuf jours de temps, le 50e, il expliqua à Israël tous les prodiges qu'il avait opérés pour les
Moïse commença dès lors à établir le culte divin chez Israël. Il institua de nouveau les quatre veilles journalières ou les quatre prières de six heures en six heures, et rétablit aussi les quatre opérations annuelles dont la dernière représentait la grande opération de Moïse en action de grâce des bienfaits qu'il avait reçus par les demandes qu'il avait faites au Créateur, soit dans ses travaux annuels, soit dans ses travaux journaliers. Moïse régénéra tous les différents cultes dans l'espace de quarante-neuf jours, et, au cinquantième, il expliqua ainsi aux Israélites tous les prodiges qui avaient accompagné leur délivrance : "Je te dis en vérité, Israël, que le Créateur a fait force de loi pour ta réconciliation spirituelle. Il a opposé puissance contre puissance, ainsi que je te [270] l'ai fait comprendre
délivrer de l'esclavage de la terre d'Egypte et voici comment il leur parla : "Ecoute, Israël, ce que le Créateur a exercé en ta faveur. Je te dis en vérité qu'il a fait force de loi pour ta réconciliation spirituelle divine. Il a lutté à ton égard, puissance contre puissance, ainsi que tu as dû le voir par ce que j'ai opéré pour ta délivrance d'Egypte contre les sages d'Ismaël, habitants de cette terre et contre les trois mages de Pharaon. Tout cela a été opéré par le Créateur, non seulement pour sa plus grande gloire, mais encore pour ta satisfaction, et la plus grande justice qu'il a exercée contre tes ennemis temporels et tes liens spirituels. Considère, Israël, ton Créateur, ton libérateur, ton conducteur et ton défenseur. Tu verras en son serviteur, qui a vu face à face la gloire de l'Eternel, dans laquelle il est entré en esprit pour recevoir les ordres de cette grande Divinité éternelle, pour ta délivrance entière, le type de ce même Créateur. Tu verras, par la conduite d'Aaron ton libérateur, le type de l'action de ton Créateur. Tu verras également, par la conduite d'Ur, le type de l'action de l'esprit divin, ton conducteur, et parcelle de Josué, le type de l'action de ton esprit défenseur. Voilà, Israël, en ces quatre sujets qui ont opéré pour ta délivrance entière, les quatre différents types de la quadruple essence divine, que le Créateur a employé pour ta parfaite réconciliation. Ecoute maintenant, Israël, ce que je vais te dire touchant tous les faits qui se sont opérés en ta faveur de part l'Eternel dans la terre d'Egypte. Tu as vu la naissance de Moïse, serviteur de l'Eternel, Dieu vivant d'Israël, exposé dès sa naissance aux périls les plus affreux, étant livré à la merci des flots du grand fleuve d'Egypte. L'exposition du serviteur du Créateur sur les eaux explique [les]
par mes opérations contre les sages d'Ismaël et les mages d'Égypte. Tout ceci est opéré autant pour ta satisfaction particulière que pour la gloire du Créateur et la manifestation de sa justice. Cet être suprême est à la fois ton Créateur, ton libérateur, ton conducteur et ton défenseur. Tu vois le type de ce Créateur dans ton serviteur Moïse, qui a vu face à face la gloire de l'Éternel, dans laquelle il est entré en esprit pour recevoir les ordres de cette grande Divinité au sujet de ta délivrance. Tu vois le type de ton libérateur dans Aaron qui représente l'action du Créateur. Tu vois le type de ton conducteur dans Ur, et tu vois le type de ton défenseur dans Josué. C'est ainsi que les quatre sujets qui ont coopéré à ta délivrance font chacun un des types de la quatriple essence divine que le Créateur a employée pour ta réconciliation. Écoute maintenant ce que je vais te dire touchant les faits qui se sont opérés en ta faveur dans la terre d'Égypte : ils font allusion à trois grandes vertus et puissances que le Créateur devait manifester en faveur de sa loi, en faveur des enfants d'Israël et pour l'anéantissement de tous ses ennemis.
trois grandes vertus et puissances que le Créateur devait manifester en la forme de la loi divine des enfants d'Israël, et pour l'anéantissement de tous ses ennemis.
Moïse flotta sur les eaux, privé de l'usage des sens temporels de la matière, et reste dans cet état sous la seule conduite du Créateur. Ainsi fit l'esprit du Créateur, lorsqu'il sépara la lumière des ténèbres, et que chaque chose chaotique eut pris sa place, selon les lois [d']ordre qu'elles avaient reçues de l'esprit du Créateur, de même que le répète Noé, lorsqu'il flottait sur les eaux avec le reste du peuple réconcilié, que le Créateur voulut lui faire le principe de toute création universelle, par la justice qu'il avait exercée sur toute la terre et ses habitants. Noé rétablit le culte divin chez son peuple réconcilié et remit en vigueur les lois divines du Créateur.
"Voilà, Israël, ce que l'exposition de Moïse sur les eaux te représentait. Dans ce temps-là, le Seigneur s'est servi de son serviteur Moïse pour vous rappeler qu'il est le seul créateur de tout ce qui a vie et action dans cet univers. J'ai flotté seul sur les eaux. Vous étiez encore loin de mon élection spirituelle et vous ignoriez le type que me faisait opérer le Créateur, pour la manifestation de sa plus grande gloire et justice en votre faveur.
La première s'était fait connaître dès la première jeunesse de ton serviteur Moïse : il flotta sur les eaux, privé de l'usage de tous ses sens corporels et sous la seule conduite du Créateur. Ainsi flottait l'esprit divin avant qu'il séparât la lumière d'avec les ténèbres, [271] et que chaque chose catholique [sic pour chaotique] eût pris sa place naturelle selon la loi. Ainsi flottait Noé avec le reste du peuple réconcilié. C'était Noé que le Créateur avait choisi pour être témoin de la manifestation de la justice divine et pour régénérer le culte divin sur la terre. Moïse a été également choisi pour te rappeler que le Seigneur est le seul Créateur de tout ce qui a vie et action dans cet univers. Lorsque Moïse flottait sur les eaux, tu étais encore loin de son élection spirituelle et tu ignorais le type que l'Eternel lui faisait opérer en ta faveur.
Voilà [la] première vertu qui s'est opérée réellement chez vous par décret de 1'Eternel. La seconde vertu s'est opérée par toutes les opérations que j'ai faites avec les quatre sages ismaélites et les trois mages d'Egypte. Les quatre sages ont lutté puissance contre puissance et ont opéré comme moi les quatre premières opérations que j'ai faites avec eux, sans que j'aie pu pénétrer leur
La seconde vertu s'est manifestée par toutes les opérations que j'ai faites avec les quatre sages d'Ismaël et les trois mages d'Egypte. Les quatre sages ont combattu ma puissance ; ils ont fait les mêmes choses que moi dans mes quatre premières opérations et je n'ai pu connaître l'esprit qui les faisait opérer qu'après que j'ai eu satisfait à la volonté du Créateur ; ce qui te prouve qu'il est
puissance et connaître le dieu qui les vivifiait et les secondait dans leurs opérations. C'est cette répétition d'opérations en similitude aux mineurs, qui vous prouve l'impossibilité où est l'homme de pénétrer dans les secrets des différentes actions du Créateur, puisque moi, son serviteur et son premier élu d'entre les enfants d'Israël, je ne l'ai pas pu et ne l'ai même su qu'après avoir satisfait à la volonté du Créateur. TALe changement de forme corporelle que tu as vu faire du premier mage, changé en corruption de poux, t'explique Israël, le changement de la puissance animale spirituelle divine, que les mineurs prévaricateurs opèrent dans les différents lieux de privation où ils seront forcés d'agir, un temps, deux temps et la moitié d'un temps, selon leur prévarication, dans les trois différents cercles de privation. Le premier temps est un cercle sensible, le plus près de la matière terrestre ; le second temps est un cercle visuel, le plus près de la matière raréfiée ; et la moitié d'un temps est le rationnel, qui est le plus près du surcéleste. Voilà, Israël, ce que je puis t'assurer par l'exemple du premier mage de Pharaon.
impossible à l'homme de pénétrer par lui-même dans les différentes actions de la Divinité. Le changement hideux qui s'est opéré sur la forme corporelle du premier mage de Pharaon fait allusion au changement de puissance spirituelle que les mineurs éprouveront dans les trois cercles sensible, visuel et rationnel, où ils seront obligés d'agir pendant un temps, deux temps et la moitié d'un temps. Le premier temps est, au sensible, le plus près de la matière terrestre ; le second [272] temps est, au visuel, le plus près de la matière raréfiée, et la moitié du temps est le rationnel qui est le plus près du surcéleste. Voilà certainement ce que t'enseigne l'exemple opéré sur le premier mage.
Le premier passage qu'ont fait les vieillards, les enfants et les femmes d'Israël, t'explique la sortie des hommes des trois parties de la terre, que le Créateur délivrera des abîmes des ténèbres qu'ils habitent, par la voie du Messie ; ce qui t'est encore figuré par les trois différents âges et sexes des personnes israélites qui ont passé les premiers. TALes vieillards t'expliquent le peuple qui habite l'angle d'ouest, les femmes l'angle du midi, et les enfants l'angle du nord. Voilà, Israël, qui t'explique la forme de la terre et ses trois
La première division Israélite qui a passé la mer Rouge représente la sortie des hommes des trois parties de la terre, lorsque le Créateur les délivrera des ténèbres qu'ils habitent, ce qui s'opèrera par la voie du Messias. Les trois différentes classes des personnes qui composaient cette première division signifiaient les trois angles de la terre : les vieillards, l'angle d'ouest ; les femmes, l'angle du midi et les enfants l'angle du nord, ce qui te représente encore la vraie forme de la terre ainsi qu'Adam l'avait représentée au commencement par la
parties angulaires, ainsi qu'Adam et Noé l'ont connue. Ce qui te le prouve encore, c'est le partage qu'ils ont fait de cette terre à leurs trois enfants mâles, savoir : Adam plaça Caïn au midi ; Seth, le plus jeune de sa postérité, au nord ; et lui resta à l'angle d'ouest, à la place d'Abel. Le reste des Israélites élus par l'Eternel pour faire la guerre contre les ennemis à la loi divine et d'Israël, passant la mer immédiatement après les vieillards, les enfants et les femmes, et qui suivaient également la colonne de feu comme ceux-ci ; (cette colonne éclairait tout Israël pour agir conformément à la volonté du Créateur ; à peine les élus combattants furent-ils entrés dans le chemin tracé dans la mer Rouge, que la colonne de nuée se retira et se divisa de la présence d'Israël et des Egyptiens) ; je te dis, Israël, que les élus combattants, qui portent les armes contre les ennemis, expliquent l'élection que le Créateur a fait secrètement du nombre d'esprits majeurs pour être ta défense, ton appui et tes préservateurs, pendant tout le temps que tu feras guerre spirituelle à tes ennemis. Ces élus ne sont autre chose que l'ombre des esprits que le Créateur a joints à Israël. Observe l'élection que le Créateur a faite chez toi. Suis avec précision, dans toutes les circonstances de la vie, l'élection spirituelle que le Créateur a mis sur ta postérité, si tu veux être justifié devant lui.
division qu'il en avait faite en plaçant Caïn à l'angle du midi, Seth, qui est le plus jeune de sa postérité à l'angle du nord, et en restant lui-même à l'angle d'ouest à la place d'Abel. Les restes des Israélites, qui étaient destinés à la guerre et marchaient à la suite de la première division, également éclairés par la lumière de la colonne, laquelle disparut d'abord que toute l'armée d'Israël fut passée, figurent par leur élection celle que le Créateur a faite d'un nombre d'esprits majeurs pour être les guides et les défenseurs pendant que tu feras la guerre spirituelle contre les ennemis, et ces élus ne sont autre chose que l'ombre et les instruments des esprits majeurs que le Créateur a joints à Israël. [273] Observe avec soin l'élection que le Créateur a faite chez toi, et suis-en avec précision toutes les circonstances si tu veux être justifié devant lui.
La troisième vertu s'est opérée par les différents tours que je t'ai fait faire dans les déserts de la terre d'Egypte, et par les opérations spirituelles divines que j'ai faites aux quatre parties de la terre d'Egypte, pour achever définitivement la manifestation de la gloire divine, selon les ordres que j'avais reçus du Créateur pour diviser entièrement [l']être de vie de
La troisième vertu s'est annoncée par les différents circuits que je t'ai fait faire dans les déserts de la terre d'Égypte, et par les différentes opérations spirituelles divines que j'ai faites aux quatre parties de cette terre, pour diviser entièrement son être de vie, selon l'ordre que j'en avais reçu, et pour qu'elle reste éternellement en opération de contraction
cette terre, pour qu'elle reste éternellement en opération et contraction au préjudice des lois données au corps général terrestre, et que, par ce moyen, cette terre devînt particulière parmi ce corps, par son action contraire de végétation impropre et hors d'état d'alimenter les animaux les plus affreux et les plus féroces. Cela a été opéré ainsi, Israël, de par l'Eternel, en ta présence, pour t'apprendre que c'est pour la troisième fois que la terre fut criminelle devant le Créateur, par la force des abominations que les hommes ont commises sur elle, et s'est rendue, par ce moyen, susceptible d'être frappée par le fléau de la justice divine, comme l'a été le reste de ses habitants. Ce dernier fléau survenu devant toi leur était prédit par l'emprunt des ustensiles d'or et d'argent à eux faits, afin de les priver par là d'opérer avec un culte à leurs fausses divinités. Ce peuple démoniaque ne comprit pas dans ce moment le type de cet emprunt. Au contraire, il se trouvait flatté que ses ustensiles pussent servir pour opérer le culte du Dieu d'Israël, tandis que cet emprunt n'était autre chose qu'un principe de dépouillement de leurs biens temporels, tant particuliers que généraux, qui allaient être entièrement dispersés et mis au pillage par toutes espèces des nations étrangères ; ne devant plus en faire usage à l'avenir, le Créateur ayant prononcé, par son décret divin, l'arrêt définitif qui condamnait la terre d'Egypte à un anéantissement entier, et à une destruction totale terrible et honteuse le reste de ses habitants. Oui, Israël je te dis que l'être de vie que j'ai divisé de cette terre maudite t'explique quelle ne reste plus que sous la protection et la puissance du prince des démons et qu'il n'est plus contenu en elle qu'une multitude d'intellects démoniaques
contre les lois ordinaires données au corps général terrestre. C'est par le moyen de cette action contraire à la vraie nature que cette terre n'aura plus qu'une végétation impure et à peine capable de nourrir les animaux les plus affreux dont elle va devenir le repaire. Cette punition s'est faite en ta présence, pour t'apprendre que c'est pour la troisième fois que l'Égypte fut criminelle devant le Créateur, par les abominations que les hommes ont commises dans son sein et qui ont attiré sur elle et sur ses habitants tous les fléaux de la justice divine. Le dernier fléau survenu devant toi à l'armée d'Égypte avait été prédit par l'emprunt que tu avais fait aux Egyptiens de leurs ustensiles d'or et d'argent, pour les empêcher par là de pouvoir opérer aucun culte à leur fausse divinité. Ces peuples pervers ne comprirent pas dans ce moment le type de cet emprunt. Au contraire, ils se croyaient flattés que leurs ustensiles pussent servir [274] au culte du Dieu d'Israël. Mais c'était la justice divine elle-même qui les dépouillait de tous ces biens temporels dont ils ne devaient plus faire aucun usage puisqu'ils allaient être entièrement dispersés parmi les nations et honteusement détruits par le décret de l'Éternel. Oui, Israël, je te dis qu'en divisant ainsi l'être de vie de cette terre criminelle, je l'ai fait tomber entièrement sous la puissance des démons, et qu'elle ne contient plus en elle-même qu'une multitude d'intellects démoniaques.
qui lui donnent vie et action contraire, comme tu vois qu'elle opère.
Oui, Israël, je te dis, en vérité, qu'à cet exemple frappant tu prennes garde à toi, et de ne point abuser des biens temporels que l'Eternel promit de te faire recueillir dans la terre promise à tes pères, et qu'il va faire passer en tes mains. N'abuse pas surtout de la puissance spirituelle divine, que le Créateur a mis réversible sur toi. Considère à cet égard l'abus qu'Adam a fait de la science, ce qui fit que le Créateur maudit lui et la terre. Considère encore l'abus qu'a fait sa postérité jusqu'à Noé de cette puissance que le Créateur lui avait donnée après la réconciliation de son père.
Que cet exemple t'apprenne à ne pas abuser des biens temporels que l'Éternel te fera recueillir dans la terre qu'il a promise à tes pères et qu'il va faire passer dans tes mains. N'abuse pas surtout de la puissance spirituelle que le Créateur t'a accordée, et réfléchis sur les punitions effroyables qui sont tombées sur Adam et sur sa postérité, pour avoir profané cette même puissance dont leur âme était revêtue. N'oublie jamais que tout ce qui vient de s'opérer en ta présence, sur la terre d'Égypte, est une exacte répétition de tous les fléaux que le Créateur a lancés sur la terre pour l'expiation du crime du premier homme et celui de ses descendants.
Cette postérité fut justement punie, sans distinction du reste des animaux irraisonnables qui restèrent sous le même fléau de la justice divine, et leur terre maudite fut le réceptacle abominable de toutes les formes corporelles de tous ces mineurs iniques et grands prévaricateurs contre le Créateur. O Israël, écoute ce que je vais te dire sur l'exemple que le Créateur vient de faire en ta présence sur la terre d'Egypte et sur le reste de ses habitants. Je te dis en vérité que ce fléau est une exacte répétition des deux premiers lancés par ordre du Créateur sur la terre. Le premier fléau, qui fut lancé par le crime horrible d'Adam, fut distinct de celui lancé contre sa postérité du vivant de Noé, ce qui distingue les genres de prévarications des premiers hommes, ainsi que je vais te l'expliquer. Adam lutte sa puissance contre celle du Créateur par orgueil, et veut être Créateur lui-même. Il lie sa puissance divine avec celles des démons, et ils
Le fléau survenu à la terre par le crime d'Adam n'était pas le même que celui qui fut lancé contre sa postérité du vivant de Noé, parce que le crime d'Adam n'était pas le même que celui de ses descendants. Adam s'élève par son orgueil jusqu'à vouloir être [275] créateur. Lui-même lie sa puissance divine avec celle du prince des démons, et il effectue une création de perdition. Après ce forfait, il dégénère de son état de gloire et devient l'opprobre de la terre, sujet de la justice divine, de l'inconstance des événements temporels et de celle des corps planétaires jadis inférieurs à lui. Il demeure ainsi lui-même et toute sa postérité en privation divine dans un cercle de matière : telle est la punition d'Adam. Sa postérité prévarique et prostitue sa puissance, en s'associant aux démons pour vivre en liberté au milieu de ses passions matérielles. Cette postérité rejette absolument les lois divines qu'elle avait reçues pour se contenir dans la
effectuent une création de perdition. A ce forfait, il dégénère de son état de gloire et devient l'opprobre de la terre, sujet à la justice divine et à toutes les inconstances des événements temporels et à celles des corps planétaires jadis inférieurs à lui, et reste, lui et sa postérité errante, prisonnière et en privation divine dans un cercle de matière. Voilà, Israël, la punition relative au crime d'Adam. Sa postérité prévarique par la prostitution de sa puissance spirituelle divine, qu'elle lia et associa avec celle des princes des démons pour jouir de leur pleine satisfaction et liberté temporelle, selon l'ambitieux désir qu'elle avait de faire un Dieu de ses passions matérielles, au préjudice des lois divines qu'elle avait reçues du Créateur, pour la garder et soutenir dans la réconciliation de son père. Elle agit ainsi pour outrager la Divinité par le forfait horrible de ses passions dépravées. Ainsi fut-elle honteusement punie avec ses adhérents irraisonnables, et fut, pour cet effet, engloutie avec eux sous les eaux. Ces faits, Israël, ne peuvent pas rester ignorés par toi. Tu sais ce qui t'a toujours été dit par tes pères, que Dieu avait parfaitement instruits de tous les faits arrivés contre la terre et ses habitants, en punition de leur prévarication, et moi, je vais t'instruire de ce dernier arrivé contre la terre [d']Egypte et ses habitants.
réconciliation faite avec ses pères ; elle outrage la Divinité par les fléaux les plus horribles. Aussi, cette postérité fut frappée des fléaux les plus cruels et les plus honteux ; elle fut engloutie sous les eaux ; elle fut confondue sans distinction avec le reste des animaux, et la terre devint le réceptacle abominable des cadavres de tous les mineurs iniques et prévaricateurs de cette postérité. Tu ne peux douter de tous ces faits d'après les instructions qui t'en ont été données par tes pères, à qui le Créateur en avait fait part. Venons au crime et à la punition des Egyptiens.
Pharaon, type du premier prince des démons, endurcit le coeur de son peuple contre Israël, et s'oppose formellement à la volonté du Créateur, qui veut opérer en faveur de ses élus. Il soulève tout son peuple, pour le faire armer contre Israël et son Dieu, et confirme, ainsi que son peuple, par cette contraction démoniaque, l'horrible crime dans lequel cette nation vivait depuis plusieurs
Pharaon, type du premier prince des démons, endurcit le coeur de son peuple contre Israël. Il s'oppose à tout ce que l'envoyé de Dieu voulait opérer en faveur [276] de ses élus ; mais en s'armant ainsi contre Israël, c'était s'armer contre Dieu même, c'était confirmer les blasphèmes, l'horrible impiété et tous les vices de la matière dans laquelle les Egyptiens étaient souillés depuis longtemps, c'était
siècles. Oui, Israël, je te dis que tout ce peuple et son roi ont péché contre l'esprit du Dieu vivant d'Israël, et ont abjuré et protesté contre sa toute-puissance et contre tous ceux qui sont gouvernés par elle. Ces hommes maudits ont également agi par orgueil, par ostentation et par cupidité ambitieuse et matérielle. Ainsi, ces derniers ont été punis seuls, le fléau des eaux les ayant engloutis dans leurs abîmes, après les avoir exposés à la vue de ceux de la terre et d'Israël, sur leur surface, pour être un exemple d'horreur à jamais. Voilà la punition que le Créateur a fait supporter à ce peuple prévaricateur contre l'esprit de la Divinité. Que ce que je viens de te dire, Israël, des trois genres de prévarications que les hommes de la terre ont commis contre le Créateur, de même que des différents actes de justice que le Dieu d'Israël a exercé contre tous les coupables ne s'efface jamais de ta mémoire, ni de celle de ta postérité, de génération en génération. Frémis, Israël, sur tous ces exemples passés, et crains de devenir un quatrième exemple aussi funeste dans cet univers. Car le fléau que le Créateur lancerait sur toi serait sans bornes et sans fin. Dans un pareil malheur, ô Israël, tu deviendrais l'opprobre des hommes de la terre et tu resterais errant parmi toutes les nations chez qui tu vivrais en privation divine et en confusion matérielle, jusqu'à la fin des siècles. Tu serais, dans un pareil événement, aussi promptement privé de la loi divine que ton Créateur a mis en toi, que les Egyptiens l'ont été par toi de leurs biens temporels, et sont restés morts spirituellement.
abjurer enfin toute la puissance divine et attaquer directement l'esprit du Dieu vivant. Aussi ces peuples criminels ont-ils été engloutis sous les eaux de la mer Rouge, après y avoir surnagé longtemps, pour être un exemple immémorial d'horreur à la vue des cieux et de la terre et à la vue d'Israël. C'est ainsi que furent punis ces peuples qui avaient prévariqué contre l'esprit du Créateur. Que tout ce que je viens de te dire, Israël, sur les trois genres de prévarication que les hommes de la terre ont commis contre le Créateur, de même que les différents actes de justice que le Dieu d'Israël a exercés contre tous ces coupables ne s'effacent jamais de ta mémoire ni de celle de ta postérité de génération en génération. Frémis sur tous ces exemples et crains toi-même de devenir le quatrième exemple de la funeste manifestation de la justice divine, car le fléau que la justice divine lancerait sur toi serait sans bornes et sans mesure ; tu serais aussi promptement dépouillé de la loi divine que le Créateur t'a confiée, que les Egyptiens l'ont été de leurs biens temporels.
Cette loi divine, que le Créateur t'a confiée par préférence à tout autre peuple de la terre, est une preuve de la confiance qu'il mit en tout Israël. Mais
Cette loi que le Créateur a établi chez toi, de préférence aux autres nations, est une preuve évidente de [277] la confiance qu'il a dans Israël ; mais si
aussi s'[il] s'oublie envers le Créateur et envers sa loi, il la lui fera enlever, sans qu'il s'en aperçoive, par celui qui la lui a donnée. Il ne sera plus question alors de lutter puissance [contre puissance] ; il sera seulement exercé par le Créateur justice contre injustice et, pour lors, Israël tombera dans la confusion. Sa mémoire spirituelle sera tellement obscurcie qu'il ne conservera plus rien de tout ce qui appartient au grand culte divin, et le nom du Créateur sera sorti d'Israël pour ne plus y rentrer, et passera pour une éternité aux étrangers, chez lesquels Israël vivra en servitude et en privation spirituelle divine, et restera jusqu'à la fin des siècles errant et vagabond chez toutes les nations. Et Israël sera ainsi un exemple frappant aux yeux des cieux, de la terre et de tous ses habitants. Voilà, Israël, ce que je dois t'apprendre, de par l'Eternel, et crains de devenir un exemple aussi funeste."
Israël s'oublie devant le Créateur, celui qui lui a donné la loi la lui enlèvera sans qu'il s'en aperçoive, sans bruit, sans éclat et sans le secours des guerres temporelles en usage parmi les hommes. Il ne sera plus question alors de combats de puissance contre puissance, mais seulement de l'opération de la justice contre l'injustice, et pour lors Israël tombera dans la confusion ; sa mémoire sera si obscurcie qu'il ne conservera plus rien de ce qui appartient au culte divin. Le nom du Seigneur lui sera enlevé et passera pour une éternité aux étrangers. C'est parmi ces nations étrangères qu'Israël sera dispersé pour y vivre en servitude et en privation divine jusqu'à la fin des siècles. C'est alors qu'Israël sera l'opprobre des hommes et de tout l'univers. Voilà, Israël, ce que je dois t'apprendre de par l'Eternel.
Voilà la vérité des faits spirituels divins qui se sont opérés par le Créateur et par son serviteur Moïse, Aaron, Ur et Josué, dans cet univers, pour servir de preuve de la manifestation, de la gloire et de la justice divine, que Dieu opère et opérera éternellement, pour et contre sa créature spirituelle, supérieure, majeure, inférieure et mineure. Je ne parlerai pas de toutes les évolutions qu'Israël a faites dans la terre de Canaan, sous la conduite des quatre chefs susdits, jusqu'au temps que Moïse monta sur le mont Sinaï.
Moïse monta sur le mont Sinaï (ce mot signifie "hauteur et élévation de la gloire divine") après avoir donné ses ordres temporels et spirituels à tout Israël. Il les confia tous à Aaron, à qui Israël promit de suivre en tout et obéir aveuglément à tout ce qu'il leur
Tels sont les faits que le Créateur a opérés dans l'univers pour la manifestation de sa gloire et de sa justice par le moyen de Moïse, Aaron, Ur et Josué. C'est ainsi qu'il opérera éternellement pour et contre sa créature spirituelle supérieure, moyenne, inférieure et mineure. Je ne m'arrêterai point à vous détailler tous les faits particuliers qui se passèrent chez les Israélites depuis leur sortie d'Egypte. L'Ecriture parle assez amplement de leurs différentes marches et campements. Je viendrai tout de suite à ce qui s'est passé sur le Mont Sinaï, nom qui signifie hauteur et élévation [278] de la gloire divine. Moïse donne ses ordres temporels et spirituels à son frère Aaron à qui il a confié en son absence tous les enfants d'Israël. Ceux-ci promettent de suivre aveuglément tout ce qu'Aaron leur
commanderait. Moïse, après avoir entendu parler ainsi les Israélites, s'en fut accompagné de Josué, jusque vers le sommet de la montagne et, étant arrivés, ils virent ensemble la gloire du Dieu créateur ouverte devant eux, et aussitôt, Moïse dit à Josué : "Reste ici, car le Créateur m'appelle devers lui." Alors la nuée descendit jusqu'à la moitié de la montagne et sépara Josué de Moïse, qu'il ne revit qu'après quarante jours, lorsque Moïse en descendit, portant sur son bras droit les deux tables de la loi que le Créateur avait gravées dessus par son esprit très saint. Il vint du lieu où était Josué, jusqu'au camp d'Israël. Josué marchait à sa droite, du côté où étaient les tables, et, arrivés à un tiers du chemin de la montagne, au-dessous du lieu où Josué avait attendu Moïse, [il] entendit un grand bruit d'allégresse vers le camp d'Israël, et ensuite une voix d'en haut qui lui dit : "Moïse, va voir ton peuple qui vient de m'outrager. Il est ton peuple, et non le mien." Moïse et Josué, avançant le pas, étaient arrivés au commencement du camp d'Israël. Ils le virent danser avec Aaron autour d'un veau d'or,
commandera. Moïse, après avoir tout réglé dans le camp, se met en marche accompagné de Josué pour se rendre à la montagne. Quand ils furent vers le milieu, ils virent l'un et l'autre la gloire de Dieu ouverte devant eux. Aussitôt Moïse dit à Josué : "Reste ici, car le Créateur m'appelle vers lui." A l'instant la nue descendit jusqu'à la moitié de la montagne et sépara Moïse de Josué, qui ne le revit plus que quarante jours après, lorsque Moïse descendit portant sur le bras droit les deux tables que le Créateur avait gravées dans son esprit très-saint. Quand Moïse eut joint Josué, ils marchèrent ensemble vers le camp, Josué se tenant sur la droite de Moïse qui était le côté où étaient portées les tables de la loi. Mais ils ne furent pas à un tiers du chemin où Josué était demeuré seul, qu'un grand cri d'allégresse se fit entendre dans le camp. Ensuite une voix dit à Moïse : "Viens voir ton peuple qui vient de m'outrager ; il est ton peuple et non le mien." Moïse et Josué doublèrent le pas, et, étant arrivés l'un et l'autre à l'entrée du camp qui était tout à fait au bas de la montagne, ils virent les enfants d'Israël danser avec Aaron autour d'un veau d'or.
ce qui transporta Moïse de colère contre son peuple, et qui fit qu'il brisa les tables que l'Eternel lui avait données, et parla ensuite à Aaron : "Pourquoi ce peuple, lui dit-il, a dansé devant un faux dieu, et pourquoi ne l'as-tu pas arrêté et contenu dans les bornes spirituelles où je l'avais mis lorsque je l'ai confié à tes soins et à ta conduite ? Tu as mis toi-même la matière dans le creux du foyer qui a donné la forme de ce faux dieu, et le peuple s'est ainsi jeté dans le même cas, à la même abomination où les Egyptiens étaient jadis et que tous [ont] vu exterminer et anéantir par le Dieu
Moïse en fut si transporté qu'il brisa les tables de [279] la loi qu'il apportait de la montagne, et s'adressant ensuite à Aaron : "Pourquoi, lui dit-il, ce peuple a-t-il dansé devant un faux dieu, et pourquoi ne l'as-tu pas contenu dans les bornes spirituelles que je lui avais prescrites lorsque je l'ai confié à tes soins ? Quoi ! tu as mis toi-même dans le creuset la matière dont ce faux dieu a été formé et tu as ainsi jeté ce peuple dans la même abomination pour laquelle les Egyptiens viennent d'être anéantis." Aaron répondit : "J'ai craint, Seigneur, la fureur et la rage des enfants d'Israël. Ils
[d']Israël." Aaron répondit : "Seigneur, j'ai craint la rage et la fureur des enfants d'Israël. En ton absence, ils ont tous [en même ?] temps levé la pierre contre moi, et j'ai été forcé de faire comme eux pour les préserver d'un plus grand mal." Moïse, encore plus outré de la prévarication d'Israël au récit que lui fit Aaron, dit à Aaron : "Descends jusqu'à la partie du camp d'Israël qui regarde vers le soleil couchant et là, tu verras le juste châtiment que le Créateur a réservé à son crime." Ensuite, Moïse fait son opération et son invocation au Créateur pour obtenir de lui l'élection du nombre spirituel des élus vengeurs et défenseurs de l'outrage d'Israël au Créateur. Il fait ensuite l'élection des quinze sujets de la tribu de Lévi, qui furent divisés en trois bandes de cinq chacune, à qui Moïse dit : "Que ceux qui aiment le Créateur prennent de leur main le couteau plat qui appuie sur leur cuisse gauche." Ce que ces élus ayant fait, Moïse les bénit et leurs dit : "Que la première élection où est Siméon et Lévi marche du soleil levant vers le soleil couchant ; la seconde du soleil levant vers midi ; et la troisième du soleil levant vers aquilon, et vous irez ainsi, les trois bandes, et passerez trois fois allant et venant au travers du camp d'Israël, et vous passerez au fil de vos armes tous ceux que vous trouverez sur vos pas, sans distinction d'âge, de parents directs et indirects, et reviendrez ensuite à moi, accompagnés d'Aaron. Ce qui fut fait, et par ce moyen il fut détruit une multitude d'enfants d'Israël, ensemble avec une troupe de nouveaux convertis à la loi que Moise proférait, de sorte que le camp d'Israël fut purifié par l'effusion du sang des coupables et, par cette justice, le reste trouva grâce devant l'Eternel.
ont levé la pierre contre moi en ton absence, et j'ai été forcé d'adhérer à leurs désirs pour les préserver d'un plus grand malheur." Moïse, encore plus outré de la réponse de son frère Aaron, lui dit : "Descends tout à l'heure au camp d'Israël vers le couchant, et là tu verras le juste châtiment que le Créateur a réservé au crime des Israélites." Moïse fait ensuite son opération et son invocation au Créateur pour obtenir de lui l'élection spirituelle du nombre des élus vengeurs des outrages faits à l'Eternel. Il lui fut ordonné de prendre quinze hommes de la tribu de Lévi. Il les partagea en trois bandes de cinq hommes chacune, et leur dit ensuite : "Que ceux qui aiment le Créateur prennent à la main le couteau plat qui appuie sur leur cuisse gauche." Les quinze élus mirent sur-le-champ le couteau à la main droite. Moïse en fit la bénédiction, puis il dit aux élus : "Que la première bande, où sont Siméon [280] et Lévi, marche du soleil levant vers le couchant, la seconde du soleil levant vers le midi, et la troisième du soleil levant vers l'aquilon. Les trois bandes iront ainsi et reviendront trois fois au travers du camp d'Israël. Elles passeront au fil de leurs armes tous ceux qu'elles rencontreront sans considération d'âge ni de parenté, et elles reviendront ensuite à moi étant accompagnées d'Aaron." L'ordre de Moïse fut exécuté, et il périt par là une multitude d'Israélites ainsi que des nouveaux convertis à la loi de Moïse. Par ce moyen, le camp d'Israël fut purifié, et l'effusion du sang des coupables fit trouver grâce aux Israélites devant l'Eternel.
Je vais vous expliquer les types de toutes
Il vous est facile d'apercevoir le
ces choses survenues à Moïse et à Israël, et vous faire apercevoir le rapport qu'ont tous ces événements avec tous ceux qui se sont passés depuis Adam jusqu'à Noé ; depuis Noé jusqu'à Abraham ; depuis Abraham jusqu'à la sortie des enfants d'Israël de la terre d'Egypte ; et depuis ce temps-là [jusqu'à] l'avènement du Christ ; et qui se passeront depuis le Christ jusqu'à la fin des siècles. Je vous dirai, au sujet, ce que Moïse expliqua au reste des Israélites échappés à cette dernière justice divine, opérée par les élus de la tribu de Lévi, par l'ordre et le commandement de Moïse. Voici ce qu'il leur dit, avant de monter une seconde fois sur le mont Sinaï pour aller demander au Créateur des nouvelles lois, conformes à celles qu'il avait reçues la première fois.
rapport que ces derniers événements ont avec ceux qui se sont passés depuis Adam jusqu'à Noé, depuis Noé jusqu'à Abraham, depuis Abraham jusqu'à la sortie des enfants d'Israël de la terre d'Egypte, depuis cette sortie jusqu'au Christ, et avec ceux qui se sont passés depuis le Christ et qui dureront jusqu'à la fin des siècles. Moïse assembla les restes des enfants d'Israël qui avaient été préservés de la justice divine opérée par les quinze élus de la tribu de Lévi ; et, avant de remonter sur la montagne pour aller chercher de nouvelles tables de la loi, il donna au peuple les instructions sur tout ce qui venait de se passer.
"Ecoute, Israël, dit Moïse, je t'ai instruit de la miséricorde infinie que le Créateur a toujours eue pour toi, à cause de l'amour et de la tendresse qu'il avait pour tes pères, qui furent justes devant l'Eternel. Le Seigneur a sans doute trouvé la même justice en son serviteur Moïse et l'a rendu susceptible d'être mis au rang de tes pères. Oui, je suis le père temporel des enfants spirituels d'Israël, et non celui des enfants matériels et charnels qui pourront provenir de lui. Tu as été témoin de la manifestation de la gloire et de la justice divine qui s'est opérée par la force de mes opérations. Tu as vu avec quel succès j'étais conduit dans ce lieu de liberté. Tu ne peux pas nier avoir vu clairement l'action et la volonté du Créateur en ta faveur dans mes actions et opérations à ton égard. Oui, Israël, tu as vu en moi la ressemblance de la pensée de l'Eternel, puisque j'ai lu dans sa gloire et ai parlé face à face au Créateur. Cette montagne spirituelle, Israël, que tu m'as vu monter, t'explique la distance qu'il y a
"Ecoute, Israël ! je t'ai toujours instruit de la miséricorde infinie que le Créateur a eue pour toi, relativement [281] à l'amour qu'il a eu pour tes pères qui furent justes devant lui : le Seigneur a fait la même miséricorde à son serviteur Moïse et l'a rendu susceptible d'être mis au rang des pères d'Israël. Oui, je suis le père temporel des enfants spirituels des enfants d'Israël, et non celui de ses enfants charnels et matériels. Tu as été témoin de la manifestation de la gloire et de la justice divine en ta faveur, par la force de mes opérations. Tu as vu clairement se manifester l'action et la volonté du Créateur dans tout ce que j'ai fait pour toi. Tu as donc vu en moi la ressemblance de la pensée de l'Eternel, puisque, je l'ai lue dans sa gloire et que je l'ai vue face à face. Cette montagne spirituelle que tu m'as vu monter t'annonçait la distance qu'il y a de l'Etre-Créateur à la créature générale ou la terre. Il y a au-dessus de cette montagne quatre cercles imperceptibles aux mortels
de l'Etre créateur d'avec la création générale, ou créature générale, et toute la terre. TACette montagne surnommée Sinaï se divise en sept parties, ainsi que je vais te l'expliquer [et] trois cercles impénétrables aux mortels ordinaires qui séparent la cour spirituelle divine d'avec la création universelle. Cette montagne est le tableau réel de l'univers entier. Elle se divise en sept parties, comme je te l'ai dit, et voici comme les trois cercles sont appelés cercles surcélestes, parce qu'ils bornent l'action des agents des sept cieux célestes universels. Ces agents ne peuvent agir et opérer que relativement à l'émanation divine conformément à l'ordre et au pouvoir qu'ils ont reçu du Créateur, d'agir et actionner dans l'immensité universelle, et non dans l'immensité du surcéleste où s'opère seulement toute pensée et volonté divine, pour servir d'ordre, de vertu et de puissance d'action à tous les esprits qui actionnent dans l'univers. TALe céleste, Israël, reçoit l'ordre [du] surcéleste, et ensuite le communique au corps général terrestre, ainsi que je vais, Israël, te l'expliquer bien clairement, pour te faire concevoir l'ordre régulier spirituel divin qui règne dans le surcéleste, le céleste et le terrestre. Je suis monté sur la montagne spirituelle divine, j'ai laissé Josué a une distance assez considérable, ne pouvant pas encore marcher avec moi face à face du Créateur. La nuée qui me couvrait de son ombre et me cachait à Josué et à Israël, est la même que celle qui cachait Josué aux Egyptiens. Apprends, Israël, que cette nuée n'était autre chose que l'ombre de l'esprit créateur, qui contenait l'armée démoniaque d'Egypte et son roi Pharaon en privation de l'usage des sens temporels et spirituels, et que, par ce moyen, eux et leurs actions désordonnées
ordinaires, et qui séparent la cour spirituelle divine d'avec la création universelle. Cette montagne est le tableau réel de l'univers entier. Elle se divise en sept parties connues sous le nom des sept cieux célestes universels, et les quatre cercles dont je viens de te parler sont appelés surcélestes parce qu'ils bornent et dirigent l'action des sept principaux agents de la création universelle. C'est dans le surcéleste que s'opèrent la pensée et la volonté divines, c'est de là que proviennent l'ordre, la vertu et la puissance d'action de tous les esprits qui actionnent [282] dans l'univers. Les sept cieux reçoivent du surcéleste toutes leurs vertus et tous leurs pouvoirs, et ensuite les communiquent au corps général terrestre. Tel est l'ordre qui règne entre ces trois mondes. Lorsque je suis monté sur la montagne spirituelle divine, j'ai laissé Josué derrière moi à une distance assez considérable, parce qu'il ne pouvait pas encore marcher avec moi face à face du Créateur. La nue qui me couvrait de son ombre et me cachait à Josué et à toi, Israël, est la même que celle qui te cachait aux Egyptiens dans le désert de Phiahizoth. Apprends que cette nue n'était autre chose que l'ombre de l'esprit du Créateur, qui contenait l'armée démoniaque d'Égypte et son roi Pharaon en privation de l'usage de leurs sens corporels et spirituels. Par ce moyen, ils n'opéraient que des oeuvres de confusion, et tout ce qu'ils faisaient était en pure perte par les épaisses ténèbres dont ils étaient environnés. Quoique cette nue te parût opaque, elle n'était pas semblable aux nues matérielles et élémentaires soumises aux lois qui dirigent le cours ordinaire de la nature. Les nues matérielles sont composées d'un mixte grossier et subtil provenu du corps général terrestre. Elles se forment par
ne s'opéraient qu'en confusion et en pure perte pour eux, à cause des épaisses ténèbres qui les environnaient. Apprends encore de moi, Israël, que cette nuée, quoiqu'elle te parût corps opaque, ne l'était cependant pas comme celles qui sont assujetties par décret par l'Eternel aux lois d'ordre qui dirigent le cours de la nature de cet univers sensible. Les nuées, corps opaque de la nature ordinaire, sont composées d'un mixte grossier et subtil du corps général terrestre. Cette nuée, corps apparent, ne se forme que par l'action des êtres habitants dans les différents corps planétaires, dont le corps solaire et ses habitants sont les principaux agents, qui opèrent sur cette forme de nuée. Il faut que par les fortes attractions qu'ils font sur le corps général terrestre, ils attirent à une certaine distance de leur cercle les humides grossiers et subtils terrestres, et contiennent le tout par la force de leur attraction, en respect et en équilibre devant eux, jusqu'à ce qu'ils aient rapproché et lié intimement ensemble tous les globules grossiers et subtils, et le tout ainsi lié forme un corps impénétrable aux yeux de l'homme de matière, qui ne saurait voir ce qui se passe au-dessus de la nuée qui le sépare et le prive de la puissance parfaite de l'action solaire.
l'action des agents des différents corps planétaires parmi lesquels les agents solaires sont les principaux qui agissent particulièrement sur ces mêmes nues. Ces sortes d'agents, par leur forte attraction, [283] élèvent à une certaine distance de leurs cercles les humides grossiers et subtils, et, lorsque le tout est ainsi lié, cela forme un corps impénétrable à l'homme de matière, à qui cette nue dérobe la vue de ce qui se passe au-dessus d'elle, et le prive de la jouissance de l'action solaire.
Je te dirai encore, Israël, que cette opération se fait ainsi en faveur de ces corps de nuée par les dits agents planétaires, pour la modification et la tempérance des influences planétaires, afin qu'elles se communiquent avec modération et perfection bénigne sur le corps général terrestre et sur celui de ses habitants. Je te dirai aussitôt, Israël, que toute espèce de corps quelconque n'est formé que par un nombre parfait et
L'utilité de ces nues dans l'univers est de modifier et de tempérer la force des influences planétaires, afin qu'elles se communiquent plus bénignement au corps général terrestre et à tous ses habitants. De plus, toute espèce de corps quelconque est formé par un nombre de globules complets et parfaits. En outre, il ne peut exister aucun corps sans qu'il ait en lui un véhicule de feu central sur lequel véhicule les habitants de cet axe
complet de globules, et, comme il est impossible qu'aucune forme de corps puisse être et exister sans avoir inné en lui un véhicule de feu central qui fait que les esprits habitants de ce même feu réactionnent avec lui sur toutes les formes corporelles qui sont provenues d'eux, et surtout sur celles du corps de nuée sur laquelle la réaction est plus forte, pour dissoudre, diviser et raréfier tous les globules qui composent ce corps matériel, afin que, divisé et dissous, il puisse se répandre dans le cercle qu'il décrit sur le corps général. C'est ainsi, Israël, que provient la manne grossière qui est la pluie sur le corps général terrestre. Mais, il n'en est pas de même de la nuée qui t'a ravi de la présence de tes ennemis les Egyptiens lorsqu'ils te poursuivaient. Cette nuée était un corps apparent, composé d'une multitude infinie d'esprits purs et simples, qui étaient en aspect et soutenus par l'esprit divin créateur et sortis, par décret de l'Eternel, du cercle dénaire de la Divinité. Cet esprit puissant marchait devant Israël en colonne de feu et la nuée suivait le même ordre avec précision selon les lois d'ordre, d'action, de réaction et d'attraction qu'opérait l'esprit divin sur tous ces esprits, pour opérer la volonté du Créateur en faveur d'Israël et au préjudice des démons. Il n'était pas question que les agents habitants de l'axe feu central opérassent sur cette nuée spirituelle formée directement par la puissance des esprits purs et sans la participation de la matière, n'étant qu'un véritable corps de gloire, plus impénétrable encore aux mortels ordinaires, que ne le sont les nuées ordinaires qui s'opèrent par la vertu des agents ordinaires. Tu ne peux révoquer en doute ce que je t'ai dit, Israël, de la différence de cette nuée spirituelle aux
actionnent continuellement comme étant provenus d'eux-mêmes. Or, c'est sur le véhicule des corps de nues que s'opère la plus forte action et réact